ADONAI BEḲOL SHOFAR ()
Un court _pizmon_ de quatre strophes, chacune se terminant et commençant par les deux moitiés respectives du Ps. xlvii. 6. Il est chanté dans la liturgie sépharade avant le premier son du shofar lors de la Fête du Souvenir, ou festival du Nouvel An. La mélodie traditionnelle, qui est répétée après le deuxième son du shofar dans la prière du _musaf_, présente une certaine ressemblance avec d'anciens airs de Provence et de Navarre, et peut être considérée à juste titre comme une chanson populaire de la région des Pyrénées, adaptée pour la pratique religieuse par les Juifs d'Espagne du quatorzième siècle, en conformité avec une pratique déjà familière à l'époque d'Abraham ibn Ezra et de Judah ha-Levi, et se poursuivant jusqu'à la période de l'Expulsion. Les noms séculiers de telles mélodies sont donnés dans les rubriques de nombreuses éditions du Maḥzor sépharade, les hymnes (_piyyuṭim_) inclus dans lequel, bien que relativement peu nombreux, reproduisent plus étroitement le mètre et le rythme de la poésie séculière des non-Juifs que la « prose rimée » qui se rencontre si fréquemment dans la liturgie du nord. Ces hymnes se prêtaient ainsi aisément à des mélodies séculières.