- Nome hebraico
- יִרְמְיָהוּ
- Transliteração
- Yirmiyahou
- Capítulos
- 52
Jérémie passe sa vie à dire ce que personne ne veut entendre, et le livre conserve son épuisement autant que ses oracles. Il annonce que Jérusalem tombera, que le Temple n'est pas un talisman, que la justice compte plus que le culte — et il est haï pour cela, mis aux fers, jeté dans une citerne, accusé de trahison. Il se plaint à Dieu de l'avoir séduit, maudit le jour de sa naissance. Aucune autre figure du corpus n'expose ainsi sa propre défaite.
Ses avertissements se vérifient en 587. La ville est prise, le Temple brûlé, les élites déportées. Et c'est là que le livre fait son geste le plus inattendu : Jérémie écrit aux exilés de Babylone de bâtir des maisons, de planter des jardins, de marier leurs enfants et de chercher le bien de la ville où ils ont été menés. Le prophète de la catastrophe est celui qui rend l'exil habitable.
Deux traits importent pour la mémoire. D'abord, le livre a un scribe nommé, Baruch fils de Nériya, qui écrit sous dictée, dont le rouleau est brûlé par le roi et qui le récrit : c'est l'une des rares scènes antiques décrivant la fabrication d'un livre biblique. Ensuite, Jérémie achète un champ au moment où l'armée babylonienne encercle la ville, et fait consigner l'acte devant témoins — un acte notarié posé comme pari sur le retour.
Il annonce enfin une alliance nouvelle, inscrite non sur des tables mais dans les cœurs.