מוסקבה
Región: Monde ashkénaze
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Publicado el 19 de junio de 2026
Capitale russe ; communauté longtemps restreinte puis renaissance contemporaine.

Baptist church Golgotha in Moscow, Russia on 2021 March 20 (0076)
Alexey V. Kurochkin · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Baptist church Golgotha in Moscow, Russia on 2021 March 20 (0068)
Alexey V. Kurochkin · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

COVID-19 vaccination sign in GUM department store (Moscow, Russia) on 2021 March 15 (0024)
Alexey V. Kurochkin · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Museo Estatal de Historia, Moscú, Rusia, 2016-10-03, DD 49
Diego Delso · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
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<a href="https://zakhor.ai/es/grands-livres/lieux/moscou">Moscou — Zakhor</a>Cita
Moscou — Zakhor, https://zakhor.ai/es/grands-livres/lieux/moscouMoscou, capitale de la Russie et longtemps siège du pouvoir tsariste puis soviétique, occupe une place singulière dans l'histoire des diasporas juives. À la différence des grandes villes de l'ancien royaume de Pologne-Lituanie — Vilna, Varsovie, Odessa — qui accueillirent dès l'époque moderne des communautés juives massives, Moscou demeura, pendant des siècles, un lieu d'où les Juifs furent largement exclus. La ville se situait en effet hors de la Zone de résidence (en russe tcherta osedlosti), ce territoire instauré par Catherine II à la fin du XVIIIe siècle, à l'intérieur duquel la grande majorité des Juifs de l'Empire furent contraints de résider [Encyclopaedia Judaica, art. « Moscow » et « Pale of Settlement »].
L'histoire juive de Moscou est donc paradoxale : c'est l'histoire d'une présence intermittente, tolérée puis pourchassée, restreinte juridiquement mais jamais entièrement abolie, qui culmine, après le long hiver soviétique, en une renaissance communautaire de premier plan au tournant du XXIe siècle. Ce Grand Livre se propose de retracer cette trajectoire — depuis les premières mentions de marchands juifs dans la ville médiévale jusqu'aux institutions florissantes de la Moscou postsoviétique — en distinguant scrupuleusement ce que l'archive établit, ce que la tradition transmet, et les zones d'incertitude où l'historien doit avancer avec prudence.
Los contactos entre Moscú y el mundo judío son antiguos pero tenues. Desde la Moscovia medieval, mercaderes judíos procedentes de Lituania, Polonia o los principados meridionales frecuentaban ocasionalmente las ferias y las rutas comerciales que desembocaban en la ciudad, sin que se formara allí una comunidad permanente [Encyclopaedia Judaica, art. « Moscow »]. La tradición historiográfica rusa relata, a finales del siglo XV, el llamado caso de los «judaizantes» (jidovstvuyushchie): un movimiento religioso surgido en Nóvgorod y luego en Moscú, acusado por las autoridades eclesiásticas de tendencias inspiradas en el judaísmo. Las fuentes sobre este episodio siguen siendo en gran medida polémicas, emanadas sobre todo de sus adversarios, y los historiadores aún debaten sobre la parte real de influencia judía y la parte de construcción inquisitorial [según los trabajos de referencia sobre la herejía de los judaizantes, cf. Encyclopaedia Judaica, art. « Judaizers »].
A partir del siglo XVI, la Moscovia manifestó una hostilidad explícita hacia los judíos. El zar Iván IV, llamado Iván el Terrible, prohibió la entrada de los mercaderes judíos en sus tierras, y esta desconfianza se perpetuó bajo sus sucesores. Cuando, mediante los repartos de Polonia a finales del siglo XVIII, el Imperio ruso absorbió las más vastas comunidades judías de Europa, el poder optó no por abrir sus ciudades interiores, sino por confinar a esta población en la Zona de Residencia. Moscú, antigua capital y gran centro comercial, permaneció en principio vedada a la residencia judía permanente [Encyclopaedia Judaica, art. « Pale of Settlement »]. La memoria comunitaria y el archivo administrativo se encuentran aquí: la ciudad fue percibida durante mucho tiempo como un umbral que los judíos solo podían franquear a título excepcional.
Au cours du XIXe siècle, des brèches s'ouvrirent dans le mur de l'exclusion. La législation impériale autorisa progressivement certaines catégories de Juifs à séjourner et à résider hors de la Zone de résidence : les marchands de la première guilde, les diplômés de l'université, certains artisans, les soldats ayant accompli leur long service militaire (les cantonistes et vétérans dits « de Nicolas »), ainsi que des professions libérales. Ces dérogations, accordées sous Alexandre II dans le cadre de réformes mesurées, permirent la formation à Moscou d'une communauté restreinte mais active, composée surtout de marchands aisés, d'industriels, de médecins et de juristes [Encyclopaedia Judaica, art. « Moscow »].
C'est dans ce contexte que s'organisa progressivement la vie religieuse. Les premiers lieux de prière, d'abord discrets, se développèrent au fil des décennies. La communauté, quoique numériquement modeste à l'échelle d'une métropole comptant des centaines de milliers d'habitants, acquit une réelle visibilité économique et culturelle. Des vétérans du service militaire, autorisés à demeurer là où ils avaient servi, constituèrent l'un des noyaux les plus anciens et les plus stables de la population juive moscovite. Le statut de ces résidents demeurait néanmoins précaire, suspendu au bon vouloir de l'administration et à des permis individuels révocables. La présence juive à Moscou au XIXe siècle relève ainsi d'une tolérance conditionnelle, fragile, en perpétuelle négociation avec la bureaucratie tsariste [Encyclopaedia Judaica, art. « Moscow » et « Russia »].
L'année 1891 marque l'une des pages les plus sombres de l'histoire juive moscovite. Sous le règne d'Alexandre III, alors que le grand-duc Serge Alexandrovitch venait d'être nommé gouverneur général de Moscou, les autorités décidèrent l'expulsion massive des artisans et de nombreux résidents juifs de la ville. Des milliers de familles, qui s'étaient pourtant établies légalement à la faveur des dérogations antérieures, furent contraintes de quitter Moscou, souvent dans des conditions brutales et dans un délai très bref. Cet épisode, qui suscita l'indignation d'une partie de l'opinion européenne, illustre le durcissement réactionnaire de la politique impériale après l'assassinat d'Alexandre II et la vague de pogroms du début des années 1880 [Encyclopaedia Judaica, art. « Moscow » ; YIVO Encyclopedia of Jews in Eastern Europe].
C'est dans ce climat ambivalent que se déroula également l'histoire de la principale synagogue de la ville. La communauté moscovite avait entrepris, dans les dernières décennies du siècle, l'édification d'une synagogue chorale digne de son rang — la Grande Synagogue chorale de Moscou. Le bâtiment, conçu dans un style monumental, fut achevé à la fin du XIXe siècle, mais les autorités en interdirent longtemps l'usage cultuel public, n'autorisant son ouverture comme synagogue qu'au début du XXe siècle, après la révolution de 1905 et l'édit de tolérance qui l'accompagna [Encyclopaedia Judaica, art. « Moscow »]. Cet édifice devint le cœur symbolique de la vie juive moscovite et le demeura à travers tout le XXe siècle, traversant les épreuves du régime soviétique.
La chute du régime tsariste en 1917 abolit la Zone de résidence et, avec elle, les restrictions qui pesaient sur l'installation des Juifs à Moscou. Devenue capitale de l'État soviétique en 1918, la ville attira un afflux considérable de Juifs venus des anciennes régions de la Zone, en quête d'éducation, d'emploi et d'intégration dans le nouvel ordre social. La population juive moscovite connut alors une croissance rapide, faisant de Moscou l'un des plus grands centres juifs de l'Union soviétique [Encyclopaedia Judaica, art. « Moscow » ; YIVO Encyclopedia].
Les premières années soviétiques virent un foisonnement paradoxal : tandis que le pouvoir réprimait la religion et le sionisme, jugés « réactionnaires » ou « bourgeois », il encouragea pour un temps une culture juive séculière d'expression yiddish. Moscou accueillit ainsi des institutions de premier plan, dont le célèbre Théâtre juif d'État de Moscou (le GOSET), animé par l'acteur Solomon Mikhoels, qui rayonna dans les années 1920 et 1930 [Encyclopaedia Judaica, art. « Moscow » et « Mikhoels, Solomon »]. Cette efflorescence fut toutefois étroitement surveillée et progressivement étouffée. La fin des années 1940 et le début des années 1950 furent marqués par une vague de répression antisémite : l'assassinat de Mikhoels en 1948, la dissolution du Comité antifasciste juif, et la « campagne contre le cosmopolitisme » qui visait nommément des intellectuels et artistes juifs. La culture yiddish institutionnelle de Moscou fut alors largement anéantie [Encyclopaedia Judaica, art. « Anti-Semitism » et « Soviet Union » ; YIVO Encyclopedia].
Dans les décennies qui suivirent la mort de Staline, la vie juive officielle de Moscou se réduisit à une portion congrue. La Grande Synagogue chorale subsistait comme l'un des rares lieux autorisés, étroitement contrôlée par les autorités, mais elle devint paradoxalement un point de ralliement. Les rassemblements spontanés de jeunes Juifs devant la synagogue à l'occasion de la fête de Sim'hat Torah, à partir des années 1960, témoignèrent d'une vitalité identitaire que la répression n'avait pas éteinte [Encyclopaedia Judaica, art. « Moscow » ; YIVO Encyclopedia].
Moscou devint l'épicentre du mouvement des refuzniks (en russe otkazniki) : ces Juifs soviétiques qui, ayant demandé l'autorisation d'émigrer vers Israël, se la voyaient refuser et subissaient en représailles la perte de leur emploi, le harcèlement et parfois l'emprisonnement. La lutte pour le droit à l'émigration, portée par des figures comme Anatoli (Natan) Chtcharanski, fit de la cause des Juifs soviétiques un enjeu international des années 1970 et 1980, jusque dans les négociations de la guerre froide [selon les travaux de référence sur le mouvement des Juifs soviétiques ; Encyclopaedia Judaica, art. « Aliyah » et « Soviet Union »]. La politique de glasnost engagée à la fin des années 1980 par Mikhaïl Gorbatchev leva peu à peu les obstacles : une émigration de masse vers Israël, les États-Unis et l'Allemagne s'ensuivit, mais aussi, pour ceux qui demeurèrent, la possibilité d'une reconstruction ouverte de la vie communautaire.
El colapso de la Unión Soviética en 1991 abrió una era nueva. Liberada de las trabas ideológicas, la comunidad judía de Moscú conoció un renacimiento institucional espectacular. Sinagogas, escuelas, centros culturales, organizaciones caritativas y publicaciones surgieron o reabrieron sus puertas. El movimiento Lubavitch (Habad) desempeñó en ello un papel particularmente activo, al igual que otras corrientes del judaísmo contemporáneo [Encyclopaedia Judaica, art. «Moscow»; YIVO Encyclopedia].
Entre los logros mayores de este período figura la apertura, en 2012, del Museo Judío y Centro de Tolerancia de Moscú (Evreïski muzeï i tsentr tolerantnosti), instalado en un antiguo garaje de autobuses de arquitectura constructivista, que se impuso como uno de los grandes museos judíos del mundo por su amplitud y su museografía [prensa de referencia y documentación museística, 2012]. La Gran Sinagoga Coral, restaurada, sigue siendo la sede histórica de la comunidad, junto a nuevos complejos comunitarios. La estimación del número de judíos que viven hoy en Moscú varía considerablemente según los criterios adoptados —pertenencia religiosa, ascendencia, autoidentificación—, pero la metrópoli alberga una de las poblaciones judías más importantes del espacio postsoviético y de Europa [Encyclopaedia Judaica, art. «Moscow»; estimaciones demográficas contemporáneas, Berman Jewish DataBank]. Este renacimiento permanece, no obstante, atravesado por las incertidumbres de la emigración continua y de los avatares políticos.
La historia judía de Moscú se lee como una larga oscilación entre exclusión y presencia, entre prohibición y tolerancia. Ciudad de la que los judíos fueron durante mucho tiempo desterrados, situada fuera de la Zona de Residencia, no se convirtió en un gran centro judío hasta el siglo XX, por el efecto conjunto de la revolución y de la urbanización. Pero esta nueva centralidad quedó de inmediato sometida a las contradicciones del poder soviético, que tan pronto alentaba una cultura judía secular como la reprimía hasta aniquilarla. De la expulsión de 1891 a la lucha de los refuseniks, del fulgor efímero del GOSET a la apertura del Museo Judío, Moscú condensa las paradojas de la experiencia judía en el Imperio ruso y luego en la Unión Soviética. La vitalidad de su comunidad contemporánea, reconstruida casi de la nada después de 1991, da testimonio de una continuidad tenaz, hecha de memoria transmitida y de instituciones renacientes. El historiador que recorre esta trayectoria mide hasta qué punto la presencia judía moscovita fue menos un hecho consumado que una conquista incesantemente puesta de nuevo en juego.