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Zakhor
MémoireCommunautéVIe s. av. è.c.–aujourd'hui

Juifs géorgiens (Gruzinim)

גרוזינים

Région : Géorgie (Caucase)

registre Mémoire · dépositaire, non propriétaire

Publié le 14 août 2026

Parmi les plus anciennes communautés, assimilée à la langue et la culture géorgiennes.

Introduction

Au pied du Grand Caucase, dans le pays que ses habitants nomment Sakartvelo, vit l'une des plus anciennes communautés juives du monde. Les Juifs géorgiens — Gruzinim en hébreu, du russe Gruziya, et kartveli ebraelebi en géorgien — constituent une diaspora singulière, profondément enracinée dans le sol et la langue de la Géorgie tout en conservant une identité religieuse juive ininterrompue. Leur présence dans le pays sud-caucasien remonte à au moins deux mille cinq cents ans, selon l'état actuel de la recherche — et certaines sources géorgiennes médiévales du XIe siècle font remonter cette ancienneté à vingt-huit siècles, prolongeant ainsi la mémoire communautaire jusqu'à l'époque du Premier Temple.

Leur particularité tient à un paradoxe fécond : une assimilation linguistique et culturelle presque totale au monde géorgien, sans rupture de la fidélité judaïque. Ils n'appartiennent ni au monde ashkénaze ni au monde proprement séfarade ; ils forment un rameau oriental distinct, façonné par deux millénaires de coexistence avec les royaumes ibères, les invasions mongoles et persanes, les empires ottoman et russe, et, enfin, par l'épopée de l'aliyah contemporaine qui a presque entièrement transplanté la communauté en Israël. À la différence d'autres diasporas orientales, les Gruzinim ont adopté la langue de leur pays d'accueil comme idiome communautaire, produisant ainsi le seul dialecte juif fondé sur une langue kartvélienne — le kivruli ou qivruli —, fait unique dans l'ensemble du monde juif.

Ce livre retrace, chapitre après chapitre, l'histoire des Gruzinim : de leurs origines liées à l'exil babylonien jusqu'à leur dispersion actuelle entre Israël, la Géorgie et les anciennes républiques soviétiques. Il distingue, à chaque étape, ce que l'archive établit, ce que la tradition transmet et ce que la recherche moderne — notamment la génétique et l'onomastique — vient confirmer ou nuancer. Une attention particulière est portée à Koutaïssi, ville-mémoire de la communauté en Géorgie occidentale, et à la figure de Boris (Dov) Gaponov, traducteur juif dont l'œuvre illustre au plus haut point la fécondité du dialogue entre les cultures géorgienne et hébraïque.

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Versions (1)
  1. v1 · courante · 14 août 2026

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