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Zakhor
depuis 1935 · Jérusalem

Mossad Bialik

Deux ans après la mort du poète, on crée une maison d’édition nationale qui portera son nom. Sa mission : publier en hébreu ce qui n’existait qu’ailleurs.

EstablecidoBialikÉditionHébreuYichouv

Hayim Nahman Bialik, le plus grand poète hébreu moderne, meurt en 1934. Il avait passé ses dernières années à défendre un projet qu’il appelait kinous — le rassemblement : réunir et rendre disponible en hébreu l’ensemble de ce que la culture juive avait produit, et lui adjoindre ce que l’humanité avait écrit d’essentiel.

En 1935, l’Exécutif sioniste mondial et l’Agence juive créent une maison d’édition chargée de ce programme. Elle porte son nom : Mossad Bialik.

Ce que le projet suppose

L’hébreu redevenait alors une langue parlée, après des siècles où il servait surtout à prier et à étudier.

Une langue vivante a besoin de tout : de mots pour la biologie, de traductions de Platon, de dictionnaires, de manuels, d’éditions critiques.

Une maison d’édition nationale se justifie exactement là : rien de tout cela n’était rentable, et rien de tout cela ne pouvait manquer.

Ce qu’elle a publié

Son ouvrage le plus considérable est l’Encyclopaedia Biblica, encyclopédie de la Bible hébraïque en huit volumes, parue de 1942 à 1982 — quarante ans de travail.

Elle a publié la Bibliothèque de l’Encyclopédie biblique, série consacrée aux langues sémitiques, à la critique biblique et à l’histoire du Proche-Orient ancien, ainsi que des études linguistiques, des éditions savantes et des traductions.

Elle publie toujours.

Une décision qui n’allait pas de soi

En 1935, le Yichouv était pauvre, occupé à s’installer, et l’Europe s’assombrissait.

Consacrer des moyens à une encyclopédie biblique et à des traductions de classiques pouvait passer pour un luxe.

C’est le même raisonnement qu’à Vilna en 1942, quand la brigade du papier faisait entrer des livres au lieu de vivres, ou qu’à Bnei Brak en 1941, quand Kahaneman posait la première pierre d’une yeshiva. À chaque fois, quelqu’un décide que ce qui se lit compte autant que ce qui se mange.

Ce que le kinous a donné

Le programme de Bialik n’a jamais été achevé — il ne pouvait pas l’être.

Il a produit une bibliothèque de référence en hébreu qui n’existait pas avant, et sans laquelle l’université israélienne aurait travaillé dans d’autres langues.

Une maison d’édition fondée deux ans après la mort d’un poète, pour exécuter ce qu’il avait demandé, et qui a tenu quatre-vingt-dix ans.