- העברית שם
- עֶזְרָא וּנְחֶמְיָה
- טראַנסליטעריישן
- Ezra-Nehemia
- פרקים
- 23
Un seul livre dans le canon hébreu, et le récit d'une reconstruction — matérielle, mais surtout communautaire.
Cyrus prend Babylone et autorise les exilés à rentrer. Le texte donne la liste nominative de ceux qui remontent, famille par famille, avec le compte des bêtes et des objets du culte restitués : le retour est documenté comme un inventaire. Le second Temple s'élève, plus modeste que le premier ; les vieillards qui avaient connu l'ancien pleurent en voyant celui-là, et le texte note que l'on ne distinguait pas les cris de joie des sanglots.
Néhémie, échanson du roi perse, obtient une mission et relève les murailles malgré l'hostilité du voisinage, les ouvriers travaillant d'une main et tenant une arme de l'autre. Il s'attaque aussi aux créanciers qui prenaient les enfants de leurs frères en gage, et impose une remise des dettes.
Mais l'événement décisif du livre n'est pas une pierre posée. C'est une lecture publique : Esdras le scribe fait lire la Loi devant tout le peuple rassemblé, on l'explique à mesure pour que l'on comprenne, et les gens pleurent en l'entendant. Une communauté se redéfinit autour d'un texte lu et interprété plutôt qu'autour d'un roi ou d'un sanctuaire. Tout ce qui fera le judaïsme rabbinique — l'étude comme service, l'interprétation comme obligation, le maître plutôt que le prêtre — sort de cette scène.
Le livre pose aussi, par les mesures d'Esdras sur les mariages étrangers, une question que Ruth traite en sens inverse. Le corpus a conservé les deux.