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Zakhor
1711 – 1721 · Francfort-sur-le-Main

Quatorze janvier

Le feu part de la maison du rabbin et emporte la ruelle entière. Huit mille personnes dorment dehors, et le conseil impose un plan pour reconstruire.

已确立FrancfortJudengasseIncendieReconstruction

La Judengasse de Francfort est une rue unique, fermée par des portes, où l’on a entassé la communauté depuis 1462.

On y bâtit en hauteur et en profondeur faute de pouvoir s’étendre : des maisons à colombages de quatre et cinq étages, séparées par des passages où deux personnes ne se croisent pas.

Le 14 janvier 1711, un feu part de la maison du rabbin Naphtali Cohen.

Ce que le feu emporte

La synagogue et la presque totalité de la ruelle brûlent.

Quatre personnes meurent. Huit mille se retrouvent sans toit, hébergées à la maison des pestiférés ou chez des chrétiens compatissants.

Le bilan matériel est immense — bibliothèques, registres, archives communautaires : ce qui rend l’histoire de cette communauté si difficile à écrire pour la période antérieure.

La reconstruction

La synagogue et les maisons sont rebâties rapidement, et la rue est ÉLARGIE de six pieds.

Le conseil de la ville édicte pour l’occasion un règlement de construction détaillé : chaque maison doit être soumise sur plan avant d’être relevée.

C’est ce que produit un désastre dans une ville administrée : non pas une libération, mais une norme.

1721

Un second incendie éclate le 28 janvier 1721. En onze heures, toute la partie nord de la ruelle est en flammes.

Plus de cent maisons brûlent. Certaines sont en outre pillées et endommagées par des habitants chrétiens venus du dehors.

Deux incendies en dix ans, dans une rue qu’on n’a pas le droit de quitter.

Ce que la densité imposait

Le feu n’est pas un accident isolé : c’est la conséquence prévisible d’une population multipliée par dix sur une surface inchangée, avec du bois, des chandelles et des poêles.

L’enfermement produit ses propres catastrophes, et l’on impute ensuite aux enfermés le désordre qui en résulte.

La Judengasse a duré jusqu’en 1796, quand le bombardement français en a détruit une partie et que la contrainte de résidence a commencé à céder.