LE-DAWID BARUK ()
Titre familier du Ps. cxliv., tiré des paroles initiales du texte hébreu, avec une référence particulière à son emploi, conjointement au Ps. lxvii., comme introduction à la prière du soir à la fermeture du Sabbat. Seul parmi les sections du rituel hébraïque chantées sur des mélodies traditionnelles, ce psaume est toujours mis en musique selon un mode majeur brillant et joyeux.
Si l'on laisse de côté un air du dix-huitième siècle plutôt médiocre conservé dans les congrégations du sud de l'Allemagne, on remarque une similitude fondamentale remarquable dans les divers chants utilisés par les Juifs allemands et polonais, par les Espagnols et Portugais selon la tradition néerlandaise et des Indes occidentales, et par les Italiens et les Juifs d'Orient. Cette similitude basale a surtout frappé le voyageur Moses Israel Ḥazzan (« Kerak shel Romi », p. 4b, Livourne, 1876). Les versions ashkénaze et sépharade s'accordent également dans le passage du mode majeur au mode mineur à l'approche de la fin du verset. Ceci est possiblement une instance de l'application intentionnelle de l'enseignement du Ps. cxxxvii. 6, qui a affecté tous les airs comparativement peu nombreux et joyeux de la mélodie traditionnelle du culte public juif. L'influence de la mélodie originellement septentrionale sur l'usage méridional est parallèle à celle de l'air Addir Hu, de date similaire.
Les variantes locales sont nombreuses. Celles de la tradition des régions slaves et teutoniques sont dues largement à la nécessité de transposer la deuxième phrase du chant à l'octave supérieure ou inférieure, selon que le psaume est commencé dans l'étendue d'une voix de basse ou de ténor. Les formes principales du chant septentrional sont montrées dans la transcription ci-dessous, à la même hauteur cependant. La première (A) est plutôt en faveur parmi les congrégations allemandes, la seconde (B) parmi les polonaises. Le chant méridional (C) apparaît d'abord comme sujet de la composition du Ps. ix. dans l'« Estro Poetico-armonico » ou « Parafrasi Sopra li Salmi » de Benedetto Marcello (Venise, 1724), où il est intitulé « Intonazione degli Ebrei Spagnuoli Sopra il Salmo le-David Baruk ». Cette intonation présente une simplicité plus marquée que les deux versions méridionales (évidemment des variantes s'en écartant) citées par Baer dans « Ba'al Tefillah », No. 714. Ces développements sont dus aux variations personnelles des chantre successifs, une source de changement dont l'usage congregationnel du chant habituel parmi les Juifs septentrionaux a préservé leur mélodie dans une mesure marquée.
LE-DAWID BARUK (A)LE-DAWID BARUK (B)LE-DAWID BARUK (C)