Ephraïm Aln'kaoua mourut à Tlemcen au début du XVᵉ siècle, vénéré comme un saint guérisseur. Sa tombe devint très vite un lieu de prière, et lui-même le Rab el-Kebir — « le grand rabbin » —, figure tutélaire des juifs de la région.
Pendant près de cinq siècles, des pèlerins vinrent à son tombeau. Juifs, et parfois musulmans, on s'y rendait pour demander la guérison, la fécondité, la protection. Sa hiloula — l'anniversaire de sa mort célébré comme une fête — rassemblait des foules venues de tout l'ouest algérien.
Le départ des juifs d'Algérie, autour de 1962, vida peu à peu le pèlerinage de ses fidèles. Le tombeau demeure, mais la foule n'est plus ; la mémoire du Rab a suivi ses descendants en France, en Israël, ailleurs.
Zakhor garde cette histoire au registre de la mémoire : non pour dater des miracles, mais pour tenir la trace d'un culte qui structura, cinq siècles durant, la vie d'une communauté — et de la rupture qui l'a interrompu.