Ḥanan Porat
חנן פורת
Regio: Israël
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Gepubliceerd op 14 augustus 2026
Israëlische politicus
Introduction
Peu de figures incarnent avec autant d'intensité les tensions et les passions du sionisme religieux contemporain que Ḥanan Porat (1943–2011). Rabbin, éducateur, pionnier du peuplement et homme politique, il fut tout à la fois un survivant de l'une des tragédies fondatrices de la guerre d'Indépendance d'Israël et l'un des principaux artisans du mouvement qui, après 1967, allait transformer durablement le visage de la Judée, de la Samarie et du Golan. Sa biographie épouse les grandes ruptures de l'histoire d'Israël : la chute du Goush Etzion en 1948, le retournement messianique provoqué par la guerre des Six Jours, le traumatisme de la guerre de Kippour, et les déchirures suscitées par le retrait de Gaza.
Né Hanan Spitzer le 5 décembre 1943 à Kfar Pines, dans la Palestine sous mandat britannique, il adopta plus tard le nom hébraïsé de Porat — « fleur » ou « fructification », selon le registre poétique de l'hébreu — qui accompagna toute sa carrière publique. [Wikipédia ; World Biographical Encyclopedia]. Rabbin ordonné, enseignant de matières juives dans plusieurs yeshivot, il fut également père de onze enfants et l'auteur de plusieurs ouvrages d'exégèse biblique. [Alliance ; Identité Juive]. Ce Grand Livre se propose de retracer son itinéraire en confrontant la mémoire militante qu'il a lui-même façonnée aux faits établis par l'archive et la recherche, sans dissimuler les controverses que sa trajectoire continue de susciter.
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Chapitre 1 : L'enfant évacué de Kfar Etzion (1943–1948)
L'identité de Ḥanan Porat se forge dans l'événement même qui le précède et le marque à vie. Né à Kfar Pines le 5 décembre 1943, il appartient à une famille dont la trajectoire épouse celle du sionisme religieux pionnier. La famille déménage en 1944 à Kfar Etzion, dans les collines de Judée, établissement alors habité en partie par des rescapés de la Shoah venus reconstruire leur existence sur la terre ancestrale. [CIE — Center for Israel Education ; Identité Juive]. Le kibboutz de Kfar Etzion était situé près de Bethléem, à mi-chemin entre Jérusalem et Hébron, dans un bloc de villages juifs isolé qui formait ce qu'on appellera le Goush Etzion.
Au début de l'année 1948, durant les affrontements de la guerre civile qui précède la déclaration d'indépendance, Kfar Etzion est assiégé par des forces arabes. Les enfants et les femmes sont évacués vers Jérusalem, et le père de Porat s'y rend également pour organiser des convois de ravitaillement. [Alchetron ; Encyclopaedia Judaica]. Le petit Ḥanan, âgé de moins de cinq ans, fait partie des enfants ainsi mis à l'abri. Le 13 mai 1948, la veille de la proclamation de l'État d'Israël, Kfar Etzion tombe après une résistance acharnée. Le massacre qui s'ensuit frappe plus de cent cinquante combattants juifs tués au combat ou tués après leur reddition ; la défense héroïque du village lui confère une dimension symbolique qui dépasse de loin son importance démographique. [The Jewish Press]. Après le massacre, la famille Porat s'installe à Kfar Pines, lieu de naissance du père, et c'est là que Ḥanan grandit.
La mémoire de cette destruction devient le socle affectif et idéologique de toute sa vie. Selon le témoignage qu'il a souvent rapporté, durant dix-neuf ans, les survivants du Goush Etzion entretenaient chaque année le souvenir de la rupture tragique : chaque Journée du Souvenir d'Israël, ils se réunissaient à Ramat Rachel, à l'extrémité sud de Jérusalem, pour contempler au loin l'« Arbre solitaire » qui marquait le site de leur communauté détruite. [The Jewish Press]. C'est dans ce creuset que naît la promesse intime du retour, promesse qui deviendra le programme d'une vie entière.
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Chapitre 2 : La double formation — Torah et uniforme de parachutiste
La trajectoire intellectuelle de Porat s'inscrit dans l'élite du sionisme religieux. Il étudie au lycée-yeshiva Bnei Akiva, puis à la Yeshivat Kerem B'Yavneh, avant d'intégrer le collège talmudique Mercaz HaRav à Jérusalem, où il est ordonné rabbin. [Alchetron ; Wikipédia]. Cette institution, fondée par le rav Abraham Isaac Kook (1865–1935), père du sionisme religieux mystique, et dirigée depuis 1952 par son fils Tzvi Yehuda Kook, est le centre nerveux de la théologie messianique qui voit dans le retour à la Terre d'Israël l'amorce concrète de la Rédemption divine. C'est là que se transmet, de maître à disciple, la conviction que l'histoire politique d'Israël est simultanément une histoire sacrée : que chaque victoire militaire est un signe du dessein divin, que chaque acre de terre reconquis est un pas supplémentaire vers la délivrance finale.
Porat n'est pas seulement un homme de l'étude. Comme la plupart des jeunes du sionisme religieux engagés dans l'idéal de l'union entre la Torah et le service de l'État, il sert dans la brigade de parachutistes des Forces de défense d'Israël. [Alchetron]. Lors de la guerre des Six Jours de juin 1967, il participe aux combats les plus intenses de sa génération et fait partie des troupes qui prennent le contrôle du mont du Temple à Jérusalem. [World Biographical Encyclopedia]. La portée symbolique de cet événement est immense pour les milieux de la yeshiva Mercaz HaRav : le retour au Mur occidental et au mont du Temple est vécu comme une confirmation éclatante de la théologie messianique de Tzvi Yehuda Kook, qui avait, quelques semaines auparavant, lors du Jour de l'Indépendance, exprimé publiquement sa douleur de voir la Judée, la Samarie et Gaza séparées du corps national. La guerre des Six Jours semble lui donner raison de manière spectaculaire.
Cette double identité — érudition talmudique et bravoure militaire — constitue la signature du personnage et explique l'autorité morale dont il jouira au sein de son camp. Porat incarne mieux que personne l'idéal du dati leumi, le sioniste religieux qui assume le fusil autant que le livre saint. Il travaille ensuite comme enseignant religieux dans plusieurs yeshivot, assurant ainsi la transmission de la tradition aux générations suivantes du mouvement. [Alchetron ; Wikipédia].
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Chapitre 3 : Le retour à Kfar Etzion et la fondation de la Yeshivat Har Etzion (1967–1968)
La guerre des Six Jours de juin 1967, en plaçant la Cisjordanie sous contrôle israélien, ouvre la possibilité concrète de réaliser la promesse de l'enfance. Porat devient l'âme de l'entreprise. L'opération ne fut pas une simple initiative privée : elle requit un arbitrage au sommet de l'État. Il convainc le Premier ministre Levi Eshkol d'accorder l'autorisation de s'installer dans le Goush Etzion. [World Biographical Encyclopedia ; Wikipédia anglais]. Le geste est symboliquement limpide : ce sont les enfants survivants, devenus adultes, qui reviennent refonder le village de leurs pères. Porat est l'un des dirigeants de cette opération, ramenant les fils et les filles de Kfar Etzion dix-neuf ans plus tard pour rétablir la présence juive dans le Goush Etzion. [Jewish Action]. Ce retour fait de Kfar Etzion la première implantation juive établie au-delà de la ligne verte après 1967, conférant à Porat une stature de pionnier fondateur dont le prestige rejaillira sur l'ensemble de sa carrière publique.
Le projet ne s'arrête pas à la reconstruction d'un kibboutz. Dès le 24 novembre 1968 — 3 Kislev 5729 —, Porat cofonde, aux côtés du rav Yoel Bin-Nun, du rav Yehuda Amital et d'autres, la Yeshivat Har Etzion, connue sous le nom familier de « Gush » (le bloc). [Yeshivat Har Etzion — Wikipedia]. Établie dans la localité d'Alon Shvut, cette yeshiva hesder — qui combine étude talmudique intensive et service militaire — devient rapidement l'une des institutions d'enseignement avancé de la Torah les plus influentes du monde. Elle compte aujourd'hui quelque quatre cent quatre-vingts étudiants et représente la synthèse vivante de l'idéal de Porat : ancrer la Torah dans la terre et dans le service national. L'acte fondateur du retour au Goush Etzion fonde ainsi une logique qui structurera toute la décennie suivante : ce qui fut perdu peut être reconquis, et la reconquête est lue comme accomplissement d'un dessein historique.
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Chapitre 4 : Fonder le Goush Emounim — le peuplement comme programme (1974–1975)
Le traumatisme de la guerre de Kippour de 1973 constitue paradoxalement le second moteur de l'action de Porat. Grièvement blessé sur la rive du canal de Suez, il se rétablit dans une société israélienne ébranlée dans ses certitudes. [World Biographical Encyclopedia]. Là où d'autres lisent dans la guerre de Kippour un signal d'humilité et de prudence, Porat et ses compagnons de la Mercaz HaRav y voient au contraire un appel à affermir la présence juive sur la Terre d'Israël. En février 1974, il est parmi les fondateurs du mouvement Goush Emounim — Bloc de la foi — dont le noyau idéologique et politique est constitué d'anciens élèves de Tzvi Yehuda Kook : Moshe Levinger, Shlomo Aviner, Menachem Froman, Eliezer Waldman, Yoel Bin-Nun, Yaakov Ariel. [Gush Emunim — Wikipedia]. L'objectif déclaré est d'élever l'esprit national en peuplant la Judée, la Samarie et Gaza, à un moment où la société israélienne se sent abattue au lendemain de la guerre. [Jewish Action].
Le mouvement passe rapidement à l'action sur le terrain le plus disputé. En 1975, Porat mène la fondation d'Elon Moreh — la première implantation israélienne en Cisjordanie profonde — à Sébastie, l'antique Samarie. [World Biographical Encyclopedia]. L'épisode de Sébastie, marqué par des affrontements répétés avec l'armée et par des négociations tendues avec le gouvernement travailliste de Yitzhak Rabin, devient l'acte de naissance d'une méthode : l'implantation par le fait accompli, soutenue par la mobilisation militante et légitimée par une rhétorique biblique. Le modèle de Sébastie est ensuite copié à Beit El, Shavei Shomron et dans de nombreuses autres localités. [Gush Emunim — Wikipedia]. En avril 1976, vingt mille partisans du Goush Emounim participent à une marche de deux jours à travers la Cisjordanie, proclamant leur droit à s'y installer. Sous l'impulsion de Porat et de ses compagnons, le Goush Emounim transforme une revendication idéologique en politique territoriale durable — le mouvement fondera au total plus de cent implantations israéliennes — dont les effets structurent encore aujourd'hui la géographie et la diplomatie de la région. [World Biographical Encyclopedia].
La foi qui porte ce projet est formulée sans ambiguïté dans la phrase que Porat confie à Charles Enderlin : « Nous avions le sentiment d'écrire un nouveau chapitre de la Bible. » [Charles Enderlin / Le blog de Lucien Pons]. Cette conviction d'appartenir à la « génération de la rédemption » — formule forgée dans le cercle de Tzvi Yehuda Kook — est à la fois la force de mobilisation du mouvement et ce qui, aux yeux de ses adversaires, rend la négociation avec lui fondamentalement difficile.
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Chapitre 5 : La rupture du Sinaï et la fondation du Tehiya (1979–1984)
Si la fondation du Goush Emounim est l'acte pionnier de Porat, c'est la question des accords de Camp David et de la restitution du Sinaï à l'Égypte qui le fait entrer dans l'arène parlementaire. Les accords de paix israélo-égyptiens de 1979, conclus sous la direction de Menahem Begin, impliquaient l'évacuation des implantations juives du Sinaï — au premier rang desquelles Yamit, évacuée en 1982. Pour Porat, cette décision constitue une trahison de principe : elle établit le précédent qu'un territoire habité par des Juifs peut être rendu en échange d'un accord diplomatique, logique qu'il refusera jusqu'à la fin de sa vie.
Sa réponse est politique. Il figure parmi les fondateurs du parti Tehiya en 1982, constitué pour protester contre la rétrocession de la péninsule du Sinaï. [Alliance]. Le Tehiya, dont le nom signifie « renaissance » ou « résurrection », rassemble des nationalistes laïcs et religieux unis par l'opposition aux concessions territoriales. Porat y siège à la Knesset de 1981 à 1984, faisant ainsi son entrée dans l'institution parlementaire. [Wikipédia]. Cette première expérience dans l'hémicycle lui permet de porter le combat du peuplement sur le terrain législatif, en relayant les aspirations du mouvement colonisateur dans les couloirs du pouvoir institutionnel.
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Chapitre 6 : L'homme de la Knesset — entre fidélités et recompositions (1988–1999)
Après une parenthèse hors du Parlement, Porat revient à la Knesset en 1988, cette fois sous les couleurs du Parti national religieux (PNR), formation historique du sionisme religieux, au sein de laquelle il siège jusqu'en 1999. [Wikipédia]. Sa carrière parlementaire épouse les recompositions de la droite nationaliste et religieuse israélienne : il est réélu en 1992, puis en 1996. [World Biographical Encyclopedia]. Au sein du PNR, il accède à des responsabilités de direction : en 1996, il est nommé président du groupe parlementaire du parti.
Mais la tension entre sa ligne idéologique intransigeante et les compromis que suppose l'appartenance à un grand parti conduit à une rupture. Le 4 mars 1999, Porat et Zvi Hendel quittent le PNR pour créer une nouvelle faction, d'abord nommée Emunim, puis rebaptisée Tkuma — la « renaissance ». [World Biographical Encyclopedia]. Avant les élections de 1999, le Tkuma s'allie à d'autres petits partis de droite au sein de l'Union nationale ; Porat figure en troisième position sur la liste et est à nouveau élu. [World Biographical Encyclopedia]. Sa sortie de la vie parlementaire est toutefois rapide : il démissionne de la Knesset le 20 octobre 1999 et est remplacé par Hendel. [World Biographical Encyclopedia].
Au total, Porat aura siégé dix-huit ans à la Knesset, représentant successivement quatre formations politiques distinctes. [Alliance ; Identité Juive]. Jusqu'au bout, il reste un homme de conviction davantage qu'un homme d'appareil, plus à l'aise dans la mobilisation idéologique et l'action sur le terrain que dans la gestion des équilibres partisans. Le Conseil de Yesha, principal organisme représentant les colons de Cisjordanie, dont il est l'un des principaux dirigeants, salue en lui un guide pour « le camp des fidèles aux valeurs d'Eretz Israël ». [Alliance].
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Chapitre 7 : Le combat de Gaza, la maladie et le départ (2005–2011)
Les dernières années publiques de Porat sont dominées par l'opposition au désengagement de la bande de Gaza, décidé par Ariel Sharon en 2005. Pour le fondateur du retour à Kfar Etzion, l'évacuation des implantations contredisait l'œuvre de toute sa vie : ce qui avait été construit brique après brique depuis 1967 était démoli par décision gouvernementale, reproduisant à l'échelle de Gaza la logique du Sinaï qu'il avait combattue vingt ans plus tôt. Avant le désengagement, il enjoignit aux jeunes de Neve Dekalim, dans le Goush Katif, de perturber les forces d'évacuation. [World Biographical Encyclopedia]. Cette consigne s'inscrit dans la logique de résistance civile non armée mais déterminée qu'il avait incarnée dès l'épisode de Sébastie, et témoigne de la cohérence d'un combat mené sur quatre décennies.
La fin de sa vie fut marquée par plusieurs années de maladie. Spécialiste d'exégèse biblique, il continuait depuis sa retraite politique à enseigner et à publier, et il est l'auteur de plusieurs ouvrages en hébreu, dont Likhyot im haTorah et Likhyot Tehilim — « Vivre avec la Torah » et « Vivre les Psaumes ». [Alliance ; eBay listing pour « Living Tehilim »]. Sa lecture de l'histoire restait fondamentalement messianique : il avait déclaré que la victoire d'Israël lors de la guerre des Six Jours aurait dû devenir une fête nationale. [World Biographical Encyclopedia]. Porat mourut le 4 octobre 2011, à l'âge de soixante-sept ans, d'un cancer, à Kfar Etzion — le village de son enfance reconquise, où il résidait. [World Biographical Encyclopedia ; Identité Juive]. Il y fut inhumé. [Identité Juive]. La mémoire qu'il a laissée dans son camp est celle d'un guide spirituel autant que politique, d'un homme qui avait su, selon les mots du ministre de la Défense Ehud Barak, « servir de pont entre religieux et laïcs, entre gens de gauche et de droite ». [Alliance].
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Les grandes figures
Ḥanan Porat (5 décembre 1943 – 4 octobre 2011), nom hébreu : חנן פורת, né Hanan Spitzer — Rabbin ordonné, éducateur, pionnier du mouvement de peuplement et membre de la Knesset pour quatre formations successives (Tehiya, PNR, Tkuma, Union nationale) entre 1981 et 1999, il est la figure centrale de ce livre. Né à Kfar Pines, élevé à Kfar Etzion dont il est évacué enfant en 1948, il consacre sa vie à reconstituer ce que la guerre avait détruit : il cofonde la communauté de Kfar Etzion en 1967, la Yeshivat Har Etzion en 1968, puis le Goush Emounim en 1974. Père de onze enfants, auteur de plusieurs ouvrages d'exégèse biblique, il meurt à Kfar Etzion même, où il est inhumé.
Tzvi Yehuda Kook (1891–1982), nom hébreu : צבי יהודה הכהן קוק — Fils du rav Abraham Isaac Kook, fondateur du sionisme religieux mystique, il dirige la Yeshiva Mercaz HaRav à Jérusalem à partir de 1952 et en fait le foyer intellectuel du sionisme messianique. Son discours du Jour de l'Indépendance 5727 (1967), dans lequel il exprime sa douleur de voir la Judée, la Samarie et Gaza séparées du corps national, est interprété après la guerre des Six Jours comme une prophétie accomplie. Il est le maître spirituel de Porat et de l'ensemble du noyau fondateur du Goush Emounim, dont il reste le guide jusqu'à sa mort.
Abraham Isaac Kook (1865–1935), nom hébreu : אברהם יצחק הכהן קוק — Grand rabbin ashkénaze de Palestine mandataire, philosophe et mystique, il est le père intellectuel du sionisme religieux qui voit dans la construction du foyer national juif un acte à dimension messianique. Fondateur de la Yeshiva Mercaz HaRav à Jérusalem, il élabore une théologie dans laquelle le sionisme laïc lui-même participe, à son insu, à la Rédemption divine. Sa pensée imprègne profondément l'itinéraire de Porat, formé dans l'institution qu'il a créée.
Levi Eshkol (25 octobre 1895 – 26 février 1969), nom hébreu : לוי אשכול — Troisième Premier ministre d'Israël, il conduit l'État hébreu durant la guerre des Six Jours de 1967. C'est lui que Porat convainc d'accorder l'autorisation de s'établir dans le Goush Etzion à l'été 1967, ouvrant ainsi la voie à la première implantation juive au-delà de la ligne verte après la guerre. Homme de compromis, Eshkol est en même temps l'un des artisans involontaires du processus de colonisation qui transformera durablement le visage d'Israël.
Yoel Bin-Nun (né en 1946), nom hébreu : יואל בן נון — Figure de proue du sionisme religieux, élève de Tzvi Yehuda Kook à la Mercaz HaRav, il est le cofondateur avec Porat de la Yeshivat Har Etzion en 1968, puis l'un des membres fondateurs du Goush Emounim en 1974. Il représente au sein de ce mouvement une sensibilité plus nuancée, parfois critique, notamment à l'égard de l'Underground juif des années 1980, tout en partageant avec Porat l'ancrage fondamental dans le projet de peuplement de la Terre d'Israël.
Moshe Levinger (vers 1935 – 18 mai 2015), nom hébreu : משה לוינגר — Rabbin et militant, élève de Tzvi Yehuda Kook, il est l'une des figures les plus radicales du mouvement de colonisation. Cofondateur du Goush Emounim aux côtés de Porat en 1974, il est à l'origine de la refondation de la présence juive à Hébron à partir de 1968. Son action illustre, dans sa version la plus intransigeante, la logique du fait accompli inaugurée par le mouvement, et il constitue l'un des interlocuteurs constants de Porat dans la direction idéologique du Goush Emounim.
Yehuda Amital (1924 – 9 juillet 2010), nom hébreu : יהודה עמיטל — Rabbin né en Transylvanie, survivant de la Shoah, il est l'un des fondateurs et le premier directeur de la Yeshivat Har Etzion établie en 1968, à Alon Shvut, dans le Goush Etzion. Homme de grande autorité morale dans le monde du sionisme religieux, il incarne au sein de cette institution une vision à la fois ancrée dans la fidélité à la Terre d'Israël et attentive aux exigences éthiques que cette fidélité implique, en dialogue parfois tendu avec les positions de Porat sur le peuplement.
Zvi Hendel (né en 1952), nom hébreu : צבי הנדל — Militant du mouvement de peuplement, il quitte le Parti national religieux aux côtés de Porat le 4 mars 1999 pour fonder le Tkuma. Lorsque Porat démissionne de la Knesset le 20 octobre 1999, c'est Hendel qui le remplace au sein du groupe parlementaire de l'Union nationale. Il représente la continuité de la ligne politique de Porat au sein du mouvement nationaliste religieux après le retrait de celui-ci de la vie parlementaire.
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Conclusion
La vie de Ḥanan Porat dessine une cohérence remarquable, de l'enfant évacué de Kfar Etzion en 1948 au rabbin-député qui combat le désengagement de Gaza en 2005. Survivant d'une catastrophe fondatrice, il en fait le ressort d'une entreprise de reconquête territoriale et spirituelle qui marqua durablement Israël. Fondateur du retour au Goush Etzion, cofondateur de la Yeshivat Har Etzion, cofondateur du Goush Emounim, initiateur d'Elon Moreh à Sébastie, parlementaire de quatre formations religieuses et nationalistes successives, il aura été l'un des principaux architectes du mouvement de peuplement de la Judée et de la Samarie — un mouvement qui fonda plus de cent implantations et dont les effets structurent encore aujourd'hui la géographie, la démographie et la diplomatie de la région.
Son parcours, établi par l'archive comme par le témoignage, demeure inséparable des controverses qu'il suscite : pour ses partisans, l'accomplissement d'une fidélité à la fois filiale et divine ; pour ses adversaires, l'amorce d'un conflit territorial non résolu. L'historien retiendra surtout la puissance d'une mémoire transformée en programme d'action, la manière dont une biographie individuelle a su incarner jusqu'à les radicaliser les déchirures du sionisme contemporain, et la figure d'un homme qui mourut là où son histoire avait commencé : à Kfar Etzion, dans les collines de Judée.
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Ḥanan Porat — Zakhor, https://zakhor.ai/nl/grands-livres/figures/hanan-porat