ISRAËL NOSHA
YISRAEL NOSHA'
Un hymne composé par un écrivain du haut Moyen Âge nommé Shephatiah (Zunz, "Literaturgesch." p. 235), et formant le pizmon, ou verses-réponses principales, dans les seliḥot d'une des matinées de la semaine précédant la fête du Nouvel An. Il est chanté le lundi dans l'usage polonais et le mardi dans l'usage allemand. Le verset initial est employé aussi dans le service de [Ne'ilah](/articles/11432-ne-ilah) de l'ancien rituel. La mélodie présente un intérêt particulier comme l'une des rares airs métriques d'origine médiévale germanique qui furent construits dans des échelles de caractère oriental. Ces airs étaient plus familiers à ces Juifs résidant dans la région de l'Église grecque, qui subirent l'influence byzantine plutôt que celle du plain-chant romain. La mélodie existe en quatre variantes parallèles. Dans la tradition anglaise, le chant du premier verset dans le service de clôture du Jour du Pardon a entraîné la modification des phrases conclusives de la mélodie par attraction dans la mélodie employée pour plusieurs autres hymnes utilisés de même manière dans ce service (comp. Ne'ilah \[Hymn Tunes\] et voir "The Voice of Prayer and Praise," No. 286, Londres, 1899). Des autres formes traditionnelles de l'air, celle usitée en Allemagne du Nord paraît la plus proche de l'original. Elle se place dans la tonalité de la dominante de la gamme mineure, rappelant le quatrième mode byzantin (dans la variété appelée λέγετος ; comp. Bourgault-Ducoudray, "Etudes sur la Musique Ecclésiastique Grècque"). Dans les traditions polonaise et sud-russe, le dièse systématique de la sensible du mineur, si familier dans la mélodie tzigane hongroise, rapproche la tonalité d'une forme du mode chromatique oriental ([voir Music, Synagogal](/articles/11241-music-synagogal)) et confère à l'air la plainte gémissante favorisée par les Juifs d'Europe du nord-est.