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Zakhor
mars – octobre 1942 · Kežmarok et la Slovaquie

Cinq cents Reichsmark

Un État paie l’Allemagne pour qu’elle emporte ses propres citoyens. Cinq cents marks par tête, et il garde les biens.

已确立SlovaquieDéportationSpoliationComplicité

La Slovaquie devient en 1939 un État satellite de l’Allemagne, dirigé par Mgr Jozef Tiso, prêtre catholique.

En 1941, son gouvernement conclut avec Berlin un accord pour la déportation des Juifs de son territoire vers la Pologne occupée.

Entre mars et octobre 1942, cinquante-sept mille Juifs slovaques sont déportés à Auschwitz-Birkenau et dans d’autres camps. Quelques centaines survivront.

Le prix

Le point qui distingue ce dossier de tous les autres est financier, et il faut le poser sans commentaire préalable.

L’État slovaque a payé à l’Allemagne cinq cents Reichsmark par Juif déporté, au titre des frais de réinstallation. Le total dépasse trente millions de marks.

En contrepartie, l’Allemagne l’a autorisé à conserver l’intégralité des biens confisqués.

Ce que cela veut dire

La Slovaquie est le seul État à avoir versé des sommes considérables pour que ses propres citoyens soient emmenés.

L’opération était donc, pour son budget, un investissement : on paie un transport et l’on encaisse un patrimoine.

Aucun des autres pays satellites n’a fait cela. Partout ailleurs, la déportation a été imposée, négociée, ou subie ; ici, elle a été achetée.

L’arrêt, et la reprise

Les déportations s’interrompent en octobre 1942, sous l’effet conjugué de protestations du Vatican et d’épiscopats étrangers, de démarches de dirigeants juifs slovaques, et du fait que des rescapés avaient fait parvenir des informations sur ce qui attendait les convois.

Environ vingt-quatre mille Juifs subsistent alors dans le pays.

Elles reprennent en septembre 1944, après l’insurrection nationale slovaque et l’occupation allemande directe : treize mille personnes de plus sont déportées.

Ce qui a été dit depuis

Le Parlement slovaque a condamné officiellement les déportations, et l’État a engagé des programmes de restitution — la Slovaquie est l’un des pays européens dont la législation en la matière est jugée la plus avancée.

Tiso a été jugé et pendu en 1947. Son procès et sa mémoire divisent encore le pays.

Ce que les chiffres établissent n’a pas besoin de commentaire : cinq cents marks, plus de trente millions au total, et le droit de garder ce qui restait.