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Zakhor

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**ASHIRAH (B)**![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/images/V02p188002.jpg) Le premier mot du Cantique de Moïse (Ex. xv.), connu sous le nom de « Shirat ha-Yam » (Le Cantique à la Mer), lu dans les synagogues lors de la leçon du septième jour de la Pâque…

Un livre encore à écrire

Ce Grand Livre n'a pas encore été écrit. Sa rédaction se lance ici même : Claude compose un ouvrage original à partir des pièces du corpus et d'une recherche web, puis l'enrichit à chaque nouvelle source versée.

Notice de la Jewish Encyclopedia (1901-1906)

Ce texte est reproduit tel qu'il a été publié il y a plus d'un siècle. Ses chiffres, ses jugements et ses « aujourd'hui » sont ceux de son époque, non les nôtres.

ASHIRAH (= « Je chanterai »)

ASHIRAH (B)![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/images/V02p188002.jpg)

Le premier mot du Cantique de Moïse (Ex. xv.), connu sous le nom de « Shirat ha-Yam » (Le Cantique à la Mer), lu dans les synagogues lors de la leçon du septième jour de la Pâque (l'anniversaire du passage de la Mer Rouge), dans la leçon du Sabbat « Beshallaḫ » (Ex. xiii. 17-xvii. 16) du cycle annuel des lectures du Pentateuque, et à la conclusion des Psaumes dans le service du matin quotidien. Traditionnellement associée au cantique se trouve une intonation très ancienne, qui a en effet été populairement présentée comme étant le véritable chant entonné par Miriam et ses sœurs, et qui contient probablement un vrai vestige de la musique du Temple. Il se suggérerait presque naturellement aux premiers récitants du cantique de le chanter en écho des notes guerrières d'un appel de trompette. Les appels de trompette restent identiques au cours des siècles, puisque ces phrases musicales ne consistent qu'en notes dépendant de certaines propriétés naturelles de toute colonne d'air enfermée dans un tube. Ainsi le récitant ancien, en commençant le Cantique de Moïse, aurait modulé son chant bardique en quelque imitation d'une note de trompette, tout comme on le fait encore traditionnellement quand on lit du rouleau de la Loi que « Pharaon s'approcha » (Exod. xiv. 10) avec « ses chars et sa cavalerie » (_ib_. 18), ou que « l'étendard du camp des enfants de Juda se mit en avant . . . et à la tête de son armée était Nahshon » (Num. x. 14), ou que « ils partirent d'Élim et campèrent près de la Mer Rouge » (Num. xxxiii. 10), ou des détails similaires d'un mouvement militaire. Ces modulations sont connues sous le nom de « nedarim ». Ainsi, quand la cantillation des leçons selon la notation des accents ([voir Music, Synagogal](/articles/11241-music-synagogal)) fut cristallisée dans ses diverses formes, la trompette était encore imitée chaque fois que le Cantique de Moïse était lu.

Mais le cantique était aussi récité lors de la prière du matin ; et, quelque pressé que fût le service lors des jours de semaine, néanmoins lors du Sabbat et des fêtes on prêterait attention à l'exhortation rabbinique qu'il soit chanté « debout, avec mélodie, et avec joie ». Parmi les Achkénazes, « mélodie » vint de plus en plus à signifier l'intonation solo du « Ḫazan », qui élabora graduellement l'ancien appel guerrier en flourishes triomphantes dépassant plutôt la capacité vocale d'un simple fidèle. Celles-ci il les alternerait avec la cantillation normale, et les emploierait pour mettre spécialement en relief les versets les plus frappants du cantique. De telles flourishes demeurent encore, dans une certaine mesure, fluides, n'ayant pas strictement cristallisé en un ensemble défini de notes. _Ashirah_ (verset 1) serait donné comme ci-opposé (A).

Chez les Séfarades, la tradition musicale s'est globalement penchée vers le chant congregationnel plutôt que vers la vocalisation, quelque édifiante soit-elle, d'un quelconque individu. Toute l'assemblée participait au chant du Cantique de Moïse, du moins à sa place dans le service du matin. D'où le développement de l'appel supposé de trompette procéda dans une direction différente. Il devint une mélodie formelle plutôt qu'une improvisation dramatique, rythmique plutôt que libre, et s'établit dans une mélodie fixe distincte d'une récitative. En Italie une chant plus simple est utilisé pour les jours de semaine ; mais lors du Sabbat et des fêtes Ashirah est rendu comme en (B).

ASHIRAH (C)![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/images/V02p189001.jpg)

Ceci, tel que transcrit par le Professeur F. Consolo dans son « Libro dei Canti d'Israele », est peut-être le plus libre parmi les versions des Séfarades ; et la variante conservée chez les Juifs turcs s'en rapproche grandement. Mais plus efficacement développée est la version marquée C, transmise par la tradition portugaise, et communiquée aux congrégations filles notamment par Amsterdam. Le rendu français (comparer Naumbourg, « Agudat Shirim », No. 60) est une variante qui établit l'identité originelle de l'italien et du hollandais, ce dernier étant la source des formes anglaises et américaines. Les notes essentielles de tous ceux-ci, malgré plusieurs phrases caractéristiques du « Ḫazanut » séfarade, rappellent celles de l'appel de trompette que nous suggérons ici comme étant leur original. La clarté rythmique et la définition mélodieuse de la variante portugaise résultent de sa structure développée (similairement à de nombreux autres chants des Séfarades, comme dans leurs versions du Ps. xix. et xcii.) dans la forme binaire ou bipartite. Les deux phrases musicales symétriques mais contrastantes, marquées A et B dans la transcription précédente des quatre premiers versets, permettent d'adapter le chant à des phrases de longueur et de contour variés dans le texte lui-même.

Cette mélodie fut d'abord transcrite vers 1856 par Emanuel Aguilar pour les « Ancient Melodies of the Liturgy of the Spanish and Portuguese Jews » du Rév. D. A. De Sola.

Tout récemment sa conception guerrière a été intéressamment soulignée dans son adoption pour la « Parade March » de la [Jewish Lads' Brigade](/articles/8642-jewish-lads-brigade). La mélodie a été appliquée par les Séfarades, selon leur coutume, à de nombreux autres textes, particulièrement les psaumes du [Hallel](/articles/7109-hallel) ; et elle a également été associée par l'auteur au « Song of Miriam » de Thomas Moore, pour former un hymne. Elle a été en outre utilisée par Asger Hamerik, un compositeur norvégien, ancien directeur du Peabody Conservatory à Baltimore, Md., comme l'un des trois thèmes hébreux de son admirable « Sinfonia Trionfale », intitulée une « Jewish Trilogy ».

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