פרדו
(Pardo (Eritrea))
地理来源: Asmara
登记簿 记忆 · 保管人,非所有者
Au seuil de la mer Rouge, dans l'air vif et limpide des hauts plateaux d'Asmara, s'est nouée pour quelques décennies l'histoire d'une présence juive aussi discrète que singulière. La lignée Pardo y appartient à cette catégorie particulière des familles séfarades-italiennes que les flux du commerce, de la colonisation et de la fuite devant la persécution ont portées vers les marges méridionales de la Méditerranée et la corne de l'Afrique. Pour la comprendre, il faut tenir ensemble deux fils : d'une part, l'histoire d'un patronyme illustre de la diaspora séfarade, attesté de Venise à Amsterdam ; d'autre part, l'histoire concrète et brève d'une petite communauté juive forgée à l'ombre de l'Italie coloniale.
La communauté juive d'Asmara constitue le cadre indispensable de ce récit. Autrefois, l'Érythrée avait une importante communauté juive, alimentée par l'arrivée d'individus pour des raisons économiques ou échappant à la persécution. Cette communauté, modeste mais bien organisée, a vu sa population culminer aux alentours de cinq cents âmes dans l'immédiat après-guerre. C'est dans ce milieu — fait de marchands adénites, d'Italiens et de réfugiés d'Europe — qu'il faut situer la famille Pardo, dont la notice de référence rappelle qu'elle fut une famille séfarade-italienne présente à Asmara dans la première moitié du XXᵉ siècle, active dans le commerce et l'import-export.
Le présent ouvrage distingue scrupuleusement ce qui relève de l'archive établie — l'histoire de la synagogue, les contours démographiques, le cadre colonial — de ce qui relève de la déduction prudente quant à la place précise des Pardo dans cet ensemble. Il assume cette honnêteté épistémique comme une vertu plutôt qu'une faiblesse.
Le nom Pardo appartient au registre le mieux documenté de l'onomastique judéo-espagnole. Il figure explicitement parmi les patronymes séfarades répertoriés, aux côtés de noms tels que Pinto, Toledano ou Sasportas Pardo · Parra (nom de famille) Partouche · Perez (patronyme) Pinto · Ricardo · Saadia (homonymie) Sabban · Sadoun · Safdie · Salama · Salmona · Samama · Saporta · Sarfati · Sasportas. Cette inscription dans le corpus séfarade n'est pas anodine : elle situe la famille dans le grand mouvement d'expulsion de 1492 et dans les routes de l'exil ibérique.
Plusieurs hypothèses concourent quant à l'origine du mot. La plus répandue rattache « Pardo » à une racine hispanique. It is believed to have originated as a nickname meaning "brave" or "strong." Une autre lecture, proprement juive, le rattache à l'hébreu : "Pardo" can also have Sephardic Jewish origins. It is derived from the Hebrew word "pardes," which means "orchard" or "garden." Le terme pardès, qui désigne le verger mais aussi, dans la tradition mystique, les quatre niveaux d'interprétation du texte sacré, confère au nom une résonance particulière.
Une tradition supplémentaire, rapportée avec prudence, propose une lecture phonétique audacieuse. Cependant, une tradition dont je ne sais si elle repose sur des preuves veut que le nom soit une italianisation de Safardi, terme désignant des Juifs séfarades venus d'Espagne, convertis au christianisme après 1492. Cette dernière hypothèse, expressément présentée comme incertaine par la source elle-même, doit être maniée avec circonspection : elle illustre néanmoins la profondeur ibérique que la mémoire familiale attache au nom.
Historiquement, les Pardo comptent parmi les familles rabbiniques et marchandes les plus en vue de la diaspora occidentale, présentes à Venise, à Amsterdam et dans les comptoirs séfarades de la Méditerranée. C'est de ce terreau italo-séfarade — où le commerce maritime et la culture rabbinique se conjuguent — que descend, selon toute vraisemblance, la branche établie en Érythrée.
La présence juive en Érythrée est indissociable de l'expansion coloniale italienne sur les rives de la mer Rouge à la fin du XIXᵉ siècle. Eritrea once had a small community of Yemenite Jews who arrived in the country after having been attracted by new commercial opportunities driven by Italian colonial expansion in the late 19th century. Asmara, capitale du territoire, devient alors un carrefour où se rencontrent négociants yéménites, fonctionnaires et commerçants italiens, et marchands de toutes provenances.
Le noyau de cette présence se cristallise au tournant du siècle. Built in 1906 during Italian Colonial rule, the sanctuary was once also home to classrooms and a cemetery. Many Jews settled in Eritrea in the late nineteenth century in search of economic opportunities. Dès 1905, la structure communautaire prend forme : la congrégation hébraïque d'Asmara est constituée, et elle ne cessera de croître durant la première moitié du XXᵉ siècle.
La composition de cette communauté est révélatrice de son caractère cosmopolite. The congregation was founded in 1906 by Yemenite Jewish immigrants from Aden. Along with the Adeni Jews, some congregants were Italian Jews. C'est précisément dans cette strate des Juifs italiens — minoritaire numériquement mais socialement intégrée à la sphère coloniale — que s'inscrivent les Pardo. As a product of Italian colonialism, Asmara also included a handful of Italian Jews and well those from an assortment of countries as refugees of Nazi Europe.
Cette dualité fondatrice — un socle adénite majoritaire et une élite italienne — structure l'ensemble de la vie communautaire. Les Pardo, séfarades d'ascendance ibérique mais italiens de culture et de langue, participent ainsi de ce trait d'union entre la Méditerranée européenne et la péninsule arabique que la communauté d'Asmara incarnait tout entière.
La notice de référence présente les Pardo comme une famille active dans le commerce et l'import-export. Cette caractérisation, loin d'être anecdotique, recoupe exactement le profil économique documenté de la communauté juive d'Asmara, où la mémoire familiale et l'archive se confirment mutuellement.
Le négoce constitue en effet le ressort même de l'implantation juive en Érythrée. Les premiers arrivants, on l'a vu, furent attirés par les débouchés ouverts par la colonisation italienne. La géographie urbaine elle-même porte la trace de cette vocation marchande. During the heyday of Jewish life in Asmara, many of its Jews lived and operated businesses in the street proche de la synagogue, faisant du quartier juif un tissu serré de logements et de boutiques.
Pour une famille séfarade-italienne comme les Pardo, l'import-export représentait la conjonction naturelle de plusieurs atouts : la maîtrise de la langue et des réseaux italiens, l'accès aux ports de la mer Rouge — Massaoua au premier chef — et les liens transméditerranéens hérités d'une diaspora ancienne. La position d'Asmara, reliée par chemin de fer au littoral, en faisait une plateforme commerciale tournée à la fois vers l'Italie métropolitaine, vers Aden et vers le sous-continent indien.
On gardera toutefois la mesure de l'incertitude : si le cadre économique est solidement établi, le détail des entreprises Pardo — raisons sociales, marchandises, partenaires — n'est pas conservé dans les sources accessibles. La continuité entre la tradition familiale et le profil collectif documenté demeure ainsi probable plutôt que prouvée pièce à pièce.
Aucune histoire d'une famille juive d'Asmara ne peut se concevoir hors de l'édifice qui en fut le centre. La synagogue d'Asmara, achevée en 1906, demeure le monument fondateur de cette présence. En 1906, la construction de la synagogue d'Asmara est achevée à Asmara, la capitale du pays.
L'édifice fut conçu pour répondre aux besoins d'une communauté en croissance. Elle comprend un sanctuaire principal pouvant accueillir jusqu'à 200 personnes, des salles de classe et un petit cimetière. Cette ampleur — un sanctuaire, une école, un cimetière — témoigne de l'ambition d'un foyer durable, et non d'un simple campement de marchands de passage.
La synagogue fut, et reste, le seul vestige tangible de ce monde révolu. The oldest synagogue in the nation, the Asmara Synagogue is the only surviving remnant of the once-flourishing Jewish community in Eritrea. Built in 1906 during Italian Colonial rule, the sanctuary was once also home to classrooms and a cemetery. Une famille comme les Pardo y aurait célébré ses fêtes, scolarisé ses enfants dans la salle de classe attenante, et enterré ses morts dans le cimetière voisin.
Le cimetière lui-même offre un précieux marqueur démographique. By the early years of the twentieth century, Asmara in central Eritrea had a large and sustainable enough Jewish community to require a cemetery. The community, which peaked according to some accounts at five-hundred people shortly after World War II and into the early 1950s, was made up mostly of Jews from Aden, yet there were others. Parmi ces « autres » qui complétaient le noyau adénite, les Pardo trouvaient leur place.
两次大战期间及第二次世界大战期间的数十年,既是这一社区的鼎盛时期,也是其历史转折点。难民的到来在其中发挥了决定性作用。1930年代,大批欧洲犹太人为逃避纳粹迫害而移居Eritrea,使当地犹太社区得到壮大。Asmara先后处于意大利、继而自1941年起处于英国的管辖之下,成为那些不可思议的避难所之一,欧洲犹太人在此得以暂离集中营的阴影,寻得片刻喘息。
这股移民潮将社区规模推至历史顶峰。据部分史料记载,第二次世界大战结束后至1950年代初,社区人口一度达到五百人之多,其主体为来自Aden的犹太人,但亦不乏其他背景的成员。对于Pardo家族而言——他们作为Séfarade裔意大利家族早已在此扎根——这些年代正是社区臻于鼎盛之时,交流频繁,宗教生活蓬勃兴旺。
然而,意大利犹太人在这一背景下所处的微妙处境不容忽视。他们是一个曾于1938年颁布法西斯种族法的国家的臣民,却定居于一片生活仍照常延续的殖民地。他们以切身之痛,体验着归属于一个将自己驱逐在外的国家所带来的内在矛盾。1941年意大利的战败与英国人的到来改变了这一格局,矛盾的是,这反而开启了一段相对安全的间歇期。
正是在这样的氛围之中——一个既繁荣又脆弱、在战争动荡中摇摆不定的社区——Pardo家族在Eritrea的存在,很可能走过了其最后一段充满生机的岁月。
1950年代的鼎盛时期已然埋下了衰落的种子。世纪后半叶的政治动荡——殖民托管的终结、联邦化继而并入埃塞俄比亚、漫长的独立战争——逐步导致了这一社区的消亡。
当代的景象令人感到无比凄凉。如今,偶尔参加会堂礼拜的,是来访的外交官或联合国官员,因为移民潮、死亡与革命彻底改变了Asmara犹太社区的生活。Sami Cohen如今是仍居住在Asmara的最后一位本土厄立特里亚犹太人。社区成员由数百人骤减至象征性的存在。
场所的维护如今全系于一人之身。All aspects of the synagogue are managed by Samuel Cohen, an Asmara native who remained in the country to look after the edifice. 会堂、其Torah卷轴与犹太公墓,作为一座凝固的纪念碑而留存至今。在厄立特里亚首都Asmara一条宁静的街道上,矗立着一座引人注目的会堂,仿佛时间在此已然停驻。
对于Pardo家族及其他家庭而言,命运走向了流散:或前往以色列、意大利、欧洲,或远赴美洲,各循机缘与际遇。在档案对个体轨迹的细节沉默之处,家族记忆便接续其后——这也正是可能这一定语诚实地附着于此番重构的缘由。
La lignée Pardo d'Érythrée se laisse appréhender comme un point de condensation où convergent plusieurs grandes histoires. Celle, séculaire, d'un patronyme séfarade né dans la péninsule ibérique et porté par les routes de l'exil de 1492. Celle, coloniale, de l'Italie sur les hauts plateaux de la corne de l'Afrique. Celle, communautaire, d'un petit foyer juif d'Asmara qui, de 1906 aux années 1950, connut floraison puis effacement.
Ce que l'archive établit avec certitude, c'est le cadre : une synagogue fondée en 1906, une communauté composite de marchands adénites, d'Italiens et de réfugiés, un apogée de cinq cents âmes après-guerre, un déclin presque total aujourd'hui. Ce que la déduction prudente y inscrit, c'est la place des Pardo : famille séfarade-italienne, vouée au commerce et à l'import-export, intégrée à la mince strate italienne de cette congrégation cosmopolite.
Il reste qu'une part de cette histoire demeure dans l'ombre des sources. Les noms, les visages, les boutiques et les itinéraires précis de la famille Pardo n'ont pas tous trouvé d'écho dans les catalogues accessibles. Le présent ouvrage assume cette lacune : il vaut mieux un récit honnête, où le probable est nommé comme tel, qu'une certitude inventée. Dans la rue silencieuse d'Asmara où veille encore la synagogue, c'est tout un monde séfarade-italien, et la lignée Pardo avec lui, qui attend que la mémoire et l'archive continuent de se répondre.
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Le Grand Livre — Pardo (Érythrée) — Zakhor, https://zakhor.ai/zh/grands-livres/familles/pardo-er同一名字,百般风貌。
同一姓氏,因语言、时代和散居地而有不同的转写方式。
拉丁文1
עברית · 希伯来文1
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