跳至内容
Zakhor
1941 – 1943 · Bnei Brak, Palestine mandataire

Sept élèves

Un rabbin lituanien dont la femme et neuf des dix enfants ont été assassinés rouvre son académie dans une bourgade de Palestine. Ils sont sept à s'asseoir.

已确立YeshivotLituanieReconstructionAprès-Shoah

Yossef Shlomo Kahaneman dirigeait à Ponevej — Panevėžys, en Lituanie — l'une des grandes académies talmudiques d'Europe, et siégeait au parlement lituanien.

Il se trouve à l'étranger, en mission, quand la guerre le sépare des siens. Sa femme et neuf de ses dix enfants sont assassinés, avec la communauté de Ponevej et les élèves de sa yeshiva.

Il gagne la Palestine mandataire. Il a perdu sa famille, son école et sa ville.

Une pierre posée en 1941

Pendant l'été 1941 — c'est-à-dire au moment même où les massacres commencent en Lituanie —, il pose à Bnei Brak, alors une bourgade agricole, la première pierre d'une nouvelle yeshiva de Ponevej.

On le prit pour un fou. Il achetait un terrain sur une colline pour une école dont les élèves étaient en train d'être tués.

Il aurait répondu, selon un mot qu'on lui prête, qu'il n'était pas fou mais qu'il refusait d'être réaliste — la formule circule sous plusieurs versions et il faut la donner pour ce qu'elle est : une parole transmise, pas une citation établie.

Sept, en 1943

La yeshiva de Ponevej ouvre le 4 kislev 1943, dans une synagogue de la rue Rabbi Akiva, à Bnei Brak.

Sept élèves s'y assoient. Parmi eux, Yaakov Edelstein et son frère Gershon, qui dirigeront le monde des yeshivot lituaniennes soixante-dix ans plus tard.

La même année, il fonde Batei Avot, un foyer pour les enfants réfugiés, puis d'autres institutions pour les orphelins de la Shoah. Il crée aussi Yarhei Kalla, des sessions d'étude ouvertes à ceux qui ne sont pas dans une yeshiva.

Ce qu'il faut voir dans l'ordre des gestes

L'ordre est instructif : l'école d'abord, les orphelinats ensuite, et les deux la même année.

Ce n'était pas un choix entre transmettre et secourir. Pour lui, un enfant sans famille avait besoin d'un toit et d'une page, et les deux relevaient de la même urgence.

Il a parcouru le monde pendant des années pour lever des fonds, au point qu'on l'appelait le rabbin voyageur. La yeshiva de Ponevej compte aujourd'hui des milliers d'étudiants et son bâtiment domine Bnei Brak.

Reconstruire n'est pas remplacer

Il faut se garder d'une lecture consolante. Rien n'a été rendu : ni sa femme, ni ses neuf enfants, ni les élèves de Ponevej, ni la Lituanie juive.

Ce qu'il a fait est autre chose — reprendre un nom et une méthode d'étude, et les remettre en fonctionnement ailleurs, avec des vivants qui n'étaient pas les mêmes.

Sept élèves en 1943, dans une synagogue de bourgade, deux ans avant qu'on sache l'ampleur de ce qui s'était passé.