عائلة Ottolenghi
אוטולנגי
أصل الاسم وتاريخ سلالة Ottolenghi وأنسابها — اسم عائلة يهودي والآثار التي تركها.
عائلة يهودية بيمونتية كبيرة، من أصل Ettlingen في ألمانيا. حاخامات وفقهاء ورجال عموميون كثيرون (Giuseppe Ottolenghi، وزير الحرب الإيطالي 1902-1903).
الأصل الجغرافي: Piémont (Asti, Acqui)
السجل الذاكرة · وديع، وليس مالكًا
خريطة النسب
الكتاب العظيم — Ottolenghi
Introduction
Asti, 1889 : deux frères, Leonetto et Jacob Ottolenghi, financent ensemble la reconstruction de la synagogue de leur ville natale, ce sanctuaire du rite APAM — Asti, Fossano, Moncalvo — qui conserve depuis des siècles une liturgie unique au monde. Ce geste, à la fois discret et décisif, dit l'essentiel d'une famille : généreuse envers sa communauté, enracinée dans son terroir piémontais, mais tournée vers le monde et ses transformations. La même décennie voit naître à Asti, dans une branche voisine, un criminologue qui fondera la police scientifique italienne et mourra à Rome en 1934 après avoir laissé une œuvre institutionnelle considérable ; quelques années plus tôt, un général de la même lignée gravissait les échelons de l'armée du royaume. Ces trajectoires simultanées, rabbiniques et militaires, scientifiques et philanthropiques, forment la trame d'une histoire familiale singulièrement riche.
La famille Ottolenghi est l'une des grandes familles juives du Piémont, dont le patronyme italianisé porte la mémoire d'Ettlingen, petite cité badoise près de Karlsruhe d'où leurs ancêtres partirent vers l'Italie du Nord, au plus tard au XVe siècle. De cette origine rhénane naquit, en terre piémontaise, une lignée qui donna au judaïsme des rabbins et des kabbalistes, à l'Italie un ministre de la Guerre et un pionnier de la criminologie, à la culture contemporaine une critique de danse reconnue et une voix de journaliste. Ce livre suit le fil de ces figures documentées depuis les premières attestations médiévales jusqu'au XXe siècle, sans jamais céder à la légende là où l'archive se tait.
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الإصدارات (1)
- v1 · الإصدار الحالي · 12 سبتمبر 2026
Chapitre 1 : Asti, Acqui, Crémone — les foyers piémontais de la famille
Le Piémont juif du XVe au XVIIIe siècle est un paysage de petites communautés dispersées dans les villes du duché de Savoie et du Monferrato, chacune dotée de sa synagogue, de son rabbin, de ses réseaux de commerce et d'étude. C'est dans cet espace que les Ottolenghi s'enracinent après leur migration d'outre-Alpes, et c'est à Asti que leur présence est la plus durablement attestée. La communauté astigiane présente une particularité liturgique rare : son rite, dit APAM (acronyme hébreu d'Asti, Fossano, Moncalvo), est l'une des survivances les plus anciennes du judaïsme ashkénaze implanté en Italie, distinct à la fois du rite romain et du rite séfarade. Les Ottolenghi comptent parmi les familles rabbiniques marquantes de ce foyer depuis au moins le XVIe siècle, selon le parcours établi de la lignée.
La première figure nominativement documentée est Joseph b. Nathan Ottolenghi, que les répertoires biographiques du judaïsme italien conservent sous la graphie « Ottolengo » — variante que le catalogue rapproche de cette famille. Mort vers 1570, il s'était installé à Crémone, venu d'Ettlingen, et y dirigeait une école. Sa carrière s'exerce dans une ville lombarde à la confluence de plusieurs traditions juives, à une époque où le judaïsme italien doit naviguer entre les foudres de la Contre-Réforme — qui conduira au bûcher du Talmud à Rome en 1553 — et la vitalité intellectuelle des centres d'étude du Nord. Entre 1558 et 1562, il fait imprimer à Riva di Trento une vingtaine d'ouvrages hébraïques, dont son Luaḥ mi-Kol ha-Dinim (1558), liste des décisions du RaN, et le Simane Mordekai. Rabbin et maître dans ce contexte signifie tenir la communauté en temps de crise, garantir la continuité de la Loi face aux pressions extérieures. Sa querelle avec Joshua dei Cantori, qui siégera au comité de censure ayant condamné le Talmud, l'inscrit au cœur des tensions les plus vives du judaïsme italien de la Contre-Réforme. Que la famille soit présente à ce poste, à Crémone, confirme l'ancienneté de son insertion dans le réseau rabbinique de l'Italie du Nord.
À Acqui Terme, dans le Monferrato méridional, une branche documentée sous la graphie « Ottolenghi » se distingue aux XVIIe–XIXe siècles. Bien avant les notables du Risorgimento, les rabbins de la communauté d'Acqui portent ce nom : Abraham Azariah Ottolenghi, né à Acqui en 1776 et mort en 1851, frère d'Israël Emanuel Ottolenghi, y incarne à la fois la résistance et la vulnérabilité des juifs dans une période de bouleversements. Lors de l'entrée de l'armée française en 1796, au lendemain de la bataille de Montenotte, il prononce un discours sur l'arbre de la liberté — geste qui dit l'espoir d'une émancipation portée par les baïonnettes révolutionnaires. Mais après les revers français de 1799 et la bataille de Novi, la population se soulève contre les juifs de la ville, et les frères Ottolenghi doivent fuir dans les Alpes tandis que leur père est pris en otage. Ce double mouvement — adhésion aux idéaux de la Révolution, puis persécution populaire — résume avec une acuité douloureuse la condition des juifs italiens à l'aube du XIXe siècle : l'émancipation promise, toujours fragile, toujours réversible.
Plus tard dans le siècle, Donato (Nathan) Ottolenghi — né à Acqui le 7 novembre 1820, mort à Alexandrie le 5 octobre 1883, où il résidait depuis 1848 — illustre la figure du notable piémontais engagé dans la vie de son temps. Patriote ardent, correspondant de Massimo d'Azeglio, de Bianchi-Giovini, de Cesare Balbo et de Vincenzo Gioberti, il consacre une partie de sa fortune à l'amélioration du sort des classes pauvres d'Alexandrie, faisant connaître ses projets philanthropiques par la presse et par ses propres écrits, dont La Causa dei Poveri Deferta al Sesso Gentile. En lui se lit cette vertu de l'implication dans la vie de la cité que la famille cultivera génération après génération : non pas le repli sur la communauté, mais le dialogue constant avec le monde extérieur.
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Chapitre 2 : Le kabbaliste, le grand-rabbin et la chaîne du savoir — Samuel David Ottolengo
Le XVIIe siècle voit émerger dans les sources une figure d'une autre envergure intellectuelle : Samuel David b. Jehiel Ottolengo, érudit et kabbaliste que les répertoires conservent sous la graphie « Ottolengo », variante que le catalogue rapproche de cette lignée. Né à Casale Monferrato, mort le 25 av 1718, il fut grand-rabbin de Padoue puis de Venise — deux des communautés les plus prestigieuses du judaïsme italien. Sa présence dans les répertoires biographiques du judaïsme — notamment le dictionnaire de Ghirondi et Neppi, et l'Indice de Marco Mortara, grand-rabbin de Mantoue — atteste une œuvre dans les deux domaines qui définissent la haute culture juive de l'époque moderne : la jurisprudence rabbinique (halakha) et la mystique (kabbale).
Ses publications sont précisément documentées. En 1701, il fait paraître à Venise Ḳiryah Ne'emanah, extraits du Ma'abar Yabboḳ d'Aaron Berechiah de Modène ; en 1705, le Me'il Shemuel ; en 1719 paraît le Tiḳḳun Shobabim, auxquels s'ajoutent des responsa, des piyyoutim (poèmes liturgiques) et des élégies. Cette liste précise dit la polyvalence du maître : l'homme de loi et le poète liturgique, l'éditeur de textes mystiques et le décisionnaire halakhique coexistent dans un même savoir encyclopédique.
La kabbale, telle qu'elle s'est développée dans les cercles italiens après la diffusion du Zohar et l'influence de Safed, n'est pas une fuite hors du monde : elle articule la contemplation et l'action, le commentaire des textes et la conduite de la vie communautaire. Samuel David Ottolengo incarne une forme de savoir où la rigueur juridique et l'aspiration mystique coexistent — ce qui est précisément la marque du judaïsme piémontais de cette période, héritier à la fois de l'austérité ashkénaze et de la créativité séfarade issue de l'exil d'Espagne.
Le rabbin, dans les communautés piémontaises et vénitiennes, n'est pas seulement un maître de doctrine, mais un juge (dayan), un arbitre des différends, un gardien de la halakha au quotidien. Cette densité rabbinique, qui court du XVIe au XVIIIe siècle, relève de ce que le judaïsme tient pour l'une de ses plus hautes vertus, le talmud Torah — l'étude comme service et comme devoir communautaire. En donnant à leurs communautés des hommes de droit et de décision, les figures attestées sous les graphies de ce nom participent de cette conception juive de la Loi où la norme religieuse et la justice sociale se répondent.
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Chapitre 3 : Les rabbins d'Acqui — entre arbre de la liberté et reconstruction communautaire
La communauté juive d'Acqui Terme compte, attestée depuis au moins 1731 selon les sources consultées, une présence continue de membres portant le nom Ottolenghi. Au-delà d'Abraham Azariah, dont le geste de 1796 a été évoqué, c'est son contemporain Lazzaro Ottolenghi — né à Acqui en 1820, mort à Rome en 1890 — qui incarne le mieux la transition entre l'idéal rabbinique traditionnel et les nouvelles formes d'expression que le XIXe siècle ouvre aux hommes de culture juifs.
Lazzaro Ottolenghi occupe successivement les rabbinats de Turin, de Moncalvo — cette ville du Monferrato qui fait partie de l'espace APAM — puis, à partir de 1858, d'Acqui, avant de passer ses dernières années à Rome. Prédicateur réputé, il est aussi auteur de poèmes hébraïques, ce qui le place dans une tradition de création littéraire religieuse qui, des piyyoutim du Moyen Âge jusqu'aux poètes du Risorgimento, traverse le judaïsme italien. Mais il ne se contient pas dans le domaine religieux : il écrit une pièce intitulée Matrimonio Misto et, dans sa jeunesse, la tragédie Etelwige, représentée à Acqui en 1852. Ce double ancrage — dans la liturgie hébraïque et dans le théâtre en langue italienne — est lui-même une réponse à l'émancipation : le rabbin n'est plus seulement le gardien d'une communauté fermée, il est un acteur de la vie culturelle de sa ville et de sa nation.
Il n'est pas isolé. Emilio Ottolenghi, né à Acqui le 5 novembre 1830 et résidant à Alexandrie depuis 1848 comme son probable parent Donato, illustre une autre forme d'engagement civique dans le Piémont post-émancipation. Élu au conseil municipal d'Alexandrie en 1882 et réélu plusieurs années, il siège au conseil du refuge pour indigents, fonde des asiles, dirige la Banque d'Italie locale, la caisse d'épargne et la communauté juive, et préside la société nationale de la province d'Alexandrie. Fait chevalier puis commandeur de la Couronne d'Italie, il réunit en une seule existence le soin apporté aux plus fragiles — la charité comme justice, tzedakah — et l'engagement dans les institutions civiles de la jeune nation italienne. La présence d'un Emilio et d'un Donato portant le même nom dans la même ville d'Alexandrie au tournant du même siècle invite à supposer une parenté que les sources, prudentes, n'établissent pas formellement.
Ces figures d'Acqui forment un tableau cohérent : une famille de notables enracinée dans le réseau rabbinique et culturel du Piémont méridional, qui traverse la Révolution française, les guerres napoléoniennes, le Risorgimento et l'émancipation en maintenant à la fois sa fidélité à la tradition et son ouverture au monde changeant.
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Chapitre 4 : Leonetto Ottolenghi et la philanthropie astigiane
Asti, 1889. Leonetto Ottolenghi — né Abramo Leone, le 3 novembre 1829 à Asti, mort à Pise le 20 février 1904 — et son frère Jacob décident de financer ensemble la reconstruction de la synagogue de leur ville. Ce geste de générosité à l'égard de la communauté juive d'Asti n'est pas isolé : il s'inscrit dans une vie entière consacrée au mécénat, à l'embellissement de la cité et à la promotion de ses richesses culturelles et économiques. La synagogue d'Asti, sanctuaire du rite APAM, est bien davantage qu'un lieu de culte : elle est le dépositaire d'une liturgie que le temps et les persécutions auraient pu effacer, et la restaurer revient à affirmer que cette mémoire mérite de durer.
Son projet le plus ambitieux prend forme à l'occasion de l'Exposition nationale de viticulture, œnologie et arts annexes d'Asti, dont il est d'abord président avant d'en promouvoir une seconde en 1898. Pour cette exposition, il commande des portraits et des tableaux de bataille qui constituent le noyau fondateur du futur musée du Risorgimento, installé dans le Palazzo Ottolenghi. Ce bâtiment, qui porte le nom de la famille et abrite aujourd'hui encore cette collection, est l'un des rares monuments italiens à porter durablement la mémoire d'un mécène juif au cœur de l'espace civique. Le roi Humbert Ier, qui visite les deux expositions, lui confère le 14 mars 1899 le titre héréditaire de comte, les armoiries étant concédées le 25 août de la même année. En 1903, Leonetto offre à Asti une statue de Humbert Ier et fonde la collection Alfieri au Palazzo Ottolenghi.
La philanthropie de Leonetto illustre une vertu que la tradition juive nomme tzedakah — la charité comme justice, non comme aumône. Financer une synagogue, c'est maintenir la vie communautaire ; doter une ville d'un musée, c'est contribuer à la mémoire collective de la nation. Ce double geste — vers la communauté d'Israël et vers la cité italienne — est la signature d'une génération pour qui l'émancipation n'était pas seulement un droit acquis, mais une responsabilité à exercer. Leonetto meurt à Pise le 20 février 1904, la même année que Giuseppe Ottolenghi, avec lequel il partage cette même conviction que la grandeur d'une famille se mesure à ce qu'elle donne.
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Chapitre 5 : L'émancipation et le service de la nation — le général Giuseppe Ottolenghi
Le XIXe siècle italien fut celui de l'émancipation des juifs, scellée par le Statut albertin de 1848 dans le royaume de Sardaigne, puis étendue à l'Italie unifiée. Aucune figure n'incarne mieux cette entrée pleine et entière des juifs dans la citoyenneté que Giuseppe Ottolenghi, né à Sabbioneta, en Lombardie, le 26 décembre 1838, mort à Turin le 2 novembre 1904 — figure que le catalogue rapproche de cette lignée par la graphie « Ottolenghi ». Officier de carrière, engagé volontaire lors de la campagne de 1859, il prend part aux campagnes de 1860 et de 1861 en étant le premier juif à intégrer un état-major, est promu capitaine en 1863, puis combat les brigands de Basilicate en 1864 et reçoit la croix de Savoie lors de la campagne de 1866. Professeur d'histoire militaire à l'École militaire, il gravit tous les échelons jusqu'au généralat, servit comme instructeur militaire du prince héritier, et fut appelé au gouvernement pour diriger le ministère de la Guerre en 1902–1903.
Sa trajectoire est celle d'une génération pour laquelle l'émancipation ne fut pas seulement l'octroi de droits, mais l'occasion d'un service rendu à la collectivité nationale. Nommé sénateur du Royaume, Giuseppe Ottolenghi demeure l'un des très rares juifs à avoir dirigé un ministère régalien dans l'Europe de son temps — fait remarquable dans une période où l'antisémitisme politique gagnait la France de l'affaire Dreyfus et l'espace germanique. Son parcours illustre une valeur que la tradition juive nomme l'implication dans la vie de la cité : le juif émancipé ne se retire pas du monde, il en assume les charges, y compris les plus exposées.
Les périodiques juifs italiens de la fin du siècle, tels Il Vessillo Israelitico, fondé à Casale Monferrato et tribune principale du judaïsme piémontais, se firent l'écho de ces figures qui honoraient à la fois leur foi et leur patrie. Cette double fidélité — à la mémoire d'Israël et à la nation d'accueil — définit l'un des équilibres les plus délicats de la modernité juive européenne. En 1904, la même année où Leonetto achevait son œuvre philanthropique à Asti, Giuseppe disparaissait, laissant à sa famille et à son pays l'image d'un homme qui avait voulu que le service militaire soit aussi une forme de kiddouch haShem, une sanctification du nom de Dieu par l'excellence dans le monde.
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Chapitre 6 : Salvatore Ottolenghi, la preuve contre l'arbitraire
À Asti, le 20 mars 1861, naît dans la famille d'un commerçant local, Raffaele Ottolenghi, un fils prénommé Salvatore — que les registres hébraïques nomment Joshua. Ce fils d'Asti deviendra l'un des criminologues les plus influents de son époque, pionnier de l'anthropologie criminelle en Italie et fondateur de la police scientifique moderne. Formé dans sa ville natale puis à l'université de Turin, il obtient son doctorat en médecine en 1884 et est, dès 1888, professeur adjoint et chef du service de médecine légale de l'université de Sienne, auteur à cette date de près de quatre-vingts études sur la médecine légale, l'anthropologie et la criminologie.
Élève de Cesare Lombroso, dont il fréquente les cours à Turin, Salvatore Ottolenghi s'éloigne progressivement du déterminisme biologique de son maître. Il comprend que l'identification criminelle ne peut reposer sur des typologies physiques héritées, mais doit s'ancrer dans des procédures rigoureuses et reproductibles. C'est la leçon que ses travaux imposent à l'institution judiciaire italienne : remplacer l'intuition par la méthode, l'arbitraire par la preuve objective. Il est conscient, comme le note l'historiographie, de la faiblesse d'une police qui « par tous est prise pour cible » parce qu'incapable de produire des preuves suffisantes, et c'est cette insuffisance qu'il entend combler.
La Scuola di Polizia Scientifica est fondée en 1902 à Rome — dans les locaux de Regina Coeli, précisément parce qu'Ottolenghi avait obtenu l'assentiment des autorités carcérales pour y expérimenter ses méthodes — et élevée au rang de Scuola Superiore en 1925. Première école de ce genre en Italie, elle forme des générations d'enquêteurs aux méthodes modernes d'identification : dactyloscopie, anthropométrie, photographie judiciaire. La mort de Salvatore Ottolenghi survient à Rome en 1934, après une carrière qui aura traversé l'Italie libérale et les premières années du fascisme, laissant une institution qui lui survivra durablement.
Cette contribution au savoir scientifique est inséparable d'une ambition civique. En substituant la preuve à l'arbitraire, il rejoint, par un chemin inattendu, la tradition familiale de respect de la Loi et de la procédure — cette conviction, héritée du monde rabbinique, que la vérité se construit par l'examen minutieux des faits, que le droit doit s'appuyer sur des éléments établis et non sur des présomptions. Né à Asti comme Leonetto, contemporain de Giuseppe, Salvatore Ottolenghi appartient à cette génération de juifs italiens pour qui l'émancipation ouvrait non seulement des carrières, mais des responsabilités intellectuelles nouvelles.
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Chapitre 7 : Adolfo Ottolenghi, grand-rabbin de Venise, martyr de la Shoah
Le XXe siècle apporte aux Ottolenghi, comme à l'ensemble du judaïsme européen, la catastrophe. Adolfo Ottolenghi (1885–1944) en est le témoin le plus tragique au sein de la famille. Grand-rabbin de Venise de 1919 à 1944, il assume pendant un quart de siècle la direction spirituelle de l'une des plus anciennes et des plus vénérables communautés juives d'Europe. Le ghetto de Venise, fondé en 1516, est le premier de l'histoire ; la communauté qui s'y est développée porte une culture et une mémoire d'une profondeur exceptionnelle. Or Samuel David b. Jehiel Ottolengo avait lui-même exercé comme grand-rabbin de cette même ville de Venise deux siècles plus tôt : l'arrivée d'Adolfo à ce poste en 1919 ferme ainsi une boucle mémorielle que les sources permettent de voir, même si aucune filiation entre les deux hommes ne peut être établie.
Adolfo Ottolenghi guide la communauté vénitienne à travers les années du fascisme, les lois raciales de 1938 — qui l'excluent de facto de ses fonctions officielles — et l'occupation allemande qui suit l'armistice de septembre 1943. Arrêté en 1944, il est déporté et assassiné. Sa mort représente l'une des figures les plus poignantes de la destruction du judaïsme italien : un homme qui avait consacré sa vie à la transmission et à la garde d'une tradition millénaire, emporté par la même barbarie qui visait à effacer cette tradition. Le contraste est saisissant avec le parcours de Giuseppe Ottolenghi, qui avait servi ce même État italien quelques décennies plus tôt : le pays qui avait confié son ministère de la Guerre à un officier juif assassinait, deux générations plus tard, le grand-rabbin de sa plus belle cité.
La figure d'Adolfo Ottolenghi incarne la valeur de la piété — la yir'at shamayim, la crainte du Ciel — dans sa dimension la plus exigeante : celle qui résiste jusqu'au bout, qui ne cède ni à la peur ni à la tentation de fuir ses responsabilités envers sa communauté. Son martyre appartient à la mémoire collective d'Israël, à cette longue liste de justes qui ont sanctifié le nom de Dieu par leur fidélité ultime.
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Chapitre 8 : Vittoria Ottolenghi et la voix de la danse — *Il Vessillo* et la continuité de la parole
La documentation de la famille Ottolenghi passe, pour une part importante, par la presse juive italienne du XIXe siècle, et notamment par Il Vessillo Israelitico, périodique fondé à Casale Monferrato — cœur du Piémont juif — qui fut, des décennies durant, la principale tribune du judaïsme italien. C'est dans ses colonnes, sous la plume d'auteurs tels qu'E. Foa ou Flaminio Servi, que furent recueillies notices, hommages et chroniques concernant les membres de la famille. Cette présence dans la presse communautaire révèle une communauté qui, au moment même de son émancipation, se dote d'outils de mémoire et de débat, prolongeant en langue italienne ce que les registres communautaires (pinkassim) avaient longtemps assuré en hébreu.
C'est dans cette tradition de la parole donnée et transmise que s'inscrit Vittoria Ottolenghi (Rome, 1924–2012), l'une des critiques de danse italiennes les plus reconnues du XXe siècle. Les sources précisent sa situation familiale avec soin : fille d'un père juif agnostique et d'une mère catholique non pratiquante, cette union mixte la protégea des persécutions antisémites durant la Seconde Guerre mondiale. Sur le plan généalogique, le patronyme Ottolenghi désigne l'une des plus anciennes familles juives piémontaises, attestée à Acqui Terme depuis au moins 1731 ; mais aucune source consultée n'établit de lien documenté entre le père de Vittoria et cette lignée précise — ce rapprochement reste une hypothèse non vérifiée, à traiter avec la prudence qu'impose l'honnêteté du récit.
Ce que sa carrière dit est en revanche précis et remarquable. En 1954, elle débute comme collaboratrice de l'Enciclopedia dello Spettacolo de Silvio D'Amico, puis exerce comme critique de danse pour Paese Sera, L'Espresso, Il Mattino et Il Resto del Carlino à partir de 1956. Dès les années 1960, elle conçoit et anime pour la RAI de nombreuses émissions consacrées à la danse, notamment la série Maratona d'estate, diffusée pendant plus de vingt ans — une entreprise pédagogique de longue durée qui fit entrer la danse savante dans les foyers italiens. Elle fut une proche amie de Rudolf Noureev. En 1997, la Présidence italienne lui décerne la Médaille d'or du mérite culturel et artistique. Elle lègue son fonds personnel à l'Accademia Filarmonica Romana. Son ouvrage Perché la solita Giselle? Dialogo sul balletto perfetto, rédigé en dialogue avec la chorégraphe Annalia Lubich, est publié en 2007 chez les éditions Compositori à Bologne.
Là où ses prédécesseurs de la lignée avaient servi par l'épée, le droit, la science ou la tzedakah, Vittoria sert par la parole critique et le regard. Que la même constellation familiale qui donna au royaume d'Italie un ministre de la Guerre et à Asti un musée du Risorgimento ait aussi produit une femme qui fit de la danse un art respectable aux yeux du grand public témoigne de l'ampleur du chemin parcouru — et de la place désormais tenue par les femmes dans l'expression publique de la culture italienne et juive. La continuité est réelle, même si les formes changent : le souci de transmettre, de contribuer au bien commun par la parole ou l'écrit, relie Vittoria Ottolenghi aux rabbins piémontais du XVIe siècle, au kabbaliste grand-rabbin du XVIIIe, au général sénateur et au mécène d'Asti. Reprendre la parole après Adolfo Ottolenghi, c'est refuser que le dernier mot appartienne aux bourreaux. Cette espérance obstinée, la tradition juive la nomme tikvah — non pas l'illusion, mais la posture existentielle de qui continue.
La diaspora contemporaine prolonge ces trajectoires dans plusieurs directions. Des branches de la famille s'établissent en Israël après la Shoah et la création de l'État en 1948. D'autres émigrent vers le monde anglophone — Royaume-Uni et États-Unis — où des descendants notables s'illustrent dans les sphères culturelle et gastronomique, portant dans de nouveaux territoires le nom et peut-être quelque chose de l'esprit d'une famille habituée, depuis Ettlingen, à se réinventer sans se perdre.
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Chapitre 9 : Le nom et ses voyages — graphies, langues et mémoire d'Ettlingen
Une famille qui traverse cinq siècles et plusieurs régimes d'écriture laisse dans les archives des traces orthographiquement dispersées. Le nom Ottolenghi n'a jamais été figé : les administrations successives — communales italiennes, françaises napoléoniennes, autrichiennes, piémontaises, ecclésiastiques — l'ont transcrit selon les habitudes de leur langue et de leur oreille. Les graphies relevées par le catalogue sont nombreuses : Ottolengi, Ottolenghy, Otolenghi, Ottolengo, Otalegno, Otolenge, Otolenghe, Otolengo, Ottolangui, Ottolenga, Ottolengue, Ottolengui, Ottolenguo, Ottolingui — auxquelles s'ajoutent la transcription hébraïque אוטולנגי et la forme anglaise Ottolenghi. Cette dispersion n'est pas un défaut : c'est une carte des langues traversées, des frontières franchies, des communautés où la famille s'est installée. Lire les sources en sachant que Joseph b. Nathan peut y figurer comme « Ottolengo » et que Samuel David peut y être « Ottolengo » ou « Otolenghe » est une compétence historiographique sans laquelle une archive entière reste muette.
L'étymologie est transmise par la tradition familiale : le patronyme dérive du nom de la ville d'Ettlingen, dans le margraviat de Bade, près de Karlsruhe. Ce type de nom toponymique est fréquent dans l'onomastique juive ashkénaze : quand une famille quitte sa ville d'origine pour s'installer ailleurs, elle emporte son nom de lieu comme une identité portable, un souvenir de départ plus durable que la mémoire orale. Ottolenghi dit donc, avant toute chose, un départ — et un voyage qui a conduit de la vallée du Rhin aux plaines du Piémont, des foires médiévales de Bade aux synagogues du Monferrato, des presses hébraïques de Riva di Trento aux bureaux ministériels du royaume d'Italie.
Il est probable, même si aucune source ne le documente précisément, que les Ottolenghi d'Ettlingen arrivent en Italie du Nord dans le mouvement général des migrations ashkénazes vers le sud qui s'accélère aux XIVe et XVe siècles, poussées par les persécutions de la Peste noire et les expulsions successives dans l'espace germanique. Ils s'installent dans le duché de Savoie et le Monferrato, rejoignant des réseaux préexistants de commerce et d'étude juive, et y adoptent le rite liturgique local — ce rite APAM qui est lui-même le témoignage d'une ashkénazité ancienne, préservée dans un écrin méridional. La famille ne s'est jamais défaite de cette double appartenance : ashkénaze par l'origine, italienne par l'enracinement, elle illustre ce que l'historien Ariel Toaff a décrit comme le judaïsme « du carrefour », à la confluence de plusieurs traditions.
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Les grandes figures
Joseph b. Nathan Ottolenghi (†vers 1570) — Savant que le catalogue rapproche de cette lignée sous la graphie « Ottolengo ». Venu d'Ettlingen, il s'installe à Crémone où il dirige une école et publie, entre 1558 et 1562, une vingtaine d'ouvrages hébraïques à Riva di Trento, dont son Luaḥ mi-Kol ha-Dinim (1558) et le Simane Mordekai. Actif dans un moment critique de la Contre-Réforme, il se brouille avec Joshua dei Cantori, membre du comité de censure qui condamna le Talmud, signe de son engagement dans les luttes intellectuelles et religieuses les plus vives de son temps. Il est la première figure nominativement documentée dans les répertoires de la lignée.
Abraham Azariah Ottolenghi (1776–1851) — Attesté sous la graphie « Ottolenghi », né à Acqui, frère d'Israël Emanuel Ottolenghi. Lors de l'entrée de l'armée française à Acqui en 1796, au lendemain de la bataille de Montenotte, il prononce un discours sur l'arbre de la liberté, incarnant l'espoir d'émancipation porté par la Révolution. Après la défaite française de 1799 et la bataille de Novi, les frères Ottolenghi doivent fuir dans les Alpes tandis que leur père est pris en otage par la population insurgée. Sa longue vie (1776–1851) traverse la Révolution, l'Empire, la Restauration et les prémices du Risorgimento, soit l'ensemble des crises qui forgent la condition des juifs italiens modernes.
Samuel David b. Jehiel Ottolengo (†1718) — Érudit et kabbaliste que le catalogue rapproche de cette lignée sous la graphie « Ottolengo ». Né à Casale Monferrato, il fut grand-rabbin de Padoue puis de Venise. Son œuvre publiée est précisément documentée : Ḳiryah Ne'emanah (Venise, 1701), Me'il Shemuel (1705), Tiḳḳun Shobabim (1719, posthume), auxquels s'ajoutent des responsa, des piyyoutim et des élégies. Documenté dans le dictionnaire biographique de Ghirondi et Neppi et dans l'Indice de Marco Mortara, il conjugue jurisprudence rabbinique, mystique kabbalistique et création liturgique, et représente l'un des sommets intellectuels de la tradition juive italienne à l'époque moderne.
Lazzaro Ottolenghi (1820–1890) — Rabbin attesté sous la graphie « Ottolenghi », né à Acqui, mort à Rome. Il exerce successivement les rabbinats de Turin, Moncalvo puis, à partir de 1858, d'Acqui, avant de finir ses jours à Rome. Prédicateur réputé et auteur de poèmes hébraïques, il écrit également en italien : sa pièce Matrimonio Misto et, dans sa jeunesse, la tragédie Etelwige, représentée à Acqui en 1852. Ce double ancrage dans la création liturgique hébraïque et le théâtre en langue italienne fait de lui une figure de la transition culturelle du judaïsme piémontais au XIXe siècle.
Donato (Nathan) Ottolenghi (1820–1883) — Auteur et patriote attesté sous la graphie « Ottolenghi », né à Acqui le 7 novembre 1820, mort à Alexandrie le 5 octobre 1883, où il résidait depuis 1848. Correspondant de Massimo d'Azeglio, Bianchi-Giovini, Cesare Balbo et Vincenzo Gioberti, il consacre une partie de sa fortune à améliorer le sort des classes pauvres d'Alexandrie et fait connaître ses projets philanthropiques par la presse et ses propres écrits, notamment La Causa dei Poveri Deferta al Sesso Gentile. Figure d'un Risorgimento juif piémontais attentif à la justice sociale autant qu'à la liberté nationale.
Emilio Ottolenghi (1830–dates de décès non établies) — Philanthrope attesté sous la graphie « Ottolenghi », né à Acqui le 5 novembre 1830, résidant à Alexandrie depuis 1848. Élu au conseil municipal en 1882 et réélu plusieurs années, il siège au conseil du refuge pour indigents, fonde des asiles, dirige la Banque d'Italie locale, la caisse d'épargne et la communauté juive, et préside la société nationale de la province d'Alexandrie. Fait chevalier puis commandeur de la Couronne d'Italie, il conjugue tzedakah et engagement civique dans l'Italie post-unification, selon le modèle qu'incarne aussi Donato dans la même ville.
Leonetto Ottolenghi (1829–1904) — Attesté sous la graphie « Ottolenghi », né à Asti le 3 novembre 1829, mort à Pise le 20 février 1904. En 1889, il finance avec son frère Jacob la reconstruction de la synagogue d'Asti, gardienne du rite APAM. Initiateur du noyau du musée du Risorgimento au Palazzo Ottolenghi, constitué de portraits et tableaux de bataille commandés pour les Expositions nationales d'Asti (1889 et 1898), il est fait comte par décret royal le 14 mars 1899, les armoiries étant concédées le 25 août de la même année. En 1903, il offre à Asti une statue de Humbert Ier et fonde la collection Alfieri. Sa philanthropie illustre le double engagement envers la communauté juive et la cité italienne.
Giuseppe Ottolenghi (1838–1904) — Officier général et homme d'État attesté sous la graphie « Ottolenghi », né à Sabbioneta en Lombardie le 26 décembre 1838, mort à Turin le 2 novembre 1904. Premier juif à intégrer un état-major dans l'armée italienne lors des campagnes de 1860–1861, il gravit tous les échelons jusqu'au généralat, enseigne l'histoire militaire à l'École militaire et sert d'instructeur au prince héritier. Appelé à diriger le ministère de la Guerre du royaume d'Italie en 1902–1903, il siège ensuite comme sénateur. L'un des très rares juifs à avoir dirigé un ministère régalien dans l'Europe de son temps.
Salvatore (Joshua) Ottolenghi (1861–1934) — Médecin et criminologue attesté sous la graphie « Ottolenghi », né à Asti le 20 mars 1861, mort à Rome en 1934. Docteur en médecine de Turin (1884), professeur de médecine légale à Sienne dès 1888, élève puis émancipé de Cesare Lombroso, il fonde en 1902 à Rome la Scuola di Polizia Scientifica — première du genre en Italie, élevée au rang de Scuola Superiore en 1925. Pionnier de la dactyloscopie, de l'anthropométrie judiciaire et de la photographie criminelle, il forge les outils d'une justice fondée sur la preuve empirique, laissant une œuvre scientifique de près de quatre-vingts études dès le début de sa carrière.
Adolfo Ottolenghi (1885–1944) — Grand-rabbin de Venise de 1919 à 1944, il assure pendant un quart de siècle la direction spirituelle de l'une des plus anciennes communautés juives d'Europe. Maintenu à son poste malgré les lois raciales de 1938, il est arrêté après l'occupation allemande de l'Italie en 1943, déporté et assassiné en 1944. Figure de la piété et de la fidélité jusqu'au martyre, il appartient à la mémoire des kedoshim du judaïsme et incarne la face la plus sombre du siècle que la famille a traversé. La communauté vénitienne qu'il gardait avait été, deux siècles auparavant, celle que Samuel David Ottolengo avait dirigée comme grand-rabbin.
Vittoria Ottolenghi (1924–2012) — Attestée sous la graphie « Ottolenghi », née à Rome en 1924, morte en 2012. Fille d'un père juif agnostique et d'une mère catholique non pratiquante, elle débute en 1954 à l'Enciclopedia dello Spettacolo de Silvio D'Amico, puis devient critique de danse pour Paese Sera, L'Espresso, Il Mattino et Il Resto del Carlino à partir de 1956. Elle conçoit pour la RAI la série Maratona d'estate, diffusée plus de vingt ans, et fut une proche amie de Rudolf Noureev. Médaille d'or du mérite culturel et artistique en 1997. Elle publie en 2007 Perché la solita Giselle? Dialogo sul balletto perfetto (Compositori, Bologne) et lègue son fonds personnel à l'Accademia Filarmonica Romana. Le lien documenté avec la lignée piémontaise reste une hypothèse non vérifiée.
Les répertoires biographiques du judaïsme italien attestent en outre l'existence de nombreux rabbins et juristes portant le nom d'Ottolenghi, dont les catalogues de référence conservent la trace sans toujours livrer de biographie individuelle détaillée. Faute de dates et d'œuvres précisément documentées dans les sources consultées, la prudence commande de ne pas leur prêter de notice individuelle ; leur présence collective, en revanche, est solidement établie dans les sources rabbiniques.
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الإصدارات (1)
- v1 · الإصدار الحالي · 12 سبتمبر 2026
Conclusion
D'Ettlingen aux rives de la Lagune, d'Asti au Palazzo Ottolenghi devenu musée, de la chaire rabbinique de Crémone à l'école de police scientifique de Rome, de la synagogue restaurée du rite APAM à la série télévisée sur la danse, la famille Ottolenghi aura traversé plus de cinq siècles d'histoire juive européenne en conjuguant sous des formes changeantes une même exigence fondamentale. Si l'on devait nommer, entre toutes, la vertu que cette lignée aura le mieux exprimée, ce serait l'implication dans la vie collective — cette conviction, si profondément juive, que l'on ne se sauve pas seul et que le savoir, la Loi, le service ou l'écriture n'ont de sens qu'offerts à la communauté et à la cité.
Rabbins et kabbalistes au service de la halakha et de la mémoire spirituelle ; un érudit qui imprime des dizaines d'ouvrages hébraïques au moment où la Contre-Réforme cherche à les brûler ; un grand-rabbin de Padoue et de Venise dont l'œuvre mystique traverse les siècles ; un Abraham Azariah qui monte sur l'arbre de la liberté avant de fuir dans les Alpes ; un notable de Monferrato en dialogue avec les pères du Risorgimento ; un philanthrope qui donne à sa ville une synagogue restaurée et les premiers tableaux d'un musée national ; un général premier juif à entrer dans un état-major ; un criminologue qui substitue la preuve à l'arbitraire ; un grand-rabbin qui reste à son poste jusqu'au martyre ; un rabbin-dramaturge qui porte la tragédie en langue italienne sur la scène d'Acqui ; une critique qui fait de la danse un art transmissible à toute une nation : à chaque génération, les figures attestées sous ce nom ont répondu présent à l'appel de leur temps.
Leur nom, gardien de la mémoire d'Ettlingen, dit que la fidélité à soi n'interdit pas la contribution au monde — qu'elle l'exige, au contraire. En cela, l'histoire singulière d'une famille piémontaise rejoint la mémoire collective d'Israël, celle d'un peuple qui, d'exil en exil, a fait du service, de l'étude et de la parole les instruments de sa survie et de sa dignité.
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Le Grand Livre — Ottolenghi — Zakhor, https://zakhor.ai/ar/grands-livres/familles/ottolenghiمتغيرات الاسم (15)
اسم واحد، مئة وجه.
نفس اسم العائلة، مكتوب بطرق مختلفة حسب اللغات والعصور والتشتتات.
لاتيني14
עברית · عبري1
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شخصيات بارزة
- 1.
Giuseppe Ottolenghi
Général, ministre italien
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قبور مسجَّلة
قائمة المراجع
- Laura Hobson Faure, Un « plan Marshall juif » : la présence juive américaine en France après la Shoah (2013)
- Enzo Traverso, Les Juifs et l'Allemagne (1992)
- Mortara, Indice, 46
- E. Foa, Il Vessillo Israelitico (1883)
- F. Servi, ibid. (1890)
- « Ottolenghi », Encyclopaedia Judaica (2ᵉ éd.) (2007) ↗
- Roth, Italy, index
- Milano, Italia, index
- Ghirondi-Neppi, 330, 332