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Données bibliques : Le premier livre de la deuxième division majeure du canon hébreu, les « Nebi'im », et donc aussi le premier de la première partie de cette division, les « Nebi'im Rishonim ». Il porte en hébreu la suscription…

Un livre encore à écrire

Ce Grand Livre n'a pas encore été écrit. Sa rédaction se lance ici même : Claude compose un ouvrage original à partir des pièces du corpus et d'une recherche web, puis l'enrichit à chaque nouvelle source versée.

Notice de la Jewish Encyclopedia (1901-1906)

Ce texte est reproduit tel qu'il a été publié il y a plus d'un siècle. Ses chiffres, ses jugements et ses « aujourd'hui » sont ceux de son époque, non les nôtres.

JOSUÉ, LIVRE DE

Données bibliques :

Le premier livre de la deuxième division majeure du canon hébreu, les « Nebi'im », et donc aussi le premier de la première partie de cette division, les « Nebi'im Rishonim ». Il porte en hébreu la suscription ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V07p284001.jpg); dans la Septante, utilisant la forme post-exilique du nom (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V07p284002.jpg); Néh. viii. 17), Ἰησοῦς (dans certains manuscrits avec l'addition de υἱὸς Ναυῆ); dans la Peshitta, « Ketaba de-Yeshu' bar-Nun Talmideh de-Mushe » (Livre de Joshua, fils de Nun, le Disciple de Moïse). Il appartient aux livres historiques de l'Ancien Testament, son sujet étant l'invasion et la conquête sous Joshua de la Palestine cis-jordanienne et sa répartition entre les tribus, avec un récit des derniers jours et de la mort du grand chef.

Le livre, qui comprend vingt-quatre chapitres, se divise aisément en deux parties principales et un appendice, qui peuvent être résumés ainsi : (1) les événements suivant la mort de Moïse; l'invasion et la capture du pays; (2) la division du pays; (3) la conduite des Rubénites, etc.; deux discours exhortatifs de Joshua peu avant sa mort, suivis d'une brève glose sur son lieu de sépulture et la disposition faite des os de Joseph. En détail, le contenu est le suivant :

Première partie, ch. i-xii.

- i. : Après la mort de Moïse, Joshua, en vertu de sa nomination antérieure comme successeur de Moïse, reçoit de Yhwh l'ordre de traverser le Jourdain. En exécution de cet ordre, Joshua adresse les instructions requises aux intendants du peuple pour la traversée du Jourdain; et il rappelle aux Rubénites, Gadites, et à la moitié de Manassé leur engagement pris envers Moïse de secourir leurs frères. - ii. : Joshua envoie de Shittim deux espions pour explorer la ville de Jéricho. Ils sont sauvés de tomber entre les mains du roi par les tactiques avisées de Rahab. Les espions reviennent et font leur rapport.

Traversée du Jourdain.

- iii.-iv. : Le camp est levé à Shittim. Une halte est faite au Jourdain. Josué s'adresse au peuple ; les assurant que Yhwh, le Dieu vivant, est au milieu d'eux, qu'Il chassera les Cananéens, et que l'Arche traversera le Jourdain, après quoi un changement miraculeux s'opérera dans les eaux du fleuve. Le miracle prédit se produit dès que les prêtres avec l'Arche se jettent à l'eau. En commémoration de cet événement, Josué ordonne qu'on érige deux monuments : l'un dans le lit du fleuve ; l'autre sur la rive ouest, à Gilgal. Les Rubénites, les Gadites et la moitié de Manassé comptent 40,000 guerriers. Les prêtres reçoivent l'ordre de sortir du lit du fleuve après que le peuple ait traversé. Cela a lieu le dixième jour du premier mois ; et le camp est établi à Gilgal.

- v. : Josué reçoit l'ordre de fabriquer des couteaux de silex pour circoncire les Israélites, car ceux nés dans le désert n'avaient pas été circoncis. Cela se fait ; Pesaḥ est célébré ; et la manne cesse. Josué, en face de Jéricho, reçoit la visite d'un « capitaine de l'armée du Seigneur » sous l'apparence d'un homme, qui déclare que le sol sur lequel se tient Josué est une terre sainte.

- vi. : Le siège et la capture de Jéricho ; après treize circuits—un chaque jour pendant six jours, et sept circuits le septième jour—avec sept prêtres soufflant dans sept cornes de bélier et le peuple poussant des cris, les murs s'écroulent. Jéricho est mise sous l'interdit ; mais Rahab est exceptée. Une malédiction est prononcée contre quiconque reconstruirait la ville. Josué devient célèbre dans tout le pays.

- vii. : L'insuccès de l'expédition contre Aï, entreprise sur le conseil d'éclaireurs avec une très petite force, jette l'effroi dans le cœur du peuple et porte Josué au bord du désespoir. Mais Yhwh annonce que le peuple a péché. Comme cela est affirmé dans le premier verset, Acan n'a pas respecté l'interdit. Le peuple doit être reconsacré. Le coupable doit être découvert par le tirage au sort de Yhwh. Cela se fait. Par un processus d'élimination, la culpabilité est limitée à la tribu de Juda, puis au clan des Zarhites, puis au rameau de Zabdi ; les membres individuels de Zabdi sont ensuite amenés en avant, homme par homme, et finalement Acan est démasqué comme le coupable. Il avoue avoir pris un vêtement babylonien précieux, outre de l'argent et de l'or ; et sa confession est vérifiée par la découverte du trésor enfoui dans sa tente. Acan est conduit dans la vallée d'Achor, et là lapidé à mort.

- viii. : Expédition contre Aï, cette fois avec l'armée entière. La ville est prise par une stratégie habile, 30,000 hommes étant placés la nuit précédente en embuscade. La force d'attaque feindre la fuite, le Roi d'Aï est entraîné loin de la ville ; Josué pointe sa lance vers la ville ; sur quoi les hommes en embuscade se précipitent dans la ville, tandis que Josué et l'armée avec lui font demi-tour. Ainsi l'ennemi qui poursuit est pris entre les deux sections du rang d'Israël. Pas un seul homme n'échappe ; la ville est brûlée ; 12,000 habitants sont tués, et les dépouilles sont enlevées. Le Roi d'Aï est pendu à un arbre jusqu'au coucher du soleil, quand son corps est jeté dans une fosse, où un tas de pierres est élevé. Josué dresse un autel sur le mont Ebal comme Moïse l'avait ordonné, offrant à Yhwh des holocaustes et sacrifiant des sacrifices de paix. Sur les pierres de l'autel, il grave une copie de la loi de Moïse ; le peuple étant rangé en deux sections—l'une face à Ebal ; l'autre, Gerizim—tandis que les bénédictions et les malédictions sont lues comme l'avait ordonné Moïse.

La Confédération contre Josué.

- ix. : Confédération des rois indigènes pour combattre Josué. Les Gabaonites, par la ruse, obtiennent un traité des Israélites, qui n'est pas abrogé même après la découverte de la fraude exercée sur les envahisseurs. Ils sont cependant dégradés au rang de « bûcherons et porteurs d'eau » pour l'autel de Yhwh. - x. : Adoni-zédek amène une alliance entre les rois de Jérusalem, Hébron, Jarmuth, Lachish et Églon, et ils (« les cinq rois des Amorites ») assiègent Gabaon. Dans leur détresse, les Gabaonites implorent l'aide de Josué. Josué, assuré par Yhwh de la victoire, monte de Gilgal en marche forcée nocturne et attaque soudainement les alliés. Jetés dans la confusion, les Amorites fuient jusqu'à la montée de Beth-horon. À cette bataille est rapportée une chanson du Livre de Jashar, commandant au soleil de s'arrêter à Gabaon et à la lune dans la vallée d'Ajalon. Les cinq rois sont capturés, d'abord emprisonnés dans la caverne où ils s'étaient cachés pour leur sécurité, puis, après l'arrêt de la poursuite — scarcely one of the enemies escaping — étant par ordre de Josué humiliés et pendus. Suit alors une énumération détaillée des villes capturées et placées sous l'interdit. Josué devient maître de toute la terre — la région montagneuse, le Néguev, la plaine et les pentes — ne laissant pas un roi vivant, et plaçant sous l'interdit tous les hommes de Kadesh-barnea jusqu'à Gaza, et tout le district de Goshen jusqu'à Gabaon. Après cette expédition, il retourne à Gilgal. - xi. : Jabin, roi de Hazor, et ses alliés se rassemblent à Merom. Josué est assuré par Yhwh de leur défaite totale, qui en fait est apportée par une attaque soudaine de la part de Josué. Les poursuivant à grande distance (les villes sont nommées), il coupe les jarrets de leurs chevaux et brûle leurs chars, capturant Hazor, mettant à mort tout son peuple et brûlant la ville. Autres résidences royales, il les prend par l'épée, les plaçant sous l'interdit. Les dépouilles sont prises et les hommes sont mis à mort. Les villes de la colline sont autorisées à subsister. Josué chasse les Anakim des montagnes, de Hébron et d'autres lieux. Seulement à Gaza, il en reste quelques-uns. Finalement, le pays a la paix. - xii. : Récapitulation des conquêtes de Josué, avec des détails statistiques du nombre des rois (30) capturés et soumis.

Deuxième partie, ch. xiii.-xxi.

- xiii. : Après une énumération des lieux encore inconquis (principalement les districts côtiers des Philistins), il est ordonné à Josué de partager la terre, l'inconquise aussi bien que la conquise (verset 6b), parmi neuf tribus et demie d'Israël, les deux autres tribus et demie ayant sous Moïse reçu leur portion à l'est du Jourdain (versets 14b-32). - xiv. : Résumé de la référence précédente concernant Ruben, Gad et la moitié de Manassé, avec une glose concernant la non-hérédité de Lévi sauf en ce qui concerne les villes détachées, tandis que Joseph reçoit un héritage double (versets 1-5). La réclamation de Caleb à Hébron est acceptée. - xv. : Le « lot » de Juda (versets 1-12). La part de Caleb (13). Expulsion par lui des trois Anakim (14). Histoire de Kiriath-Sépher (16). Othoniel la prend et gagne, comme promis, la fille de Caleb pour épouse (17). Son appel réussi pour le don de puits (18). Catalogue de l'héritage de Juda (20 et seq.). Glose sur la demeure continue des Jébusites à Jérusalem (63). - xvi. : Lot des Josépites (1-3). Les Éphraïmites possèdent des villes sur le territoire de Manassé (9). Glose indiquant que les Cananéens demeurant à Guézer n'avaient pas été chassés, mais avaient été réduits à l'esclavage (10). - xvii. : Lot de Manassé, Makir en tant que guerrier s'emparant comme prix de Galaad et de Basan (1). Délimitation de Manassé (7). Les attributions de Manassé dans Issachar et Asher (11). Glose déclarant que ces villes n'avaient pas été capturées (12). Protestation des Josépites contre la réception d'une seule part (14). Josué les conseille de conquérir la terre boisée des collines (15). Plainte de leur part que la montagne n'est pas assez vaste, tandis que les plaines sont occupées par des Cananéens équipés de chars de fer (16). L'encouragement consolateur de Josué (17). - xviii. : Érection du Tabernacle à Shiloh (1). Sept tribus sans allocation. Josué presse celles-ci de nommer des commissions de trois hommes de chaque tribu pour aller et prendre la terre et lui faire rapport, quand, après l'avoir divisée en sept portions, il jettera le sort (2-7). Les commissions accomplissent la tâche et déposent leur livre de record devant Josué, qui jette alors le sort (8-10). La part de Benjamin (11). Les frontières (12-20). Liste des villes (21-28). - xix. : La part de Siméon, sur le territoire de Juda. Liste des villes (1-8). Raison pour laquelle le lot de Siméon était sur territoire judéen (9). La part de Zabulon ; ses frontières (10-14). Douze villes non spécifiées (15b). La part d'Issachar ; ses villes et frontières (17-23). Le lot d'Asher ; ses frontières ; le résumé donne vingt-deux comme nombre de ses villes (24-31). La part de Naphtali ; ses frontières et villes fortifiées (32-39). La part de Dan ; ses villes énumérées (40-46). Pourquoi les Danites prirent Léshem = Dan (47). Josué reçoit comme sa propre part Timnath-Sérah (49-50). Éléazar et Josué avaient assigné les lots devant Yhwh à la porte du Tabernacle à Shiloh (51). Villes de refuge établies (51b-xx.). - xxi. : L'allocation des Lévites (1-8). Paragraphe conclusif, mettant l'accent sur l'accomplissement par Dieu de Sa promesse aux pères (43-45).

Appendice, ch. xxii.-xxiv.

xxii.: Congédiement vers leurs demeures de Ruben, Gad, et de la moitié de Manassé avec la bénédiction de Joshua et une admonition à prendre garde à la Loi de Yhwh telle que commandée par Moïse. Maintenant qu'ils sont devenus riches en bétail, argent, or, fer, et vêtements, ils doivent partager le butin avec leurs frères (1-8). Retour des tribus transjordaniennes; elles construisent un autel au tas de pierres sur la rive du Jourdain; les Israélites désirent les punir pour cet acte; mais ils envoient d'abord Phinehas et dix princes aux Rubénites, etc., pour les censurer, rappelant l'épisode de Péor et les conseillant de se retirer en Palestine. Les Rubénites expliquent qu'en construisant l'autel leur intention était de montrer leur fidélité à Yhwh, afin que leurs descendants ne soient pas taunted d'être infidèles à Lui. La délégation se réjouit de l'explication, et sur leur rapport les Israélites abandonnent l'expédition punitive projetée (9-34).

xxiii.: Joshua, maintenant âgé, convoque une assemblée de tout Israël, à laquelle il admoneste le peuple de rester loyal à la Torah de Moïse.

xxiv.: Un récit d'un rassemblement d'Israël à Sichem, à lequel Joshua prononce un discours impressionnant, passant en revue le passé, et fait vœu au peuple de rester fidèle. Il érige une grande pierre en témoin de la promesse (1-28). Joshua meurt (29). Les os de Joseph sont enterrés à Sichem (32). Eleazar meurt et est enterré (33).

—Vue critique:

Les Rabbins attribuent la paternité du livre, comme des huit derniers versets du Deutéronome, à Joshua (B. B. 14b); le récit de la mort de Joshua (Josh. xxiv. 29-32) a été ajouté, selon eux, par Eleazar, fils d'Aaron (B. B. 15a), et celui de la fin d'Eleazar (Josh. xxiv. 33) par Phinehas (B. B. _l.c._). Mais cette opinion a été rejetée par Isaac Abravanel (voir préface de son commentaire sur les Prophètes antérieurs), qui observe justement que l'usage de la phrase עד היום הזה = « jusqu'à ce jour » (Josh. iv. 9, vii. 26, ix. 27, xiv. 14, xv. 62, xvi. 10) contredit cette supposition, et que certains événements mentionnés dans le Livre de Joshua sont rapportés dans le Livre des Juges (xix. 45) comme survenant « longtemps après la mort de Joshua » (Abravanel, « Comm. in Prophetas Priores, » pp. 2b, col. 2; 3a, col. 1; Leipzig, 1686).

Vues sur la paternité.

Les commentateurs chrétiens ont pour des raisons similaires soutenu que le livre était d'un auteur postérieur, qui avait accès à des documents composés par Joshua ou par ses contemporains (Théodoret, « In Josue Quæst. » xiv.). Dans la « Synopsis Sacræ Scripturæ » (xxviii., col. 309), attribuée à Saint Athanase, le titre du livre s'explique non pas comme le nom de l'auteur, mais comme indiquant le héros des événements. Alphonsus Tostat (« Opera, » Cologne, 1613; « In Josue I. Quæst. » xiii.) rejette la paternité de Joshua et avance la théorie que le livre est l'œuvre du Roi Salomon, tandis que Maes (« Josue Imperatoris Historia, » Anvers, 1574) l'attribue à Esdras, qui avait accès aux anciennes archives hébraïques. Ces critiques et les critiques catholiques modernes aussi (Cardinal Meignan, « De Moïse à David, » Paris, 1896) rendent ainsi le livre postérieur à l'époque de Joshua, mais, pour la plus grande partie, préexilique et toujours fondé sur des documents contemporains des événements rapportés.

Parmi les critiques juifs modernes L. Wogue (« Histoire de la Bible, » Paris, 1881) défend la vue traditionnelle, avec référence à B. B. 14b et 15a. Plus récemment le passage dans Ecclus. (Sirach) xlvi. 1 a été invoqué en preuve de la paternité de Joshua; προΦητεῖαι dans l'Ecclésiastique signifie « livres, » de sorte que Joshua étant désigné (_ib._) comme διάδόχος Μωϋσῆ ἔν προΦητείαίς impliquerait qu'il était l'« auteur » du « livre. » Le texte hébreu, cependant, a דברי (voir Israel Lévi, « L'Ecclésiastique, » Paris, 1898), mais ceci a aussi été interprété, avec référence à II Chron. ix. 29, où דברי signifie « livre, » comme soutenant la vue traditionnelle.

Keil dans son commentaire a tenté de défendre cette vue en insistant sur la force de עד אשר עברנו = « jusqu'à ce que nous ayons passé » (Josh. v. 1) comme démontrant que le récit doit avoir été écrit par un témoin oculaire; mais les versions anciennes montrent que cette leçon est erronée. Et xviii. 9 n'est pas concluant: tout au plus il prouve que le catalogue des villes (xviii. 11-xix. 46) a été extrait d'un document contemporain de Joshua. De la même façon xxiv. 26 peut être considéré comme preuve seulement que xxiv. 1-25 est de sa main, bien que, à un examen plus attentif, ce passage même soit vu être simplement l'opinion sincère d'un écrivain postérieur. Les objections d'Abravanel n'ont pas été répondues.

Comparaison avec les Juges.

Les livres bibliques ultérieurs présentent des incidents qui démontrent que la situation supposée dans Josué ne pouvait pas avoir été celle de la période d'invasion. Par exemple, Jéricho, représentée dans Josué comme complètement renversée et sur la reconstruction de laquelle une malédiction solennelle est invoquée, se trouve exister à une époque beaucoup plus tardive, même comme cité des Prophètes ([voir Elisée](/articles/5682-elisha); comp. Josh. vi. 2-27, xvi. 1; Judges iii. 12-30; II Sam. x. 5; II Kings ii. 5, 15; v. 19-22; I Chron. xix. 5; pour la malédiction voir I Kings xvi. 34). Aï, signalée comme brûlée, est connue d'Isaïe (sous le nom d'« Aiath »; Isa. x. 28). Guézer (Josh. xvi. 10), décrite comme étant réduite à la vassalité, n'est rendue tributaire que du temps de Salomon (I Kings ix. 16). Mais une comparaison avec le Livre des Juges suffit à discréditer la théorie selon laquelle le Livre de Josué serait une autobiographie de son héros éponyme. Le récit dans les Juges révèle le fait que l'invasion n'était pas dirigée par un général en chef, ni entreprise en une seule fois par les tribus unies sous un commandant national, ni accomplie dans la vie d'un seul homme, bien moins en deux décennies.

Le livre n'est pas non plus l'œuvre d'un seul homme. Les contradictions abondent, _par ex._, dans la chronologie : en iii. 1 la traversée est fixée au jour suivant; iii. 2, trois jours s'écoulent; iii. 5, le départ est derechef retardé d'un jour; comp. v. 10 avec iv. 19 et v. 2-9. En xi. 21 les Anaqim sont expulsés par Josué, tandis qu'en xv. 13 Caleb est rapporté comme ayant accompli cet exploit. Des versions doubles et variantes sont données, comme par exemple l'explication du nom [Gilgal](/articles/6675-gilgal) (iv. 20; comp. v. 9 et xiv. 6 _et seq._ avec xv. 13 _et seq._).

Le Livre de Josué doit être considéré comme une compilation; et l'analyse de son contenu en rend certain que ses sources sont du même caractère que celles du Pentateuque. Cela, dans une certaine mesure, était l'impression des Rabbins. Selon Mak. 11a, le chapitre (xx.) concernant les villes de refuge a été tiré du Pentateuque. Le Livre de Josué était regardé par eux comme écrit à la lumière de la législation deutéronomique (Gen. R. vi. 14). En tout cas, Josué et le Pentateuque sont traités comme d'un même caractère dans le dicton que les péchés d'Israël seul ont nécessité l'ajout d'autres livres à ceux-ci (Ned. 22b). Josué est souvent comparé à Moïse (Ta'an. 20a; Soṭah 36a; B. B. 75a; Sanh. 20a; Mak. 9b).

Tandis que les critiques modernes en général s'accordent à dire que le Livre de Josué est une compilation de sources qui ont été utilisées dans le Pentateuque (J, E, JE, D, et P), avec des additions de l'éditeur (R = Rédacteur), ils diffèrent très largement quant aux détails. Selon Steuernagel (« Joshua », dans le « Hand-Kommentar » de Nowack), la tentative d'Albers dans son « Die Quellenberichte in Josua », i-xii., 1891, de séparer les composantes de J de celles de E dans la première partie (i.-xii.) est insatisfaisante. En fait, Steuernagel suppose que J et E combinés comme JE n'ont jamais été accessibles au compilateur de Josué, les deux étant alors encore non combinés. Quelques fragments de J (d'après Budde, dans la « Zeitschrift » de Stade, vii.), parallèles à des passages dans les Juges i., et d'autres quelque peu plus nombreux de E, sont tout ce qu'il trouve dans Josué. Il insiste sur le fait que pour i.-xii. un autre travail, D, était la source principale. Ce D n'est pas identique avec l'auteur du Deutéronome, mais est plutôt D2 (= l'auteur de Deut. i.-iii.), et est dans l'ensemble une élaboration indépendante de E. Les quelques fragments de J et E dans Josué qu'il concède ont été ajoutés par R, et seulement après que D2 eut été combiné avec P (surtout dans la deuxième partie).

L'analyse de Steuernagel n'a pas été acceptée par Holzinger (« Josua », dans le « K. H. C. » de Marti), qui rejette D2 et élabore un schéma sur la base de J, E, et JE, avec une coloration deutéronomique prononcée : Deutéronomiste, Code Sacerdotal, et Rédacteur. Contrairement au R du Pentateuque, qui fait de P le document original, dans Josué JED est la base, supplémentée par des extraits de P. Des additions encore plus tardives sont remarquables ainsi que des changements dans la phraséologie (_par ex._, l'usage de ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V07p287001.jpg) en vii. 13, 19 _et seq._; viii. 30; ix. 18, 20; x. 40, 42; xiii. 14, 33; xiv. 14; xxii. 16, 24; xxiii.; xxiv. 2, 23). Pour une analyse détaillée sur cette base voir Holzinger, « Das Buch Josua », pp. xvii.-xxi.

Steuernagel dans sa traduction imprime les différentes sources en différents caractères. W. H. Bennett dans « The Book of Joshua » (dans « S. B. O. T. » 1895) indique les divers documents par l'usage de différentes couleurs.

Rédaction.

En résumé, ces diverses analyses ont certainement démontré que, dans l'ensemble, dans la partie narrative du livre (i.-xii.) l'introduction (i.) est deutéronomiste, comme l'est la conclusion de tout le livre (xxi. 43-xxii. 6, xxiii.), et que la coloration deutéronomiste se trouve dans les deux parties, naturellement à un degré plus élevé dans les chapitres narratifs. La base du livre était une histoire deutéronomiste de Josué, fondée sur le matériel provenant de J et E peut-être pas encore combinés en tant que JE, excluant ainsi Rje (=Rédacteur de JE). Le courant principal de la narration n'est pas originellement deutéronomiste ; l'éditeur deutéronomiste en a accentué la coloration et s'est attaché aux implications morales et religieuses de l'histoire. La narration n'est pas toujours cohérente. En xiii.-xix. de nombreux fragments sont pour la plupart des parallèles à Juges i., qui donnent à penser que la conquête fut un processus lent et laborieux, les tribus agissant sans plan concerté et nulle part sous un commandement central unifié. Ceux-ci appartiennent à J.

Mais même dans la partie narrative, strictement ainsi dite, distincte de la partie statistique, un double récit est presque toujours discernable : l'un apparemment plus ancien et plus prosïque ; l'autre, avec une tendance claire à magnifier l'importance des événements et l'annihilation absolue des habitants (bien que cela puisse être attribué à Rd), et à souligner le miraculeux. Le plus ancien rappelle la méthode de J dans le Pentateuque ; le plus jeune, celle de E. La part de P dans la section narrative est très limitée. Des additions de quelques versets peuvent lui être attribuées. En xiii.-xxii. les contributions de P sont beaucoup plus étendues. Les frontières et les listes des villes de refuge et des villes lévitiques lui appartiennent. La combinaison du Josué deutéronomiste (Rd, J, E, peut-être JE [Rje]) avec P fut l'œuvre de R, qui fit des changements verbaux pour servir ses fins. Mais même après cela des additions furent faites, _p. ex._, xxii. 9-24 (comp. Num. xxxii.-xxxiii.; Juges xx.). Ch. xvi. et xvii. nous sont parvenus sous forme mutilée. Quand ils ont été abrégés ne peut être déterminé. Le dédoublement de l'adieu de Josué est aussi de la main d'un rédacteur postérieur ; ou il est possible que l'un des deux récits (xxiv.) vienne de E, tandis que l'autre est clairement deutéronomiste, ressemblant à Deut. iv. 29-30.

Caractère historique du livre.

Après avoir éliminé les éléments pragmatiques et atténué la coloration deutéronomiste, l'étude critique du Livre de Josué pénètre jusqu'à une couche de traditions qui reflètent, de manière plus ou moins confuse, des occurrences réelles ; mais celles-ci ne se produisirent pas dans la séquence supposée ici, ni de la manière détaillée. La division de la terre est, dans l'ensemble, l'œuvre d'un théoricien qui utilise les conditions réelles dans une certaine mesure, mais toujours pour mettre en avant son programme sacerdotal. Les légendes locales, des bribes de folklore et de chansons populaires, la tendance à concentrer en un seul homme les expériences de tribus et de générations (toujours caractéristique de la légende), ont eu une part décisive dans la mise en forme du matériel original. Les explications de noms (Akor, Gilgal), les anciens sanctuaires locaux, et les souvenirs d'usages religieux anciens sont aussi détectables comme les données brutes sur lesquelles la fantaisie populaire avait travaillé longtemps avant que les diverses sources littéraires n'aient surgi à l'existence. Nier en bloc, avec Eduard Meyer (dans la "Zeitschrift" de Stade, i.), le caractère historique du livre est dogmatique. On peut cependant remarquer que, en contraste avec Juges, le Livre de Josué n'a pas de schéma chronologique (comp. xi. 18, xiv. 10, xxiii. 1, xxiv. 31).

L'Hexateuque.

Eu égard à l'identité de ses sources, et aussi au fait que dans tout le Pentateuque la conquête du pays est présupposée et soulignée comme le but (Gen. xiii. 14-17, xv. 13-16, xxvi. 3, xxviii. 13-15; Ex. iii. 8, 17; xxxii. 13; xxxiii. 1-3; Num. xiii. 17 _et seq._, xiv., xxxii.; Deut. i. 38, iii. 21, xxxi. 3-6; P Gen. xvii. 6-8, xxviii. 3; Num. xxvii. 18-23, xxxiii. 50-54, xxxiv., xxxv.; Deut. xxxiv. 9), les critiques ont soutenu que Josué forma autrefois avec le Pentateuque le soi-disant [Hexateuque](/articles/7661-hexateuch). Si tel était le cas, ce dut être à une époque antérieure à la séparation des Samaritains d'avec les Juifs, puisque les Samaritains ne possèdent que le Pentateuque; mais les livres d'Esdras et de Néhémie ne donnent aucune indication sur l'existence d'un hexateuque. Selon toute probabilité, les sources J, E, ainsi que D et P, ont porté le récit jusqu'à la conquête du pays; mais dans leurs formes actuelles, le Pentateuque et Josué ne furent jamais combinés. Volck (dans Herzog-Hauck, "Real-Encyc." ix. 390), supposant que P est plus ancien que JE et D, soutient qu'avant que D ne soit incorporé au Pentateuque actuel, Josué (i.-xxiv.) formait une partie d'une œuvre composée de P, JE, et Deut. xxxi. 14-23, xxxii. 1-44, 48-52, xxxiii., xxxiv.1-9, et que c'est lorsque Deut. v.-xxviii. fut incorporé que Josué fut fait un livre séparé. Cette théorie, bien que peu convaincante, aide à clarifier que les sources doivent avoir contenu l'histoire de la conquête. Que Osée, Amos et Michée aient connu cet Hexateuque (moins le Deutéronome) n'est pas prouvé par des passages tels que Michée vi. 5 _et seq._ (ou Osée ix. 10, xii. 4 _et seq._, et Amos ii. 10, v. 25, vii. 4). Les traditions à la base de ces histoires étaient connues de ces prophètes anciens. Plus que cela ne peut être déduit de leurs références à Shittim et à Gilgal (_par ex._, dans Michée vi. 5 _et seq._).

Le Texte.

Le fait que dans Josué les formes archaïques du Pentateuque (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V07p288001.jpg) pour ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V07p288002.jpg) ou ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V07p288003.jpg) pour ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V07p288004.jpg)) ne se retrouvent pas n'est pas une preuve contre l'hypothèse hexateuquiale. Cette circonstance indique simplement qu'au moment (post-exilique) où le texte consonantique fut fixé, Josué ne formait pas une œuvre unique avec le Pentateuque. Jéricho est pointé ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V07p288005.jpg) pour Pent. ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V07p288006.jpg). Le texte est en assez bon état. La Septante est dépourvue de quelques gloses (v. 4-7, vi. 3-5, xx. 4-6). Les omissions dans l'hébreu (dans xv. 59, noms de onze villes; dans xxi., un passage entre les versets 35 et 36) sont fournies dans le grec. À la fin du xxiv., la Septante présente des additions d'intérêt.

Le Livre de Josué samaritain.

Le Livre de Josué samaritain, un livre extra-canonique écrit en arabe, prétend être une traduction de l'hébreu ("Chronicon Samaritanum CuiTitulus Est Liber Josuæ," éd. Juynboll, Leyden, 1848). Il relate la consécration de Josué (Deut. xxxi.), l'épisode de Balaam, et la guerre sous Josué comme général contre les Madianites; puis, avec un nouveau titre ("Livre de Josué fils de Nun"), la conquête du pays et sa division, continuant l'histoire depuis la mort de Josué jusqu'à celle d'Éli. Des interpolations (xxvi.-xxxvii.) traitent d'autres personnages, et dans les chapitres conclusifs Nabuchodonosor, Alexandre et Hadrien sont les héros. Ce livre est une compilation médiévale de l'époque où les Samaritains étaient sous la domination mahométane, mais il contient aussi de vieux matériaux haggadiques ([voir Shobach](/articles/13600-shobach)).

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