HELLER, STEPHEN
Pianiste et compositeur hongrois ; né à Budapest le 15 mai 1815 ; mort à Paris le 14 janvier 1888. Il était à l'origine destiné au droit, mais décida bientôt de consacrer sa vie à la musique.
À l'âge de neuf ans, il était déjà suffisamment avancé pour jouer avec son maître F. Brauer au théâtre de Budapest le concerto de Dussek pour deux pianos. Peu après, il se rendit à Vienne pour étudier avec Charles Czerny, et plus tard avec Anton Halm. En 1827, il donna des concerts à Vienne, et de 1829 à 1832 il fit une tournée de concerts avec son père à travers la Hongrie, la Pologne et l'Allemagne.
Après avoir passé l'hiver 1830 à Hambourg, il revint à Budapest en passant par Cassel, Francfort, Nuremberg et Augsbourg. Dans cette dernière ville, il tomba malade et fut bientôt après adopté par un riche mécène de la musique. En 1838, Heller se rendit à Paris, où il entra dans ce brillant cercle musical dont Liszt, Chopin et Berlioz étaient des membres en vue. Là, Heller acquit finalement une haute distinction à la fois comme concertiste et comme pédagogue. En 1849, et de nouveau en 1862, il visita Londres, à cette dernière occasion jouant avec Hallé au Crystal Palace (3 mai) le concerto en mi bémol de Mozart pour deux pianos. À l'exception de ces brèves interruptions, les vingt-cinq dernières années de sa vie furent passées à Paris.
Les nombreuses compositions de Heller, uniquement pour le pianoforte, sont célèbres par leur originalité, leur grâce et leur élégance. Quant à une connaissance spécifique de l'instrument, Heller était considéré comme supérieur même à Mendelssohn ; et sa poésie du sentiment, sa mélodie pure et riche, et sa fertilité d'invention rhythmique le placent parmi les tout premiers compositeurs de son genre.
Heller a écrit en tout environ 150 numéros d'opus, dont les suivants sont les plus populaires : « Traumbilder », op. 79 ; « Promenades d'un Solitaire », op. 78, 80, 89 ; « Nuits Blanches » (ou « Blumen-, Frucht-, und Dornenstücke »), op. 82 ; « Dans les Bois », op. 13, 36, 86, 128 ; « Eglogues », op. 92 ; 3 « Bergeries », op. 106 ; « Voyage Autour de Ma Chambre », op. 140 ; « Tablettes d'un Solitaire », op. 153 ; « Herbstblätter », op. 109 ; « Balletstücke », op. 111 ; 3 « Ballades », op. 115 ; 3 « Préludes », op. 117 ; « Tarantelles », op. 53, 61, 85, 137, etc. ; « Etudes », op. 16, 45, 46, 47, 90, 125 ; en outre des sonates, mazurkas, scherzos, caprices, nocturnes, chansons sans paroles et variations.