ROSH HA-SHANAH
Huitième traité de l'ordre Mo'ed ; il contient (1) les règles les plus importantes concernant l'année du calendrier avec une description de l'inauguration des mois par le nasi et l'ab bet din ; (2) les lois sur la forme et l'utilisation du shofar et sur le service pendant la fête de Rosh ha-Shanah.
Contenu.
La vieille Mishnah numérique commence par un compte rendu des quatre commencements de l'année religieuse et civile (i. 1) ; elle parle des quatre jours du jugement des fêtes de pèlerinage et de Rosh ha-Shanah (i. 2) ; des six mois au cours desquels les messagers du Sanhedrin annoncent le mois (i. 3) ; des deux mois dont les débuts que les témoins annoncent au Sanhedrin même le Sabbat (i. 4), et même si la lune est visible à tous (i. 5) ; Gamaliel envoya même le Sabbat quarante paires de témoins d'une distance éloignée (i. 6) ; quand le père et le fils (qui en tant que parents ne peuvent autrement pas témoigner ensemble) aperçoivent la nouvelle lune ils doivent se rendre au bet din (i. 7), car ils n'appartiennent pas absolument à ceux qui sont légalement inaptes à cette fin (i. 8). Les faibles et les malades sont portés sur des litières, et sont protégés contre les attaques des Sadducéens ; ils doivent être pourvus de nourriture, car les témoins sont tenus de voyager même le Sabbat (i. 9). D'autres s'en allaient pour identifier l'inconnu (ii. 1). Autrefois, des signaux de feu sur les montagnes annonçaient à tous jusqu'à Babylone que le mois avait été sanctifié. La coutume d'avoir des témoins et des messagers fut introduite après que les Sadducéens eussent tenté de pratiquer la tromperie (ii. 2, 3, 4).
La grande cour appelée « Bet Ya'azeḳ » était le lieu d'assemblée pour les témoins (ii. 5) ; des repas abondants les attendaient, et des dispenses de la Loi leur étaient accordées (ii. 6) ; la première paire de témoins fut questionnée séparément concernant l'apparence de la lune, et les autres témoins sommairement (ii. 7). Alors l'ab bet din cria à une grande assemblée, « Sanctifié ! » tous les gens criant à haute voix après lui (ii. 8). Gamaliel II avait des représentations de la lune qu'il montrait aux témoins. Une fois un différend surgit entre lui et Joshua concernant la lune de Tishri ; ce dernier, en obéissance au nasi, vint à pied à Jamnia le jour qu'il avait calculé être le Jour du Pardon, et les deux savants firent la paix (iii.). Il y avait divers obstacles à la sanctification des mois, comme quand le temps manquait pour la cérémonie, ou quand il n'y avait pas de témoins présents devant le bet din. Dans le premier cas le jour suivant devint la nouvelle lune ; dans le second cas le bet din seul effectua la sanctification.
Le Shofar.
La Mishnah traite aussi du shofar (iii. 2) ; la corne de la vache ne peut pas être utilisée (iii. 3) ; la forme de la trompette pour Rosh ha-Shanah, le jour du jeûne, et le Yobel est déterminée (iii. 5) ; les blessures du shofar et les remèdes y sont indiqués (iii. 6) ; en temps de danger le peuple qui prie s'assemble dans des fosses et des cavernes (iii. 7) ; ils passent la maison de culte seulement sur l'extérieur tandis que les trompettes sonnent (iii. 8) ; on les exhorte à être fermes en étant rappelés aux mains levées de Moïse dans la guerre contre les Amalécites. En de tels temps les sourds-muets, les fous, et les enfants sont légalement inaptes à sonner les trompettes.
Même si la fête tombait un Sabbat, Johanan ben Zakkai fit sonner les trompettes à Jamnia, tandis qu'une fois cela ne se faisait que dans le Temple et les lieux environnants (iv. 1) ; il fixa aussi le lulab hors du Temple pour sept jours, et interdit de manger du grain nouveau le deuxième jour de la Pâque (iv. 2) ; il prolongea le temps pour examiner les témoins jusqu'au soir, et les fit venir à Jamnia même en l'absence de l'ab bet din (iv. 3). La Mishnah traite alors de l'ordre des prières (iv. 4), de la succession des Malkuyot, Zikronot, et Shoferot, des phrases bibliques concernant le royaume de Dieu, la Providence, et l'appel de la trompette de l'avenir (iv. 5), et du leader en prière et sa relation à la teki'ah (iv. 6) ; des descriptions de la fête sont données en référence au shofar (iv. 7) ; suit alors l'ordre des sons de trompette traditionnels (iv. 8) ; et des remarques sur les devoirs du leader en prière et de la congrégation ferment le traité (iv. 9).
La Tosefta.
Aussi curieux soit l'ordre des sujets suivi dans ce traité, dans lequel plusieurs sources mishnayot ont été combinées, la Tosefta le suit, en ajoutant des commentaires qui forment la base de la Guemara dans les deux Talmuds. Le contenu de la Mishnah avec les sections correspondantes de la Tosefta sont les suivantes : Calendrier général pour l'année, i. 1-4 = Tosef. i. 1-13. Règlements concernant les témoins des mois, i. 5-ii. 1 (se rattachant à i. 4) = Tosef. i. 15-ii. 1 (abrégé). Matière historique concernant les signaux de feu et les messagers et leur réception le Sabbat, ii. 2-6 = Tosef. ii. 2 (abrégé). La continuation des lois de ii. 1 concernant les témoins (ii. 7, 8), et l'interrogatoire des témoins, et la sanctification des mois sont entièrement absents de la Tosefta. Données historiques concernant Gamaliel et la dispute avec Josué, ii. 8-9 = Tosef. ii. 3 (une simple phrase finale). Continuation des lois de ii. 7 concernant les témoins, iii. 1 = Tosef. iii. 1, 2. Règlements concernant le shofar et son usage, iii. 2-5 = Tosef. iii. 3-6a. Phrase haggadique sur la dévotion = Tosef. iii. 6b. Remarques finales sur le shofar et sur ses obligations, iii. 6-fin = Tosef. iv. 1. Ordonnances de Johanan ben Zakkai concernant Rosh ha-Shanah et le Sabbat, et d'autres matières = Tosef. iv. 2. Ordre du culte, iv. 5-fin = Tosef. iv. 4-fin. La Mishnah ii. 7 semble avoir été transposée selon Tosef. iv. 3, mais elle appartient là selon son contenu.
En citant bon nombre des ordonnances de Gamaliel, la Mishnah met l'accent sur l'autorité de la maison patriarcale en racontant la dispute entre le patriarche et son adjoint Josué et en montrant comment ce dernier a été forcé de céder. La Tosefta omet les ordonnances de Gamaliel et de Johanan ben Zakkai, et la dispute des deux chefs de l'école, et elle ne mentionne rien du pouvoir d'aucune dignité tannaïtique ; la Tosefta est ici un produit de l'époque des Amoraïm. La dignité du nasi n'est pas mise en avant, parce que l'acuité et l'érudition prédominaient à l'école, et il n'y avait pas de désir de laisser les anciens précédents (voir 'Eduyot) revenir à l'avant-plan. Même la Mishnah contient quelques additions de l'époque des Amoraïm (voir, par exemple, iv. 2, où une lacune doit être comblée d'après la Tosefta).