PARAH (« Génisse »)
Nom d'un traité de la Mishnah et de la Tosefta, inclus dans l'ordre Ṭohorot. La loi pentateuchale (Num. xix.) prescrit qu'une génisse rousse, « sans défaut et sur laquelle n'a jamais pesé un joug », soit brûlée et ses cendres mélangées à l'eau de source, afin que le composé obtenu soit utilisé pour asperger et purifier quiconque devient impur. La combustion de la génisse et la préparation des cendres, ainsi que le transport de l'eau et son mélange pour l'aspersion, étaient accompagnés de cérémonies strictes, qui constituaient, selon les récits talmudiques, l'une des principales différences entre les Pharisiens et les Sadducéens, puisque beaucoup d'observances furent introduites par ces derniers uniquement en protestation contre le point de vue sadducéen. Le traité Parah contient une description détaillée de ces cérémonies, ainsi que diverses prescriptions concernant la pureté de l'eau d'aspersion et ses différents effets.
Dans la plupart des éditions, le traité est le quatrième de l'ordre mishnique Ṭohorot, et est divisé en douze chapitres, contenant en tout quatre-vingt-seize paragraphes.
Contenu.
- Ch. i. : Contenu. Âge de la génisse rousse et de la jeune génisse (comp. Deut. xxi. 3) ; explication du mot « shelashit » comme animal de trois ans, et de « reba'i » comme animal de quatre ans (§ 1) ; âge des différents animaux de sacrifice, et les différents noms qu'en portent certains selon leurs âges (§§ 2-4). - Ch. ii. : Possibilité d'acheter la génisse rousse à un non-Juif (§ 1) ; cas dans lesquels ses cornes et ses sabots sont noirs (§ 2) ; les défauts et les fardeaux portés qui rendent la génisse rousse inutilisable (§§ 3-4) ; cas dans lesquels elle devient inappropriée en raison de quelques poils blancs ou noirs (§ 5). - Ch. iii. : Préparation du prêtre qui doit brûler la génisse rousse (§ 1) ; prévention de toute souillure possible, en élevant dans des maisons construites sur le rocher creux les enfants qui puisent l'eau à Siloam (§§ 2-4) ; sept génisses rousses dites avoir été préparées en tout : une par Moïse, une par Esdras, et cinq au temps après Esdras (§ 5) ; un passage spécial avait été construit pour le prêtre et la génisse rousse, du mont du Temple au Mont des Oliviers, où elle fut brûlée (§ 6) ; les anciens du peuple se rendaient en avant au Mont des Oliviers, où une miḳweh fut érigée. Là le prêtre fut rendu rituellement impur, et fut alors obligé de s'immerger immédiatement, réfutant ainsi directement les Sadducéens, qui insistaient sur le fait que le prêtre qui effectuait la cérémonie devait être absolument pur, état qu'il ne pouvait atteindre qu'après le coucher du soleil du jour où il avait pris le bain rituel (§ 7) ; autres détails concernant les fonctions des anciens et l'abattage et la combustion de la génisse (§§ 8-10) ; les cendres furent divisées en trois parts : une part fut conservée dans le « ḥel », l'espace entre le mur du Temple et la salle, et la deuxième au Mont des Oliviers, tandis que la troisième fut divisée entre les ordres de prêtres (§ 11). - Ch. iv. : Circonstances qui rendent la génisse inutilisable (§§ 1-3) ; cas dans lesquels tous les participants à la cérémonie deviennent rituellement impurs ; tous les préparatifs concernant la génisse doivent être faits pendant le jour (§ 4). - Ch. v. : Vases qui sont appropriés pour recevoir les cendres et l'eau ; personnes habilitées à verser les cendres dans l'eau ; concernant la gouttière dans le rocher. - Ch. vi. : Choses qui rendent les cendres et l'eau inutilisables. - Ch. vii. : Actes qui, s'ils sont effectués entre ou pendant le puisage de l'eau et son mélange avec les cendres, rendent ces parties de la cérémonie invalides. - Ch. viii. : Conservation de l'eau d'aspersion (§ 1) ; cas dans lesquels une chose impure ne peut pas causer la souillure à un être humain, mais une chose qui a été rendue impure par un tel objet peut causer l'impureté rituelle (§§ 2-7) ; différentes sortes d'eau, et laquelle d'entre elles est appropriée pour l'eau d'aspersion (§§ 8-11). - Ch. ix. : Causes qui rendent l'eau d'aspersion inutilisable (§§ 1-4) ; concernant l'eau d'aspersion devenue inutilisable (§ 5) ; le mélange des cendres de la génisse rousse avec des cendres ordinaires (§ 7) ; effets encore exercés par l'eau d'aspersion devenue inutilisable (§§ 8-9). - Ch. x. : Comment celui qui est pur quant à l'eau d'aspersion peut devenir souillé ; comment l'eau devient impure. - Ch. xi. : Autres détails concernant la souillure de l'eau d'aspersion (§§ 1-3) ; différence dans son effet sur ceux qui requièrent un bain rituel selon la loi pentateuchale, et ceux chez qui il est obligatoire selon une prescription scribal (§§ 4-5) ; l'espèce appropriée d'hysope (comp. Num. xix. 6), combien de tiges en doivent être prises, et combien de rameaux doivent se trouver sur chaque tige (§§ 7-9). - Ch. xii. : Autres détails concernant l'hysope, les personnes qui peuvent effectuer l'acte d'aspersion, et les cas dans lesquels l'aspersion est inefficace.
La Tosefta de ce traité contient beaucoup de matière pour compléter et expliquer la Mishnah. Particulièrement remarquable est l'histoire du prêtre sadducéen qui tenta de brûler la génisse rousse selon le rituel de sa secte, mais en fut empêché par Johanan b. Zakkai (Tosef. vi. 9).