TABOR
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- 1. Montagne de Palestine, le moderne Jabal al-Ṭur, sur le bord septentrional de la plaine de Jezreël. C'est une colline en forme de dôme aux contours doucement arrondis, qui s'élève d'environ 400 m. au-dessus de la plaine environnante et 562 m. au-dessus du niveau de la mer. Se dressant avec netteté de tous les côtés, sauf au nord-est, où une basse crête la relie aux collines du pays de Nazareth, elle domine hautement toutes les élévations de son voisinage et forme un point de repère visible de très grande distance. Du sud-ouest elle forme presque un semicercle. Sa beauté et sa symétrie, jointes à sa position isolée, la rendent, comme le Carmel et l'Hermon, importante dans l'histoire et la tradition (Jer. xlvi. 18; Ps. lxxxix. 13 [A. V. 12]). Dans les temps anciens elle formait la limite entre Zabulon, Issachar et Nephthali (Judges iv. 6, 12, 14); et c'est là que Barak assembla son armée pour combattre Sisera (ib. iv. 6), tandis qu'elle fut aussi le centre d'un culte antique (Hos. v. 1). Le Tabor mentionné en Judges viii. 18 ne doit pas être identifié avec cette montagne, même si le texte ne requiert pas d'émendation (comp. Moore, "Judges," p. 228), mais doit plutôt être localisé aux environs d'Ophrah, la patrie de Gédéon. De même "la plaine de Tabor" mentionnée en I Sam. x. 3 n'a aucune connexion avec la montagne considérée ici, mais le nom semble avoir été une désignation fréquente de lieux dans le territoire de Benjamin. Dans l'histoire juive ultérieure Tabor est mentionné dans les guerres entre Antiochus III., le Grand, et Ptolémée VII., Philopator, la ville d'Atabyrium, qui était située sur cette montagne, étant prise par Antiochus en 218 av. J.-C. En 55 av. J.-C. le proconsul Gabinius, le général de Pompée, défit Alexander, le fils d'Aristobule, dans une bataille sanglante au pied du Tabor. La montagne fut fortifiée contre Vespasien par Josephus comme gouverneur de Galilée (67 de l'ère vulgaire); mais le manque d'eau obligea ceux qui survécurent à la défaite dans la plaine à se rendre au général Placidus (Josephus, "B. J." iv. 1, § 8; idem, "Vita," § 37). La sainteté attribuée à la montagne dès les temps très anciens réapparaît dans la légende chrétienne; car l'Évangile selon les Hébreux la désigne comme le lieu de la transfiguration de Jésus (Matt. xvii. 1; Mark ix. 2; Luke ix. 28), et dès le quatrième siècle des églises et des monastères furent bâtis sur son sommet. Cette tradition est cependant incorrecte; car une comparaison des déclarations des Évangélistes montre qu'ils localisaient l'événement sur une montagne au nord du Lac de Génésareth.
- 2. Une ville de Zabulon frontalière d'Issachar (Josh. xix. 22); une ville sacerdotale de la famille de Merari (I Chron. vi. 62 [A. V. 77]). Elle était située sur un pic de la montagne du même nom, et couvrait une surface plane d'étendue considérable, mesurant environ 900 m. d'est en ouest et 400 m. du sud au nord, avec un périmètre, selon Josephus, de 26 stades. Le lieu existait même durant la période post-exilique. Polybius (v. 70) l'appelle "Atabyrium"; et les murs avec lesquels Josephus la fortifia peuvent très possiblement correspondre aux murs extérieurs du pic à l'époque moderne.