ME'ILAH (« Violation de droit sur une chose sainte »)
Traité de l'ordre Ḳodashim dans la Mishnah, la Tosefta et le Talmud de Babylone. Dans l'ordre mishnique ce traité est le huitième, et contient six chapitres comprenant trente-huit paragraphes en tout. Il traite principalement des dispositions exactes de la Loi (Lév. v. 15-16) concernant l'offrande de culpabilité et la réparation qui doit être faite par celui qui a usé et joui d'une chose consacrée. Son contenu peut être résumé ainsi :
- Ch. i.: Sacrifices dans lesquels le trespass peut se produire ; dans quelles parties : dans les sacrifices très saints (« ḳodshe ḳodashim ») dans toutes les parties et dans les partiellement saints (« ḳodashim ḳallim ») dans certaines parties seulement. Cas dans lesquels le trespass peut se produire et cas dans lesquels il ne peut se produire. Règle de R. Joshua selon laquelle si les prêtres ont une fois eu le droit de manger d'un sacrifice, aucun trespass ne peut avoir lieu (§ 1). À cette occasion se pose la question de savoir s'il peut y avoir trespass dans le cas de ces parties du sacrifice qui ont été retirées du sanctuaire avant l'aspersion du sang (§§ 2-3). Effets de l'aspersion sur l'animal sacrificiel en ce qui concerne le trespass (§ 4). - Ch. ii.: Le temps après lequel un trespass peut se produire dans les différentes offrandes de viande, les différentes offrandes de nourriture, le pain de la Pentecôte, et le pain de proposition. Étroitement liée à cela est la détermination du moment après lequel les différents sacrifices peuvent être invalidés par certaines erreurs, et la période après laquelle on peut devenir coupable de « piggul » (abomination), « notar » (laisser quelque chose du sacrifice), et « ṭame » (impureté) en connexion avec eux (§§ 1-9).
Dans la Mishnah.
- Ch. iii.: Une énumération de nombreuses choses dont on ne peut pas manger, bien que s'il le fait, on ne soit pas coupable de trespass. Cela conduit à une discussion d'autres régulations concernant certaines de ces choses, ainsi que de la question de savoir si et dans quel cas on peut être coupable de trespass en connexion avec des objets appartenant à ou trouvés sur certaines choses consacrées, tels que l'herbe d'un champ consacré, le fruit d'un arbre consacré (§ 6), et le feuillage dans un bois consacré (§ 8). - Ch. iv.: La combinaison de différents sacrifices dans le calcul de la quantité minimale nécessaire pour constituer un trespass (§§ 1-2). À cette occasion bien d'autres sortes de combinaisons sont données en relation avec d'autres questions légales et rituelles. - Ch. v.: Détermination d'une peruṭa, la plus petite pièce de monnaie, comme la valeur minimale que l'usage des objets saints doit avoir pour rendre quelqu'un coupable de trespass. Discussion de la question de savoir si l'usage fait d'un objet consacré doit avoir une valeur d'une peruṭa ou si la quantité de l'objet consommée par cet usage doit égaler une peruṭa ; en connexion avec laquelle une distinction est faite entre différents objets (§ 1). La commission du trespass par diverses personnes successivement sur le même objet. - Ch. vi.: Cas dans lesquels le trespass a été commis par procuration. Le principe est établi que si l'agent a agi précisément conformément à ses ordres, la personne qui a donné ces ordres est coupable du trespass ; mais si l'agent n'a pas ainsi agi, il est lui-même coupable du trespass. Énumération de différents exemples (§§ 1-5). Cas dans lesquels aucun des deux n'est coupable de trespass et cas où tous deux commettent le trespass (§ 4).
Dans la Tosefta et la Gemara.
Dans la Tosefta, Me'ilah est le septième traité et n'a que trois chapitres. Ceux-ci, cependant, contiennent tout ce qui est dans les six chapitres de la Mishnah, avec quelques omissions et amplifications.
La Gemara de ce traité est consacrée presque exclusivement à des élucidations des mishnayot, il n'y ayant qu'une haggadah dans le traité, portant sur l'histoire de Ben Temalion.
Il n'y a pas de gemara du Talmud de Jérusalem pour ce traité, ni d'ailleurs pour aucun traité de l'ordre Ḳodashim (comp. Buber, « Die Angebliche Existenz eines Jerusal. Talmud zur Ordnung Kodaschim », in Berliner's « Magazin », 1878, pp. 100-105).