חנן פורת
Regio: Israël
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Gepubliceerd op 19 juni 2026
politicien israélien
Hanan Porat Memorial Plaque Picture
Avi1111 dr. avishai teicher · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Hanan Porat (portrait)
Lior Golgher • ליאור גולגר · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Knesset member, Hanan Porat
Knesset photographer · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Knesset member, Hanan Porat
Knesset photographer · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
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<a href="https://zakhor.ai/nl/grands-livres/figures/hanan-porat">Ḥanan Porat — Zakhor</a>Citation
Ḥanan Porat — Zakhor, https://zakhor.ai/nl/grands-livres/figures/hanan-poratPeu de figures incarnent avec autant d'intensité les tensions et les passions du sionisme religieux contemporain que Ḥanan Porat (1943-2011). Rabbin, éducateur, pionnier du peuplement et homme politique, il fut tout à la fois un survivant de l'une des tragédies fondatrices de la guerre d'Indépendance d'Israël et l'un des principaux artisans du mouvement qui, après 1967, allait transformer le visage de la Judée, de la Samarie et du Golan. Sa biographie épouse les grandes ruptures de l'histoire d'Israël : la chute du Goush Etzion en 1948, le retournement messianique provoqué par la guerre des Six Jours, le traumatisme de la guerre de Kippour, et les déchirures suscitées par le retrait de Gaza.
Selon les notices biographiques de référence, Hanan Porat fut un rabbin, éducateur et homme politique israélien qui siégea à la Knesset pour le Tehiya, le Parti national religieux, le Tkuma et l'Union nationale entre 1981 et 1984 puis entre 1988 et 1999. Porat naquit à Kfar Pines en 1943, durant l'époque mandataire. [Wikipédia ; World Biographical Encyclopedia]. Ce Grand Livre se propose de retracer son itinéraire en confrontant la mémoire militante qu'il a lui-même façonnée aux faits établis par l'archive et la recherche, sans dissimuler les controverses que sa trajectoire continue de susciter.
L'identité de Ḥanan Porat se forge dans l'événement même qui le précède et le marque à vie. La famille déménage en 1944 à Kfar Etzion dans les collines de Judée, puis retourne à Kfar Pines après le massacre des Juifs du village le 13 mai 1948, la veille de la déclaration d'indépendance d'Israël. [CIE — Center for Israel Education]. Le petit Ḥanan, âgé de moins de cinq ans, fait partie des enfants évacués avant la chute. Au début de l'année 1948, durant les troubles, Kfar Etzion fut assiégé et les enfants évacués vers Jérusalem. Le père de Porat s'y rendit également pour organiser les convois. Après le massacre de Kfar Etzion, sa famille s'installa à Kfar Pines. [Alchetron ; Encyclopaedia Judaica].
La mémoire de cette destruction devint le socle affectif et idéologique de toute sa vie. Selon le témoignage qu'il a souvent rapporté, durant dix-neuf ans, le jeune Porat fut parmi les survivants du Goush Etzion qui entretenaient le souvenir de la rupture tragique et de la destruction qu'ils avaient endurées : « Nous avions le sentiment d'avoir été arrachés », se souvenait-il. [The Jewish Press]. Cette mémoire se ritualisait chaque année : chaque année, lors de la Journée du Souvenir d'Israël, ils se réunissaient à Ramat Rachel, à l'extrémité sud de Jérusalem, pour contempler au loin l'« Arbre solitaire » qui marquait le site de leur communauté détruite. [The Jewish Press]. La défense héroïque du village, conclue dans le sang, donna à Kfar Etzion une dimension symbolique qui dépassait de loin son importance démographique : défendu jusqu'à une fin tragique, avec plus de cent cinquante combattants tués au combat et massacrés après leur reddition, Kfar Etzion devint un symbole durable de la résistance sioniste héroïque. [The Jewish Press]. C'est dans ce creuset que naît la promesse intime du retour, qui deviendra le programme d'une vie.
La trajectoire intellectuelle de Porat s'inscrit dans l'élite du sionisme religieux. Porat étudia au lycée-yeshiva Bnei Akiva, à la Yeshivat Kerem B'Yavneh et au collège talmudique Mercaz HaRav, et fut ordonné rabbin. Il travailla comme enseignant religieux dans plusieurs yeshivot. [Alchetron ; Wikipédia]. Le passage par la Yeshiva Mercaz HaRav, fondée par le rav Abraham Isaac Kook et dirigée par son fils Tzvi Yehuda Kook, est déterminant : c'est là que se transmet la théologie messianique du sionisme qui voit dans le retour à la Terre d'Israël l'amorce de la Rédemption. Cette matrice doctrinale fournira plus tard l'armature idéologique du mouvement de peuplement.
Comme la plupart des jeunes du sionisme religieux engagés dans l'idéal de l'union entre la Torah et le service de l'État, il servit dans la brigade de parachutistes des Forces de défense d'Israël. [Alchetron]. Son engagement militaire ne fut pas symbolique : il participa aux combats les plus durs de sa génération et en porta les blessures dans sa chair, ce qui ne fit que renforcer aux yeux de ses partisans la cohérence entre l'homme de la prière et l'homme de l'action. Cette double identité — érudition talmudique et bravoure militaire — constitue la signature du personnage et explique l'autorité morale dont il jouira au sein de son camp.
La guerre des Six Jours de juin 1967, en plaçant la Cisjordanie sous contrôle israélien, ouvre la possibilité concrète de réaliser la promesse de l'enfance. Porat devient l'âme de l'entreprise. Porat dirige le rétablissement de Kfar Etzion comme implantation religieuse après la prise de la Cisjordanie par Israël lors de la guerre de juin 1967. [CIE]. L'opération ne fut pas une simple initiative privée : elle requit un arbitrage au sommet de l'État. Il convainquit le Premier ministre Levi Eshkol d'accorder l'autorisation de s'installer dans le Goush Etzion. [World Biographical Encyclopedia].
La symbolique du geste est limpide : ce sont les enfants survivants, devenus adultes, qui reviennent refonder le village de leurs pères. Le rabbin Porat fut l'un des dirigeants des enfants survivants de Kfar Etzion, les ramenant dix-neuf ans plus tard, en 1967, pour rétablir la présence juive dans le Goush Etzion après la reconquête de la zone par Israël. [Jewish Action]. Ce retour fait de Kfar Etzion la première implantation juive établie au-delà de la ligne verte après 1967, et confère à Porat une stature de pionnier fondateur dont le prestige rejaillira sur l'ensemble de sa carrière publique. L'acte fonde une logique : ce qui fut perdu peut être reconquis, et la reconquête est lue comme accomplissement d'un dessein historique.
Le traumatisme de la guerre de Kippour de 1973 constitue paradoxalement le second moteur de l'action de Porat. Il fut grièvement blessé lors de la guerre de Kippour de 1973, sur la rive du canal de Suez. Il se rétablit et fut parmi les fondateurs du mouvement Goush Emounim, qui fonda plus de cent implantations israéliennes. [World Biographical Encyclopedia]. Dans une société israélienne ébranlée, Porat propose un projet de relèvement spirituel par le peuplement. Selon les témoignages recueillis, il contribua aussi à fonder le Goush Emounim, le mouvement pour repeupler la Judée, la Samarie et Gaza, en 1974, alors que la société israélienne se sentait abattue au lendemain de la guerre des Six Jours. Paradoxalement, malgré la victoire stupéfiante, un malaise national pervada le pays après la guerre et la révélation de la vulnérabilité d'Israël. L'objectif du rabbin Porat était d'« élever l'esprit national ». [Jewish Action].
Le mouvement passe rapidement à l'action sur le terrain le plus disputé. En 1975, il mena la fondation d'Elon Moreh, la première implantation israélienne en Cisjordanie, à Sébastie. [World Biographical Encyclopedia]. L'épisode de Sébastie, marqué par des affrontements répétés avec l'armée et par des négociations avec le gouvernement travailliste, devient l'acte de naissance d'une méthode : l'implantation par le fait accompli, soutenue par la mobilisation militante. Sous l'impulsion de Porat et de ses compagnons, le Goush Emounim transforme une revendication idéologique en politique territoriale durable, dont les effets structurent encore aujourd'hui la géographie et la diplomatie de la région.
L'engagement de Porat franchit le seuil parlementaire à partir du début des années 1980. Il siégea à la Knesset pour le Tehiya, le Parti national religieux, le Tkuma et l'Union nationale entre 1981 et 1984 puis entre 1988 et 1999. [Wikipédia]. Sa carrière politique épouse les recompositions de la droite nationaliste et religieuse israélienne. Réélu à plusieurs reprises, il fut réélu en 1992 et 1996. [World Biographical Encyclopedia]. Au sein du Parti national religieux, il accède à des responsabilités de direction : en 1996, il fut nommé président du groupe parlementaire du PNR, mais le 4 mars 1999, lui et Zvi Hendel quittèrent le parti pour établir une nouvelle faction, d'abord nommée Emunim, plus tard rebaptisée Tkuma. [World Biographical Encyclopedia].
Cette scission illustre sa fidélité à une ligne idéologique intransigeante, qu'il jugeait diluée par les compromis du grand parti religieux. Avant les élections de 1999, le Tkuma forma une alliance avec d'autres petits partis de droite nommée l'Union nationale. Porat fut placé en troisième position sur la liste de l'Union et fut de nouveau réélu. [World Biographical Encyclopedia]. Sa sortie de la vie parlementaire fut toutefois rapide : il démissionna de la Knesset le 20 octobre de cette année-là, et fut remplacé par Hendel. [World Biographical Encyclopedia]. Jusqu'au bout, Porat resta un homme de conviction davantage qu'un homme d'appareil, plus à l'aise dans la mobilisation idéologique que dans la gestion des équilibres partisans.
Les dernières années publiques de Porat sont dominées par l'opposition au désengagement de la bande de Gaza, décidé par Ariel Sharon en 2005. Pour le fondateur du retour à Kfar Etzion, l'évacuation des implantations contredisait l'œuvre de toute sa vie. Selon sa notice biographique, avant le désengagement d'Israël de Gaza, il enjoignit aux jeunes de Neve Dekalim, dans le Goush Katif, de perturber les forces d'évacuation. [World Biographical Encyclopedia]. Cette consigne, qui s'inscrit dans la logique de résistance non armée mais déterminée qu'il avait incarnée dès Sébastie, témoigne de la continuité d'un combat mené sur quatre décennies.
La fin de sa vie fut marquée par la maladie. Porat mourut le 4 octobre 2011, à l'âge de 67 ans, d'un cancer. [World Biographical Encyclopedia]. La mémoire qu'il a laissée dans son camp est celle d'un guide spirituel autant que politique ; l'image du shofar, instrument de l'éveil et de l'appel, a été reprise pour évoquer sa disparition dans les milieux du sionisme religieux. Sa lecture de l'histoire restait fondamentalement messianique : il déclara plus tard que la victoire israélienne aurait dû devenir une fête nationale. [World Biographical Encyclopedia]. À la croisée de la mémoire militante et du jugement de l'historien, la figure de Porat demeure indissociablement vénérée par les uns et contestée par les autres, selon que l'on adhère ou non au projet qu'il a porté.
La vie de Ḥanan Porat dessine une cohérence remarquable, de l'enfant arraché à Kfar Etzion en 1948 au rabbin-député qui combat le désengagement de Gaza en 2005. Survivant d'une catastrophe fondatrice, il en fit le ressort d'une entreprise de reconquête territoriale et spirituelle qui marqua durablement Israël. Fondateur du retour au Goush Etzion, cofondateur du Goush Emounim, initiateur d'Elon Moreh, parlementaire de plusieurs formations religieuses et nationalistes, il aura été l'un des principaux architectes du mouvement de peuplement. Son parcours, établi par l'archive comme par le témoignage, demeure inséparable des controverses qu'il suscite : pour ses partisans, l'accomplissement d'une fidélité ; pour ses adversaires, l'amorce d'un conflit territorial non résolu. L'historien retiendra surtout la puissance d'une mémoire transformée en action, et la manière dont une biographie individuelle a épousé, jusqu'à les incarner, les déchirures du sionisme contemporain.