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Des passeurs de pensée juive d’origine hispano-maghrébine : la lignée Encaoua

作者: David Encaoua
日期: Revue GÉNÉALO-J n°135, automne 2018 (étude couvrant le XIIIᵉ–XXᵉ siècle)

由 Bernard Bensaid 保管 · Cercle de Généalogie Juive (CGJ), Paris — revue GÉNÉALO-J · 存档于 2026年4月14日 · 登记簿 历史 · 保管人,非所有者

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作者(重要人物)

描述

发表于《GÉNÉALO-J》杂志第135期(2018年秋季),由犹太族谱圈出版社(Cercle de Généalogie Juive)编辑,David Encaoua撰写的这篇文章重现了Encaoua族系四位主要人物的智识与精神轨迹。Encaoua族系有多种拼写变体(Al-Naqua、Alnakaoua、Ankaoua、Ankawa、Enkaoua、N'Kaoua)。David Encaoua是经济学家、巴黎第一大学(Panthéon-Sorbonne)荣休教授,同时也是这一西班牙-阿尔及利亚-摩洛哥族系的后裔。他创造了"犹太思想传递者"(passeur de pensée juive)这一操作性概念,用以指称那些既曾构建了自己所在社群、产出了具有持久影响力的哲学或拉比法学著作、又在基督教土地与伊斯兰土地之间架设了文化桥梁的人物。四位相隔六个多世纪的人物围绕一条线索聚合:传承融合塔木德严谨性与对现代性开放的卡斯蒂利亚遗产。 该族系植根于十三世纪的托莱多。Yéhouda和Shmuel Al-Naqua是Alphonse IX宫廷的显贵,被冤控犯盗窃罪,约于1200年遭处死——他们的无辜只在被绞死三天后才得以昭雪。一个半世纪后,出现了第一位重要人物:Israël ben Yossef Al-Naqua(?-托莱多1391),卡斯蒂利亚大拉比,《Menorat ha-Maor》(光之烛台)的作者。该著作论述伦理,分十九章,每章前附有首字缩写诗,原稿现藏于牛津Bodleian Library。1391年6月,在托莱多反犹大屠杀中,他被活活烧死,手中紧握着Sefer Torah。 他的儿子Ephraïm ben Israël Al-Naqua(托莱多1359-特莱姆森1442),即"特莱姆森拉比",在父亲去世后离开西班牙,先后到访马拉喀什和霍内因,最后在特莱姆森建立了犹太社群,该社群直至1962年深刻影响了阿尔及利亚。他是哲学家、医生、诗人,在其主要著作《Chaar Kevod Hachem》(圣名荣光之门)中,反对Nahmanide的观点,维护Maimonide的理性主义论题,主张《圣经》思想与理性思维不可分割。作为苏丹的御医——据传他治愈了苏丹——他以驯服的蛇缰绳骑着狮子来到特莱姆森,建立了犹太教堂、塔木德学院,并获得了犹太人离开Agadir飞地、定居城内的权利。1442年下葬,其陵墓直至2005年仍是犹太教与伊斯兰教的朝圣地;一座陵墓于2013年在特莱姆森重新落成,获得包括François Hollande在2012年访问期间的敬礼。 三个世纪后,Abraham Ankawa(塞莱1810-奥兰1890),绰号"Ha-Gaone",是十九世纪地中海两岸的游走传递者。他是博学者、shohet与dayan,在塞莱、奥兰、马斯卡拉、特莱姆森、里沃诺(1838年及1858年定居此地进行出版)、耶路撒冷与直布罗陀之间往来。他的主要著作《Kerem Hemer》(奇妙葡萄园)于1869-1871年在里沃诺出版,分两卷,汇集了1492年后在摩洛哥定居的卡斯蒂利亚法官们制定的taqqanot(社群条例),并收录了卡斯蒂利亚拉比们的《Sefer ha-Takkanot》,该著作于1494年在非斯出版。史学家Jessica Marglin(2014)将他视为犹太法"跨国与跨历史"方法的先驱:基于halakhic原则dina de-malkhuta dina,Ankawa在个人身份法事务中经常让法国民法优于拉比法,深信适应所在国家的法律是保障犹太律法永续的条件。他的立场遭到奥兰拉比Moshé Sebaoun的反对,导致他在1878年被迫从马斯卡拉辞职。 第四位人物Raphaël Encaoua(塞莱1848-塞莱1935),昵称"天使Raphaël"或REM(Raphaël之子Mordekhaï),于1918年5月成为摩洛哥最高拉比法院的首任主席,该法院由高等专员Lyautey的dahir法令所设立。他于1929年被Lucien Saint授予荣誉勋位,著有《Karné Rem》(耶路撒冷1910)、《Paamoni Zahab》(耶路撒冷1912)、《Toafot Rem》(卡萨布兰卡1930)与《Hadad Vé-Téma》等著作,他统一了保护地时期摩洛哥各社群的拉比判例法。1935年8月他的葬礼据《摩洛哥日报》记载成为摩洛哥犹太教最大的自发示威;人们悼念他为Ner Hamaarav(摩洛哥之光)。 超越传记之外,该文提出了对姓氏的严格语源学分析(Al-Naqua → Ankaoua/Encaoua),讨论了词源假说(希伯来文"对上帝的希望"、阿拉伯文"纯洁"或据Maurice Eisenbeth 1936的柏柏尔名字),并援引了丰富的批评性资料:《犹太百科全书》《犹太百科全书》、Alexander Beider、Abraham Laredo、Moïse Schwab、Colette Sirat、Paul Fenton、Simon Schwarzfuchs、Valérie Assan、Kenneth Brown、Jessica Marglin。David Encaoua通过重现这四位以卡斯蒂利亚遗产相联的生命,将mémoire familiale与集体历史相结合,并主张Sefardic犹太教的成分不应被简化为其民俗特征,而应在其重大的哲学、法律与伦理贡献中得到认可。

历史中的

批判性研究

年代测定

确定

12001935

généalogiephilologieonomastiquesources primairesépigraphie funéraire

Jewish Encyclopedia, rubrique « ALNAQUA » (Moses Beer, Richard Gottheil, Isidore Singer, J. S. Raisin)

Encyclopedia Judaica, rubriques sur les membres de la lignée

Alexander Beider, A Dictionary of Jewish Surnames from Maghreb, Gibraltar and Malta, Editions Avotaynou, New Haven, 2017, pp. 27 et 318

Abraham I. Laredo, Les noms des juifs du Maroc, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid, 1978, pp. 342-346

Maurice Eisenbeth, Les Juifs de l'Afrique du Nord, Démographie et Onomastique, 1936 (rééd. 2000)

Moïse Schwab, « Séfarad IV », Revue des Études Juives, n°65, 1944, pp. 45-72

来源

原产地:
Publié par le Cercle de Généalogie Juive, Paris (revue GÉNÉALO-J, n°135, automne 2018, pp. 4-16)
发现日期:
2018
背景:
Article de synthèse rédigé par David Encaoua (économiste, professeur émérite Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) dans le cadre d'une reconstitution généalogique familiale appuyée sur des sources primaires et secondaires.

保存链条:

Rédaction 2018 par David Encaoua, avec lectures attentives de Judith Revah-Edgington, Madeleine Cohen, Germaine Rochas, Raphaël Hadas-Lebel, Edwige Encaoua, Joëlle Allouche-BenayounRemerciements à André Benzenou (traduction d'un poème médiéval du Rab de Tlemcen), Frédéric Ankaoua (histoire des Ankaoua en Espagne), Simon Azoulay, Ralph Encaoua, Meyer Abensur, Jacques et Meyer Dahan, Charles LeselbaumPublication CGJ — GÉNÉALO-J n°135, automne 2018Soumission à Zakhor le 14 avril 2026 par Bernard Bensaid (contribution 161e59b4), publiée comme manuscrit le 15 avril 2026

物质分析

材料:
article imprimé (revue généalogique, 14 pages, A4, 595×841 pt) — version PDF accessible en annexe
字体:
français contemporain ; citations en hébreu (caractères carrés et cursives), judéo-arabe et araméen

Document produit sous Adobe InDesign CS6, généré en PDF (Adobe PDF Library 10.0.1, PDF 1.6) le 3 juillet 2018, révisé le 23 juillet 2018. Appareil critique : 47 notes de bas de page renvoyant à des sources primaires (Jewish Encyclopedia, Encyclopedia Judaica, Shlomo Ibn Verga, Šhevet Yéhouda, Cecil Roth, Alexander Marx), des études contemporaines (Beider, Laredo, Schwab, Marglin, Sirat, Fenton, Schwarzfuchs, Assan, Brown) et des archives (Gallica, Bodleian Library d'Oxford). Illustrations : frontispice du Menorat ha-Maor édité par Enelow (1929-1932), photographie de la synagogue du Rab à Tlemcen (début XXᵉ), tombe du Rab Ephraïm, médaillon du lion, couverture de Kerem Hemer (Livourne 1869-1871), portrait d'Abraham Ankawa vers 1880, photographie de Raphaël Encaoua à 78 ans, couverture de Paamoni Zahab (Jérusalem 1977), mausolée de Raphaël Encaoua à Salé.

开放学术辩论

Datation de l'exécution de Yéhouda et Shmuel Al-Naqua à Tolède

Shlomo Ibn Verga : vers 1200Šhevet Yéhouda, Andrinople, ca. 1550
Léopold Zunz : vers 1300Zur Geschichte und Literatur, 1845, p. 434

Étymologie du patronyme Al-Naqua / Encaoua

Traditions familiales (Moïse Schwab) : origine hébraïque : Al + tikva → « Espoir en Dieu »Schwab, Rapport sur les inscriptions hébraïques d'Espagne
F. Cantera, J.-M. Millas, A. Laredo : origine arabe : an-naqāwa « pureté »Inscripciones hebraicas de España, Madrid, C.S.I.C., 1956 ; Laredo 1978
Maurice Eisenbeth : origine berbère hypothétique (an- + nom de tribu), non démontréeLes Juifs de l'Afrique du Nord, 1936

Ampleur réelle des massacres anti-juifs de 1391 en Castille

Cecil Roth : plus de 4000 victimes en trois mois, synagogues détruites à Tolède identifiées par élégie poétique« A Hebrew Elegy of the Martyrs of Toledo 1391 », Jewish Quarterly Review, vol. 39 n°2, 1948, pp. 123-150
Norman Roth : le nombre de victimes juives a été souvent surestimé ; relations chrétiens/convertis plus nuancées qu'on ne le dit« 1391, In the Kingdom of Castille, Attacks on the Jews », Iberia Judaica III, 2011, pp. 19-48

Attribution du Menorat ha-Maor

Tradition ancienne : Isaac Aboab (1514) reprit le titre et fit ombrage à l'ouvrage initialMenorat ha-Maor d'Aboab, éd. 1514
Consensus contemporain : l'ouvrage d'Isaac Aboab est en réalité une adaptation de celui d'Israël Al-Naqua (citations hébraïques vs araméennes chez Aboab)H. G. Enelow, éd. critique 1929-1932, 4 vol.

Positionnement juridique d'Abraham Ankawa face au droit français colonial

Jessica Marglin : engagement « transimperial » qui nécessite une approche transnationale et transhistorique ; Ankawa fait prévaloir dina de-malkhuta dina pour adapter la halakha au Code civil« Mediterranean Modernity through Jewish Eyes: the Transimperial Life of Abraham Ankawa », Jewish Social Studies, vol. 20 n°2, hiver 2014, pp. 34-68
Rabbin Moshé Sebaoun d'Oran : opposition frontale : demande au prince Jérôme Napoléon (1859) l'interdiction du Zevahim Chelamim, estimant que les soutiens étrangers à Ankawa sont une intrusion en territoire françaisLettre au Ministère de l'Algérie et des colonies, février 1859

源文本

Des passeurs de pensée juive d'origine hispano-maghrébine : la lignée Encaoua¹

David Encaoua

n travaillant sur la généalogie de ma lignée Encaoua, d'origine hispano-algéro-marocaine, j'ai pris conscience d'une de ses particularités au cours du temps : celle d'avoir abrité ce que j'appellerai des « passeurs de pensée juive », entre diverses générations, entre différentes communautés géographiques, et au cours de diverses périodes. La notion mérite d'être précisée. Le qualificatif de passeur de pensée juive s'applique à des personnes qui satisfont une des trois propriétés suivantes : elles ont joué à un moment donné un rôle important de structuration de leurs communautés, de manière à assurer leur statut et leur pérennité ; elles sont les auteurs d'ouvrages de philosophie juive ou de droit rabbinique qui ont eu un impact important aussi bien à leur époque que postérieurement; elles ont créé des passerelles culturelles entre des communautés différentes, aussi bien en terre chrétienne qu'en terre d'Islam. Il s'agit donc de personnes dont la destinée a marqué les générations suivantes.

Pour distinguer les figures de la lignée Encaoua susceptibles de satisfaire à cette qualification de passeur de pensée juive, je suis d'abord remonté aux 13e et 14e siècles, en m'appuyant sur divers textes et ouvrages, écrits aussi bien par les premières figures de la lignée, que par d'autres auteurs, également cités et portant sur la vie ou l'œuvre de ces premières figures. A partir de divers témoignages retraçant les origines, les parcours, le contexte historique dans lequel ils ont vécu, j'ai pu ainsi retracer la vie et les contributions des deux premiers passeurs de pensée juive de cette lignée, à l'époque médiévale : Israël Al-Naqua, rabbin de Castille, vivant à Tolède en Espagne au 14e siècle, et décédé en 1391, et son fils Ephraïm Al-Naqua (Tolède 1359 – Tlemcen 1442), rassembleur de la communauté juive de Tlemcen (Algérie), connu sous le nom de « Rab de Tlemcen ».

Je me suis ensuite penché sur des périodes plus récentes, les 19e et 20e siècles, pendant lesquelles deux autres figures appartenant à cette lignée, ayant vécu en Algérie et au Maroc, méritent également, à divers titres, le statut de passeurs de pensée juive. Abraham Ankawa (Salé 1810 – Oran 1890), né au Maroc et mort en Algérie, est la première de ces figures. Son statut de passeur de pensée juive trouve son origine dans le fait qu'il a cherché à alimenter des liens transgénérationnels, impliquant de la sorte un fort brassage entre cultures communautaires du Maroc et de l'Algérie. Les difficultés rencontrées à la fin de sa vie illustrent les problèmes liés au statut des traditions juives, dans des pays vivant sous des régimes politiques différents.

La deuxième figure est celle de Raphaël Encaoua (Salé 1838 – Salé 1935), né et mort au Maroc. Premier président du Haut Tribunal Rabbinique (HTR) du Maroc, instance d'appel mise en place en 1918 par le Résident Général Lyautey à l'époque du protectorat français, auteur de plusieurs ouvrages de jurisprudence et d'exégèse, il est connu sous l'acronyme de REM (Raphaël Encaoua fils de Mardochée) ou encore celui de « l'Ange Raphaël ».

Au-delà des contextes historiques distincts et des différentes graphies de leurs noms, le trait commun que ces deux passeurs de pensée juive partagent est celui d'avoir été à la fois des philosophes et des juristes du droit rabbinique, cherchant d'une part à exhumer les textes castillans de leurs ancêtres et d'autre part, à faire cohabiter, dans leurs communautés, des traditions juives anciennes avec des manifestations notoires de modernité, au travers de leurs œuvres et de leurs propres vies. L'objectif de l'article est d'illustrer ces différents points.

Les liens de filiation sont présentés pour les deux premiers dans l'arbre généalogique qui suit, et pour les deux derniers dans la liste descendante à la fin de l'article.² Les variations calligraphiques du nom de famille, depuis Al-Naqua au Moyen-Age jusqu'aux différentes calligraphies contemporaines, sont présentes. Elles illustrent la variété des pays où ont vécu ces personnes, depuis l'Espagne à l'Afrique du Nord, en passant par d'autres pays du pourtour méditerranéen : l'Italie, l'Egypte, la Turquie, la Palestine, Israël.

Réunir dans un même article ces quatre passeurs de pensée juive d'une même lignée, vivant à plus de six siècles d'intervalle, s'est avéré être une entreprise délicate. Néanmoins, la tentative se justifie pleinement parce qu'au-delà des contingences historiques qui ont émaillé leur vie, une préoccupation commune et constamment proclamée les relie : celle de porter un héritage castillan permettant de concilier une pensée juive rigoureuse avec la modernité.

1. Graphies et significations du nom

Différentes graphies du nom patronymique existent et illustrent la diversité de l'orthographe onomastique. Selon la Jewish Encyclopedia, on trouve au moins quatre graphies en caractères hébraïques : נקוה ,אלנאקוה ,אנקווה ,אנקווא et au moins dix calligraphies en caractères latins : Al-Naqua, Alnakaoua, Al-Naqwa, Alnucawi, Ankoa, Kaoua, N'Kaoua, Ankaoua, Enkaoua et Encaoua. De plus, de nombreuses autres graphies existent dans des documents espagnols. Citons entre autres Encaue, Encava, El Nacava, Anacava, Annacava et Anacaba.³

Selon Alexander Beider⁴, ce nom d'origine espagnole, de nature monogénétique, c'est-à-dire apparu seulement en un seul lieu, à une période donnée et porté par une famille bien déterminée, est celui de migrants qui ont fui l'Espagne pour aller dans différents pays et notamment en Afrique du Nord, juste après 1391, l'année des premières séries de massacres perpétrés par des foules chrétiennes.⁵ Les orthographes du nom sont multiples, dues notamment aux différentes prononciations et transcriptions à travers le temps et les pays. Par exemple, pour ne retenir que les graphies contemporaines, la version Ankaoua, avec la lettre initiale A et un k au milieu, est plus répandue en Algérie, tandis que la version Encaoua avec un E initial et un c au milieu, est plus répandue au Maroc. Une combinaison de ces deux graphies est également présente, comme l'illustre l'orthographe Enkaoua. Le lieu d'origine de tous ces noms, depuis le 13e siècle au moins, est très vraisemblablement la ville de Tolède en Espagne (Tolitola en hébreu). En s'appuyant sur des travaux de Moïse Schwab⁶ et sur des inscriptions épigraphiques sur des tombes juives en Espagne, Abraham Laredo parvient à répertorier 35 occurrences où l'une de ces graphies correspond au nom d'un membre de la lignée.

La signification du nom n'est pas unaniment partagée. Ceux qui ont transformé leur nom d'origine en l'hébreu אלנאקוה, pensent que leur nom est d'origine hébraïque et justifient cette présomption en expliquant que le mot נקוה dérive de l'hébreu תקוה (tikva) qui signifie espoir, mot auquel est accolée la préposition אל par laquelle on désigne Dieu. La graphie אלנאקוה signifierait alors Espoir en Dieu, désignation qui paraissait justifiée dans les périodes de forte détresse. Certains auteurs, notamment Cantera et Millas et Abraham Laredo⁷, pensent que le nom dérive plutôt de l'arabe النقاوۃ (kaoua), terme signifiant pureté, au sens moral du terme. Une troisième signification selon Maurice Eisenbeth (1936)⁸, grand rabbin d'Alger, est qu'on aurait ajouté la préposition arabe An signifiant de, au mot kaoua, désignant une tribu berbère. Mais l'existence de cette tribu n'a pu être prouvée à ce jour. Par ailleurs, dans l'édition de 1936 de son ouvrage d'onomastique, Eisenbeth a relevé diverses variantes de ce nom porté par des familles juives du Maghreb et d'Espagne, parmi lesquelles N'kaoua (Batna, Alger et Constantine), Ankaoua (Algérie et Espagne), Ankawa (Oran) et Encaoua (Maroc). Ces graphies se retrouvent dans la généalogie qui figure à la fin de l'article.

2. La recension de deux membres de la lignée au 13e siècle

Les deux figures les plus anciennes, recensées dans plusieurs publications, dont Jewish Encyclopedia⁹ et Encyclopedia Judaica sont Yéhouda et Shmuel Al-Naqua.¹⁰ Nous ignorons s'il s'agit du père et du fils, de deux frères ou simplement de proches parents. Ce qui semble néanmoins prouvé, c'est qu'ils étaient des notables, occupant des postes importants, probablement à la cour du roi de Castille, Alphonse IX (1171-1230), fils du roi Ferdinand II et d'Urraque de Portugal. Ils ont vécu à Tolède, qui fut l'un des foyers rayonnants de la culture juive en Espagne. Nous savons peu de choses d'eux, sinon qu'ils avaient leurs entrées au palais, vraisemblablement en tant que notables au service du roi. Un jour, ils furent accusés d'un vol d'objets en or massif dans le palais. Les gens de la cour qui les avaient accusés, voyaient dans ce vol une « habitude de Juifs », expression qui signale déjà le degré de suspicion à l'égard des porteurs de cette identité. Ils furent emprisonnés et torturés, ce qui les a amenés à avouer un vol qu'ils n'avaient pas commis. Ils furent pendus vers l'an 1200¹¹. Trois jours après leur exécution, les objets volés furent retrouvés aux mains de l'un des serviteurs du roi. Celui-ci jura, mais un peu tard, qu'il ne serait plus tenu compte des aveux de Juifs, lorsqu'ils étaient recueillis sous la torture.

Plus d'un siècle après l'exécution de Yehouda et Shmuel Al-Naqua, on trouve, selon la rubrique ALNAQUA dans Jewish Encyclopedia, rubrique s'appuyant elle-même sur différents écrits dont ceux de Solomon ibn Verga, Zunz, et Schwab¹² la trace de trois descendants de la même lignée, respectivement Abraham, Yossef et Shlomo Al-Naqua. Le premier de ces descendants, Abraham, fut notaire du Roi de Castille, Alphonse XI, dit Le Juste (1312-1350). Il fut exécuté à Tolède le 30 septembre 1341, jour de Yom Kippour. En 1348, de sanglantes émeutes à Barcelone endeuillent la communauté. En 1391, un massacre a lieu à Séville et de multiples actes de persécution anti-juive sont commis un peu partout en Espagne. A partir des enfants et petits-enfants de Yossef Al-Naqua nous parvenons à deux figures emblématiques de la lignée Encaoua à l'époque médiévale : Israël Al-Naqua, fils de Yossef et Ephraim Al-Naqua, son petit-fils.

3. Une première figure emblématique au 14e siècle : Israël ben Yossef Al Naqua ( ?-Tolède 1391)

Israël ben Yossef Al-Naqua, désigné parfois comme « Israël le Saint », grand rabbin de Castille, vivait à Tolède au 14e siècle. Sa date de naissance est inconnue, mais on connait celle de sa mort, 1391. Après la Reconquista, des flambées de violences provoquées notamment par le clergé local, contraignirent bien des Juifs à l'exil et parfois à la conversion. Déjà en 1390 l'archidiacre d'Ecija (province de Séville), Don Ferrant Martinez, l'un des persécuteurs les plus ardents, lança l'ordre aux clercs du diocèse de Séville de démolir les synagogues. En 1391, une émeute populaire dirigée initialement contre les collecteurs d'impôts juifs à Tolède, entraîna la mort de plusieurs milliers de personnes.¹³ C'est ainsi qu'Israël ben Yossef Al Naqua fut brûlé vif en 1391, en même temps qu'un autre rabbin, Yehuda ben Haroche. On raconte qu'ils périrent sur le bucher tenant un Sefer Torah à la main.¹⁴ Les massacres dans l'ensemble de la péninsule durèrent trois mois, et durant cette période, plus de 4000 victimes périrent, plusieurs milliers de Juifs se convertirent au christianisme, et des synagogues furent pillées. Diverses communautés furent ainsi anéanties. C'est dans ce contexte que les descendants d'Israël ben Yossef Al Naqua fuirent l'Espagne catholique, devenue fortement intolérante, vers d'autres terres plus hospitalières envers les Juifs.

L'œuvre d'Israël ben Yossef Al Naqua est connue des historiens juifs. Outre divers commentaires de lois, de poèmes et chants liturgiques (piyoutim) et de sentences juridiques, il est l'auteur d'un ouvrage important de philosophie morale, intitulé מנורת המאור (Menorat ha-Maor).¹⁵ Des copies de cet ouvrage circulaient en Espagne du 14e au 16e siècle, dont un abrégé publié à Cracovie en 1593 sous le titre Menorat Zahab Kullah (Un chandelier tout en or). Le manuscrit complet n'a été publié que tardivement.¹⁶ L'illustration suivante représente le frontispice de ce livre, édité par Enelow. C'est un ouvrage d'éthique qui débute par un long poème suivi de 19 chapitres, chacun d'eux commençant par un long poème acrostiche du nom de l'auteur.

Les premiers membres de la lignée au 14e siècle

Frontispice du livre Menorat Ha-Maor d'Israël Al-Naqua, édité par Hyman Enelow (1929-1932)

4. Un philosophe, médecin et poète juif des 14e et 15e siècles : Ephraïm ben Israël Al Naqua (Tolède 1359- Tlemcen 1442), le Rab de Tlemcen.

A partir de 1391, les survivants de la famille, dont Ephraïm Al Naqua, le fils d'Israël Al-Naqua, quittent l'Espagne, en compagnie d'autres exilés¹⁷, et se dirigent pour certains vers les Balkans (Sofia, Constantinople) et pour d'autres vers l'Afrique du Nord, d'abord au Maroc, puis en Algérie.

Nous disposons de nombreuses sources traitant de la grande figure du judaïsme d'Afrique du Nord que fut Ephraïm Al Naqua, surnommé le Rab de Tlemcen. Né à Tolède, en Espagne, il est mort à Tlemcen, après être passé par Marrakech (Maroc). Nous tenterons dans la biographie du Rab de Tlemcen de restituer le contexte historique dans lequel il vivait. Et d'expliciter quelques-unes de ses contributions majeures, notamment ses positions philosophiques concernant la controverse entre Maimonide (1138-1204) et Nahmanide (1194-1270). Son ouvrage princeps de philosophie juive, שער כבוד הי Chahar Kévod Hachem (Le portique à la gloire du Nom)¹⁸ est une défense des thèses rationalistes de Moshé ben Maimon, (plus connu sous le nom de Maïmonide et de son acronyme Rambam). En ce sens, ce lointain ancêtre est le passeur de l'idée que la pensée biblique et la pensée rationnelle sont non seulement compatibles entre elles, mais surtout que leur combinaison contribue grandement à enrichir le sens profond de la Tora.

Un point essentiel doit être signalé ici. L'hébreu médiéval dans lequel est écrit l'ouvrage d'Ephraïm Al-Naqua est souvent difficile à traduire, mais il n'en demeure pas moins qu'une forte inspiration poétique y est présente.¹⁹ De manière générale, l'ouvrage témoigne du courage d'un être, contraint à l'exil et découvrant tout à la fois un environnement différent et la dure vie de ses nouveaux coreligionnaires, auxquels il a constamment essayé d'apporter quelque réconfort, tant sur le plan spirituel que sur le plan matériel.

4.1 Eléments biographiques de la vie du rab Ephraïm Al-Naqua

Né donc à Tolède en 1359, אפרים בן ישראל אל נקווא Ephraïm fils d'Israël Al-Naqua est le fils du grand rabbin de Castille. Son père était partisan d'une éducation combinant le sacré et le profane. Furent ainsi enseignés à Ephraïm, outre les textes fondamentaux du judaïsme, la philosophie et les sciences expérimentales. Il étudia la médecine à l'Université de Palencia (Nouvelle Castille). On peut distinguer deux périodes dans sa vie. Une période initiale, marquée à la fois par une solide formation talmudique, philosophique et médicale. Au cours de cette période, des persécutions massives de Juifs eurent lieu, dont celle ayant vu son père brûlé vif sur le bucher, un siècle avant l'édit d'expulsion. La période suivante, initiée par l'exil d'Espagne vers l'Afrique du Nord, à l'âge de 32 ans, à Marrakech d'abord, ensuite à Honein, avant-port de Tlemcen, et enfin à Tlemcen même, où il a pu bénéficier, dans des circonstances que nous détaillons dans la suite, d'un certain appui auprès du sultan de la ville. Cet appui lui a permis de contribuer à une véritable renaissance de la communauté juive de Tlemcen à partir du 15e siècle²⁰. Par ailleurs, il est resté constamment en contact avec les communautés juives de Fès au Maroc et de Kairouan en Tunisie, et avec celle de Palestine.²¹

Un épisode légendaire survenu en 1391 sur la route d'Ephraim Al-Naqua lui a valu une réputation de célèbre thaumaturge.²² Voyageant à partir de Tolède, en compagnie d'une caravane, il s'arrêta seul, à l'arrivée du chabbat, dans un endroit apparemment sauvage. Un lion apparut alors et la légende raconte qu'il se coucha aux pieds du Rab, après que celui-ci, vêtu de son talith, ait récité le verset 13 du Psaume 91 : «Tu marcheras sur le chacal et la vipère, tu fouleras le lionceau et le serpent». Le lion veilla le rab toute la nuit. Le lendemain, à la fin du chabbat, un serpent apparut et s'enroula sur la gueule du lion. Comprenant le signe, le rabbin enfourcha le lion, prit le serpent par les deux bouts et arriva harnaché de la sorte à Tlemcen. Le médaillon illustrant cette scène, médaillon offert durant les pèlerinages sur sa tombe et présent dans plusieurs foyers juifs en Afrique du Nord, est reproduit ci-dessous. Il signale l'importance qu'a prise cette légende dans les esprits, au fil des générations.

Toujours est-il que, fort de cette réputation de faiseur de miracles, Ephraïm Al-Naqua fut mandé, quelque temps après, par le sultan de la ville, pour guérir sa fille d'un mal que les médecins de la Cour ne parvenaient pas à enrayer. Après que le Rab réussit à la guérir, il obtint du sultan deux promesses : 1/ que les Juifs puissent quitter le quartier où ils étaient confinés hors de Tlemcen (lieu-dit Agadir), et résider dans le centre de la ville, dans un quartier proche du «Méchouar», dénommé «El merja» (le lac) ; 2/ que des familles juives, originaires d'Espagne et des Iles Baléares, puissent s'installer à Tlemcen. La communauté juive a pu ainsi se regrouper au centre même de la ville de Tlemcen, ville luxuriante, que les Romains nommaient Pomaria («vergers») et les Berbères, qui en firent une capitale de leur royaume, Tilmisan («sources» en langue tamazight).

C'est à Tlemcen que le Rab fonda une série d'institutions juives qui marquèrent le destin postérieur de la communauté. Notamment une synagogue autour de laquelle la foule s'est longtemps rassemblée lors des rituels de la vie juive, comme l'illustre la carte postale reproduite ci-après. Le Rab devint également le médecin officiel du palais royal. Il fut très honoré et respecté tant par le Roi que par sa cour, la population arabe et bien sûr, la communauté juive. Depuis cette date, et jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962, la communauté juive de Tlemcen compta différents lieux de prières et d'études.

Médaillon illustrant l'arrivée du Rab à Tlemcen, sur le dos d'un lion, et comportant un chant (piyot) proposé aux participants en tant qu'hommage au Rab.

Photographie d'une foule à l'entrée de la synagogue du Rab Ephraïm Al-Naqua à Tlemcen le jour de Kippour (carte postale du début 20e siècle)

Un autre épisode est raconté par Colette Sirat et Paul Fenton.²³ En 1393, soit deux ans après avoir quitté Tolède, Ephraïm Al-Naqua se trouvait à Marrakech. A la sortie de la synagogue le soir du chabbat, accompagné d'une poignée d'amis, il passa près d'une mosquée, sans se déchausser, comme l'exigeait la coutume musulmane. Un portier noir, excédé à la fois par les égards que ses compagnons manifestaient à un Juif et par le manque d'égard de celui-ci envers la coutume locale, voulut bastonner le Rab. Ce dernier ne dut son salut qu'à l'intervention de ses compagnons. Arrivé chez lui, le Rab demanda à ses amis la permission de se reposer un instant. A son réveil, il se retrouva le bras tordu et le dos complètement fourbu, persuadé qu'il avait reçu une pluie de coups de bâton durant son sommeil. Il se plaignit auprès de ses compagnons d'avoir laissé entrer le garde. Ceux-ci, fort étonnés, l'assurèrent qu'aucune personne n'était entrée durant son sommeil. Le rab comprit à cet instant qu'un symptôme somatique pouvait avoir une origine purement psychique. Son bras tordu et son dos fourbu n'étaient ainsi que des manifestations somatiques résultant d'un rêve où il voyait le portier le battre. Il annonça triomphalement à ses convives qu'il venait de comprendre pourquoi Maimonide avait raison d'interpréter le combat de Jacob avec l'ange (Genèse XXIII) comme le produit d'un rêve. D'une part, le rêve de Jacob se trouvait parfaitement justifié du fait de la crainte d'un combat ultérieur avec son frère Esaü. D'autre part, l'effet sur la luxation de la hanche n'était que la conséquence somatique du rêve, comme si le combat rêvé avec l'ange avait bien eu lieu.²⁴ Cette anecdote illustre comment le rab Ephraïm Al-Naqua parvenait à utiliser à bon escient une expérience vécue pour éclairer un texte biblique en dérivant un enseignement nouveau par rapport au sens commun.

De multiples relations existaient entre l'école du Rab à Tlemcen et les communautés juives d'Alger qui avaient pu bénéficier depuis 1392 de guides exceptionnels en les personnes de Ribach (Rabi Yitzhak ben Chechet, 1326 - Alger 1408) et de Rashbats (Rabi Shimon ben Tsémah Duran, 1361 - Alger 1444), exilés tous deux d'Espagne. On trouve également des traces de liens assez étroits que les Juifs de la ville de Tlemcen entretenaient sur le plan religieux avec ceux de Safed, en Palestine, et sur le plan commercial avec ceux de Salonique, dans l'Empire ottoman.

Le Rab Ephraïm Al Naqua, eut deux fils : Yehouda et Israël. Le premier Yehouda vécut d'abord à Oran et à Mostaganem, puis à Tlemcen. Yéhouda correspondait avec le Rachbach (Salomon, le fils du Rashbats). Sa fille épousa Tsémah Duran (le fils du Rachbats). Le second, Israël, à qui son père dédia son ouvrage principal, Chahar Kevod Hachem, eut lui-même un fils qui reçut le même prénom que celui de son grand-père, Ephraïm. Il vécut à Tlemcen jusqu'en 1468.

Parce qu'il fut le seul médecin semble-t-il, à avoir guéri la fille du roi, le Rab devint le médecin officiel du palais royal, et obtint l'autorisation pour les Juifs de s'installer dans la ville. Il fut très honoré et respecté tant par le Roi que par sa cour, la population arabe et bien sûr la communauté juive.

Le Rab Ephraïm Al-Naqua s'éteignit le 13 novembre 1442 (1er Kislev 5202) à l'âge de 82 ans. Il fut inhumé dans un caveau, situé à la limite de Tlemcen en face du vieux cimetière juif. Depuis sa mort et jusqu'en 2005, son caveau a longtemps été un lieu de pèlerinage, aussi bien pour les Juifs que pour les Musulmans qui prêtent des vertus miraculeuses à la source d'eau située à proximité de sa tombe.²⁵ Sur une longue pierre tombale blanchie à la chaux, est gravée une épitaphe en hébreu : « Ici repose celui qui fut notre orgueil, notre couronne, la lumière d'Israël, notre chef et maître, versé dans les choses divines, homme miraculeux, le Grand Rabbin Ephraïm Aln'Kaoua. Que son mérite nous protège».

Son testament fait état de deux legs, l'un matériel, l'autre spirituel : « Je vous laisse deux sources : la source d'eau pour fortifier votre corps et la source de la Tora qui symbolise la vie éternelle. La source d'eau offerte par la volonté de Dieu et la source de la Tora qui demande la bonne volonté de chacun de nous». La synagogue qu'il fit construire existe encore de nos jours, mais elle est devenue une maison de la culture algérienne, après l'indépendance du pays en 1962. Une rue porte encore son nom à Tlemcen.²⁶ La communauté juive d'origine tlemcénienne lui voue une grande fidélité mémorielle, traduite notamment par la création à Paris d'une association : «La Fraternelle, Union Nationale des Amis de Tlemcen». Signalons enfin qu'une synagogue au nom du Rab existe à Jérusalem.

Le Rab de Tlemcen est devenu le lien transgénérationnel auquel se sont rattachées des communautés juives successives, originaires aussi bien de Tlemcen²⁷ que d'autres lieux d'Afrique du Nord. Le tableau reproduit ci-après, que plusieurs familles juives d'Afrique du Nord exhibaient sur leurs murs, illustre les différents symboles associés à la mémoire du Rab de Tlemcen. Enfin la figure qui suit représente une menora en l'honneur du Rab de Tlemcen.

Tableau représentant les différents symboles du Rab Ephraïm Al-Naqua

Menora en l'honneur du rab Ephraïm Encaoua, tableau vers 1900 (Centre mondial du Judaïsme d'Afrique du Nord, Jérusalem)

La tombe du Rab Ephraïm Al-Naqua à Tlemcen

4.2. L'apport philosophique du Rab Ephraïm Al-Naqua

Le Rab Ephraïm Al-Naqua eut une vie intellectuelle intense. Il est l'auteur de divers textes comprenant des

宗教间联系

christianismetransmission

La lignée s'enracine à Tolède, foyer de la convivencia, où Yéhouda et Shmuel Al-Naqua servaient à la cour d'Alphonse IX de Castille. Les massacres chrétiens de 1391 et l'édit d'expulsion de 1492 précipitent la diaspora vers l'Afrique du Nord. Plus tard, sous le protectorat français, Abraham Ankawa (XIXᵉ) et Raphaël Encaoua (XXᵉ) composent avec le droit civil français et les autorités coloniales — Raphaël Encaoua reçoit la Légion d'honneur en 1929 des mains de Lucien Saint.

islamadaptation

Ephraïm Al-Naqua devient médecin officiel du sultan de Tlemcen après avoir guéri sa fille, obtenant pour les Juifs le droit de quitter le quartier d'Agadir et d'accueillir des coreligionnaires d'Espagne et des Baléares. Son tombeau, resté jusqu'en 2005 un lieu de pèlerinage juif ET musulman, illustre une mémoire partagée rare ; le mausolée a été ré-inauguré en 2013 par les autorités algériennes. Abraham Ankawa et Raphaël Encaoua s'appuient sur le principe dina de-malkhuta dina (« la loi du royaume est la loi ») pour articuler halakha et droit du pays d'accueil, qu'il s'agisse du pouvoir chérifien ou de l'administration coloniale française.

islamdivergence

Entre le XVᵉ siècle marocain (Ephraïm Al-Naqua confronté à un incident à la mosquée de Marrakech en 1393) et l'Algérie post-1830, les équilibres bougent : le protectorat français puis la colonisation démantèlent en 1842 la juridiction rabbinique traditionnelle et imposent la nomination par le Consistoire. Ankawa a démissionné de Mascara en 1878 après une campagne d'opposition dirigée contre lui — tension exemplaire entre autorité rabbinique traditionnelle, droit musulman et droit civil français.

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Des passeurs de pensée juive d’origine hispano-maghrébine : la lignée Encaoua — David Encaoua · Zakhor