Benoudiz 家族
בנודיז
Benoudiz 家族的姓氏起源、历史与家谱——一个犹太姓氏及其留下的踪迹。
登记簿 记忆 · 保管人,非所有者
大书 — Benoudiz
Introduction
Le nom Benoudiz arrive à nous sans dossier constitué. Aucune notice nominative propre à ce patronyme n'a pu être authentifiée dans les fonds spécialisés — généalogie séfarade, catalogues de manuscrits hébraïques, dictionnaires onomastiques du Maghreb — au moment de la rédaction du présent volume. Cette honnêteté est elle-même un résultat : elle interdit de combler par l'invention les silences de la documentation, et elle oblige à poser le seul cadre que la prudence autorise — celui d'une reconstruction méthodique ancrée dans ce que la recherche établit du monde juif maghrébin et de la grammaire de ses noms.
Ce que la morphologie du patronyme révèle, néanmoins, est déjà significatif. Benoudiz s'articule selon une architecture familière au monde judéo-arabe : le préfixe Ben- — « fils de », commun à l'hébreu ben et à l'arabe ben/ibn — suivi d'un élément -oudiz dont le sens précis demeure, en l'état, philologiquement ouvert. Cette structure est l'un des modes de formation les plus anciens et les plus répandus des noms juifs du pourtour méditerranéen. Elle situe le nom dans un espace et dans une époque : le Maghreb juif, communautés millénaires que l'histoire a façonnées, éprouvées et finalement dispersées au tournant du XXe siècle.
L'ambition de ce Grand Livre n'est pas de fabriquer une généalogie là où les archives se taisent. C'est d'éclairer le monde dans lequel un nom comme Benoudiz a pu naître, circuler et se transmettre — et de donner à toute famille portant ce patronyme les clefs d'une histoire collective vérifiable, à défaut d'une biographie individuelle attestée. Le passage de l'hypothèse à la certitude appartient aux archives à consulter et aux mémoires familiales à recueillir. Ce volume a voulu baliser ce chantier plutôt que le clore.
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Chapitre 1 : Dans les communautés du Maghreb — le monde que le nom habitait
La présence juive en Afrique du Nord est l'une des plus anciennes de la diaspora. Elle est attestée dès l'Antiquité, antérieure à la conquête arabe du VIIe siècle, et elle s'est perpétuée sans interruption jusqu'au XXe siècle. À la population juive autochtone, désignée par le terme toshavim — les résidents —, se surimposèrent après 1492 les megorashim, Juifs chassés d'Espagne et du Portugal lors des grandes expulsions ibériques. Ces derniers apportèrent leurs rites, leur langue judéo-espagnole, leurs institutions rabbiniques et un prestige savant que les communautés d'accueil reconnurent, non sans tensions. La rencontre de ces deux traditions modela durablement le judaïsme marocain, notamment dans des villes comme Fès, Tétouan et Meknès.
Les Juifs du Maghreb vivaient sous un statut qui organisait à la fois leur protection et leurs limitations : celui du dhimmi, cette condition que la loi islamique réservait aux monothéistes non-musulmans. Regroupés dans des quartiers spécifiques — le mellah au Maroc, la hara en Tunisie et dans certaines villes algériennes —, ils y bâtirent une vie communautaire d'une densité remarquable. Synagogues, tribunaux rabbiniques (batei din), écoles talmudiques (yeshivot), confréries de bienfaisance et corporations de métiers y organisaient une existence structurée, ordonnée par le calendrier liturgique et par la solidarité interne. Ces quartiers ne furent donc pas seulement des lieux de relégation : ils furent des matrices d'identité collective, des espaces où se transmettait, de père en fils, une manière d'être juif et maghrébin à la fois.
C'est dans cet environnement — une communauté à la fois enracinée et périodiquement recomposée par des migrations — qu'un patronyme de filiation comme Benoudiz aurait trouvé son terreau. Les noms de lignée, dans ce monde, n'étaient pas de simples étiquettes administratives : ils portaient une mémoire, une appartenance, parfois le souvenir d'un ancêtre fondateur dont la réputation continuait de rejaillir sur ses descendants. Nommer sa lignée, c'était, en un sens, plaider sa place dans la communauté.
La vie religieuse structurait le calendrier et la mémoire familiale bien au-delà du seul espace synagogal. Les pèlerinages aux tombeaux de rabbins vénérés — les hilloulot — et le culte des saints locaux tissaient un réseau de dévotion propre au judaïsme maghrébin, où la mémoire des ancêtres et celle des figures saintes se rejoignaient dans une piété concrète, partagée. C'est dans ce tissu dévotionnel que les familles inscrivaient leurs défunts et leurs vivants, faisant du nom un lien entre les générations autant qu'une identité sociale.
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Chapitre 2 : Métiers, savoir-faire et économie du quotidien
Les familles juives maghrébines exerçaient un éventail de métiers reflétant à la fois les restrictions qui leur étaient imposées et les niches économiques qu'elles avaient su occuper avec compétence et ténacité. Les rapports de l'Alliance israélite universelle constituent l'une des principales sources d'information pour comprendre cette économie du quotidien au tournant des XIXe et XXe siècles, décrivant des artisans orfèvres, bijoutiers, tailleurs, cordonniers et dinandiers, des commerçants et colporteurs assurant le lien entre les villes et les campagnes, des changeurs et prêteurs, ainsi qu'une élite lettrée de rabbins, scribes (soferim) et juges rabbiniques (dayanim). La bijouterie et le travail des métaux précieux furent des spécialités juives particulièrement réputées dans tout le Maghreb, à tel point que, dans certaines régions, l'orfèvre et le Juif tendaient à se confondre dans l'esprit des populations rurales.
La transmission du métier accompagnait généralement celle du nom. Dans bien des familles, le savoir-faire se transmettait de père en fils au même titre que le patronyme, si bien que le nom de lignée finissait par indexer une identité sociale autant qu'une filiation biologique. Cette solidarité entre nom, métier et statut communautaire est l'un des acquis les mieux établis de l'histoire sociale du judaïsme maghrébin. Un marchand prospère, un orfèvre renommé ou un scribe reconnu conférait à sa lignée un capital symbolique que le nom véhiculait bien au-delà de sa mort.
Il importe ici de souligner une dimension morale que les sources rabbiniques et les chroniques communautaires relèvent régulièrement : l'exercice du métier, dans le cadre du judaïsme maghrébin, était inséparable d'une éthique des affaires fondée sur la confiance, l'honnêteté du poids et de la mesure, le respect de la parole donnée. La halakha — la loi juive dans sa dimension pratique — encadrait les transactions commerciales au même titre que les pratiques liturgiques, et le tribunal rabbinique (beit din) était l'instance où se réglaient les différends entre marchands. Cette imbrication entre économie et loi religieuse conférait à la vie économique juive une texture éthique particulière, que les observateurs européens du XIXe siècle notaient souvent avec surprise.
Sans acte nominatif rattachant les Benoudiz à un métier précis, on peut seulement rappeler que toute lignée du Maghreb juif s'inscrivait dans cet univers professionnel et moral. Retrouver la spécialité de la famille serait retrouver l'une de ses identités fondatrices.
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Chapitre 3 : Le tournant colonial — état civil, francisation et cristallisation du nom
Le tournant décisif pour la forme écrite d'un nom comme Benoudiz fut la période coloniale et la mise en place progressive d'un état civil moderne. En Algérie, le décret Crémieux du 24 octobre 1870 accorda collectivement la citoyenneté française aux Juifs indigènes de la colonie, ce qui s'accompagna d'un enregistrement systématique des noms et prénoms à l'européenne. Des familles jusque-là identifiées selon le mode traditionnel — un prénom suivi du prénom paternel — se virent attribuer un patronyme fixe, parfois de leur propre choix, parfois sous la plume d'un officier d'état civil peu familier de la phonétique arabe et berbère. Au Maroc et en Tunisie, les dynamiques comparables d'enregistrement administratif se déployèrent sous le régime du protectorat, respectivement après 1881 et 1912, avec l'influence croissante des écoles de l'Alliance israélite universelle.
L'Alliance israélite universelle avait été fondée en 1860 à Paris dans le but de défendre les droits des Juifs persécutés et de moderniser leur éducation. Son réseau d'écoles, implanté progressivement dans tout le Maghreb et le Levant, joua un rôle déterminant dans la diffusion du français et dans la transformation des identités culturelles. C'est à travers ce filtre que la tradition orale et l'archive écrite se rencontrèrent — et parfois se contredisirent. Un nom transmis oralement en judéo-arabe pouvait être transcrit de plusieurs façons différentes selon l'oreille et la plume de l'officier d'état civil, produisant des variantes durables au sein d'une même fratrie.
Les patronymes en Ben- furent particulièrement exposés à ces aléas de transcription : tantôt agglutinés (Benoudiz), tantôt disjoints (Ben Oudiz), tantôt refrancisés ou phonétiquement simplifiés. Les études sur les noms séfarades montrent que des familles ayant adopté des noms de localités ou des noms de filiation à l'époque médiévale ont souvent vu leurs patronymes se fragmenter en variantes multiples au fil des siècles et des migrations. La forme Benoudiz que nous examinons pourrait ainsi être l'une des cristallisations administratives d'un nom antérieurement plus fluide dans sa graphie, sinon dans sa substance.
Cette intersection entre mémoire familiale et document d'état est précieuse pour l'historien : elle rappelle que la graphie d'un nom n'est pas une donnée immuable, mais le résultat d'un processus historique daté. Pour une famille Benoudiz, retrouver l'acte fondateur — acte de naissance, de mariage ou registre communautaire des années 1870-1930 — serait la clef permettant de passer de l'hypothèse à l'établi.
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Chapitre 4 : Anatomie d'un nom — le préfixe *Ben-* et l'énigme *-oudiz*
Comprendre Benoudiz suppose de comprendre la grammaire des noms juifs du Maghreb. Les travaux d'onomastique séfarade — au premier rang desquels les recherches de Joseph Toledano et les compilations d'Abraham Laredo dans Les noms des Juifs du Maroc — ont montré que ces patronymes se répartissent en grandes familles typologiques : noms bibliques et hébraïques, noms de métiers, noms de lieux (toponymes), et noms formés sur un ancêtre éponyme au moyen du préfixe Ben-.
Le préfixe Ben- domine cette dernière catégorie. Il fige, en un nom transmissible, la relation de filiation qui, à l'origine, se reformulait à chaque génération. Là où un homme se disait « fils d'un tel », l'usage administratif et communautaire solidifia peu à peu la formule en patronyme stable. Ce phénomène, bien documenté pour l'ensemble du judaïsme méditerranéen, explique la profusion des noms en Ben- dans les registres du Maghreb, d'Espagne et du Levant. Nombre de Juifs espagnols adoptèrent des noms de localités, et l'on retrouve dans les généalogies des familles séfarades des noms formés sur des lieux, des ancêtres ou des qualités que le préfixe de filiation venait figer en identité héréditaire.
L'élément -oudiz, lui, appelle la prudence. Plusieurs pistes d'interprétation existent, qu'il faut présenter comme des hypothèses concurrentes et non comme des certitudes. Une première piste rattacherait le radical à une souche berbère : le berbère, longtemps langue majoritaire d'une grande partie de l'Afrique du Nord, a fourni à l'onomastique judéo-maghrébine un nombre non négligeable de racines, parfois méconnaissables après des siècles de transmissions orales et de transcriptions approximatives. Une seconde piste envisagerait une racine arabe dialectale — un trait physique, une qualité, un toponyme local — dont la finale aurait été altérée par les transcriptions successives, d'abord en judéo-arabe, puis en graphie française à l'époque coloniale. Une troisième piste, plus spéculative, lirait dans -oudiz une déformation d'un prénom hébreu ou araméen, le nom signifiant alors littéralement « fils d'Oudiz », où Oudiz serait la forme vernaculaire d'un prénom biblique.
Sans document nominatif, il serait malhonnête de trancher. Benoudiz se présente comme un nom de filiation dont le second élément demeure, en l'état, philologiquement incertain — et cette incertitude est elle-même une invitation à la recherche plutôt qu'un aveu d'échec.
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Chapitre 5 : Les grands départs — diaspora et dispersion au XXe siècle
Le XXe siècle bouleversa radicalement la géographie du judaïsme maghrébin. À partir des années 1940, sous l'effet combiné des persécutions de la période de Vichy — qui s'étendirent à l'Afrique du Nord à travers les lois antijuives appliquées en Algérie, au Maroc et en Tunisie —, puis des indépendances nationales (Maroc et Tunisie en 1956, Algérie en 1962), les communautés juives d'Afrique du Nord se dispersèrent massivement. Des communautés vieilles de plusieurs siècles, parfois de plus d'un millénaire, se vidèrent en l'espace d'une ou deux décennies.
Trois grands pôles d'accueil se dessinèrent. Israël reçut une immigration considérable de Juifs marocains, tunisiens et algériens ; ces communautés forment aujourd'hui l'une des composantes démographiques et culturelles majeures de la société israélienne, ayant introduit dans le pays leurs rites, leur musique liturgique, leur cuisine et leurs figures de sainteté. La France accueillit pour sa part une part importante des Juifs d'Afrique du Nord, notamment ceux d'Algérie, qui étaient citoyens français depuis le décret Crémieux de 1870. Jacob Kaplan, grand rabbin de France, dut nommer personnellement quarante rabbins supplémentaires pour faire face à l'afflux de cent cinquante mille Juifs d'Algérie et à la vitalité religieuse que l'immigration maghrébine insufflait au judaïsme français. Le Canada — en particulier Montréal pour les Juifs francophones —, ainsi que d'autres pays d'Amérique latine et d'Europe occidentale, reçurent également des flux notables.
De nombreuses synagogues et centres communautaires s'ouvrirent ou furent reconstruits en France pour accueillir ces nouvelles communautés, transformant en profondeur un judaïsme français métropolitain qui avait été jusqu'alors majoritairement ashkénaze. Les Juifs d'Afrique du Nord y apportèrent leurs traditions propres — une chaleur liturgique, un rapport particulier au saint local, une cuisine et une mémoire — et recomposèrent le paysage communautaire juif français de manière durable.
Un nom comme Benoudiz, s'il fut porté au Maghreb, aurait suivi l'une ou plusieurs de ces routes de dispersion. Les familles séfarades maghrébines se caractérisent aujourd'hui par une présence transnationale remarquable : des cousinages et des branches répartis entre Israël, la France, le Canada et parfois encore le pays d'origine, tous reliés par une mémoire vive de la ville ou du village d'origine, du rite et des coutumes. Cette dispersion explique aussi pourquoi la reconstitution généalogique de telles familles exige de croiser des archives situées dans plusieurs pays et plusieurs systèmes d'état civil.
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Chapitre 6 : Mémoire, tradition orale et méthode généalogique
En l'absence de dossier documentaire propre, la mémoire familiale demeure la première ressource pour une lignée Benoudiz. Dans le monde séfarade maghrébin, cette mémoire prend des formes reconnaissables et codifiées : récits d'ancêtres fondateurs transmis lors des repas de fêtes, souvenir d'un rabbin ou d'un notable de la lignée, attachement à une synagogue ou à un saint patron, transmission de prénoms d'une génération à l'autre selon des usages précis. Chez les Juifs séfarades, il était courant de nommer un enfant d'après un grand-parent vivant — coutume qui diffère de l'usage ashkénaze, lequel réserve la mémoire du défunt —, et cette pratique laisse dans les arbres généalogiques des signatures reconnaissables : des prénoms qui reviennent, qui sautent une génération, qui signalent la profondeur d'une affection familiale ou le prestige d'une figure à honorer.
Ces éléments relèvent du registre de la mémoire transmise : ils sont précieux, mais doivent être maniés comme des indices à vérifier, non comme des faits acquis. La démarche honnête consiste à recueillir la tradition orale, puis à la confronter aux sources écrites. Les ressources disponibles pour une telle enquête sont nombreuses : registres d'état civil du protectorat ou de l'Algérie française, archives de l'Alliance israélite universelle, registres communautaires (ketubbot, actes de beit din), listes de contribuables, recensements coloniaux, et bases de données généalogiques séfarades spécialisées comme celles du site Encaoua.org ou des archives de Yad Vashem.
Tout peut commencer par une tombe retrouvée dans un cimetière, un nom gravé dans le marbre qui ouvre une enquête — et parfois une tombe est le premier fil d'une généalogie entière. Pour une famille portant le nom Benoudiz, la voie méthodique serait donc la suivante : partir du témoin le plus ancien encore vivant ou du document le plus récent connu, remonter acte par acte jusqu'aux registres coloniaux, identifier la ou les graphies variantes du nom, localiser la communauté d'origine, puis rechercher les mentions dans les fonds spécialisés. C'est à ce prix que le récit de mémoire pourrait, chapitre après chapitre, se muer en histoire établie.
Il convient de souligner ici la valeur que le judaïsme a toujours accordée à la zakhor — le souvenir, le commandement de mémoire. Rappeler les noms, préserver les traces, refuser l'oubli : c'est une injonction éthique autant qu'un acte de piété. Une famille qui entreprend de reconstituer sa généalogie accomplit, en un sens, un geste profondément enraciné dans la tradition juive — elle répond à l'appel d'une mémoire collective qui transcende les individus et les relie à quelque chose de plus vaste qu'eux-mêmes.
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Les grandes figures
La documentation disponible sur la lignée Benoudiz ne permet pas, en l'état actuel de la recherche, d'identifier de figures nommées et individuellement attestées. Aucune notice de référence propre à ce patronyme n'a été retrouvée dans les fonds spécialisés consultés — généalogie séfarade, catalogues de manuscrits hébraïques, dictionnaires onomastiques du Maghreb. Ce silence documentaire est lui-même un fait historique à consigner honnêtement : il ne signifie pas que la lignée fut sans figures notables, mais que celles-ci, si elles ont existé, n'ont pas encore fait l'objet d'un recensement dans les archives accessibles. Les figures évoquées dans le présent volume comme contexte du nom Benoudiz sont des acteurs collectifs — communautés, institutions, générations — plutôt que des individus nominativement documentés.
Abraham Laredo (dates inconnues) — Érudit et chercheur séfarade, auteur de la compilation monumentale Les noms des Juifs du Maroc, ouvrage de référence sur l'onomastique judéo-maghrébine qui a constitué l'une des pierres angulaires de ce volume. Laredo a rassemblé et analysé des milliers de patronymes juifs du Maroc, en en décrivant les étymologies, les variantes graphiques et les distributions géographiques. Son travail est indispensable à toute recherche sur un nom comme Benoudiz.
Joseph Toledano (dates inconnues) — Chercheur spécialisé dans l'histoire des communautés juives du Maghreb, auteur de nombreux travaux sur les patronymes séfarades et sur la vie communautaire des Juifs du Maroc et d'Afrique du Nord. Ses recherches ont permis de mieux comprendre les mécanismes de formation et de transmission des noms de lignée dans le judaïsme maghrébin, fournissant le cadre interprétatif dans lequel Benoudiz peut être lu et analysé.
Haïm Zafrani (1922–2003) — Linguiste et philosophe judéo-marocain, né à Mogador (Essaouira). Professeur à l'université de Paris VIII, il consacra l'essentiel de son œuvre à l'étude des langues, des littératures et de la pensée des Juifs du Maroc — judéo-berbère, judéo-arabe, judéo-espagnol — et à la spiritualité du judaïsme maghrébin. Ses travaux, traduits en plusieurs langues, constituent une référence incontournable pour comprendre la civilisation dans laquelle un nom comme Benoudiz a pris racine et s'est transmis.
Adolphe Crémieux (1796–1880) — Avocat et homme d'État français, président de l'Alliance israélite universelle de 1863 à 1867 et de 1868 à 1880. Il est à l'origine du décret du 24 octobre 1870 qui accorda la citoyenneté française aux Juifs d'Algérie. Ce décret, qui porte son nom, fut le moment décisif de la cristallisation administrative des patronymes juifs algériens, rendant leur forme écrite durablement fixée dans les registres d'état civil. Son impact direct sur la graphie des noms — dont potentiellement Benoudiz — est central dans ce volume.
Jacob Kaplan (1895–1994) — Grand rabbin de France de 1955 à 1980. Né à Paris de parents originaires de Russie, il présida au renouvellement du judaïsme français lors de l'arrivée massive des Juifs d'Afrique du Nord après les indépendances. Il nomma personnellement une quarantaine de rabbins pour accueillir les communautés séfarades et soutint la création de nouvelles synagogues et institutions communautaires, contribuant à faire de l'immigration maghrébine le moteur d'une renaissance du judaïsme en France.
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Conclusion
Au terme de ce parcours, le nom Benoudiz demeure ce qu'il était au départ : un patronyme dont la structure — le préfixe de filiation Ben- suivi d'un élément -oudiz philologiquement incertain — l'inscrit avec vraisemblance dans le vaste ensemble des noms juifs du Maghreb, sans que l'archive nominative ait pu, à ce jour, en fixer la biographie précise. Cette honnêteté est elle-même un résultat, et elle distingue le probable de l'établi sans rien sacrifier à l'exactitude.
Ce que l'on peut affirmer avec assurance concerne le monde, non l'individu. Celui d'une judaïcité maghrébine ancienne, structurée par ses institutions, ses métiers et sa piété, refaçonnée par les expulsions ibériques du XVe siècle, transformée par la colonisation et l'état civil moderne du XIXe siècle, puis dispersée au XXe siècle vers Israël, la France et les Amériques. C'est dans cette trame collective et vérifiable qu'une lignée Benoudiz trouve sa place la plus sûre.
La valeur que ce livre aura, entre toutes, le mieux mis en lumière est celle de la zakhor — la mémoire comme devoir moral. Dans un contexte où les archives sont dispersées entre plusieurs pays et plusieurs systèmes d'état civil, où la mémoire orale reste la première ressource d'une reconstruction généalogique, l'acte même d'enquêter sur un nom, de refuser l'oubli et de reconstituer patiemment ce qui peut l'être, s'inscrit dans une longue tradition juive qui a fait du souvenir une forme de justice rendue aux absents. Cette tradition, que le Talmud exprime en disant que celui qui sauve un nom sauve un monde, est sans doute ce que la lignée Benoudiz partage le plus profondément avec l'ensemble d'Israël.
Le passage de l'hypothèse à la certitude appartient désormais aux archives à consulter et aux mémoires familiales à recueillir. Ce volume a voulu baliser ce chantier — ouvrir les portes, nommer les ressources, éclairer le contexte — plutôt que le refermer sur des certitudes prématurées.
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