ALMAGESTE
Le titre arabe de l'ouvrage astronomique de Claudius Ptolemy (florissait vers 150), intitulé par lui μαθηματική σύνταξις, afin de le distinguer d'une autre σύνταξις de Ptolemy, consacrée à l'astrologie. L'Almagest contient un exposé complet de la théorie astronomique ptolémaïque, par laquelle le mouvement rétrograde des planètes intérieures s'expliquait par un système de cycles et d'épicycles. Il donne aussi, dans les huitième et neuvième livres, une liste des étoiles fixes, avec leurs positions, toujours utile à l'astronome. Il continua d'être le manuel classique d'astronomie jusqu'à l'époque de Copernic, et même de Newton, et il fut le fondement des connaissances astronomiques des Juifs (qui en firent connaissance par des traductions arabes) au Moyen Âge. L'une des plus anciennes traductions arabes serait due à un Juif oriental, Sahl Al-Tabari (vers 800), mais on ne trouve aucune trace de celle-ci. De Ptolemy provenaient aussi les conceptions des sphères et du _primum mobile_, qui eurent une si grande influence sur la Cabale. L'Almagest fut traduit en hébreu d'après l'arabe, ainsi que les abrégés d'Averroès et d'Al-Fergani, par Jacob Anatoli vers 1230, ce dernier d'après la version latine de Johannes Hispalensis. Des commentaires sur des parties de celui-ci furent écrits par David ibn Naḥmias de Tolède, Elijah Mizraḥi, et Samuel ben Judah de Marseille (1331) ; seul le commentaire de ce dernier s'est conservé. De l'Almagest les Juifs reçurent leur conception du nombre des étoiles fixes comme étant 1 022 ; la comparaison de l'univers à un oignon avec ses peaux successives, correspondant aux sphères ; et leur idée de la taille de la terre — 24 000 milles de circonférence — qui indirectement conduisit à la découverte du Nouveau Monde, en portant Colomb à penser que la route occidentale vers l'Inde n'était pas si lointaine qu'elle fût hors de sa portée.