Ir al contenido
Zakhor

Traductions de la Bible

Crear el Gran Libro con nuestra IA

registro Historia · depositario, no propietario

(Redirigé depuis VERSION ARMÉNIENNE DE L'ANCIEN TESTAMENT.) Les Targums. Des traductions juives de l'Ancien Testament ont été faites de temps à autre par les Juifs, afin de satisfaire aux besoins, tant dans le service public que dans la vie privée, de ceux qui avaient…

Un libro aún por escribir

Este Gran Libro aún no ha sido escrito. Su redacción se inicia aquí mismo: Claude compone una obra original a partir de las piezas de archivo del corpus y de una investigación web, y luego la enriquece con cada nueva fuente aportada.

Artículo de la Jewish Encyclopedia (1901-1906)

Este texto se reproduce tal como se publicó hace más de un siglo. Sus cifras, sus juicios y su «hoy» son los de su época, no los nuestros.

TRADUCTIONS DE LA BIBLE

Este artículo aún no está traducido: se muestra en francés.

(Redirigé depuis VERSION ARMÉNIENNE DE L'ANCIEN TESTAMENT.)

Les Targums.

Des traductions juives de l'Ancien Testament ont été faites de temps à autre par les Juifs, afin de satisfaire aux besoins, tant dans le service public que dans la vie privée, de ceux qui avaient graduellement perdu la connaissance de la langue nationale ancienne. En Palestine même, l'hébreu a d'abord été supplanté par l'araméen, puis par le grec, et finalement par l'arabe. Des portions de la Bible elle-même (dans Daniel et Esdras) sont écrites en araméen ; et il n'y a pas de consensus parmi les savants quant à savoir si ces parties ont été originellement écrites dans cette langue ou ont été traduites de l'hébreu. Bien que l'hébreu soit demeuré la langue sacrée et littéraire, la connaissance en doit s'être effacée à tel point au deuxième siècle avant l'ère commune qu'il devint nécessaire qu'un « meturgeman » traduise les leçons hebdomadaires du Pentateuque et des prophètes telles qu'elles étaient lues à la synagogue (Berliner, « Onkelos », p. 7 ; Friedmann, « Akylos und Onkelos », p. 58). L'affirmation faite par les deux savants que nous venons de citer, selon laquelle les Targums remontent à l'époque d'Esdras, est non fondée ; car ils sont écrits dans un dialecte araméen occidental. Les autorités de la synagogue ne permirent pas volontiers que de telles traductions fussent écrites. Elles sentaient que ce serait donner une prime à l'ignorance du texte, et que la parole biblique serait en danger d'être mal interprétée ou même incomprise. Elles cherchèrent à minimiser le danger en permettant que seul un verset soit lu et traduit à la fois dans le cas de la Loi, et trois dans le cas des Prophètes (Meg. iv. 4). Certains passages ne devaient jamais être traduits publiquement ; _par ex._, Gen. xxxv. 22 ; Ex. xxxii. 21-25 ; Num. vi. 23-26 ; Lev. xviii. 21 (Meg. iv. 10 ; voir Berliner, _l.c._ p. 217 ; Ginsburger, « Monatsschrift », xliv. 1). Ces passages se trouvent dans le Pseudo-Jonathan et dans les Midrashim pour usage privé. Il est clairement établi qu'aucune copie écrite du Targum ne devait être utilisée dans le service public (Yer. Meg. iv. 1) ; bien que pour les usages privés on permettait qu'il en fût fait des copies. Le Talmud, il est vrai, mentionne un Targum écrit du Livre de Job qui était en la possession de Rabban Gamaliel I. pendant le Second Temple, vers 20-40 de l'ère commune (Tosef., Shab. xiv. 2 ; Bab. Shab. 115a ; Soferim xv. 2 ; comparer Berliner, _l.c._ p. 90), et qui fut alors enterré sur l'ordre de Gamaliel. Dans Yer. Shab. xvi. 1 une tradition variante rapporte qu'un tel Targum avait été en mains du Gamaliel aîné et du Gamaliel cadet. Bien que cette tradition soit acceptée même par Bacher ([voir Langue araméenne](/articles/1707-aramaic-language-among-the-jews)), il n'existe pas le moyen de vérifier cette affirmation, le Targum existant à ce livre datant d'une époque bien ultérieure. La tradition certainement ne peut se rapporter à une traduction grecque, comme le soutient Grätz (« Monatsschrift », xxvi. 87). Selon Blau (« Einleitung », p. 79) la référence concerne une copie écrite dans le vieux caractère hébreu. Le Targum est largement une paraphrase, reproduisant la tradition rabbinique quant au sens du texte. Pour une histoire de ce Targum [voir Targum](/articles/14248-targum).

En passant, il convient de dire un mot sur la version samaritaine du Pentateuque dans le dialecte araméen occidental, que les Samaritains parlaient autrefois. Il n'est pas encore possible de dire en quel siècle cette version a été faite. Même si les citations sous la rubrique τὸ Σαμαρειτικόυ, qui se trouvent dans les scholies à l'Hexapla d'Origène, s'y rapportent, Kohn croit qu'elles sont tirées d'une traduction grecque du samaritain faite en Égypte. Le texte a été édité en caractères samaritains par H. Petermann et K. Vollers (Berlin, 1872-91), et en caractères hébreux par A. Brüll (1873-75), d'après la Polyglotte de Londres. L'édition de M. Heidenheim en caractères hébreux, dont seule la Genèse a paru (« Bibliotheca Samaritana », i., Leipzig, 1884), a été très sévèrement critiquée (voir Nestle, « Uebersetzungen der Bibel », p. 205).

Influence de l'hellénisme.

L'établissement d'un grand nombre de Juifs dans diverses parties du monde grec, l'hellénisation de la Palestine, et la présence à Jérusalem de Juifs venus de tous les pays, notamment de ceux sous l'influence grecque, forcèrent les Rabbins, avec le temps, à traiter la question de manière plus libérale. Selon Meg. ii. 1, il était interdit de lire la Megillah en araméen ou dans toute autre langue non-hébraïque, sauf pour les Juifs étrangers (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185001.jpg)) à Jérusalem (comparer la Baraïta dans Bab. Meg. 18a; Shab. 115b); et que de tels Juifs étrangers se trouvaient en grand nombre dans la ville, on le voit par Act. ii. 5-11. Ainsi également, on trouve, selon une autre tradition (Meg. i. 8), qu'il était permis d'écrire les livres bibliques dans n'importe quelle langue (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185002.jpg)); bien que R. Simon ben Gamaliel aurait restreint cette permission au grec (Yer. Meg. i. 1) : « Après examen attentif, il a été trouvé que le Pentateuque ne pouvait être traduit adéquatement que dans le grec »). Il existe des preuves du fait qu'à la synagogue des ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185003.jpg) le grec était librement utilisé (Tosef., Meg. iv. 13). Il y a même une tradition que des lettres grecques ont été gravées sur le coffre du Temple dans lequel on gardait les sicles (Sheḳ. iii. 2); et il existe également un témoignage chrétien à cet effet (Justin, « Cohortatio ad Græcos », xiii.; Tertullien, « Apologia », xviii.; Frankel, « Vorstudien », p. 56). Il est rapporté qu'en Asie Mineure R. Meïr ne put trouver une Megillah écrite en hébreu (Tosef., Meg. ii. 4); et les lectures hebdomadaires tant de la Loi que des Prophètes étaient lues en grec dès une date ancienne à Alexandrie (« Jew. Quart. Rev. » ix. 730). Ceci rend compréhensible l'affirmation que « la Loi peut être lue dans n'importe quelle langue » (Soṭah 33a; Meg. 17b). Le passage bien connu de la Mishnah (Yad. iv. 5) qui mentionne l'impureté lévitique occasionnée par le toucher des livres bibliques, et qui excepte spécialement le Targum de ces dispositions, a été très proprement expliqué par Blau comme se référant seulement à différents degrés de sainteté : aucune traduction ne pouvait naturellement être mise au même niveau que l'original hébreu.

À une époque ultérieure—peut-être au deuxième siècle de l'ère présente—une vue différente semble avoir prévalu; et il fut dit que le jour où la Loi fut traduite en grec était aussi malheureux pour les Juifs que celui où le Veau d'or fut fait (Soferim i. 8, 9). Même enseigner le grec aux enfants était interdit (Soṭah ix. 14); bien qu'il fût encore permis d'enseigner le grec à une fille, car une connaissance de cette langue était considérée comme un accomplissement. Évidemment ce changement de vue fut occasionné par l'émergence de l'Église chrétienne, qui utilisait la Bible uniquement dans la Version des Septante. On verra que au Moyen Âge, le désir de satisfaire les femmes durant le service et de les instruire mena à l'introduction de la langue vernaculaire, notamment pour les lectures prophétiques. Le traité Soferim le fait même un devoir de « traduire, pour les femmes, les lectures hebdomadaires du Pentateuque et des Prophètes avant la clôture du service. La traduction n'était pas lue verset par verset après l'hébreu, mais comme un seul passage continu » (Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages », p. 345).

La Septante.

La plus ancienne et la plus importante de toutes les versions faites par les Juifs est celle appelée « La Septante » (« Interpretatio septuaginta virorum » ou « seniorum »). C'est un monument du grec parlé par la grande et importante communauté juive d'Alexandrie; non du grec classique, ni même du style hellénistique affecté par les écrivains alexandrins. Si le récit donné par Aristée est vrai, quelques traces d'influence palestinienne devraient s'y trouver; mais une étude des papyri égyptiens, qui sont abondants pour cette période particulière, est dite par Mahaffy et Deissmann montrer une très grande similarité entre la langue qu'ils représentent et celle de la Septante, sans parler des mots égyptiens déjà reconnus par Hody et Eichhorn. Ces papyri ont en quelque sorte réhabilité Aristée (vers 200 av. J.-C.) dans l'opinion des savants. Sur sa « Lettre à Philocrate » repose la tradition quant à l'origine de la Septante. On croit maintenant que, bien qu'il ait pu se tromper sur certains points, ses faits en général sont dignes de créance (Abrahams, dans « Jew. Quart. Rev. » xiv. 321). Selon Aristée, le Pentateuque fut traduit au temps de Philadelphe, le second Ptolémée (285-247 av. J.-C.), traduction qui fut encouragée par le roi et accueillie par les Juifs d'Alexandrie. Grätz (« Gesch. der Juden », 3e éd., iii. 615) se tient seul en l'assignant au règne de Philométor (181-146 av. J.-C.). Quelque part que le roi ait pu avoir dans l'œuvre, elle satisfit évidemment un besoin pressant ressenti par la communauté juive, parmi laquelle la connaissance de l'hébreu s'affaiblissait rapidement devant les exigences de la vie quotidienne.

On ne sait pas quand les autres livres de la Bible ont été rendus en grec. Le petit-fils de Ben Sira (132 av. J.-C.), dans la préface de sa traduction de l'ouvrage de son grand-père, parle de la « Loi, des Prophètes et des autres livres » comme étant déjà en circulation de son temps. Une Chronique grecque est mentionnée par Eupolemus (milieu du deuxième siècle av. J.-C.) ; Aristeas, l'historien, cite Job ; une note en bas de page de l'Esther grec semble montrer que ce livre était en circulation avant la fin du deuxième siècle av. J.-C. ; et le Psautier de la Septante est cité en I Macc. vii. 17. Il est donc plus que probable que toute la Bible a été traduite en grec avant le commencement de l'ère chrétienne (Swete, "An Introduction to the O. T. in Greek," ch. i.). Le grand nombre de communautés juives parlant grec en Palestine, en Syrie, en Mésopotamie, en Asie Mineure et en Afrique du Nord doit avoir facilité sa diffusion dans toutes ces régions. Les citations de l'Ancien Testament trouvées dans le Nouveau sont en majeure partie tirées de la Septante ; et même là où la citation est indirecte l'influence de cette version se voit clairement. Ceci expliquera aussi en quelque mesure l'influence indubitable de la Septante sur la traduction syriaque appelée la « Peshitta ».

Étant une œuvre composite, la traduction varie selon les différents livres. Dans le Pentateuque, naturellement, elle s'attache le plus étroitement à l'original ; dans Job elle s'en éloigne le plus largement. Dans certains livres (_p. ex._, Daniel) l'influence du Midrash juif est plus apparente que dans d'autres. Là où elle est littérale elle est « intolérable comme une œuvre littéraire » (Swete, _ib._ p. 22). La traduction, qui montre à certains moments une ignorance particulière de l'usage hébreu, a été manifestement faite d'après un codex qui différait largement en maints endroits du texte cristallisé par la Masorah. Son influence sur les Juifs parlant grec doit avoir été grande. Avec le temps elle en vint à être la Bible grecque canonique, comme la traduction de Luther devint l'allemande, et la Version autorisée l'anglaise. C'est la version utilisée par les écrivains juifs hellénistiques, Demetrius, Eupolemus, Artabanus, Aristeas, Ezéchiel et Aristobulus, ainsi que dans le Livre de la Sagesse, la traduction de Ben Sira et les Sibylles juives. Hornemann, Siegfried et Ryle ont montré que Philon base ses citations de la Bible sur la Version de la Septante, bien qu'il n'ait aucun scrupule à les modifier ou à les citer avec beaucoup de liberté. Josephus suit cette traduction de près (Freudenthal, "Hellenistische Studien," ii. 171 ; Siegfried, in Stade's "Zeitschrift," iii. 32). Elle devint partie de la Bible de l'Église chrétienne.

Aquila.

Deux choses, cependant, rendaient la Septante à la longue indésirable pour les Juifs. Sa divergence d'avec le texte accepté (appelé par la suite le Texte massorétique) était trop évidente ; et elle ne pouvait donc pas servir de base à la discussion théologique ou à l'interprétation homilétique. Cette défiance fut accentuée par le fait qu'elle avait été adoptée comme Écriture sainte par la nouvelle foi. Une révision au sens du texte canonique juif était nécessaire. Cette révision fut faite par un prosélyte, Aquila, qui vivait sous le règne d'Hadrien (117-138). Il est rapporté qu'il a été un élève de R. Akiba et qu'il a incorporé dans sa révision les principes de l'interprétation littérale la plus stricte du texte ; certainement sa traduction est pédante, et son grec est grossier. Elle s'efforçait seulement de reproduire le texte mot à mot, et pour cette raison elle grandit rapidement en faveur dans les cercles strictement juifs où l'hébreu était encore compris. Non seulement du temps d'Origène était-elle ainsi populaire, mais, d'après le témoignage de Jérôme et Augustin, jusqu'aux quatrième et cinquième siècles. De cette traduction quelques fragments nous sont parvenus, ainsi que de nombreuses citations faites par des écrivains chrétiens tirées de l'Hexapla d'Origène. Au milieu du sixième siècle une certaine section des Juifs à Byzance désirait lire les leçons du Sabbat en grec aussi bien qu'en hébreu ; mais les Rabbins et les autorités désiraient que seul l'hébreu soit lu. La discussion vint devant l'empereur, Justinien, qui en l'année 553 émit une novella dans laquelle il était expressément déclaré que « les Hébreux sont autorisés à lire la Sainte Écriture dans leurs synagogues en langue grecque » ; et l'empereur les conseilla d'utiliser soit la Septante soit la version d'Aquila (Grätz, "Gesch. der Juden," v. 435).

Théodotion et Symmachus.

Une deuxième révision de la Septante fut faite par un certain Théodotion, peut-être originaire d'Éphèse, qui aurait pu vivre vers la fin du deuxième siècle. On dit parfois qu'il aurait été un converti au judaïsme. Sa révision aussi est de la nature d'un retour au texte hébreu, mais il évite entièrement la pédanterie d'Aquila, et son grec offre un texte lisible ; les seules preuves de pédanterie sont ses translittérations d'un nombre de mots hébreux. Il est étrange de dire que sa version de Daniel a entièrement supplanté celle de la Septante ; et dans d'autres portions ses traductions se trouvent occasionnellement dans des manuscrits ordinaires de la Septante. Aucune raison suffisante n'a encore été donnée pour ce fait. Des fragments de son travail se trouvent également dans les restes de l'Hexapla d'Origène. Un troisième traducteur, Symmaque, dont la date n'est pas connue, essaya d'atténuer le grec non-grec d'Aquila par l'emploi à la fois de la Septante et de Théodotion. Il semble être le meilleur styliste de tous. Selon Épiphane, il était un converti samaritain au judaïsme ; mais Eusèbe et Jérôme en font un Ébionite. Des trois autres traductions fragmentaires en grec utilisées par Origène dans la compilation de son Hexapla, très peu de choses sont connues. Il n'est même pas certain qu'elles soient l'œuvre de Juifs.

![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/images/V03p187001.jpg)Page du Manuscrit du Vatican de la version Septante de l'Exode xix. 14-xx. 17.

Vers la fin du quatorzième siècle ou au commencement du quinzième, une autre traduction de la Bible en grec fut faite, dont la portion couvrant le Pentateuque, Ruth, les Proverbes, le Cantique, l'Ecclésiaste, les Lamentations et Daniel est encore conservée en manuscrit (MS. Gr., No. vii.) dans la bibliothèque de Saint-Marc, Venise. Elle a été éditée sous une forme finale par Oscar von Gebhardt (« Græcus Venetus », Leipzig, 1875), avec une préface de Franz Delitzsch. Selon Von Gebhardt, Delitzsch et Freudenthal (« Hellenistische Studien », p. 129), l'auteur était un Juif, qui pour une raison ou une autre préférait le commentaire de David Ḳimḥi à celui de Rashi. L'auteur a aussi utilisé les anciennes versions grecques. Le corps de l'ouvrage est composé en grec attique ; les portions araméennes de Daniel sont rendues en dorien. Delitzsch a essayé d'identifier l'auteur avec un certain Élisée, un Juif savant à la cour de Murad Ier. (voir « Theol. Lit. Zeit. » i. 107 ; Swete, _l.c._ p. 56 ; Nestle, _l.c._ p. 84). D'autre part, P. Frankl a essayé de montrer que le traducteur était un chrétien et non un Juif (« Monatsschrift », xxiv. 372). Selon Grätz (« Gesch. der Juden », vii. 318), Shemariah de Négreponte (1328-46) rendit le Livre de la Genèse en grec, dans une tentative de combler la fissure séparant les Karaïtes des Rabbinites. Mais l'œuvre de Shemariah était un commentaire et non une traduction (Steinschneider, « Hebr. Bibl. » xv. 39). Sur les traductions des Hafṭarot en grec voir « Magazin », ii. 5.

Grec moderne.

La première tentative de traduire la Bible en grec moderne fut faite par un moine de l'île de Crète, nommé Agapiou. En 1543 il publia une version des Psaumes qui suivait de près la traduction de la Septante. Cela précéda la première traduction juive de seulement quelques années. Une colonne du Pentateuque Polyglotte (Constantinople, 1547) contenait une version néo-grecque en caractères hébreux. Le dialecte utilisé est celui de l'Épire ; et pas un seul mot de turc ne s'y trouve. Bien qu'elle soit pleine d'hébraïsmes, on dit qu'elle est d'importance pour l'étude de la linguistique grecque. Les quelques copies de cette édition qui sont maintenant connues exister ne s'accordent pas ; et il a été suggéré que des corrections ont été faites au texte pendant l'impression. Dans la « Revue des Etudes Grecques » (iii. 288 _et seq._) Belleli a réimprimé les quatre premiers chapitres de la Genèse ; et un fac-similé de l'ensemble a été publié par D. C. Hesseling, « Les Cinq Livres de la Loi » (Leyde, 1897 ; comparer la discussion dans « Rev. Etudes Juives », xxxv. 132, 314). Une traduction de Jonas en grec moderne se trouve dans un volume manuscrit de prières dans la bibliothèque de l'Université de Bologne ; et on sait, par R. Meïr Katzenellenbogen, que de son temps (1470-1565) il était d'usage à Padoue de lire la Hafṭarah du Jour de l'Expiation en langue vernaculaire ; c'était aussi le cas à Candie (Kapsali, éd. Lattes, p. 22). L. Modena a montré (« Cataloghi dei Codici Orientali », p. 335, Florence, 1876) que ce manuscrit du treizième siècle, qui venait originalement de Canée, est similaire au MS. No. 1144 dans la collection Bodléienne (Neubauer, « Cat. Bodl. Hebr. MSS. » col. 333 ; « Rev. Etudes Juives », xxiii. 135). En 1576 Moses ben Elijah Phobian, ou Popian, publia à Constantinople une traduction néo-grecque de Job dans le but exprès de faciliter l'enseignement de l'hébreu (Belleli, dans « Rev. Etudes Juives », xxii. 250 ; comparer _ib._ xxiii. 136, xxiv. 160, et Güdemann, « Quellen' » pp. 239-289).

La Peshiṭta.

La traduction syriaque de l'Ancien Testament a sans doute été faite directement de l'hébreu ; bien qu'à Antioche, pendant le troisième siècle de l'ère présente et à des périodes postérieures, elle ait été révisée afin de la rendre conforme à la Septante. L'histoire de son origine est obscure ; mais elle a probablement été faite en Mésopotamie pendant le premier siècle. Comme c'est le cas pour la plupart des traductions les plus anciennes, diverses mains y ont travaillé. Perles ("Meletemata Peschittoniana," Breslau, 1859), Prager ("De Veteris, Testamenti Versione Peschitto," Göttingen, 1875), et Bacher ([voir Aramaic Language](/articles/1707-aramaic-language-among-the-jews)) croient que c'est l'œuvre de Juifs : mais cela n'a pas encore été prouvé ; et l'avis de Dathe, Eichhorn, Hitzig, Nöldeke et Renan, selon lequel elle devrait son origine à des Judéo-chrétiens, semble plus probable. Perles, cependant, a montré qu'il existe des preuves indéniables dans la Peshiṭta de l'influence du Targum, particulièrement en Genèse. Ceci a été confirmé pour Ézéchiel par Cornill ("Das Buch Ezekiel," p. 154), pour les Chroniques par S. Fränkel (in "Jahrb. für Protestantische Theologie," 1879), et pour Job par Stenig ("De Syriaca Libri Jobi Interp." Helsingfors, 1887), Mandl ("Peschitto zu Hiob," Leipsic, 1892), et Hauman (in Stade's "Zeitschrift," xix.29). L'accord le plus proche entre les deux versions se trouve dans le Livre des Proverbes ; mais il est maintenant généralement admis que dans ce cas le Targum reflète la Peshiṭta et non l'inverse, comme le soutient Maybaum (Merx, "Archiv," vol. ii.). Ce point de vue est soutenu par une considération du caractère général de la traduction (Pinkuss, in Stade's "Zeitschrift," xiv. 101; voir aussi Duval, "Littérature Syriaque," 1899, pp. 31 _et seq._).

Versions arabes.

Il est impossible de dire à quelle époque les Juifs ont commencé à traduire la Bible en arabe. Après les premières victoires des Mohamédans, la civilisation arabe et l'environnement arabe ont rapproché les Juifs de manière très étroite de la langue arabe. Même là où l'hébreu était encore maintenu, l'alphabet hébreu dut parfois sortir de la mode ; car il existe des manuscrits caraïtes du dixième siècle, donnant le texte hébreu en caractères arabes avec les lettres utilisées comme signes diacritiques vocaliques (R. Hörning, "British Museum Karaite MSS." London, 1889; Margoliouth, "Cat. Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus." i., Nos. 103, 104). Que les Juifs eussent peu de scrupules à lire la Bible en arabe peut se voir du conseil de Judah ibn Tibbon à son fils de lire les leçons du Sabbat dans cette langue ("Jew. Quart. Rev." xii. 484). Il n'existe cependant aucun fait qui prouve que les premiers Juifs d'Arabie possédaient une traduction arabe de la Bible. Il existe une tradition, remontant à Abu Huraya, un contemporain de Mahomet, selon laquelle « Le Peuple du Livre avait l'habitude de lire la Taurah [Torah] en hébreu et de l'interpréter en arabe aux partisans de l'Islam » ; tradition qui est le fondement de la polémique d'Abu Mohammed ibn Ḥazm (m. 1064). Une autre tradition dit que « Ka'ab le rabbi apporta un livre ["sifr"] à Omar le calife et dit, 'Voici la Torah, lis-la' » (Goldziher, in "Z. D. M. G." xxxii. 344). La preuve est insuffisante ; et il n'y a encore moins de justification pour l'idée de Sprenger selon laquelle des écrits apocryphes circulaient en Arabie aux jours de Mahomet (voir Kuenen, "Volksreligion," p. 297). À une époque ultérieure, cependant, de telles traductions doivent avoir existé, même s'il faut accorder peu de créance aux assurances des écrivains polémiques selon lesquelles ils avaient « lu ceci dans la Torah » ou « dans le Zabur [Psaumes] » (_ib._ p. 351; comparer Stade's "Zeitschrift," xiii. 315). Le Fihrist (ed. Flügel, i. 22) d'Al-Nadim mentionne un Aḥmad ibn Abd Allah ibn Salam qui traduisit la Bible en arabe, à l'époque de Harun al-Rashid. Faḥr al-Din al-Razi mentionne une traduction d'Habacuc par le fils de Rabban al-Ṭabari ("Z. D. M. G." xlii. 645). Beaucoup des historiens arabes, comme Al-Ṭabari, Mas'udi, Ḥamza et Biruni, citent des passages et racontent l'histoire ancienne des Juifs de la manière la plus circonstanciée. Ibn Ḳutaibah, l'historien (m. 889), dit qu'il lut la Bible ; et il fit même une collection de passages bibliques dans une œuvre qui a été conservée par Ibn Jauzi du douzième siècle (voir Haupt and Delitzsch, "Beiträge zur Assyriologie," iii. 46; Stade's "Zeitschrift," xv. 138).

Saadia Gaon.

La première traduction arabe importante est celle de Saadia Gaon (892-942). L'influence de cette traduction a été, à sa manière, aussi grande que celle de l'œuvre philosophique du gaon. Elle est restée jusqu'à nos jours _la_ version pour les Juifs des pays de langue arabe : elle est honorée du nom de « Targum » ; et dans bon nombre des manuscrits bibliques d'Arabie du Sud, elle suit le verset araméen par verset, comme l'araméen suit l'hébreu. Saadia prend principalement le Targum pour guide, notamment pour éliminer tous les anthropomorphismes. Sa pensée principale, cependant, est de produire une traduction lisible et intelligible. En ce sens, sa traduction peut être appelée libre ; il travaillait évidemment pour un public lecteur général, juif et mahométan à la fois, et non pour des savants. Ibn Ezra le blâme de la facilité apparente avec laquelle il passe outre aux difficultés. Mais, en qualifiant cette traduction de « tafsir » (explication), il entendait indiquer qu'il visait à présenter le sens simple (« basiṭ »=« peshaṭ ») du texte biblique ; et Abu al-Walid le considère comme le chef de file de cette méthode. Sa croyance fervente en l'inspiration verbale du texte biblique le garda, d'un côté, de l'influence de sa philosophie rationaliste et, de l'autre, de la méthode allégorique du Talmud (Editio Derenbourg, v. x.; Bacher in Winter and Wünsche, "Jüdische Litteratur," iii. 244). Quand aucun mot en arabe n'exprime exactement sa pensée, il emploie le mot hébreu ou adopte la construction hébraïque. De plus, il tente de reproduire les mots hébreux par des mots arabes ayant un son similaire (Munk, in Cahen's "Bible," ix. 127). Saadia, dans l'introduction au commentaire du Pentateuque, affirme qu'il l'a traduit deux fois : une fois avec un commentaire diffus ; la deuxième fois sans le commentaire. De la première traduction, seuls quelques fragments et des citations d'Abraham ibn Ezra, Baḥya ben Asher, Abraham Maimonides, etc., ont été conservés (Derenbourg's ed. of the Pentateuch, Hebrew part, p. vii.; "Monatsschrift," xli. 205; "Jew. Quart. Rev." xii. 536). De cette œuvre, autrefois complète, seuls le Pentateuque, Isaïe, les Petits Prophètes, des portions de Juges, les Psaumes, Job, les Proverbes et Daniel subsistent maintenant.

La traduction de Saadia a été d'abord imprimée dans le Pentateuque polyglotte, Constantinople, 1546. Elle a été reproduite en caractères arabes dans les Polyglots de Paris et de Londres (1645-57). De temps à autre, des éditions plus ou moins critiques de diverses portions ont été publiées ; une liste complète de ces éditions ainsi que des manuscrits subsistants est donnée par Steinschneider dans le « Kaufmann Gedenkbuch », pp. 153 _et seq._ (voir aussi "Monatsschrift," xli. 124, et Engelkemper, "De Saadiæ Gaonis Vita, Bibliorum Versione, etc.," Münster, 1897). Une édition définitive de la traduction et des commentaires a été commencée par feu Joseph Derenbourg, « Œuvres Complètes de R. Saadia », Paris, 1893 _et seq._, et est poursuivie par Hartwig Derenbourg et Mayer Lambert ; le Pentateuque, Isaïe, les Proverbes et Job ont paru (1902).

Autres versions arabes.

Un certain nombre d'autres traductions en arabe ont dû exister. Abu al-Walid en mentionne quelques-unes, bien qu'il soit à peine possible de déterminer aujourd'hui à quelles traductions il se réfère (Bacher, "Leben und Werke des Abulwalid," p. 99). Certaines d'entre elles, bien qu'elles n'aient aucune relation directe avec celle de Saadia, montrent des traces évidentes de son influence. C'est du moins le cas pour une traduction des Petits Prophètes, d'Isaïe, de Jérémie et d'Ézéchiel, trouvée dans le Codex Huntington (No. 206 à la Bodleian Library, Oxford). De ce manuscrit, Osée a été publiée par R. Schröter dans Merx, "Archiv," i. 28 _et seq._ M. Peritz a édité "Zwei Alte Uebersetzungen des Buches Ruth," Berlin, 1900 ("Monatsschrift," 1899, pp. 49 _et seq._). La seconde de ces traductions, d'un manuscrit du British Museum, bien qu'elle montre la plupart des particularités de la traduction de Saadia, n'est pas de lui (voir aussi Poznanski, in "Zeit. für Hebr. Bibl." iv. 167). On ne sait rien des fragments de la version arabe du Pentateuque trouvés dans le manuscrit du douzième siècle, Saint-Pétersbourg, Nos. 137 et 138 (Harkavy-Strack, "Catalog," p. 164). Une autre traduction des Cinq Rouleaux se trouve dans les MSS. du British Museum, Nos. 146, 147 (Poznanski, in "Rev. Etudes Juives," xli. 302). Une version rimée des Psaumes a été faite par un certain Ḥafẓ al-Ḳuṭi (dixième siècle), qui se trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque Ambrosienne à Milan (Hammer-Purgstall in "Bibl. Ital. di Letteratura," civ. 36), copié en 1625 d'un manuscrit de l'Escurial, qui a depuis été perdu. Il est cité par Moïse ibn Ezra dans sa "Poétique" ; mais il est évident que cette traduction a été faite par quelqu'un qui n'était même pas, comme on l'a supposé, un Juif converti ("Hebr. Bibl." x. 26). Neubauer a fait remarquer ("Rev. Etudes Juives," xxx. 65) qu'elle contient des citations chrétiennes ; et le terme "le Goth" (_ib._ p. 318) suffirait à indiquer que l'auteur était chrétien. Une version de l'Ecclésiaste par Judah ibn Ghayyat a été publiée par J. Löwy, Leyde, 1884 (voir le "Jüdisches Litteratur-Blatt" de Rahmer, 29 mai 1884, p. 88). Au treizième siècle une traduction du Pentateuque a été faite par un Juif africain, qui a également fondé son travail sur celui de Saadia. Elle est connue sous le nom de "Arabs Erpenii" ("Pent. Mosis Arabice," Lug.-Bat. MS., No. 1622). (Sur une supposée traduction des Psaumes par Saadia ben Levi Azankot voir Steinschneider, "Cat. Bodl." col. 2227.) À l'époque moderne plusieurs traductions arabes de la Bible ont été publiées en Inde ; _p. ex._, par Ezekiel Shem-Ṭob David, Bombay, 1889, et les Apocryphes par Joseph David, Bombay, 1895.

Versions caraïtes.

Il était naturel que les Caraïtes refusassent de faire usage de la version en arabe faite par leur ennemi juré, Saadia. Seulement deux ou trois de leurs tentatives pour la remplacer nous sont parvenus ; et même ceux-ci n'ont été conservés que sous une forme extrêmement fragmentaire. L'une des plus anciennes de ces tentatives a été celle faite par Joshua b. Ari, ou, pour lui donner le nom par lequel il est mieux connu, Abu al-Faraj Furḳan ibn Asad, un Caraïte savant de Jérusalem du milieu du onzième siècle. Une portion de sa traduction arabe du Pentateuque se trouve dans le MS. Or. 2491 du British Museum. Elle montre occasionnellement une tendance nettement rationaliste, des gloses explicatives étant introduites ici et là dans le texte (G. Margoliouth, in "Jew. Quart. Rev." xi. 190). Si Japheth ha-Levi (Ibn Ali al-Baṣri) a vraiment traduit des parties quelconques de la Bible (Margoliouth, "Descriptive List," pp. 25 _et seq._) est indéterminé ; mais il est connu qu'il avait l'ambition d'écrire un vaste commentaire sur la Bible entière (Steinschneider, "Hebr. Uebers." p. 941). Selon Margoliouth ("Cat. Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus." p. 71), le MS. Brit. Mus. 101 (Or. 2481) contient une traduction arabe du Pentateuque basée sur celle de Japheth.

Révision samaritaine de Saadia.

La traduction de Saadia, comme il a été dit plus haut, était devenue une œuvre standard en Égypte, Palestine et Syrie. Mais aux Samaritains elle était aussi désagréable (Harkavy, "Ḥadashim," No. 7, p. 22) qu'elle l'avait sans doute été aux Caraïtes, à cause des interprétations rabbiniques qu'elle représentait. À une certaine époque, peut-être durant le treizième siècle, elle a été révisée par un Samaritain dans le but exprès de l'adapter à l'usage de ses coreligionnaires. Cette révision est généralement censée avoir été faite par Abu Sa'id ibn abu al-Ḥusain ibn abu Sa'id, et a retenu l'attention de savants européens tels que De Sacy ("Mémoires de l'Académie," 1808, xlix. 1 _et seq._), Gesenius ("De Pentateuchi Samaritani Origine, Indole et Auctoritate," p. 120, Halle, 1815), et Juynboll ("Commentatio de Versione Arabico-Samaritana," Amsterdam, 1846). De celle-ci la Genèse, l'Exode et le Lévitique ont été édités par A. Kuenen (Leyde, 1851-54 ; voir Kohn, "Zur Sprache der Samaritaner," p. 134 ; Nestle, _l.c._ p. 153). Abu Sa'id est supposé avoir vécu vers l'année 1070 ; mais Wreschner ("Samaritanische Tradition," 1888, p. xix.) a montré qu'il a fleuri au treizième siècle. Selon Joseph Bloch, "Die Samaritanisch-Arabische Pentateuch Uebersetzung," p. 16, Berlin, 1901, le véritable traducteur est peut-être le Tyrien, Abu al-Ḥasan, et Abu Sa'id n'est qu'un scoliaste. Si cela est vrai, ce n'était pas la première traduction ; car l'une a été faite au douzième siècle par Ṣadaḳa ibn Munajja de Damas, un médecin au service du Sultan Malik al-Ashraf (Haji Khalifah, ii. 402 ; Neubauer, "Chronique Samaritaine," p. 112).

Versions perses.

On ne sait pas à quelle époque les premières traductions de la Bible ont été faites en persan. D'après les citations dans le « Dinkard » et le « Shikand Gumanik Vijar » (ouvrages théologiques de la période sassanide), James Darmesteter a supposé qu'une traduction existait en pahlavi (« Rev. Etudes Juives, » xviii. 5) ; mais cette supposition n'est soutenue par aucune preuve réelle. Blau aussi (« Einleitung, » p. 95) semble pencher pour cette opinion, parce que Bab. Meg. 18a parle d'un rouleau d'Esther dans les langues élamite et médique. Selon Maïmonide, le Pentateuque a été traduit en persan plusieurs siècles avant Mahomet (Zunz, « G. V. » 2e éd., p. 9). Cette affirmation ne peut pas être davantage confirmée. La version la plus ancienne dont nous ayons connaissance est celle faite par Jacob ben Joseph Tawus, et imprimée en caractères hébraïques dans le Pentateuque polyglotte de Constantinople, 1546. Cette version a été retranscrite en caractères persans et traduite en latin par Thomas Hyde, sous cette forme elle a été publiée dans le Polyglotte de Londres. Kohut (« Beleuchtung der Persischen Pentateuch-Uebersetzung, » 1871) place Tawus dans la première moitié du seizième siècle (voir aussi Zunz, « G. S. » iii. 136). Selon Steinschneider (« Jewish Literature, » p. 321), Tawus a utilisé une traduction antérieure faite au treizième siècle (voir Munk, dans la « Bible » de Cahen, vol. ix.), qui suivait la Targum et le commentaire de David Ḳimḥi. Un certain nombre de traductions en persan se trouvent dans les diverses collections de manuscrits, dont voici une liste partielle :

- Pentateuque : Vatican MS. 61 (Guidi, dans « Rendiconti ... dei Lincei, » 1885, p. 347). Codex Adler B. 63, écrit en 1776 (« Jew. Quart. Rev. » x. 596). Codex St. Petersburg 141 (non par Tawus ; Harkavy-Strack, « Cat. » p. 166). - Psaumes : Vatican MS. 37 ; Bodleian MS. 1830. Vatican MS. 42 ; Bodleian MS. 1827 (juif ? Horn, dans « Z. D. M. G. » li. 7). Codex Adler B. 27 (« Jew. Quart. Rev. » x. 592). Brit. Mus. MSS. 159, 160 (trad. vers 1740 par Baba b. Nuriel d'Ispahan ; Margoliouth, « Cat. of Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus. » p. 120). Brit. Mus. MS. Or. 4729 (daté de 1822 ; « Jew. Quart. Rev. » vii. 119). - Proverbes, Cantiques, Ruth, Ecclésiaste : Paris MS. 116 (« Cat. des MSS. Héb. de la Bibl. Nat. »). - Proverbes, Cantiques, Ecclésiaste : Codex Adler B. 46 (« Jew. Quart. Rev. » x. 595). Paris MS. 117 (« Cat. des MSS. Héb. de la Bibl. Nat. »). - Proverbes : Sur une traduction aujourd'hui perdue, voir Lagarde, « Symmicta, » ii. 14. - Job et Lamentations : Codex de Rossi 1093 (Zunz, « G. S. » iii. 135). Paris MS. 118 (« Cat. des MSS. Hébreux de la Bibl. Nat. »). - Job : Codex St. Petersburg 142 (Harkavy-Strack, p. 167.). Paris MSS. 120, 121 (« Catalogue, » etc.). - Cantique des cantiques : Codex Adler B. 12 (« Jew. Quart. Rev. » x. 589). - Daniel : Paris MSS. 128, 129 (« Catalogue, » etc.). - Esther : Codex Adler T. 16 et 27 (« Jew. Quart. Rev. » x. 598, 599). Paris MS. 127 (« Catalogue, » etc.). - Tobit, Judith, Bel et le Dragon, Antiochus : Codex Bodleian 130. - Petits Prophètes : Codex St. Petersburg 139 et Codex B. 18 (Harkavy-Strack, pp. 165, 262). - Hafṭarot : Codex St. Petersburg 140 (Harkavy-Strack, p. 166).

Il existe aussi quelques traductions en persan tout à fait modernes, comme ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p190001.jpg), Vienne, 1883 (trad. par Benjamin Cohen de Boukhara ; voir « Lit.-Blatt für Or. Phil. » i. 186) ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p190002.jpg)![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191001.jpg), Jérusalem, 1885 ; Job, _ib._ ; les deux dernières également traduites par Benjamin Cohen.

Versions tatares.

Pour l'usage des Karaïtes en Crimée et en Turquie, une traduction a été faite dans le dialecte tshagatai-tatar. Le Pentateuque a été imprimé (texte et Tshagatai en caractères hébraïques) par 'Irab Ozlu & Sons, Constantinople, 1836, avec le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191002.jpg) ; en marge se trouvent les ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191003.jpg) ; et des poèmes acrostiches sont ajoutés par Abraham ben Samuel, Simḥah ben Joseph ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191004.jpg) (Chages ?), Isaac Cohen, et Isaac ben Samuel Cohen de Jérusalem. La Bible entière a été imprimée en tshagatai par Mordecai Trishkin (4 vol., Goslov, 1841-42 ; voir « Jew. Quart. Rev. » xii. 686). Des extraits se trouvent également dans le ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191005.jpg) de Musafia, imprimé à Ortaköi (Constantinople), 1825, et publié par la même maison qui a édité le Pentateuque de 1836 (« Jew. Quart. Rev. » xiii. 549). Des manuscrits de telles traductions existent aussi à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg (Nos. 143-146 ; Harkavy-Strack, « Cat. » pp. 167-170).

Copte et hongrois.

La tradition du Talmud parle expressément d'une traduction copte de la Bible (Meg. 18a ; Shabbat 115a). Cornill, dans son examen du texte copte d'Ézéchiel, trouve celle publiée par Tattam être de caractère composite et non simplement une traduction de la Septante. Blau croit qu'elle a été faite directement d'après le texte hébreu (« Einleitung, » p. 91 ; « Jew. Quart. Rev. » ix. 728).

Aucune traduction juive en hongrois n'a été faite avant une époque tout à fait récente, les Juifs de Hongrie faisant usage des versions catholique et protestante des seizième et dix-septième siècles. Vers le milieu du dix-neuvième siècle, M. Bloch (Ballaghi) a tenté une telle traduction ; mais il n'a pas réussi. Son projet a été réalisé récemment (1902) ; et le Pentateuque (par M. Bernstein et M. Blau), Josué, Juges, Samuel et Rois (par Julius Fischer, Bánóczi, Bacher, et Krauss) ont paru (voir « Rev. Etudes Juives, » xliii. 158).

Judéo-allemand.

La traduction de la Bible dans le dialecte allemand parlé par les Juifs de l'Europe centrale a été commencée à une date ancienne. Un manuscrit de la collection de De Rossi, daté de Mantoue, 1421, contient une traduction judéo-allemande de Josué, des Juges, de Jonas, et quatre des Megillot. De Rossi supposait qu'elles étaient écrites en polonais parce qu'elles avaient été apportées en Italie par des Juifs polonais (Neubauer, in "Jew. Quart. Rev." iv. 703). De telles traductions étaient techniquement connues sous le nom de "Teutsch-Ḥummash." Un imprimeur avait innocemment placé les paroles ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191006.jpg) (Cant. iii. 11) sur la page de titre d'une telle traduction faite par Jacob ben Isaac de Janow (Lublin, XVIIe siècle?), d'où elles devinrent familièrement appelées "Ze'enah U-re'ennah" ; et jusqu'à l'époque de la traduction de Mendelssohn, elles étaient des livres de lecture populaires, particulièrement pour les femmes le samedi. Elles étaient ornées de toutes sortes d'explications, de légendes et de maximes morales, qui étaient insérées dans le texte (Steinschneider, "Volkslitteratur der Juden," p. 17). Le premier rendu de ce genre a été fait par un converti, Michael Adam, le traducteur de Yosippon en judéo-allemand. Il a été publié par Paulus Fagius, Constance, 1543-44 (Steinschneider, "Cat. Bodl." Nos. 1187, 4333; Perles, in "Monatsschrift," xxv. 361; _id._ "Aramäische Studien," p. 167; "Rev. Etudes Juives," v. 143, 315), et a été réimprimé à Bâle en 1583 et 1607. Il n'a rien en commun avec la traduction de Luther, comme Wolf ("Bibl. Hebr." iv. 198) le suppose. Ce Pentateuque a été réimprimé à Crémone, 1560 (éd. Judah ben Moses Naphtali) ; Bâle, 1583 ; _ib._ 1603 ; Prague, 1608, 1610 ; Francfort-sur-le-Main, 1687. Une version rimée en apparut à Fürth, 1692, et Wilmersdorf, 1718 ; et une deuxième version rimée de la Genèse a été faite par un certain Aaron de Prague pendant le dix-septième siècle. En 1543-44, Paulus Æmilius publia une traduction similaire du Pentateuque (Augsbourg, 1544). Il est incertain si Æmilius copia simplement l'édition d'Adam ou non (Steinschneider, in "Zeit. für Gesch. der Juden in Deutschland," i. 286). Æmilius édita aussi à Ingolstadt (1562) la traduction judéo-allemande rimée de Samuel en caractères allemands. C'était une simple copie de l'édition en caractères hébreux par Ḥayyim ben David Schwartz, Augsbourg, 1544 (_ib._ i. 285). On l'appelait le ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191007.jpg) ("Livre de Samuel"). Celui-ci a été réimprimé à Mantoue vers 1562 ; Cracovie, 1593 ; Prague, 1609 ; Bâle, 1612. Schwartz publia aussi une traduction rimée des Rois, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191008.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191009.jpg), Augsbourg, 1543 ; Prague, 1607. Une traduction des Juges (rimée) apparut à Mantoue en 1561 ; une de Josué, "derneut in teutscher Sprach, wol gereimt . . . hübsch mit Midraschim," à Cracovie en 1588 ou 1594 ; une du Cantique des cantiques, par Isaac Sulkes, à Cracovie en 1579 ; une autre par Moses Särtels, Prague, 1604 ; une de Jérémie, _ib._ 1602 ; une d'Ézéchiel (rimée), _ib._ 1602 ; et une de Jonas, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191010.jpg) mit viel ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191011.jpg) und alle Midraschim" (rimée), Prague, avant 1686.

La première traduction judéo-allemande des Psaumes fut celle d'Elijah Levita (Venise, 1545 ; Zurich, 1558, etc.) ; elle était arrangée dans l'ordre des psaumes récités chaque jour de la semaine. Un ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191012.jpg) rimé par Moses Stendal apparut à Cracovie en 1586. Les Proverbes ont été traduits par Mordecai ben (Isaac) Jacob Töplitz, Cracovie, 1582 (une version apparut aussi à Amsterdam, 1735) ; et Job par le même (?), Prague, 1597. Une traduction des Rois apparut à Cracovie en 1583 (Neubauer, in "Rev. Etudes Juives," v. 144) ; une d'Esther, _ib._ 1596 ; et une de Daniel, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191013.jpg) in teutscher Sprach hübsch und bescheidlich, gar kurzweilig darin zu leien Weiber und Meidlich," Cracovie, 1588. Ces éditions de Cracovie sortirent de la presse d'Isaac ben Aaron Prossnitz, dont l'intention était de publier la Bible entière en judéo-allemand afin que "les femmes et les enfants puissent pouvoir lire sans l'aide d'un maître" (Perles, in "Monatsschrift," xxv. 353).

La Bible d'Isaac Blitz.

La première Bible complète en judéo-allemand fut celle d'Isaac Blitz, Amsterdam, 1676-78. Elle était destinée à l'usage des Juifs polonais qui s'y étaient enfuis quelques années auparavant en raison des persécutions de Chmielnicki. Ce devait être l'intention du traducteur de pousser sa vente en Pologne aussi ; car des lettres patentes lui en furent accordées par Jean Sobieski III. Cette traduction exerça très peu d'influence, car le judéo-allemand dans lequel elle était écrite contenait beaucoup de mots et d'expressions hollandais (Wiener, "Yiddish Literature," p. 19). Une deuxième traduction, en opposition à celle de Blitz, fut publiée à Amsterdam en 1679 par Joseph Witzenhausen, anciennement compositeur employé par Uri Phoebus, l'imprimeur de l'édition précédente. Witzenhausen put obtenir l'approbation du Conseil des Quatre Terres, et sa tentative de faire que l'édition Athias remplace celle de Phoebus occasionna beaucoup de mauvais sang (voir Joseph Athias). Une deuxième édition de cette dernière traduction fut publiée à Amsterdam en 1687, et une troisième, en caractères allemands, à Wandsbeck en 1711. Une troisième traduction, par Süssman Rödelheim et Menahem Man Levi, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192001.jpg), apparut à Amsterdam en 1725-29. Au même endroit en 1735, une édition des Proverbes fut publiée ("Cat. Rosenthal. Bibl." i. 207). Il s'écoula plus de cent ans avant qu'une autre traduction allemande complète soit publiée, à savoir à Prague, 1833-37 ; mais celle-ci était de caractère composite, car son éditeur, W. Meyer, fit usage de diverses traductions (en général, comparer Grünbaum, "Jüdisch-Deutsche Chrestomathie," Leipsic, 1882).

Traduction allemande—Mendelssohn.

La connaissance croissante des Juifs avec la littérature allemande produisit bientôt un mécontentement marqué envers ces traductions judéo-allemandes. Ce mécontentement fut exprimé par les rabbins de Berlin, Mecklenburg et Courlande (Zunz, "G. V." 2d ed., p. 467). Pour répondre à ce besoin, Mendelssohn entra en brèche; et sa traduction du Pentateuque mérite plus qu'une attention passagère. Elle avait une importance spéciale en ce qu'elle non seulement suscita un intérêt esthétique pour la littérature chez ceux qui la lurent, mais aussi prépara le terrain pour un usage plus général de l'allemand de haut niveau parmi les Juifs d'Allemagne, chez qui on peut dire qu'elle introduisit une nouvelle ère littéraire (Kayserling, "Moses Mendelssohn," p. 286; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 320; Auerbach, in "Zeitschrift für Gesch. der Juden in Deutschland," i. 25; Wogue, "Hist. de la Bible et de l'Exégèse," p. 329). Mendelssohn entreprit ce travail pour l'instruction de ses propres enfants; mais sur le conseil de Solomon Dubno, il consentit à sa publication à la condition que Dubno écrirait un commentaire expliquant les raisons pour lesquelles Mendelssohn avait choisi ses diverses traductions. Un spécimen, "'Alim li-Trufah," fut édité par Dubno (Amsterdam, 1778), et suscita le plus vif intérêt de la part des Chrétiens aussi bien que des Juifs. Il était naturel qu'il provoquât aussi une opposition vigoureuse, particulièrement de la part de ceux des Juifs qui craignaient que la lecture de l'allemand de haut niveau ne causât à la jeunesse juive de négliger leurs études hébraïques. Au premier plan de cette opposition se trouvaient les rabbins Ezekiel Landau (m. 1793) de Prague, Raphael ha-Kohen (1722-1803), de Hambourg, Altona et Wandsbeck, Hirsch Janow (1750-85) de Fürth, et Phineas Levi Horwitz (1740-1803) de Francfort-sur-le-Main.

En juin 1799, la traduction proposée fut mise à l'index à Fürth. Elle fut aussi interdite dans quelques villes de Pologne, et l'on dit même qu'elle aurait été brûlée publiquement. Un interdit supplémentaire fut lancé contre elle par Raphael ha-Kohen (17 juillet 1781; voir Grätz, "Gesch. der Juden," xi. 585, note 1). Le travail sur celle-ci fut cependant continué avec l'assistance de Solomon Dubno, Hertz Homberg, et Aaron Jaroslav. Dubno fut effrayé par l'opposition continue, et se retira, forçant Mendelssohn lui-même à accomplir une part additionnelle du travail. Bien que la traduction fût en allemand de haut niveau, elle fut imprimée en caractères hébreux sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192002.jpg), avec un commentaire hébreu ou "biur," les commentaires de Rashi, etc., et une introduction par Naphtali Hertz Wessely. Elle parut par parties—Genèse, Berlin, 1780; Exode, _ib._ 1781; Lévitique, _ib._ 1782; Nombres et Deutéronome, _ib._ 1783—et a été souvent rééditée à la fois en caractères allemands et hébreux.

Une tentative fut faite à l'époque de Mendelssohn pour éditer une édition en caractères allemands; mais les Juifs allemands à cette époque considéraient le travail comme tellement exceptionnellement étrange que sa publication dut être suspendue (Bernfeld, "Juden im 19 Jahrhundert," p. 9). Mendelssohn publia aussi (Berlin, 1783) une traduction des Psaumes (laquelle, cependant, suit étroitement celle de Luther; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 320) et une du Cantique des Cantiques (_ib._ 1788). Ces traductions tentaient une reproduction consciencieuse du texte, et cherchaient à faire sentir le pathos de l'original en allemand; et elles furent suivies par une grande école de traducteurs ([voir Biurists](/articles/3347-biurists)). C. E. J. Bunsen ("Vollständiges Bibelwerk," I. xvii.) appelle ces traductions et d'autres semblables "Synagogenbibeln." Il dit "qu'elles ne parlent pas dans la langue allemande historique, mais dans l'allemand judéo-rabbinique hébréo-allemand"; un jugement qui est entièrement unilatéral, si on excepte les noms propres, où une tentative fut faite pour reproduire les originaux hébreux ("Monatsschrift," ix. 156).

Seuls quelques disciples de Mendelssohn peuvent être mentionnés ici. Sa traduction du Cantique des Cantiques a été publiée après sa mort par Joel Löwe et Aaron Wolfson. Le premier d'entre eux a également publié une traduction de Jonas (Berlin, 1788); tandis que le second a traduit les Lamentations, Esther et Ruth (Berlin, 1788), Job (_ib._ 1788; Prague, 1791; Vienne, 1806), et les Rois (Breslau, 1809). Isaac Euchel a traduit les Proverbes (Berlin, 1790; Dessau, 1804), introduisant cependant des expressions philosophiques dans le texte, ce qui en obscurcissait souvent le sens. David Friedländer, qui a traduit l'Ecclésiaste (en caractères allemands, Berlin, 1788), écrivait dans un style bellétriste. Meïr Obernik a traduit Josué, Juges et Samuel, et, conjointement avec Samuel Detmold, le Deuxième Livre de Samuel (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192003.jpg)), Vienne, 1792). M. Philippson, Joseph Wolf, Gotthold Salomon, Israel Neumann et J. Löwe ont été les traducteurs des Petits Prophètes publiés à Dessau, 1805, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192004.jpg) (stéréotypé dès 1837). Wolf a également publié une traduction de Daniel (Dessau, 1808); David Ottensosser celle de Job (Offenbach, 1807), Isaïe (Fürth, 1807), et les Lamentations (_ib._ 1811), et conjointement avec S. J. Kohn, de Jérémie (_ib._ 1810). Une traduction d'Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Esdras, Néhémie et Chroniques par Ottensosser, Kohn et Schwabacher a paru à Fürth, 1807-23. Isaïe a également été traduit par Isaiah Hochstetter (Winter and Wünsche, "Die Jüdische Litteratur," iii. 744), Jérémie par Heinemann (Berlin, 1842), Job par Beer Blumenfeld (Vienne, 1826), et les Psaumes par Shalom Kohn (Hambourg, 1827). La période des biuristes mendelssohniens peut être dite à juste titre se terminer avec la Bible publiée par Moses Landau (20 parties, Prague, 1833-37), mentionnée ci-dessus. De cet ouvrage, les traductions du Pentateuque, des Psaumes et des Cinq Rouleaux étaient celles de Mendelssohn; les traductions des autres livres ont été contribuées par Moses Landau, J. Weisse, S. Sachs, A. Benisch et W. Mayer; et les Petits Prophètes ont été réimprimés d'après l'édition de Dessau, 1805 (Steinschneider, "Cat. Bodl." No. 972). On peut aussi ajouter ici qu'une édition des Proverbes, Job et des Cinq Rouleaux, avec des traductions par Obernik, Euchel, Wolfson, Mendelssohn et Friedländer, avait déjà paru à Vienne en 1817-18; et en caractères hébreux à Bâle en 1822-27.

Autres versions allemandes.

La traduction de Mendelssohn menaçait de devenir canonique: mais les Juifs allemands avaient goûté aux savoirs modernes; et vers la fin de la première moitié du dix-neuvième siècle diverses tentatives individuelles ont été faites pour fournir au public des traductions meilleures, qui devaient refléter les progrès déjà réalisés à cette époque dans la science biblique. Le premier à se lancer dans cette entreprise fut Joseph Johlson (Asher ben Joseph de Fulda), dont la tentative, bien qu'elle mérite d'être mentionnée ici, ne fut pas couronnée de succès, nonobstant le fait que le texte était accompagné de notes philologiques savantes (Petits Prophètes, Carlsruhe, 1827; Pentateuque, _ib._ 1831; les livres historiques, _ib._ 1836). Bunsen (_l.c._ p. xvii.) déclare même son œuvre être "geistreich und scharfsinnig" (comparer Geiger's "Zeitschrift," 1836, p. 442; 1837, p. 121). On peut aussi mentionner la double traduction (littérale et métrique) d'Habacuc par A. A. Wolff; le "Hosea, Joel, Jonah, Obadiah und Nahum in Metrisch-Deutscher Uebersetzung" de Phœbus Philippsohn, Halle, 1827; la traduction sentimentale du Cantique des Cantiques par A. Rebenstein (Bernstein) (Berlin, 1834; comparer "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 324); l'Ecclésiaste de S. H. Auerbach (Breslau, 1837), où il y introduit sa propre philosophie; et les Psaumes de Michael Sachs (Berlin, 1835). Ce dernier était une protestation claire contre les tentatives précédentes, qui reflétaient trop l'individualité des traducteurs. Sachs a tenté de donner "un rendu purement scientifique et philologique" de l'original, prenant Rückert pour guide, dont il a inséré textuellement la traduction du Ps. lxviii. (voir Zunz, in Geiger's "Wiss. Zeit. Jüd. Theol." ii. 499, et in "G. S." iii. 116, qui caractérise l'ouvrage comme "quelque peu raide et maladroit"). Il a été réimprimé dans l'édition des Prophètes et des Hagiographa ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p193001.jpg), Fürth, 1842-47 (Zedner, "Cat. Hebr. Books Brit. Mus." p. 119), et a été révisé pour la Bible de Zunz ("Monatsschrift," xxxviii. 507). Cette protestation a été portée à l'excès par Gotthold Salomon, qui, en plus de son travail sur l'édition de Dessau des Petits Prophètes (voir ci-dessus), a traduit le Pentateuque (Krotoschin, 1848-49; voir la critique de Hess in "Allg. Zeit. des Jud." 1839, p. 80, et de L. Skreinka in "Literaturblatt des Orients," 1840, pp. 468 _et seq._). Les traductions de Job (Glogau, 1836) et du Pentateuque (_ib._ 1840) par Heimann Arnheim, bien qu'en caractères hébreux et destinées principalement à être utilisées comme partie du rituel, montrent un bon jugement et une formation philologique ("Literaturblatt des Orients," 1840, p. 641). Une simple mention peut être faite de l'Ecclésiaste de L. Herzberg (Brunswick, 1838; voir Zunz, in Jost's "Annalen," 1839, p. 102) et de la traduction métrique des Proverbes et des Lamentations de L. H. Löwenstein (Francfort-sur-le-Main, 1837-38). La "Deutsche Volks- und Schul-Bibel" de Gotthold Salomon (Altona, 1837) était la première traduction de l'Ancien Testament entier en caractères allemands faite par un Juif. Elle a été stéréotypée et était destinée à être vendue si bon marché que chacun pût se la permettre d'acheter (voir la correspondance in Jost's "Annalen," 1839, Nos. 12 _et seq._).

Bible de Zunz.

Plus important fut la tentative de L. Zunz pour fournir une Bible pour l'école et le foyer. En tant qu'éditeur, il ne traduisit que les livres des Chroniques, le reste du travail étant effectué par H. Arnheim, Julius Fürst et M. Sachs (Berlin, 1838). Zunz réussit dans une large mesure à produire une traduction qui, tout en s'en tenant strictement au texte massorétique, était à la hauteur de l'érudition de son époque et exempte des périphrases et des barbarismes des traducteurs antérieurs, bien qu'elle préservât encore la translittération des noms hébreux (Nestle, "Bibel-Uebersetzungen," p. 142). Mendelssohn n'avait traduit ni les Prophètes ni les Hagiographes ; et il n'est donc pas surprenant que la Bible de Zunz ait connu au moins six éditions jusqu'en 1855 et douze jusqu'en 1889 (voir Rosin, in "Monatsschrift," xxxviii. 512). Quelques années seulement plus tard, une autre traduction populaire fut produite par Solomon Herxheimer (Berlin, 1841-48 ; 3e éd. du Pentateuque, 1865), à laquelle fut ajouté un commentaire explicatif et homilétique. Bien que visiblement destinée à prendre la place du biur de Mendelssohn, Herxheimer déclare expressément que son travail a été fait « pour les Juifs et les Chrétiens » (Jost's "Annalen," 1839, pp. 312 _et seq._; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 513).

Une tentative encore plus ambitieuse fut celle de Ludwig Philippson. Il traduisit le texte à nouveau, visant à inclure les résultats les plus assurés et les plus récents de la critique et à produire ce qui, en tout sens, pouvait être appelé une Bible familiale. Pour cette raison, pour la première fois des illustrations furent ajoutées, ainsi que des introductions et un commentaire étendu destiné au profane intelligent. Ce travail occupa Philippson pendant dix-huit ans, et fut publié à Leipzig, 1839-56 ; 2e éd., 1858-59 ; 3e éd., 1862. Sa traduction fut alors publiée, conjointement avec les illustrations de Doré, par l'Israelitische Bibel-Anstalt, révisée par W. Landau et S. I. Kämpf (Stuttgart, 1875). Des éditions séparées de cette traduction du Pentateuque, des Psaumes, et du Pentateuque avec Isaïe, furent publiées (voir M. Philippson, in "Rev. Etudes Juives," xlii. 30). Mais même les légères concessions faites dans ces traductions à l'esprit exégétique moderne donnèrent offense en certains milieux ; une maison biblique rivale, l'Orthodoxe Israelitische Bibel-Anstalt, fut établie, qui, sur la base de la "Ha-Ketab we-haḲabbalah" de J. Z. Mecklenburg (Leipzig, 1839), produisit une traduction de la Bible strictement selon les lignes de l'exégèse traditionnelle juive (_ib._ 1865). La traduction du Pentateuque par J. Kosmann (Königsberg, 1847-52) avait une fin similaire. Allant encore plus loin dans cette direction, et en protestation évidente contre l'exégèse chrétienne radicale moderne, qu'il ignore entièrement, Samuel Raphael Hirsch. Dans sa traduction du Pentateuque (Francfort-sur-le-Main, 1867 ; 3e éd., 1899) et des Psaumes (1882), ainsi que dans la traduction des Petits Prophètes par son fils, M. Hirsch (_ib._ 1900), on voit un retour au "derash," dont toute l'école de Mendelssohn et de ses disciples avait cherché à se libérer (voir "Zeit. für Heb. Bibl." v. 78). De la "Die Bibel Neu Uebersetzt" de L. J. Mandelstamm, partiellement avec l'assistance de M. Kirchstein, seuls la Genèse et le Cantique des cantiques semblent avoir paru (Berlin, 1862-64). En 1901, une nouvelle traduction par S. Bernfeld fut commencée. Elle s'en tient strictement à la Masorah et préserve la forme hébraïque des noms propres.

Pendant tout ce temps, de nombreuses traductions de livres individuels parurent, dont la liste suivante est partielle, citée sous les noms de leurs auteurs respectifs :

- Israel ben Abraham, Job, en caractères hébreux, Prague, 1791. - Shalom Kohn, Psaumes, Hambourg, 1827. - Mendel Stern, Proverbes, en caractères hébreux, Presbourg, 1833. - J. Wolfson, "Das Buch Hiob. . . . Neu Uebersetzt . . .," Breslau-Leipzig, 1843. - E. J. Blücher, "Ruth, mit Deutscher Uebersetzung," Lemberg, 1843. - M. Löwenthal, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194001.jpg) . . . Nebst Uebersetzung . . . ," Francfort-sur-le-Main, 1846. - "Das Hohe Lied . . . Neue Deutsche Uebersetzung," Vienne, 1847. - Samuel Aschkenazi, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194002.jpg) (Cantique des cantiques, en caractères hébreux), Presbourg, 1847. - ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194003.jpg) (Une nouvelle traduction du Pentateuque, en caractères hébreux), Königsberg, 1856. - "Odiosus," "Das Buch Ijob im Engeren Anschluss an den Mass. Urtext" (voir "Hebr. Bibl." vi. 101). - S. Horwitz, "Das Hohe-Lied, das Aelteste Dramatische Gedicht," Vienne, 1863 (voir ib. vi. 62). - Adolph Brecher, "Die Psalmen Nebst Uebersetzung," Vienne, 1864. - Israel Schwarz, "Tikwat Enosh" (Job, en caractères allemands), Berlin, 1868. - Sänger, Maleachi, 1868. - Benjamin Holländer, Das Hohelied, Budapest, 1871. - Hermann Tietz, Das Hohelied, 1871. - M. Levin, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194004.jpg) (avec traduction judéo-allemande), Odessa, 1873. - H. Grätz, "Krit. Commentar zu den Psalmen, Nebst . . . Uebersetzung," Breslau, 1882 (comparer son Kohelet, 1871, et Song of Songs, 1871). - S. I. Kämpf, Das Hohelied, Prague, 1877 ; 3e éd., 1884. - K. Kohler, Das Hohelied, Chicago, 1878. - Hermann Tietz, "Das Buch der Elegien Metrisch Uebersetzt," Schrimm, 1881. - J. Landsberger, Das Buch Hiob, Darmstadt, 1882. - D. Leimdörfer, "Kohelet . . . Nebst Uebersetzung," Hambourg, 1892. - Herman Rosenthal, "Worte des Sammlers (Kohelet) . . . in Deutsche Reime Gebracht," New York, 1885 ; 2e éd., 1893. Idem, "Das Lied der Lieder, in Neue Deutsche Reime Gebracht," New York, 1893. - M. Jastrow, "Der Neunzigste Psalm; Uebersetzt," Leipzig, 1893. - Salomon Plessner (transl. de Nahum, dans ses "Biblisches und Rabbinisches," pp. 29 et seq.), Francfort-sur-le-Main, 1897.

Traduction anglaise.

Ce n'était que vers les années quarante du dix-neuvième siècle que le désir se fit vraiment sentir parmi les Juifs anglais d'avoir une traduction de la Bible en langue vernaculaire qui leur fût propre, bien que David Levi eût produit en 1787 (Londres) une version anglaise du Pentateuque (Steinschneider, "Cat. Bodl." No. 926). Partout où une Bible anglaise était nécessaire pour eux, ils avaient librement utilisé la King James Version ; comme on le voit dans le Pentateuque (y compris Hafṭarot et Scrolls) qui fut publié à Londres, 1824, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194005.jpg). Mais l'improprieté de l'usage de cette version, avec ses titres chrétiens et ses interprétations messianiques, finit par s'imposer aux Juifs anglais (voir par exemple, S. Bennett, "Critical Remarks on the Authorized Version," Londres, 1834 ; Seelig Newman, "Emendations of the Authorized Version of the O. T." Londres, 1839 ; Benjamin Marcus, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194006.jpg) (Fountain of Life): Mistranslations and Difficult Passages of the O. T. Corrected and Explained," Dublin, 1854).

La vénération pour ce chef-d'œuvre de la littérature anglaise s'était aussi imposée aux Juifs. Quand la Revised Version fut publiée (17 mai 1881) elle fut avidement saisie comme étant beaucoup plus convenable pour les lecteurs juifs, puisque les titres en avaient été supprimés et la christologie de nombreux passages atténuée. La Revised Version sert de base pour des ouvrages tels que la "Bible for Home Reading" de C. G. Montefiore, Londres, 1896, 1901. Que la révision ne soit pas complète du point de vue juif peut se voir dans le feuillet publié par la Jewish Religious Education Board, "Appendix to the Revised Version" (Londres, 1896), qui énonce les "alterations deemed necessary with a view to placing the Revised Version in the hands of members of the Jewish faith." Ces modifications se limitaient aux séries de cas suivantes : à savoir, "where the R. V. departs from the Masoretic text," et "where the R. V. is opposed to Jewish traditional interpretation or dogmatic teaching." Isa. lii. 13-liii. 12 y est réimprimé en entier.

Le premier à tenter de produire une traduction juive indépendante fut D. A. de Sola de Londres, qui en 1840 publia un "Prospectus of a New Edition of the Sacred Scriptures, with Notes Critical and Explanatory." Morris J. Raphall et J. L. Lindenthal lui étaient associés dans le travail. Un seul volume, Genèse, parut (Londres, 1841 ; 2e éd., 1843). D'une tentative similaire de S. Bennett, "The Hebrew and English Holy Bible," seuls Gen. i.-xli. parurent (1841) ; bien que la même année Francis Barham publiât "The Hebrew and English Holy Bible," qui contenait la révision anglaise de Bennett et une révision de l'hébreu par H. A. Henry. Une autre traduction fut publiée par A. Benisch, "Jewish School and Family Bible" (1851-56) ; et une autre encore par M. Friedländer, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194007.jpg), The Jewish Family Bible" (1884). Cette dernière a eu la sanction du grand rabbin des Juifs britanniques. A. Elzas a publié des traductions des Proverbes (Leeds et Londres, 1871), de Job (1872), d'Osée et de Joël (1873), dans une tentative "to put the English reader, at least in some degree, in the position of one able to read the Hebrew text." Aucune de ces versions, cependant, ne peut être dite avoir remplacé ni la Authorized Version ni la Revised Version dans l'estime du public juif lecteur de Bible.

Les États-Unis.

Aux États-Unis, le même sentiment qu'en Angleterre avait été engendré contre les titres de la Authorized Version. Isaac Leeser tenta de corriger cela et en même temps de traduire la Bible de manière à ce qu'elle représentât les meilleurs résultats de l'étude moderne. Les Prophètes, les Psaumes et Job sont pratiquement de nouvelles versions. Dans les autres parties, la Authorized Version est très étroitement suivie ; et bien que dans la plupart des cas les changements que Leeser fit rapprochent la traduction du texte massorétique, la beauté de l'anglais en fut souvent sacrifiée. Une édition in-quarto fut publiée en 1854, et une édition in-douze en 1856. Malgré ses insuffisances, l'édition plus petite a eu une large circulation, due surtout au développement de l'instruction en matière d'école religieuse juive aux États-Unis. L'inadéquation de la traduction de Leeser s'est cependant fait sentir ; et la Jewish Publication Society of America en 1898 entreprit la préparation d'une révision complète. Celle-ci se fait maintenant (1902) par un nombre de savants, avec M. Jastrow, Sr., en tant que rédacteur en chef, et K. Kohler et F. de Sola Mendes en tant que rédacteurs associés (voir Reports of the Jewish Publication Society of America, 1898 _et seq._).

Versions espagnoles.

Nulle part en Europe l'histoire de la traduction de la Bible en langue vernaculaire n'est aussi intéressante qu'en Espagne. Des traductions y ont été faites dès le treizième siècle, malgré le fait qu'en 1234 Jaime I., au moyen de législation séculière, en interdisit l'usage (Lea, "History of the Inquisition in the Middle Ages," i. 324). Comme Berger l'a montré, les plus anciens rendus castillans, même quand ils étaient faits par des chrétiens, se rapprochent beaucoup plus de l'original hébreu que ceux d'aucun autre pays. Cela semble avoir été dû à l'influence précoce et intense des Juifs dans la péninsule et à la coloration orientale de toute sa culture. Cette similarité se voit même dans la forme extérieure. Les traductions espagnoles suivent la division hébraïque de la Bible en trois grandes parties ; et il est significatif que le premier polyglotte (Complutensien) ait vu le jour en Espagne. Dans la production de ces traductions, tant les Juifs que les convertis ont pris une part louable. L'une des plus anciennes de telles traductions castianes se trouve dans le MS. aragonais i. j, 8 de la Bibliothèque de l'Escurial, Madrid. Les Psaumes dans ce manuscrit sont distinctement dits être la traduction "que fizo Herman el Aleman, segund cuemo esta en el ebraygo." Herman a sans doute dû connaître l'hébreu, bien que Berger pense qu'il fit usage du "Psalterium Hebraicum" de Jérôme et non du "Psalterium Gallicum." Ce Herman le Germain est le bien connu traducteur latin d'Aristote, et a vécu entre 1240 et 1256.

Au quinzième siècle, plusieurs révisions de ces traductions plus anciennes ont été faites, mais toujours selon le texte hébreu. Une telle révision est représentée par les MSS. i. j, 5 et i. j, 3 de l'Escurial et MS. cxxiv. 1, 2 (daté de 1429) de la Bibliothèque d'Évora. En un certain nombre d'endroits ces traductions ostentatoirement suivent l'original hébreu et vont à l'encontre de la tradition ecclésiastique habituelle. Le MS. i. j, 3 de l'Escurial est richement enluminé avec des miniatures, qui ont peut-être pu être l'ouvrage de miniaturistes hébreux. Dans ce manuscrit non seulement l'ordre des livres du Canon est le même que dans l'hébreu, mais le Pentateuque est divisé en sections qui s'accordent avec les parashiyot et sedarim. Les noms propres aussi suivent l'hébreu et non la version latine ordinaire. Berger pense que ce manuscrit peut être l'ouvrage du Juif baptisé, Juan Alfonso de Buena, qui était au service de Jaime II. (1416-54). Un intérêt supplémentaire s'attache à ces révisions, car elles ont formé la base pour l'espagnol du Pentateuque de Constantinople de 1547 et pour la Bible de Ferrare ; la Bible de Ferrare, à son tour, a été la base pour la traduction protestante de la Bible par Cassidoro de Reina (1569) ; pour la révision par Cyprian de Valera (1602), le "Psalterio de David Conforme a la Verdad Hebraica" (Lyon, 1550), et le Psaltier de Juan Perez (Venise, 1557 ; voir Samuel Berger, in "Romania," xxviii.).

Une révision encore plus importante, de nouveau sur la base de l'hébreu, a été faite par [Rabbi Moses Arragel](/articles/1818-arragel-moses) (1430) pour Don Luis de Guzman, maître de l'Ordre de Calatrava. Selon Berger, cette révision a été faite sur le MS. Escurial i. j, 3. Elle est pourvue d'un commentaire, et profusément illustrée, peut-être par des artistes juifs. Un manuscrit des Prophètes, en deux langues, dans la bibliothèque de l'Académie d'Histoire à Lisbonne suit la traduction d'Arragel si étroitement qu'il peut possiblement représenter la première tentative d'Arragel.

Cette traduction castiilane (ou révision) a été portée par les exilés espagnols en Italie et Turquie. Elle devint aussi la Bible des Juifs espagnols aux Pays-Bas. Elle apparaît d'abord en caractères hébreux dans le Pentateuque Polyglotte (hébreu, Onkelos, Rashi, néo-grec, et espagnol), publié à Constantinople par Eliezer Bekor Gerson Soncino (voir Belleli, in "Rev. Etudes Juives," xxii. 250 ; Grünbaum, "Jüd.-Span. Chrestomathie," p. 6). Le néo-grec représente une traduction différente de celle de l'espagnol. De ce polyglotte elle trouva son chemin dans la célèbre Bible de Ferrare de 1553, qui porte le titre "Biblia en Lengua Española, Traduzida Palabra por Palabra de la Verdad Hebrayca por Muy Excellentes Letrados, Vista y Examinada por el Oficio de la Inquisicion. Con Privilegio del Ylustrissimo Señor Duque de Ferrara." Deux éditions semblent avoir été publiées : l'une, pour les Juifs, signée par Abraham Usque ; l'autre, pour les chrétiens, signée par Jerome of Vargas (De los Rios, "Juifs d'Espagne," p. 432).

De los Rios (_l.c._ p. 436) pense que l'auteur de "Retratos o Tablas de las Historias del Testamento Viejo," Lyon, 1543, une exposition populaire de la Bible, était un Marrane ; mais cela ne semble pas avoir été prouvé.

La Bible de Ferrare de 1553 devint la base des traductions espagnoles et ladino publiées à Salonique et Amsterdam. C'est ce qu'on voit aussi dans le titre, qui s'énonce généralement « Biblia en Lengua Española, Traduzida Palabra por Palabra de la Verdad Hebrayca ». Il en est de même du « ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195001.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195002.jpg) con Ladino y Agora Nos a Parecedo Comenzar de los ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195003.jpg), » etc., publié par Joseph b. Isaac b. Joseph Jabez en 1568, comme Kayserling (_l.c._ p. 28) l'a clairement démontré. À Amsterdam la traduction demeura substantiellement la même, bien qu'elle fût souvent révisée (« reformada ») : 1611 ; 1630 et 1646, Gillis Joost ; corrigée par Samuel de Caceres et imprimée par Joseph Athias (1661) ; corrigée par Isaac de Abraham Dias et imprimée par David Fernandes (1726) ; « con las annotaciones de Or Torah, » Proops, 1762. Cette traduction parut aussi à Venise, 1730 ; Constantinople, 1739-43 ; _idem_, 1745 ; Vienne (éd. par Israel Bahor Haim et Aaron Pollak), 1813-16 ; et Smyrne, 1838. Une traduction ladino, en caractères de Rashi, fut publiée à Vienne, 1841 (2e éd., 1853), par W. S. Schauffler pour l'American Bible Society (voir Twenty-sixth Annual Report of the society, 1842, p. 120). Selon Grünbaum, elle présente de nombreux points de ressemblance avec le Pentateuque de 1547 et avec la Bible de Ferrare.

Diverses portions de cette traduction parurent séparément, une édition du Pentateuque paraissant la même année (1553) et à Ferrare. À cela on peut ajouter ce qui suit :

« Humas de Parasioth y Aftharoth, » éd. Manasseh ben Israel, Amsterdam, 1627 ; éd. Ymanuel Benveniste, _ib._ 1643 ; une autre édition fut publiée par Manasseh lui-même, _ib._ 1655 (bien qu'il en dise, « Obra nueva y de mucha utilidad ») ; « Parafrasis Comentada sobre el Pentateucho, » éd. Isaac da Fonseca Aboab, _ib._ 1681 ; « Cinco Libros de la Ley Divina . . . de Nuevo Corrigidos, » par David Tartas, _ib._ 1691 ; « Los Cinco Libros . . . Interpretados en Lengua Española, » éd. Joseph Franco Serrano, _ib._ 1695 ; 1705 et 1724 (Isaac de Cordova) ; « Cinco Libros, » corrigé par David de Elisha Pereyra, _ib._ 1733 ; « El Libro de la Ley, » publié à Constantinople en 1873, est, selon Grünbaum (_l.c._ 12), une traduction différente.

Les Psaumes ont été réimprimés : Ferrare, 1553 ; Salonique, 1582 ; Amsterdam, 1628, 1730 ; Vienne, 1822 ; Constantinople, 1836. Plusieurs autres traductions des Psaumes ont été produites durant les dix-septième et dix-huitième siècles. David Abenatar Melo, un Marrane qui s'échappa à l'Inquisition de Madrid et devint à nouveau juif en 1611, publia en 1626 (« En Franquaforte ») « Los CL Psalmos de David, en Lengua Española, en Varias Rimas. » Dans ces Psaumes il a inséré, le cas échéant, un récit de ses propres souffrances et de celles de son peuple (De los Rios, _l.c._ pp. 468 _et seq._ ; Kayserling, « Bibl. Esp.-Port.-Jud. » pp. 67, 68). Une traduction en prose fut faite par Ephraim Bueno et Jonah Abravanel (Amsterdam, 1650 ; 2e édition, 1723 ; voir De los Rios, _l.c._ p. 498). Une troisième traduction fut faite par Jacob Judah Leon Templo (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196001.jpg), « Las Alabancas de Santidad, » Amsterdam, 1671)—une traduction en prose ad litteram de l'original (De los Rios, _l.c._ p. 570 ; Kayserling, _l.c._ p. 58).

De tous les livres bibliques, le Cantique des Cantiques fut le plus fréquemment réimprimé. Une traduction fut publiée à Hambourg, 1631, par David Cohen Carlos « de lengua Caldayca » ; mais la version préférée était celle d'Abraham de Isaac Lañado, publiée en caractères hébreux à Venise, 1619, 1654, 1655, 1672, 1716, 1721, 1739, 1805 ; Livourne, 1769, 1787 ; Vienne, 1820. L'édition de Venise fut publiée en caractères romains par Moses Belmonte, Amsterdam, 1644, et fut réimprimée à Amsterdam, 1664, 1683, 1701, 1712, 1724, et 1766. Une édition des Megillot parut à Constantinople en 1813 (voir Kayserling, _l.c._ p. 30) ; une Megillah en espagnol, datant du début du dix-huitième siècle, existe au British Museum (« Jewish Chron. » March 21, 1902, p. 24) ; mais la provenance de la traduction est inconnue (sur de telles Megillot voir Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages, » p. 345). Une traduction portugaise des Psaumes, sous le titre « Espejo Fiel de Vidas, » par Daniel Israel Lopez Laguna, parut à Londres, 1720 (Kayserling, _l.c._ p. 55).

Versions italiennes.

Tant Zunz (« G. V. » 2e éd., p. 457) que Güdemann (« Erziehungswesen in Italien », p. 206) font référence à des traductions anciennes de la Bible en italien ; ce dernier parle même de leur existence aux treizième et quatorzième siècles. Steinschneider a montré (« Monatsschrift », xlii. 117) que c'est une erreur. Il est vrai que certaines autorités (comme Zedekiah ben Abraham et Isaiah de Trani le Jeune) ont insisté sur la nécessité de traduire la Bible dans la langue du pays ; mais Judah 'Azahel del Bene (Ferrara, _c._ 1650) a conseillé contre la pratique d'enseigner l'italien aux filles, car il craignait qu'elles ne conçoivent un amour pour la poésie amoureuse (Vogelstein et Rieger, « Juden in Rom », ii. 300). Ce n'est qu'au seizième siècle que des tentatives ont été faites pour produire des versions de portions de la Bible en italien. Steinschneider (_l.c._ p. 318) a donné une liste des traductions manuscrites existantes. C'est vers la fin de ce siècle que les premières traductions ont été publiées. David de Pomis (mort après 1593) a fait paraître une édition de l'Ecclésiaste avec traduction italienne à Venise en 1571. Elle a été dédiée au cardinal Grimani d'Aquilée (Steinschneider, « Cat. Bodl. » No. 218). Il a aussi traduit Job et les Psaumes, mais ne les a jamais publiés (« Monatsschrift », xliii. 32). Hezekiah Rieti a publié (Venise, 1617) le texte des Proverbes avec traduction italienne (« Cat. Bodl. » No. 418) ; mais on ne peut trouver aucun compte rendu fiable d'une traduction de Job (Rome, 1773) mentionnée par Zunz.

Les traductions faites au dix-neuvième siècle ont toutes plus ou moins subi l'influence du biur de Mendelssohn. En 1818 I. S. Reggio a publié à Vienne, à titre de spécimen, dix versets de la Genèse. Il a ensuite fait paraître le Pentateuque entier (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196002.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196003.jpg) « colla Traduzione Italiana »), Vienne, 1821 ; et dix ans plus tard « Il Libro d'Isaia, Versione Poetica » (Udine, 1831). Une critique sévère a été adressée à cette version, car elle semblait affaiblir la force de nombreuses prophéties messianiques (voir Fürst, « Bibl. Jud. » iii. 140). En 1844 est parue à Livourne (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196004.jpg)) une traduction italienne de Job (Fürst, « Bibl. Jud. » ii. 282, dit qu'elle est de Luzzatto) ; et en 1872 un « Pentateuque, rév. von Letteris, mit Ital. Uebersetzung von Diodati » (Vienne ; peut-être aussi Londres, 1836, 1864). Lelio della Torre de Padoue a traduit les Psaumes (Vienne, 1845). Mais ceux-ci ont été complètement éclipsés par les versions exactes et soignées de S. D. Luzzatto, dont le jugement poétique et littéraire en faisait un excellent styliste (voir « Hebr. Bibl. » vi. 99 ; Elbogen, dans « Monatsschrift », xliv. 460). Il a traduit la plus grande partie de l'Ancien Testament : Isaïe (« Il Profeta Isaia Volgarizzato »), Padoue, 1855-63 ; Pentateuque, Rovigo, 1860, Padoue, 1876 ; Prophètes, Rovigo, 1868 ; Isaïe, Padoue, 1867 ; Job, Trieste, 1853 ; généralement avec un précieux commentaire hébreu. D'autres traductions italiennes ont été produites : par Giuseppe Barzilai, « El Cantico dei Cantici » (Trieste, 1865) sous forme dramatique, suivant les traductions allemandes de Mandelstamm et Horowitz ; Lamentations (Trieste, 1867) ; par David Castelli, l'Ecclésiaste (Pise, 1866) ; par Benjamin Consolo, Lamentations, Job et Psaumes (Florence ?) ; par Gino Morpurgo, l'Ecclésiaste (Padoue, 1898) et Esther (1899).

Traductions françaises.

Les traductions de l'Ancien Testament en français n'ont pas été faites par les Juifs avant la première moitié du dix-neuvième siècle. En 1831 Samuel Cahen a commencé une œuvre monumentale, « La Bible, Traduction Nouvelle » (Paris, 1833-46, en 18 volumes), à laquelle ont été ajoutés de nombreux essais de Munk, Zunz, Dukes et d'autres, ainsi qu'un commentaire quelque peu rationaliste. Cette œuvre a été critiquée quelque peu sévèrement (Abbé B. M. B., « Quelques Mots sur la Traduction Nouvelle », etc., Paris, 1835 ; « Allg. Zeit. des Jud. » 1839, p. 30 ; « Literaturblatt des Orients », 1840, pp. 368 _et seq._ ; Wogue, « Hist. de la Bible », p. 342) ; mais elle a dominé le domaine pendant de nombreuses années. Une version plus fidèle du Pentateuque a été publiée en 1860 par Lazare Wogue. Parmi d'autres traducteurs on peut mentionner A. ben Baruch Créhange (Psaumes) et B. Mossé d'Avignon (Psaumes). Mais une Bible populaire et bon marché en français était vivement demandée par les Juifs français. Une telle œuvre a été entreprise par l'actuel grand-rabbin de France, Zadok Kahn, et les autres membres du rabbinat français. La traduction de Wogue a été employée comme base pour le Pentateuque. L'auteur lui-même a fait les corrections nécessaires ; et avant sa mort il a pu terminer la traduction des livres prophétiques jusqu'au Premier Livre des Rois (vol. i., Paris, 1899). En même temps et sous les mêmes auspices, une Bible pour enfants (« Bible de la Jeunesse ») est en cours de publication.

Traductions hollandaises.

Peu de traductions ont été tentées par les Juifs néerlandais dans leur langue vernaculaire : les Juifs espagnols et portugais en Hollande faisaient usage de l'espagnol ; les Juifs ashkénazes, de la version judéo-allemande. La version des Psaumes en néerlandais imprimée par Joseph Athias a été faite par Johann Leusden. Pendant le dix-neuvième siècle, des traductions ont été faites par Samuel J. Mulder (voir son « Tets over de Vertalingen der Heilige Schrift », Amsterdam, 1859) : Pentateuque, 1826-42 ; Grands Prophètes, 1827 ; Cinq Rouleaux, 1835, 3e éd. 1859 ; Proverbes, 1836 ; Psaumes, 1838 ; tous publiés à Amsterdam. Il a également publié une « Bijbel voor de Israel. Jeugd », Leyde, 1843-54. En 1844, Gabriel J. et M. S. Polak ont publié une traduction néerlandaise de Job, qui devait avoir été suivie d'une traduction des Prophètes et de l'Hagiographe. Cela ne semble jamais avoir été achevé. Une traduction d'Isaïe par G. A. Parsen existe également ; tandis qu'une nouvelle traduction du Pentateuque, ensemble avec la Targum et Rashi, a été produite par A. S. Ondervijser en 1901.

Les traductions juives en russe sont de date très récente. L'auteur ne connaît que les Psaumes de L. I. Mandelstamm (Berlin, 1864 ; 3e éd. 1872), Pentateuque (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p197001.jpg), 3e éd., Berlin, 1872) ; les Psaumes d'Aaron Pumpiansky (Varsovie, 1871) ; les Psaumes de J. Cylkow (1883) ; et une version d'Esther en allemand (caractères hébreux) et en russe (Varsovie, 1889). Une traduction polonaise a été publiée par D. Neufeld.

Leer el artículo original

TRADUCTIONS DE LA BIBLE

Este artículo aún no está traducido: se muestra en francés.

Les Targums.

Des traductions juives de l'Ancien Testament ont été faites de temps à autre par des Juifs, afin de satisfaire aux besoins, tant pour le service public que pour la vie privée, de ceux qui avaient graduellement perdu la connaissance de l'ancienne langue nationale. En Palestine même, l'hébreu a d'abord été supplanté par l'araméen, puis par le grec, et finalement par l'arabe. Des portions de la Bible elle-même (dans Daniel et Esdras) sont écrites en araméen ; et il n'existe pas de consensus parmi les savants quant à la question de savoir si ces passages ont été originellement écrits dans cette langue ou traduits de l'hébreu. Bien que l'hébreu soit resté la langue sacrée et littéraire, sa connaissance doit avoir décliné à un tel point au second siècle avant l'ère commune qu'il devint nécessaire qu'un « meturgeman » traduise le Pentateuque hebdomadaire et les leçons prophétiques lus à la synagogue (Berliner, "Onkelos," p. 7; Friedmann, "Akylos und Onkelos," p. 58). L'affirmation faite par les deux savants cités à l'instant, selon laquelle les Targums remontent à l'époque d'Esdras, est injustifiée ; car ils sont écrits dans un dialecte araméen occidental. Les autorités de la synagogue n'autorisaient pas volontairement ces traductions à être rédigées par écrit. Elles estimaient que cela constituerait une prime donnée à l'ignorance du texte, et que la parole biblique risquerait d'être mal interprétée ou même incomprise. Elles cherchaient à minimiser le danger en permettant seulement qu'un verset soit lu et traduit à la fois dans le cas de la Loi, et trois dans le cas des Prophètes (Meg. iv. 4). Certains passages ne devaient jamais être traduits publiquement ; _par ex._, Gen. xxxv. 22 ; Ex. xxxii. 21-25 ; Num. vi. 23-26 ; Lev. xviii. 21 (Meg. iv. 10 ; see. Berliner, _l.c._ p. 217 ; Ginsburger, "Monatsschrift," xliv. 1). Ces passages se trouvent dans le Pseudo-Jonathan et dans les Midrashim pour usage privé. Il est expressément établi qu'aucune copie écrite du Targum ne devait être utilisée dans le service public (Yer. Meg. iv. 1) ; bien que pour des usages privés des copies aient été autorisées à être faites. Le Talmud mentionne, il est vrai, un Targum écrit du Livre de Job qui était en la possession de Rabban Gamaliel Ier pendant le Second Temple, environ 20-40 C. E. (Tosef., Shab. xiv. 2; Bab. Shab. 115a; Soferim xv. 2 ; compare Berliner, _l.c._ p. 90), et qui fut alors enterré sur ordre de Gamaliel. Dans Yer. Shab. xvi. 1 une tradition variante rapporte qu'un tel Targum avait été en la possession tant du plus ancien que du plus jeune Gamaliel. Bien que cette tradition soit acceptée même par Bacher ([see Aramaic Language](/articles/1707-aramaic-language-among-the-jews)), il n'existe aucun moyen de vérifier cette affirmation, le Targum existant de ce livre étant d'une date beaucoup plus tardive. La tradition ne peut certainement pas faire référence à une traduction grecque, comme le soutient Grätz ("Monatsschrift," xxvi. 87). Selon Blau ("Einleitung," p. 79) la référence concerne une copie écrite en ancien caractère hébreu. Le Targum est largement une paraphrase, reproduisant la tradition rabbinique quant au sens du texte. Pour une histoire de ce Targum [see Targum](/articles/14248-targum).

En passant, un mot devrait être dit sur la version samaritaine du Pentateuque dans le dialecte araméen occidental, que les Samaritains parlaient autrefois. Il n'est pas encore possible de dire dans quel siècle cette version a été faite. Même si les citations figurant sous la rubrique τὸ Σαμαρειτικόυ, qui se trouvent dans les scholies de l'Hexapla d'Origène, s'y rapportent, Kohn croit qu'elles sont tirées d'une traduction grecque du samaritain faite en Égypte. Le texte a été édité en caractères samaritains par H. Petermann et K. Vollers (Berlin, 1872-91), et en caractères hébreux par A. Brüll (1873-75), d'après la Polyglotte de Londres. L'édition de M. Heidenheim en caractères hébreux, dont seule la Genèse a paru ("Bibliotheca Samaritana," i., Leipsic, 1884), a été très sévèrement critiquée (see Nestle, "Uebersetzungen der Bibel," p. 205).

Influence de l'hellénisme.

L'établissement d'un grand nombre de Juifs dans diverses parties du monde grec, l'hellénisation de la Palestine, et la présence à Jérusalem de Juifs venus de tous les pays, surtout de ceux soumis à l'influence grecque, ont forcé au cours du temps les Rabbins à traiter la question de manière plus libérale. Selon Meg. ii. 1, il était interdit de lire la Meguillah en araméen ou dans toute autre langue non hébraïque, sauf pour les Juifs étrangers (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185001.jpg)) à Jérusalem (voir la Baraïta dans Bab. Meg. 18a; Shab. 115b); et que de tels Juifs étrangers se trouvaient en nombre dans la ville, c'est ce qu'on voit dans Actes ii. 5-11. De même, il se trouve, selon une autre tradition (Meg. i. 8), qu'il était permis d'écrire les livres bibliques dans n'importe quelle langue (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185002.jpg)); bien que R. Simon ben Gamaliel restreignît cette permission au grec (Yer. Meg. i. 1): « Après un examen attentif, il s'est avéré que le Pentateuque ne pouvait être adéquatement traduit que en grec »). Des preuves existent du fait que dans la synagogue du ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185003.jpg) le grec était librement utilisé (Tosef., Meg. iv. 13). Il existe même une tradition selon laquelle des lettres grecques étaient gravées sur le coffre du Temple dans lequel on gardait les sicles (Sheḳ. iii. 2); et il existe aussi un témoignage chrétien à ce sujet (Justin, « Cohortatio ad Græcos », xiii.; Tertullien, « Apologia », xviii.; Frankel, « Vorstudien », p. 56). Il est rapporté qu'en Asie Mineure R. Meïr ne put trouver une Meguillah écrite en hébreu (Tosef., Meg. ii. 4); et les lectures hebdomadaires tant de la Loi que des Prophètes furent lues en grec dès une date ancienne à Alexandrie (« Jew. Quart. Rev. » ix. 730). Ceci rend compréhensible l'affirmation que « la Loi peut être lue dans n'importe quelle langue » (Soṭah 33a; Meg. 17b). Le passage bien connu de la Mishnah (Yad. iv. 5) qui mentionne l'impureté lévitique occasionnée par le contact des livres bibliques, et qui excepte particulièrement le Targum de ces dispositions, a été très justement expliqué par Blau comme ne se référant qu'à différents degrés de sainteté: aucune traduction ne pouvait bien sûr être mise au même niveau que l'original hébreu.

À une date ultérieure—peut-être au deuxième siècle de l'ère présente—une vue différente semble avoir prévalu; et il était dit que le jour où la Loi fut traduite en grec fut aussi malheureux pour les Juifs que celui où le Veau d'or fut fabriqué (Soferim i. 8, 9). Même enseigner le grec aux enfants fut interdit (Soṭah ix. 14); bien qu'il fût encore permis d'enseigner le grec à une jeune fille, puisqu'une connaissance de cette langue était considérée comme un accomplissement. Manifestement ce changement de vue fut occasionné par l'essor de l'Église chrétienne, qui n'utilisait la Bible que dans la version de la Septante. On verra que au Moyen Âge le désir de plaire aux femmes pendant l'office et de les instruire a conduit à l'introduction de la langue vernaculaire, spécialement pour les leçons prophétiques. Le traité Soferim en fait même un devoir « de traduire, pour les femmes, les lectures hebdomadaires du Pentateuque et des Prophètes avant la fin de l'office. La traduction ne fut pas lue verset par verset après l'hébreu, mais comme un passage continu » (Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages », p. 345).

La Septante.

La plus ancienne et la plus importante de toutes les versions faites par les Juifs est celle appelée « La Septante » (« Interpretatio septuaginta virorum » ou « seniorum »). C'est un monument du grec parlé par la grande et importante communauté juive d'Alexandrie; non pas du grec classique, ni même du style hellénistique affecté par les écrivains alexandrins. Si le récit donné par Aristée était véridique, on devrait trouver quelques traces d'influence palestinienne; mais une étude des papyri égyptiens, qui sont abondants pour cette période particulière, montre selon Mahaffy et Deissmann une très proche similitude entre la langue qu'ils représentent et celle de la Septante, sans parler des mots égyptiens déjà reconnus par Hody et Eichhorn. Ces papyri ont dans une certaine mesure réinstallé Aristée (vers 200 av. J.-C.) dans l'opinion des savants. C'est sur sa « Lettre à Philocrate » que repose la tradition quant à l'origine de la Septante. On croit maintenant que bien qu'il ait pu se tromper sur certains points, ses faits en général sont dignes de créance (Abrahams, dans « Jew. Quart. Rev. » xiv. 321). Selon Aristée, le Pentateuque fut traduit à l'époque de Philadelphe, le second Ptolémée (285-247 av. J.-C.), traduction qui fut encouragée par le roi et bien reçue par les Juifs d'Alexandrie. Grätz (« Gesch. der Juden », 3e éd., iii. 615) se tient seul en l'attribuant au règne de Philométor (181-146 av. J.-C.). Quelque part que le roi ait pu avoir dans l'œuvre, elle satisfit manifestement à un besoin pressant ressenti par la communauté juive, parmi laquelle la connaissance de l'hébreu déclinait rapidement avant les exigences de la vie quotidienne.

On ne sait pas quand les autres livres de la Bible ont été traduits en grec. Le petit-fils de Ben Sira (132 av. J.-C.), dans la préface de sa traduction de l'ouvrage de son grand-père, parle de la « Loi, des Prophètes, et du reste des livres » comme étant déjà en circulation de son temps. Une Chroniques grecque est mentionnée par Eupolemus (milieu du deuxième siècle av. J.-C.) ; Aristeas, l'historien, cite Job ; une note de bas de page de l'Esther grec semble montrer que ce livre était en circulation avant la fin du deuxième siècle av. J.-C. ; et le Psautier de la Septante est cité en I Macc. vii. 17. Il est donc plus que probable que la totalité de la Bible a été traduite en grec avant le commencement de l'ère chrétienne (Swete, "An Introduction to the O. T. in Greek," ch. i.). Le grand nombre de communautés juives parlant le grec en Palestine, Syrie, Mésopotamie, Asie Mineure, et Afrique du Nord doit avoir facilité sa diffusion dans toutes ces régions. Les citations de l'Ancien Testament qui se trouvent dans le Nouveau sont principalement tirées de la Septante ; et même quand la citation est indirecte, l'influence de cette version est clairement visible. Cela expliquera aussi dans une certaine mesure l'influence indubitable de la Septante sur la traduction syriaque appelée la « Peshiṭta ».

Étant une œuvre composite, la traduction varie selon les différents livres. Dans le Pentateuque, naturellement, elle s'attache le plus étroitement à l'original ; dans Job elle s'en écarte le plus largement. Dans certains livres (_p. ex._, Daniel) l'influence du Midrash juif est plus apparente que dans d'autres. Là où elle est littérale elle est « intolérable comme œuvre littéraire » (Swete, _ib._ p. 22). La traduction, qui montre parfois une ignorance particulière de l'usage hébreu, a évidemment été faite d'après un codex qui différait considérablement par endroits du texte cristallisé par la Masorah. Son influence sur les Juifs parlant le grec doit avoir été grande. Avec le temps elle devint la Bible grecque canonique, comme la traduction de Luther devint l'allemande, et la Version autorisée l'anglaise. C'est la version utilisée par les écrivains juifs hellénistiques, Demetrius, Eupolemus, Artabanus, Aristeas, Ézéchiel, et Aristobulus, ainsi que dans le Livre de la Sagesse, la traduction de Ben Sira, et les Sibylles juives. Hornemann, Siegfried, et Ryle ont montré que Philon fonde ses citations de la Bible sur la Version de la Septante, bien qu'il n'hésite pas à les modifier ou à les citer avec beaucoup de liberté. Josephus suit cette traduction de près (Freudenthal, "Hellenistische Studien," ii. 171 ; Siegfried, in Stade's "Zeitschrift," iii. 32). Elle devint partie de la Bible de l'Église chrétienne.

Aquila.

Deux choses cependant rendirent la Septante finalement importune aux Juifs. Sa divergence du texte accepté (appelé par la suite Massorétique) était trop évidente ; et elle ne pouvait donc servir de base à la discussion théologique ou à l'interprétation homilétique. Cette méfiance était accentuée par le fait qu'elle avait été adoptée comme Écriture sainte par la nouvelle foi. Une révision dans le sens du texte canonique juif était nécessaire. Cette révision a été faite par un prosélyte, [Aquila](/articles/1674-aquila-akvlac-foreignchars-v02p034001-jpg-foreignchars), qui vécut sous le règne d'Hadrien (117-138). On rapporte qu'il fut un élève de R. Akiba et qu'il incorpora dans sa révision les principes de l'interprétation littérale la plus stricte du texte ; certainement sa traduction est pédante, et son grec est rude. Elle s'efforça uniquement de reproduire le texte mot pour mot, et pour cette raison elle se répandit rapidement dans les milieux strictement juifs où l'hébreu était encore compris. Non seulement aux jours d'Origène était-elle ainsi populaire, mais, selon le témoignage de Jérôme et d'Augustin, jusqu'aux quatrième et cinquième siècles. De cette traduction quelques fragments nous sont parvenus, ainsi que beaucoup de citations faites par les écrivains chrétiens tirées de l'Hexapla d'Origène. Au milieu du sixième siècle une certaine section des Juifs à Byzance voulait lire les lectures du Sabbat en grec aussi bien qu'en hébreu ; mais les Rabbins et les autorités désiraient que seul l'hébreu soit lu. La discussion vint devant l'empereur, Justinien, qui en l'année 553 émit une novelle dans laquelle il était expressément stipulé que « les Hébreux sont autorisés à lire l'Écriture sainte dans leurs synagogues en langue grecque » ; et l'empereur les conseilla d'utiliser soit la Septante soit la version d'Aquila (Grätz, "Gesch. der Juden," v. 435).

Théodotion et Symmachus.

Une seconde révision de la Septante fut effectuée par un certain Théodotion, peut-être originaire d'Éphèse, qui a vraisemblablement vécu vers la fin du deuxième siècle. On dit parfois qu'il s'était converti au judaïsme. Sa révision, elle aussi, se caractérise par un retour au texte hébreu, mais il évite entièrement le pédantisme d'Aquila, et son grec offre un texte lisible ; les seules marques de pédantisme en sont ses translittérations d'un certain nombre de mots hébreux. Chose étrange, sa version de Daniel a complètement supplanté celle de la Septante ; et dans d'autres portions ses traductions se trouvent occasionnellement dans des manuscrits ordinaires de la Septante. Aucune raison suffisante n'a encore été donnée pour ce fait. Des fragments de son œuvre se trouvent également parmi les restes de l'Hexapla d'Origène. Un troisième traducteur, Symmaque, dont on ne connaît pas la date, tenta d'adoucir le grec peu grec d'Aquila en utilisant à la fois la Septante et Théodotion. Il semble être le meilleur styliste de tous. Selon Épiphane, c'était un Samaritain converti au judaïsme ; mais Eusèbe et Jérôme en font un Ébionite. Des trois autres traductions fragmentaires en grec utilisées par Origène pour compiler son Hexapla, on sait très peu de chose. Il n'est même pas certain qu'elles soient l'œuvre de Juifs.

![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/images/V03p187001.jpg)Page du Manuscrit du Vatican de la version Septante de l'Exode xix. 14-xx. 17.

Vers la fin du quatorzième siècle ou au début du quinzième, une autre traduction de la Bible en grec fut effectuée, dont la portion couvrant le Pentateuque, Ruth, les Proverbes, le Cantique des Cantiques, l'Ecclésiaste, les Lamentations et Daniel est encore conservée en manuscrit (MS. Gr., No. vii.) dans la bibliothèque de Saint-Marc à Venise. Elle a été éditée sous forme définitive par Oscar von Gebhardt (« Græcus Venetus », Leipzig, 1875), avec une préface de Franz Delitzsch. Selon Von Gebhardt, Delitzsch et Freudenthal (« Hellenistische Studien », p. 129), l'auteur était un Juif qui, pour une raison ou une autre, préférait le commentaire de David Ḳimḥi à celui de Rashi. L'auteur a également utilisé les versions grecques antérieures. Le corps de l'œuvre est composé en grec attique ; les portions araméennes de Daniel sont rendues en dorique. Delitzsch a tenté d'identifier l'auteur avec un certain Élisée, un Juif savant à la cour de Murad I. (voir « Theol. Lit. Zeit. » i. 107 ; Swete, _l.c._ p. 56 ; Nestle, _l.c._ p. 84). D'autre part, P. Frankl a tenté de montrer que le traducteur était un chrétien et non un Juif (« Monatsschrift », xxiv. 372). Selon Grätz (« Gesch. der Juden », vii. 318), Shemariah de Négreponte (1328-46) rendit le Livre de la Genèse en grec, dans une tentative de combler le fossé séparant les Caraïtes des Rabbinites. Mais l'œuvre de Shemariah était un commentaire et non une traduction (Steinschneider, « Hebr. Bibl. » xv. 39). Sur les traductions des Hafṭarot en grec voir « Magazin », ii. 5.

Grec moderne.

La première tentative de traduction de la Bible en grec moderne fut faite par un moine de l'île de Crète, nommé Agapios. En 1543, il publia une version des Psaumes qui suivait étroitement la traduction de la Septante. Ceci précéda la première traduction juive que de quelques années seulement. Une colonne du Pentateuque polyglotte (Constantinople, 1547) contenait une version néo-grecque en caractères hébreux. Le dialecte utilisé est celui d'Épire ; et pas une seule parole turque ne s'y trouve. Bien qu'elle soit pleine d'hébraïsmes, on dit qu'elle a de l'importance pour l'étude de la linguistique grecque. Les rares copies de cette édition qui existent actuellement ne s'accordent pas ; et il a été suggéré que des corrections aient été apportées au texte durant l'impression. Dans la « Revue des Études Grecques » (iii. 288 _et seq._) Belleli a réimprimé les quatre premiers chapitres de la Genèse ; et un fac-similé du tout a été publié par D. C. Hesseling, « Les Cinq Livres de la Loi » (Leyde, 1897 ; comparer la discussion dans « Rev. Études Juives », xxxv. 132, 314). Une traduction de Jonas en grec moderne se trouve dans un volume manuscrit de prières de la bibliothèque de l'Université de Bologne ; et il est connu, de R. Meïr Katzenellenbogen, que de son temps (1470-1565) il était courant à Padoue de lire la Hafṭarah du Jour de l'Expiation en langue vulgaire ; c'était aussi le cas à Candie (Kapsali, ed. Lattes, p. 22). L. Modena a montré (« Cataloghi dei Codici Orientali », p. 335, Florence, 1876) que ce manuscrit du treizième siècle, qui provenait à l'origine de Canée, est semblable au MS. No. 1144 dans la collection Bodléienne (Neubauer, « Cat. Bodl. Hebr. MSS. » col. 333 ; « Rev. Études Juives », xxiii. 135). En 1576, Moïse ben Élie Phobian, ou Popian, publia à Constantinople une traduction néo-grecque de Job dans l'objectif exprès de faciliter l'enseignement de l'hébreu (Belleli, dans « Rev. Études Juives », xxii. 250 ; comparer _ib._ xxiii. 136, xxiv. 160, et Güdemann, « Quellen' » pp. 239-289).

La Peshiṭta.

La traduction syriaque de l'Ancien Testament a sans doute été faite directement d'après l'hébreu ; bien qu'à Antioche, pendant le troisième siècle de l'ère présente et aux périodes ultérieures, elle ait été révisée de manière à la conformer à la Septante. L'histoire de son origine est obscure ; mais elle a probablement été faite en Mésopotamie pendant le premier siècle. Comme avec la plupart des traductions plus anciennes, diverses mains y ont travaillé. Perles ("Meletemata Peschittoniana," Breslau, 1859), Prager ("De Veteris Testamenti Versione Peschitto," Göttingen, 1875), et Bacher ([voir Aramaic Language](/articles/1707-aramaic-language-among-the-jews)) croient que c'est l'œuvre de Juifs : mais cela n'a pas encore été prouvé ; et l'avis de Dathe, Eichhorn, Hitzig, Nöldeke et Renan, que son origine doit être attribuée aux Judéo-Chrétiens, semble plus probable. Perles, cependant, a montré qu'il existe dans la Peshiṭta des preuves manifestes de l'influence du Targum, notamment dans la Genèse. Ceci a été confirmé pour Ézéchiel par Cornill ("Das Buch Ezekiel," p. 154), pour les Chroniques par S. Fränkel (dans "Jahrb. für Protestantische Theologie," 1879), et pour Job par Stenig ("De Syriaca Libri Jobi Interp." Helsingfors, 1887), Mandl ("Peschitto zu Hiob," Leipzig, 1892), et Hauman (dans "Zeitschrift" de Stade, xix.29). L'accord le plus étroit entre les deux versions se trouve dans le Livre des Proverbes ; mais on tient maintenant généralement que dans ce cas le Targum reflète la Peshiṭta et non l'inverse, comme le prétend Maybaum (Merx, "Archiv," vol. ii.). Cette opinion est soutenue par une considération du caractère général de la traduction (Pinkuss, dans "Zeitschrift" de Stade, xiv. 101 ; voir aussi Duval, "Littérature Syriaque," 1899, pp. 31 et seq.).

Versions arabes.

Il est impossible de dire à quel moment les Juifs ont commencé à traduire la Bible en arabe. Après les premières victoires des Mahométans, la civilisation arabe et l'environnement arabe ont mis les Juifs en relations très étroites avec la langue arabe. Même là où l'hébreu était encore maintenu, l'alphabet hébreu devait parfois être tombé en désuétude ; car il existe des manuscrits karaïtes du dixième siècle donnant le texte hébreu en caractères arabes et utilisant les lettres comme signes vocaliques (R. Hörning, "British Museum Karaite MSS." Londres, 1889 ; Margoliouth, "Cat. Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus." i., Nos. 103, 104). Que les Juifs n'aient eu guère de scrupules à lire la Bible en arabe peut se voir dans les conseils de Judah ibn Tibbon à son fils de lire les leçons du Sabbat dans cette langue ("Jew. Quart. Rev." xii. 484). Il n'existe aucun fait, cependant, qui prouve que les premiers Juifs d'Arabie possédassent une traduction arabe de la Bible. Il existe une tradition, remontant à Abu Huraya, contemporain de Mahomet, selon laquelle « Les Gens du Livre avaient l'habitude de lire la Taurah [Torah] en hébreu et de l'interpréter en arabe pour les disciples de l'islam » ; tradition qui est à la base de la polémique d'Abu Mohammed ibn Ḥazm (m. 1064). Une autre tradition dit que « Ka'ab le rabbin apporta un livre ["sifr"] à Omar le calife et dit : 'Voici la Torah, lis-la' » (Goldziher, dans "Z. D. M. G." xxxii. 344). Les preuves sont insuffisantes ; et il y a encore moins de justification pour l'idée de Sprenger selon laquelle des écrits apocryphes circulerait en Arabie du temps de Mahomet (voir Kuenen, "Volksreligion," p. 297). À une période ultérieure, cependant, de telles traductions ont dû exister, bien qu'on ne puisse accorder peu de crédit aux assurances des écrivains polémiques selon lesquelles ils avaient « lu ceci dans la Torah » ou « dans le Zabur [Psaumes] » (ib. p. 351 ; comparer "Zeitschrift" de Stade, xiii. 315). Le Fihrist (éd. Flügel, i. 22) d'Al-Nadim mentionne un Aḥmad ibn Abd Allah ibn Salam qui traduisit la Bible en arabe, à l'époque de Harun al-Rashid. Faḥr al-Din al-Razi mentionne une traduction d'Habacuc par le fils de Rabban al-Ṭabari ("Z. D. M. G." xlii. 645). Beaucoup des historiens arabes, comme Al-Ṭabari, Mas'udi, Ḥamza et Biruni, citent des passages et racontent l'histoire ancienne des Juifs de la manière la plus détaillée. Ibn Ḳutaibah, l'historien (m. 889), dit qu'il a lu la Bible ; et il a même fait une collection de passages bibliques dans un ouvrage qui a été conservé par Ibn Jauzi du douzième siècle (voir Haupt et Delitzsch, "Beiträge zur Assyriologie," iii. 46 ; "Zeitschrift" de Stade, xv. 138).

Saadia Gaon.

La première traduction arabe importante est celle de Saadia Gaon (892-942). L'influence de cette traduction fut, à sa manière, aussi grande que celle de l'œuvre philosophique du gaon. Elle est restée jusqu'à ce jour _la_ version pour les Juifs des pays de langue arabe : elle est honorée du nom de « Targum » ; et dans beaucoup des manuscrits bibliques du sud arabique, elle suit le verset araméen par verset, comme l'araméen suit l'hébreu. Saadia prend principalement le Targum comme guide, particulièrement pour écarter tous les anthropomorphismes. Sa pensée capitale, cependant, est de produire une traduction lisible et intelligible. En ce sens, sa traduction peut être appelée libre ; il travaillait clairement pour un public général de lecteurs, tant juifs que mahométans, et non pour des savants. Ibn Ezra le blâme de la facilité apparente avec laquelle il passe outre les difficultés. Mais, en appelant cette traduction un « tafsir » (explication), il entendait indiquer qu'il visait à présenter le sens simple (« basiṭ »=« peshaṭ ») du texte biblique ; et Abu al-Walid le considère comme le principal représentant de cette méthode. Sa croyance fervente en l'inspiration verbale du texte biblique le préserva, d'un côté, de l'influence de sa philosophie rationaliste et, de l'autre, de la méthode allégorique du Talmud (Editio Derenbourg, v. x.; Bacher in Winter and Wünsche, "Jüdische Litteratur," iii. 244). Quand aucun mot en arabe n'exprime exactement sa pensée, il emploie le mot hébreu ou adopte la construction hébraïque. De plus, il tente de reproduire les mots hébreux par des mots arabes ayant une sonorité similaire (Munk, in Cahen's "Bible," ix. 127). Saadia, dans l'introduction au commentaire sur le Pentateuque, affirme qu'il l'a traduit deux fois : une fois avec un commentaire diffus ; la deuxième fois sans le commentaire. De la première traduction, seuls quelques fragments et des citations par Abraham ibn Ezra, Baḥya ben Asher, Abraham Maimonides, etc., ont été conservés (Derenbourg's ed. of the Pentateuch, Hebrew part, p. vii.; "Monatsschrift," xli. 205; "Jew. Quart. Rev." xii. 536). De cet ouvrage, autrefois complet, seul le Pentateuque, Isaïe, les Petits Prophètes, des portions du Livre des Juges, les Psaumes, Job, les Proverbes et Daniel subsistent désormais.

La traduction de Saadia a été imprimée pour la première fois dans le Pentateuque polyglotte, Constantinople, 1546. Elle a été reproduite en caractères arabes dans les Polyglots de Paris et de Londres (1645-57). De temps à autre, des éditions plus ou moins critiques de diverses portions ont été publiées ; une liste complète de ces éditions ainsi que des manuscrits subsistants est donnée par Steinschneider dans le « Kaufmann Gedenkbuch », pp. 153 _et seq._ (voir aussi "Monatsschrift," xli. 124, et Engelkemper, "De Saadiæ Gaonis Vita, Bibliorum Versione, etc.," Münster, 1897). Une édition définitive de la traduction et des commentaires a été commencée par feu Joseph Derenbourg, « Œuvres Complètes de R. Saadia », Paris, 1893 _et seq._, et est poursuivie par Hartwig Derenbourg et Mayer Lambert ; le Pentateuque, Isaïe, les Proverbes et Job ont paru (1902).

Autres versions arabes.

BIBLE TRANSLATIONS

Un certain nombre d'autres traductions en arabe ont dû exister. Abu al-Walid en mentionne quelques-unes, bien qu'on puisse à peine déterminer aujourd'hui à quelles traductions il se réfère (Bacher, "Leben und Werke des Abulwalid," p. 99). Certaines d'entre elles, bien qu'elles n'aient pas de rapport direct avec celle de Saadia, montrent des traces évidentes de son influence. C'est du moins vrai pour une traduction des Petits Prophètes, d'Isaïe, de Jérémie et d'Ézéchiel, trouvée dans le Codex Huntington (No. 206 de la Bodleian Library, Oxford). De ce manuscrit, Osée a été publié par R. Schröter dans Merx, "Archiv," i. 28 _et seq._ M. Peritz a édité "Zwei Alte Uebersetzungen des Buches Ruth," Berlin, 1900 ("Monatsschrift," 1899, pp. 49 _et seq._). La seconde de celles-ci, provenant d'un manuscrit du British Museum, bien qu'elle montre la plupart des particularités de la traduction de Saadia, n'est pas de lui (voir aussi Poznanski, dans "Zeit. für Hebr. Bibl." iv. 167). On ne sait rien des fragments de la version arabe du Pentateuque trouvés dans le manuscrit du douzième siècle, Saint-Pétersbourg, Nos. 137 et 138 (Harkavy-Strack, "Catalog," p. 164). Une autre traduction des Cinq Megillot se trouve dans les MSS. du British Museum, Nos. 146, 147 (Poznanski, dans "Rev. Etudes Juives," xli. 302). Une version rimée des Psaumes a été faite par un certain Ḥafẓ al-Ḳuṭi (dixième siècle), qui se trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque Ambrosienne à Milan (Hammer-Purgstall dans "Bibl. Ital. di Letteratura," civ. 36), copié en 1625 d'après un manuscrit de l'Escurial, qui a depuis été perdu. Il est cité par Moïse ibn Ezra dans sa "Poétique" ; mais il est évident que cette traduction a été faite par quelqu'un qui n'était même pas, comme on l'a supposé, un Juif converti ("Hebr. Bibl." x. 26). Neubauer l'a signalé ("Rev. Etudes Juives," xxx. 65) : elle contient des citations chrétiennes ; et le terme « le Goth » (_ib._ p. 318) indiquerait suffisamment que l'auteur était un chrétien. Une version de l'Ecclésiaste par Judah ibn Ghayyat a été publiée par J. Löwy, Leyde, 1884 (voir "Jüdisches Litteratur-Blatt" de Rahmer, 29 mai 1884, p. 88). Au treizième siècle, une traduction du Pentateuque a été faite par un Juif africain, qui a également basé son travail sur celui de Saadia. Elle est connue sous le nom d'« Arabs Erpenii » ("Pent. Mosis Arabice," Lug.-Bat. MS., No. 1622). (Sur une traduction supposée des Psaumes par Saadia ben Levi Azankot voir Steinschneider, "Cat. Bodl." col. 2227.) En temps modernes, plusieurs traductions arabes de la Bible ont été publiées en Inde ; _par ex._, par Ezekiel Shem-Ṭob David, Bombay, 1889, et les Apocryphes par Joseph David, Bombay, 1895.

Versions karaïtes.

Il était naturel que les Karaïtes refusent d'utiliser la version en arabe faite par leur ennemi juré, Saadia. Seulement deux ou trois de leurs tentatives pour la remplacer nous sont parvenues ; et même celles-ci ont été conservées seulement sous une forme extrêmement fragmentaire. Une des plus anciennes de ces tentatives a été celle faite par Joshua b. Ari, ou, pour lui donner le nom sous lequel il est mieux connu, Abu al-Faraj Furḳan ibn Asad, un Karaïte de Jérusalem savant du milieu du onzième siècle. Une partie de sa traduction arabe du Pentateuque se trouve dans le MS. Or. 2491 du British Museum. Elle montre occasionnellement une tendance rationaliste décidée, des gloses explicatives étant introduites ça et là dans le texte (G. Margoliouth, dans "Jew. Quart. Rev." xi. 190). Que Japheth ha-Levi (Ibn Ali al-Baṣri) ait réellement traduit des parties de la Bible (Margoliouth, "Descriptive List," pp. 25 _et seq._), c'est indéterminé ; mais on sait qu'il avait le désir ambitieux d'écrire un commentaire étendu sur toute la Bible (Steinschneider, "Hebr. Uebers." p. 941). Selon Margoliouth ("Cat. Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus." p. 71), le MS. Brit. Mus. 101 (Or. 2481) contient une traduction arabe du Pentateuque basée sur celle de Japheth.

Révision samaritaine de Saadia.

La traduction de Saadia, comme il est dit plus haut, était devenue une œuvre standard en Égypte, Palestine et Syrie. Mais aux Samaritains elle était aussi désagréable (Harkavy, "Ḥadashim," No. 7, p. 22) qu'elle l'avait sans doute été aux Karaïtes, à cause des interprétations rabbiniques qu'elle représentait. À un certain moment, peut-être au cours du treizième siècle, elle a été révisée par un Samaritain dans le but exprès de l'adapter à l'usage de ses coreligionnaires. Cette révision est généralement tenue pour avoir été faite par Abu Sa'id ibn abu al-Ḥusain ibn abu Sa'id, et a attiré l'attention de savants européens tels que De Sacy ("Mémoires de l'Académie," 1808, xlix. 1 _et seq._), Gesenius ("De Pentateuchi Samaritani Origine, Indole et Auctoritate," p. 120, Halle, 1815), et Juynboll ("Commentatio de Versione Arabico-Samaritana," Amsterdam, 1846). De celle-ci la Genèse, l'Exode et le Lévitique ont été édités par A. Kuenen (Leyde, 1851-54 ; voir Kohn, "Zur Sprache der Samaritaner," p. 134 ; Nestle, _l.c._ p. 153). Abu Sa'id était supposé avoir vécu vers l'année 1070 ; mais Wreschner ("Samaritanische Tradition," 1888, p. xix.) a montré qu'il a prospéré au treizième siècle. Selon Joseph Bloch, "Die Samaritanisch-Arabische Pentateuch Uebersetzung," p. 16, Berlin, 1901, le véritable traducteur est peut-être le Tyrien, Abu al-Ḥasan, et Abu Sa'id n'est que scoliaste. Si c'est le cas, ce n'était pas la première traduction ; car une a été faite au douzième siècle par Ṣadaḳa ibn Munajja de Damas, un médecin au service du Sultan Malik al-Ashraf (Haji Khalifah, ii. 402 ; Neubauer, "Chronique Samaritaine," p. 112).

Versions persanes.

On ne sait pas à quelle époque furent faites les premières traductions de la Bible en persan. D'après des citations dans le « Dinkard » et le « Shikand Gumanik Vijar » (ouvrages théologiques de la période sassanide), James Darmesteter a supposé qu'il en existait une en Pahlavi (« Rev. Etudes Juives, » xviii. 5) ; mais cette supposition ne s'appuie sur aucune preuve réelle. Blau aussi (« Einleitung, » p. 95) semble incliner à cet avis, parce que Bab. Meg. 18a parle d'un rouleau d'Esther dans les langues élamite et médienne. Selon Maïmonide, le Pentateuque avait été traduit en persan plusieurs siècles avant Mahomet (Zunz, « G. V. » 2d ed., p. 9). Cette affirmation ne peut pas davantage être justifiée. La version la plus ancienne dont nous ayons connaissance est celle de Jacob ben Joseph Tawus, imprimée en caractères hébreux dans le Pentateuque polyglotte, Constantinople, 1546. Elle a été transcrite en caractères persans et traduite en latin par Thomas Hyde, sous cette forme elle a été publiée dans la Polyglotte de Londres. Kohut (« Beleuchtung der Persischen Pentateuch-Uebersetzung, » 1871) place Tawus dans la première moitié du seizième siècle (voir aussi Zunz, « G. S. » iii. 136). Selon Steinschneider (« Jewish Literature, » p. 321), Tawus a utilisé une traduction antérieure datant du treizième siècle (voir Munk, dans la « Bible » de Cahen, vol. ix.), qui suivait le Targum et le commentaire de David Ḳimḥi. Un certain nombre de traductions en persan se trouvent dans diverses collections de manuscrits, dont la liste suivante est partielle :

- Pentateuque : Vatican MS. 61 (Guidi, dans « Rendiconti . . . dei Lincei, » 1885, p. 347). Codex Adler B. 63, écrit en 1776 (« Jew. Quart. Rev. » x. 596). Codex St. Petersburg 141 (non de Tawus ; Harkavy-Strack, « Cat. » p. 166). - Psaumes : Vatican MS. 37 ; Bodleian MS. 1830. Vatican MS. 42 ; Bodleian MS. 1827 (Juif ? Horn, dans « Z. D. M. G. » li. 7). Codex Adler B. 27 (« Jew. Quart. Rev. » x. 592). Brit. Mus. MSS. 159, 160 (traduits vers 1740 par Baba b. Nuriel d'Ispahan ; Margoliouth, « Cat. of Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus. » p. 120). Brit. Mus. MS. Or. 4729 (daté de 1822 ; « Jew. Quart. Rev. » vii. 119). - Proverbes, Cantiques, Ruth, Ecclésiaste : Paris MS. 116 (« Cat. des MSS. Héb. de la Bibl. Nat. »). - Proverbes, Cantiques, Ecclésiaste : Codex Adler B. 46 (« Jew. Quart. Rev. » x. 595). Paris MS. 117 (« Cat. des MSS. Héb. de la Bibl. Nat. »). - Proverbes : Sur une traduction actuellement perdue, voir Lagarde, « Symmicta, » ii. 14. - Job et Lamentations : Codex de Rossi 1093 (Zunz, « G. S. » iii. 135). Paris MS. 118 (« Cat. des MSS. Hébreux de la Bibl. Nat. »). - Job : Codex St. Petersburg 142 (Harkavy-Strack, p. 167). Paris MSS. 120, 121 (« Catalogue, » etc.). - Cantique des Cantiques : Codex Adler B. 12 (« Jew. Quart. Rev. » x. 589). - Daniel : Paris MSS. 128, 129 (« Catalogue, » etc.). - Esther : Codex Adler T. 16 et 27 (« Jew. Quart. Rev. » x. 598, 599). Paris MS. 127 (« Catalogue, » etc.). - Tobit, Judith, Bel et le Dragon, Antiochus : Codex Bodleian 130. - Petits Prophètes : Codex St. Petersburg 139 et Codex B. 18 (Harkavy-Strack, pp. 165, 262). - Hafṭarot : Codex St. Petersburg 140 (Harkavy-Strack, p. 166).

Il existe aussi quelques traductions en persan tout à fait modernes, comme ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p190001.jpg), Vienne, 1883 (traduit par Benjamin Cohen de Boukhara ; voir « Lit.-Blatt für Or. Phil. » i. 186) ; ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p190002.jpg)![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191001.jpg), Jérusalem, 1885 ; Job, _ib._ ; les deux derniers ont également été traduits par Benjamin Cohen.

Versions tatares.

Pour l'usage des Karaïtes en Crimée et en Turquie, une traduction a été faite dans le dialecte Tshagatai-Tatar. Le Pentateuque a été imprimé (texte et Tshagatai en caractères hébreux) par 'Irab Ozlu & Sons, Constantinople, 1836, avec le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191002.jpg) ; en marge se trouvent les ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191003.jpg) ; et des poèmes acrostiques ont été ajoutés par Abraham ben Samuel, Simḥah ben Joseph ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191004.jpg) (Chages ?), Isaac Cohen, et Isaac ben Samuel Cohen de Jérusalem. La Bible entière a été imprimée en Tshagatai par Mordecai Trishkin (4 vol., Goslov, 1841-42 ; voir « Jew. Quart. Rev. » xii. 686). Des extraits se trouvent aussi dans le ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191005.jpg) de Musafia, imprimé à Ortaköi (Constantinople), 1825, et publié par la même maison qui a édité le Pentateuque de 1836 (« Jew. Quart. Rev. » xiii. 549). Des manuscrits de telles traductions existent aussi à la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg (nos 143-146 ; Harkavy-Strack, « Cat. » pp. 167-170).

Copte et hongrois.

La tradition talmudique parle expressément d'une traduction copte de la Bible (Meg. 18a ; Shabbat 115a). Cornill, dans son examen du texte copte d'Ézéchiel, trouve celle publiée par Tattam être de caractère composite et non simplement une traduction de la Septante. Blau croit qu'elle a été faite directement d'après le texte hébreu (« Einleitung, » p. 91 ; « Jew. Quart. Rev. » ix. 728).

Aucune traduction juive en hongrois n'a été faite jusqu'à tout récemment, les Juifs de Hongrie se servant des versions catholique et protestante des seizième et dix-septième siècles. Vers le milieu du dix-neuvième siècle, M. Bloch (Ballaghi) a tenté une telle traduction ; mais il n'a pas réussi. Son plan a récemment (1902) été réalisé ; et le Pentateuque (par M. Bernstein et M. Blau), Josué, Juges, Samuel, et Rois (par Julius Fischer, Bánóczi, Bacher, et Krauss) ont paru (voir « Rev. Etudes Juives, » xliii. 158).

Judéo-allemand.

La traduction de la Bible dans le dialecte allemand parlé par les Juifs de l'Europe centrale fut commencée à une époque ancienne. Un manuscrit de la collection De Rossi, daté de Mantoue, 1421, contient une traduction judéo-allemande de Josué, des Juges, de Jonas et de quatre des Megillot. De Rossi supposa qu'elles avaient été écrites en polonais parce qu'elles avaient été apportées en Italie par des Juifs polonais (Neubauer, in "Jew. Quart. Rev." iv. 703). De telles traductions étaient techniquement connues sous le nom de « Teutsch-Ḥummash ». Un imprimeur avait innocemment placé les paroles ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191006.jpg) (Cant. iii. 11) sur la page titre d'une telle traduction faite par Jacob ben Isaac de Janow (Lublin, XVIIe siècle ?), d'où elles devinrent familièrement appelées « Ze'enah U-re'ennah » ; et jusqu'à l'époque de la traduction de Mendelssohn, elles furent des livres de lecture populaires, particulièrement pour les femmes le samedi. Elles furent ornées de toute sorte d'explications, de légendes et de maximes morales, qui furent insérées dans le texte (Steinschneider, "Volkslitteratur der Juden," p. 17). Le premier rendu de ce genre fut fait par un converti, Michael Adam, le traducteur de Yosippon en judéo-allemand. Il fut publié par Paulus Fagius, Constance, 1543-44 (Steinschneider, "Cat. Bodl." Nos. 1187, 4333; Perles, in "Monatsschrift," xxv. 361; _id._ "Aramäische Studien," p. 167; "Rev. Etudes Juives," v. 143, 315), et fut réimprimé à Bâle en 1583 et 1607. Il n'a rien de commun avec la traduction de Luther, comme le suppose Wolf ("Bibl. Hebr." iv. 198). Ce Pentateuque fut réimprimé à Crémone, 1560 (éd. Judah ben Moses Naphtali) ; Bâle, 1583 ; _ib._ 1603 ; Prague, 1608, 1610 ; Francfort-sur-le-Main, 1687. Une version rimée en apparut à Fürth, 1692, et Wilmersdorf, 1718 ; et une deuxième version rimée de la Genèse fut faite par un certain Aaron de Prague pendant le dix-septième siècle. En 1543-44 Paulus Æmilius publia une traduction similaire du Pentateuque (Augsbourg, 1544). Il est incertain qu'Æmilius ait simplement copié l'édition d'Adam ou non (Steinschneider, in "Zeit. für Gesch. der Juden in Deutschland," i. 286). Æmilius édita aussi à Ingolstadt (1562) la traduction rimée judéo-allemande de Samuel en caractères allemands. C'était une simple copie de l'édition en caractères hébreux par Ḥayyim ben David Schwartz, Augsbourg, 1544 (_ib._ i. 285). Elle était appelée la ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191007.jpg) (« Livre de Samuel »). Ceci fut réimprimé à Mantoue environ 1562 ; Cracovie, 1593 ; Prague, 1609 ; Bâle, 1612. Schwartz publia aussi une traduction rimée des Rois, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191008.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191009.jpg), Augsbourg, 1543 ; Prague, 1607. Une traduction des Juges (rimée) apparut à Mantoue en 1561 ; une de Josué, « derneut in teutscher Sprach, wol gereimt . . . hübsch mit Midraschim », à Cracovie en 1588 ou 1594 ; une du Cantique des Cantiques, par Isaac Sulkes, à Cracovie en 1579 ; une autre par Moses Särtels, Prague, 1604 ; une de Jérémie, _ib._ 1602 ; une d'Ézéchiel (rimée), _ib._ 1602 ; et une de Jonas, « ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191010.jpg) mit viel ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191011.jpg) und alle Midraschim » (rimée), Prague, avant 1686.

La première traduction judéo-allemande des Psaumes fut celle d'Elijah Levita (Venise, 1545 ; Zurich, 1558, etc.) ; elle était arrangée dans l'ordre des psaumes dits chaque jour de la semaine. Un ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191012.jpg) rimé par Moses Stendal parut à Cracovie en 1586. Les Proverbes furent traduits par Mordecai ben (Isaac) Jacob Töplitz, Cracovie, 1582 (une version apparut aussi à Amsterdam, 1735) ; et Job par le même (?), Prague, 1597. Une traduction des Rois apparut à Cracovie en 1583 (Neubauer, in "Rev. Etudes Juives," v. 144) ; une d'Esther, _ib._ 1596 ; et une de Daniel, « ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191013.jpg) in teutscher Sprach hübsch und bescheidlich, gar kurzweilig darin zu leien Weiber und Meidlich », Cracovie, 1588. Ces éditions de Cracovie sortaient de la presse d'Isaac ben Aaron Prossnitz, dont l'intention était de publier la Bible entière en judéo-allemand afin que « les femmes et les enfants puissent lire sans l'aide d'un maître » (Perles, in "Monatsschrift," xxv. 353).

Bible d'Isaac Blitz.

La première Bible complète en judéo-allemand fut celle d'Isaac Blitz, Amsterdam, 1676-78. Elle était destinée à l'usage des Juifs polonais qui y avaient fui quelques années auparavant à cause des persécutions de Chmielnicki. Il devait être dans l'intention du traducteur d'en pousser la vente aussi en Pologne ; car des lettres patentes lui furent accordées par Jean Sobieski III. Cette traduction exerça très peu d'influence, car le judéo-allemand dans lequel elle était écrite contenait beaucoup de mots et d'expressions néerlandais (Wiener, "Yiddish Literature," p. 19). Une deuxième traduction, en opposition à celle de Blitz, fut publiée à Amsterdam en 1679 par Joseph Witzenhausen, anciennement compositeur au service d'Uri Phoebus, l'imprimeur de l'édition antérieure. Witzenhausen fut capable d'obtenir l'approbation du Conseil des Quatre Terres, et sa tentative de faire supplanter l'édition de Phoebus par celle d'Athias occasionna beaucoup de mauvais sang (voir Joseph Athias). Une deuxième édition de cette dernière traduction fut publiée à Amsterdam en 1687, et une troisième, en caractères allemands, à Wandsbeck en 1711. Une troisième traduction, par Süssman Rödelheim et Menahem Man Levi, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192001.jpg), parut à Amsterdam en 1725-29. Au même endroit en 1735 fut publiée une édition des Proverbes (« Cat. Rosenthal. Bibl. » i. 207). Il fallut plus de cent ans avant qu'une autre traduction allemande complète fût publiée, à savoir à Prague, 1833-37 ; mais celle-ci était de caractère composite, car son éditeur, W. Meyer, fit usage de diverses traductions (en général, comparer Grünbaum, "Jüdisch-Deutsche Chrestomathie," Leipzig, 1882).

Traduction allemande — Mendelssohn.

La connaissance croissante qu'avaient les Juifs de la littérature allemande produisit bientôt un mécontentement marqué envers ces traductions judéo-allemandes. Ce mécontentement fut exprimé par les rabbins de Berlin, du Mecklembourg et de Courlande (Zunz, "G. V." 2d ed., p. 467). Pour répondre à ce besoin, Mendelssohn entra en lice ; et sa traduction du Pentateuque mérite plus qu'une simple mention. Elle eut une importance particulière en ce qu'elle non seulement éveilla un intérêt esthétique pour la littérature chez ceux qui la lisaient, mais aussi préparait le terrain pour un usage plus général de l'allemand classique parmi les Juifs d'Allemagne, chez qui on peut dire qu'elle introduisit une nouvelle ère littéraire (Kayserling, "Moses Mendelssohn," p. 286; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 320; Auerbach, in "Zeitschrift für Gesch. der Juden in Deutschland," i. 25; Wogue, "Hist. de la Bible et de l'Exégèse," p. 329). Mendelssohn entreprit le travail pour l'instruction de ses propres enfants; mais sur le conseil de Solomon Dubno, consentit à sa publication à condition que Dubno écrivît un commentaire expliquant les raisons pour lesquelles Mendelssohn avait choisi ses diverses traductions. Un spécimen, "'Alim li-Trufah," fut édité par Dubno (Amsterdam, 1778), et suscita le plus vif intérêt de la part des chrétiens aussi bien que des Juifs. Il était naturel qu'il provoquât aussi une opposition vigoureuse, particulièrement de la part de ces Juifs qui craignaient que la lecture de l'allemand classique ne causât à la jeunesse juive de négliger ses études hébraïques. Au premier rang de cette opposition se trouvaient les rabbins Ezekiel Landau (mort en 1793) de Prague, Raphael ha-Kohen (1722-1803), de Hambourg, Altona et Wandsbeck, Hirsch Janow (1750-85) de Fürth, et Phineas Levi Horwitz (1740-1803) de Francfort-sur-le-Main.

En juin 1799, la traduction proposée fut mise au ban à Fürth. Elle fut aussi interdite dans quelques villes de Pologne, et on dit même qu'elle aurait été publiquement brûlée. Un ban supplémentaire y fut jeté par Raphael ha-Kohen (17 juillet 1781; voir Grätz, "Gesch. der Juden," xi. 585, note 1). Le travail sur celle-ci fut cependant continué avec l'assistance de Solomon Dubno, Hertz Homberg et Aaron Jaroslav. Dubno fut effrayé par l'opposition continue et se retira, forçant Mendelssohn lui-même à effectuer une part supplémentaire du travail. Bien que la traduction soit en allemand classique, elle fut imprimée en caractères hébreux sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192002.jpg), avec un commentaire hébreu ou "biur," les commentaires de Rashi, etc., et une introduction de Naphtali Hertz Wessely. Elle parut par parties — la Genèse, Berlin, 1780; l'Exode, _ibid._ 1781; le Lévitique, _ibid._ 1782; les Nombres et le Deutéronome, _ibid._ 1783 — et a souvent été rééditée tant en allemand qu'en caractères hébreux.

Une tentative fut faite à l'époque de Mendelssohn pour publier une édition en caractères allemands; mais les Juifs allemands considéraient alors l'ouvrage comme tellement exceptionnellement étrange que sa publication dut être suspendue (Bernfeld, "Juden im 19 Jahrhundert," p. 9). Mendelssohn publia aussi (Berlin, 1783) une traduction des Psaumes (qui, cependant, suit de près celle de Luther; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 320) et une du Cantique des cantiques (_ibid._ 1788). Ces traductions tentaient une reproduction consciencieuse du texte, et cherchaient à faire sentir le pathétique de l'original en allemand; et elles furent suivies par une grande école de traducteurs ([voir Biurists](/articles/3347-biurists)). C. E. J. Bunsen ("Vollständiges Bibelwerk," I. xvii.) appelle ces traductions et d'autres semblables "Synagogenbibeln." Il dit "qu'elles ne parlent pas dans la langue allemande historique, mais dans l'allemand judéo-rabbinique judéo-allemand"; un jugement qui est entièrement unilatéral, si on excepte les noms propres, où une tentative fut faite pour reproduire les originaux hébreux ("Monatsschrift," ix. 156).

Seuls quelques disciples de Mendelssohn peuvent être mentionnés ici. Sa traduction du Cantique des cantiques a été publiée après sa mort par Joel Löwe et Aaron Wolfson. Le premier a aussi publié une traduction de Jonas (Berlin, 1788) ; tandis que le second a traduit les Lamentations, Esther, et Ruth (Berlin, 1788), Job (_ib._ 1788 ; Prague, 1791 ; Vienne, 1806), et les Rois (Breslau, 1809). Isaac Euchel a traduit les Proverbes (Berlin, 1790 ; Dessau, 1804), mais en introduisant des expressions philosophiques dans le texte, ce qui en obscurcissait souvent le sens. David Friedländer, qui a traduit l'Ecclésiaste (en caractères allemands, Berlin, 1788), écrivait dans un style belles-lettres. Meïr Obernik a traduit Josué, Juges, et Samuel, et, conjointement avec Samuel Detmold, le Deuxième livre de Samuel (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192003.jpg)), Vienne, 1792). M. Philippson, Joseph Wolf, Gotthold Salomon, Israel Neumann, et J. Löwe ont été les traducteurs des Petits Prophètes publiés à Dessau, 1805, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192004.jpg) (stéréotypés dès 1837). Wolf a aussi publié une traduction de Daniel (Dessau, 1808) ; David Ottensosser celle de Job (Offenbach, 1807), d'Isaïe (Fürth, 1807), et des Lamentations (_ib._ 1811), et conjointement avec S. J. Kohn, de Jérémie (_ib._ 1810). Une traduction d'Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Esdras, Néhémie, et Chroniques par Ottensosser, Kohn, et Schwabacher a paru à Fürth, 1807-23. Isaïe a aussi été traduit par Isaiah Hochstetter (Winter et Wünsche, "Die Jüdische Litteratur," iii. 744), Jérémie par Heinemann (Berlin, 1842), Job par Beer Blumenfeld (Vienne, 1826), et les Psaumes par Shalom Kohn (Hambourg, 1827). La période des exégètes mendelssohniens peut être dite se terminer justement avec la Bible publiée par Moses Landau (20 parties, Prague, 1833-37), mentionnée plus haut. De cet ouvrage, les traductions du Pentateuque, des Psaumes, et des Cinq Rouleaux étaient celles de Mendelssohn ; les traductions des autres livres ont été fournies par Moses Landau, J. Weisse, S. Sachs, A. Benisch, et W. Mayer ; et les Petits Prophètes ont été réimprimés de l'édition de Dessau, 1805 (Steinschneider, "Cat. Bodl." n° 972). On peut aussi ajouter que une édition des Proverbes, Job, et des Cinq Rouleaux, avec des traductions par Obernik, Euchel, Wolfson, Mendelssohn, et Friedländer, avait déjà paru à Vienne en 1817-18 ; et en caractères hébreux à Bâle en 1822-27.

Autres versions allemandes.

La traduction de Mendelssohn menaçait de devenir canonique : mais les Juifs allemands avaient goûté au savoir moderne ; et vers la fin de la première moitié du dix-neuvième siècle, diverses tentatives individuelles ont été faites pour fournir de meilleures traductions au public général, qui devraient refléter les progrès déjà réalisés dans la science biblique. Le premier en lice fut Joseph Johlson (Asher ben Joseph de Fulda), dont la tentative, bien que digne d'attention ici, n'a pas réussi, nonobstant le fait que le texte était accompagné de notes philologiques savantes (Petits Prophètes, Carlsruhe, 1827 ; Pentateuque, _ib._ 1831 ; les livres historiques, _ib._ 1836). Bunsen (_l.c._ p. xvii.) déclare même son travail être "geistreich und scharfsinnig" (comparer Geiger's "Zeitschrift," 1836, p. 442 ; 1837, p. 121). Mention peut aussi être faite de la double traduction (mot à mot et métrique) d'Habacuc par A. A. Wolff ; de "Hosea, Joel, Jonas, Abdias und Nahum in Metrisch-Deutscher Uebersetzung" de Phœbus Philippsohn, Halle, 1827 ; de la traduction sentimentale du Cantique des cantiques par A. Rebenstein (Bernstein) (Berlin, 1834 ; comparer "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 324) ; de l'Ecclésiaste de S. H. Auerbach (Breslau, 1837), dans lequel il lit sa propre philosophie ; et des Psaumes de Michael Sachs (Berlin, 1835). Ce dernier était une protestation claire contre les tentatives précédentes, qui reflétaient trop l'individualité des traducteurs. Sachs a essayé de donner « un rendu purement scientifique et philologique » de l'original, en prenant Rückert pour guide, dont il a inséré corporellement la traduction du Ps. lxviii. (voir Zunz, in Geiger's "Wiss. Zeit. Jüd. Theol." ii. 499, et in "G. S." iii. 116, qui caractérise l'ouvrage comme « quelque peu raide et maladroit »). Il a été réimprimé dans l'édition des Prophètes et de l'Hagiographe ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p193001.jpg), Fürth, 1842-47 (Zedner, "Cat. Hebr. Books Brit. Mus." p. 119), et a été révisé pour la Bible de Zunz ("Monatsschrift," xxxviii. 507). Cette protestation a été poussée à l'excès par Gotthold Salomon, qui, outre son travail sur l'édition de Dessau des Petits Prophètes (voir plus haut), a traduit le Pentateuque (Krotoschin, 1848-49 ; voir la critique de Hess in "Allg. Zeit. des Jud." 1839, p. 80, et de L. Skreinka in "Literaturblatt des Orients," 1840, pp. 468 _et seq._). Les traductions de Job (Glogau, 1836) et du Pentateuque (_ib._ 1840) par Heimann Arnheim, bien qu'en caractères hébreux et destinées principalement à être utilisées comme partie du rituel, montrent du jugement et une formation philologique solide ("Literaturblatt des Orients," 1840, p. 641). Seule une simple mention peut être faite de l'Ecclésiaste de L. Herzberg (Brunswick, 1838 ; voir Zunz, in Jost's "Annalen," 1839, p. 102) et de la traduction métrique des Proverbes et des Lamentations de L. H. Löwenstein (Francfort-sur-le-Main, 1837-38). La "Deutsche Volks- und Schul-Bibel" de Gotthold Salomon (Altona, 1837) a été la première traduction de l'Ancien Testament entier en caractères allemands faite par un Juif. Elle a été stéréotypée et était destinée à être vendue si bon marché que chacun puisse se l'offrir (voir la correspondance in Jost's "Annalen," 1839, nos 12 _et seq._).

La Bible de Zunz.

Plus importante fut la tentative faite par L. Zunz de fournir une Bible pour l'école et le foyer. Comme éditeur, il ne traduisit que les livres des Chroniques, le reste de l'ouvrage étant confié à H. Arnheim, Julius Fürst et M. Sachs (Berlin, 1838). Zunz réussit dans une large mesure à produire une traduction qui, tout en se conformant strictement au texte massorétique, était au niveau de l'érudition de son époque et libre des périphrases et des idiotismes des traducteurs précédents, bien qu'elle conservât encore la translittération des noms hébreux (Nestle, "Bibel-Uebersetzungen," p. 142). Mendelssohn n'avait traduit ni les Prophètes ni les Hagiographes ; et il n'est donc pas surprenant que la Bible de Zunz ait connu au moins six éditions jusqu'en 1855 et douze jusqu'en 1889 (voir Rosin, in "Monatsschrift," xxxviii. 512). Quelques années à peine plus tard, une autre traduction populaire fut produite par Solomon Herxheimer (Berlin, 1841-48 ; 3e éd. du Pentateuque, 1865), à laquelle fut ajouté un commentaire explicatif et homilétique. Bien qu'évidemment destinée à prendre la place du biur de Mendelssohn, Herxheimer déclare expressément que son travail a été fait « pour les Juifs et les Chrétiens » (Jost's "Annalen," 1839, pp. 312 _et seq._; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 513).

Une tentative encore plus ambitieuse fut celle de Ludwig Philippson. Il traduisit le texte à nouveau, visant à inclure les résultats les plus sûrs de la critique moderne et à produire ce qui en tous les sens pouvait être appelé une Bible familiale. Pour cette raison, pour la première fois des illustrations furent ajoutées, ainsi que des introductions et un commentaire étendu destiné aux lecteurs intelligents. Cet ouvrage occupa Philippson pendant dix-huit ans et fut publié à Leipzig, 1839-56 ; 2e éd., 1858-59 ; 3e éd., 1862. Sa traduction fut alors publiée, avec les illustrations de Doré, par l'Israelitische Bibel-Anstalt, révisée par W. Landau et S. I. Kämpf (Stuttgart, 1875). De cette traduction, des éditions séparées du Pentateuque, des Psaumes, et du Pentateuque accompagné d'Isaïe, furent publiées (voir M. Philippson, in "Rev. Etudes Juives," xlii. 30). Mais même les légers compromis faits dans ces traductions à l'esprit exégétique moderne provoquèrent de l'offense dans certains milieux ; une maison biblique rivale, l'Orthodoxe Israelitische Bibel-Anstalt, fut établie, qui, sur la base de la "Ha-Ketab we-haḲabbalah" de J. Z. Mecklenburg (Leipzig, 1839), produisit une traduction de la Bible strictement selon les lignes de l'exégèse traditionnelle juive (_ib._ 1865). La traduction du Pentateuque par J. Kosmann (Königsberg, 1847-52) avait une fin similaire. Allant encore plus loin dans cette direction, et en protestation évidente contre l'exégèse radicale chrétienne moderne, qu'il ignore entièrement, Samuel Raphael Hirsch. Dans sa traduction du Pentateuque (Francfort-sur-le-Main, 1867 ; 3e éd., 1899) et des Psaumes (1882), ainsi que dans la traduction des Petits Prophètes par son fils, M. Hirsch (_ib._ 1900), on voit un retour au « derash », dont toute l'école de Mendelssohn et ses disciples avaient essayé de se libérer (voir "Zeit. für Heb. Bibl." v. 78). De la "Die Bibel Neu Uebersetzt" de L. J. Mandelstamm, partiellement réalisée avec l'assistance de M. Kirchstein, seules la Genèse et le Cantique des Cantiques semblent avoir été publiées (Berlin, 1862-64). En 1901, une nouvelle traduction par S. Bernfeld fut commencée. Elle se conforme strictement à la Masorah et préserve la forme hébraïque des noms propres.

Pendant tout ce temps, de nombreuses traductions de livres individuels parurent, dont la liste suivante est partielle, citée selon les noms de leurs auteurs respectifs :

- Israel ben Abraham, Job, en caractères hébreux, Prague, 1791. - Shalom Kohn, Psaumes, Hambourg, 1827. - Mendel Stern, Proverbes, en caractères hébreux, Presbourg, 1833. - J. Wolfson, "Das Buch Hiob. . . . Neu Uebersetzt . . .," Breslau-Leipzig, 1843. - E. J. Blücher, "Ruth, mit Deutscher Uebersetzung," Lemberg, 1843. - M. Löwenthal, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194001.jpg) . . . Nebst Uebersetzung . . . ," Francfort-sur-le-Main, 1846. - "Das Hohe Lied . . . Neue Deutsche Uebersetzung," Vienne, 1847. - Samuel Aschkenazi, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194002.jpg) (Cantique des Cantiques, en caractères hébreux), Presbourg, 1847. - ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194003.jpg) (Une nouvelle traduction du Pentateuque, en caractères hébreux), Königsberg, 1856. - "Odiosus," "Das Buch Ijob im Engeren Anschluss an den Mass. Urtext" (voir "Hebr. Bibl." vi. 101). - S. Horwitz, "Das Hohe-Lied, das Aelteste Dramatische Gedicht," Vienne, 1863 (voir ib. vi. 62). - Adolph Brecher, "Die Psalmen Nebst Uebersetzung," Vienne, 1864. - Israel Schwarz, "Tikwat Enosh" (Job, en caractères allemands), Berlin, 1868. - Sänger, Maleachi, 1868. - Benjamin Holländer, Das Hohelied, Budapest, 1871. - Hermann Tietz, Das Hohelied, 1871. - M. Levin, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194004.jpg) (avec traduction judéo-allemande), Odessa, 1873. - H. Grätz, "Krit. Commentar zu den Psalmen, Nebst . . . Uebersetzung," Breslau, 1882 (comparer son Kohelet, 1871, et Song of Songs, 1871). - S. I. Kämpf, Das Hohelied, Prague, 1877 ; 3e éd., 1884. - K. Kohler, Das Hohelied, Chicago, 1878. - Hermann Tietz, "Das Buch der Elegien Metrisch Uebersetzt," Schrimm, 1881. - J. Landsberger, Das Buch Hiob, Darmstadt, 1882. - D. Leimdörfer, "Kohelet . . . Nebst Uebersetzung," Hambourg, 1892. - Herman Rosenthal, "Worte des Sammlers (Kohelet) . . . in Deutsche Reime Gebracht," New York, 1885 ; 2e éd., 1893. Idem, "Das Lied der Lieder, in Neue Deutsche Reime Gebracht," New York, 1893. - M. Jastrow, "Der Neunzigste Psalm; Uebersetzt," Leipzig, 1893. - Salomon Plessner (transl. of Nahum, in his "Biblisches und Rabbinisches," pp. 29 et seq.), Francfort-sur-le-Main, 1897.

Traduction anglaise.

Ce n'était pas avant les années quarante du dix-neuvième siècle que le désir se fit vraiment sentir parmi les Juifs anglais d'avoir une traduction de la Bible qui leur soit propre dans la langue vernaculaire, bien que David Levi eût en 1787 (Londres) produit une version anglaise du Pentateuque (Steinschneider, "Cat. Bodl." No. 926). Partout où une Bible anglaise était nécessaire pour eux, ils avaient librement utilisé la King James Version ; comme on le voit dans le Pentateuque (y compris les Hafṭarot et les Rouleaux) qui fut publié à Londres, 1824, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194005.jpg). Mais l'inconvenance de l'usage de cette version, avec ses titres chrétiens et ses interprétations messianiques, finit par s'imposer aux Juifs anglais (voir, par exemple, S. Bennett, "Critical Remarks on the Authorized Version," Londres, 1834 ; Seelig Newman, "Emendations of the Authorized Version of the O. T." Londres, 1839 ; Benjamin Marcus, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194006.jpg) (Fontaine de Vie) : Mauvaises Traductions et Passages Difficiles de l'A. T. Corrigés et Expliqués," Dublin, 1854).

La vénération pour ce chef-d'œuvre de la littérature anglaise s'était elle aussi imposée aux Juifs. Quand la Revised Version fut publiée (17 mai 1881), elle fut avidement saisie comme étant beaucoup plus convenable pour les lecteurs juifs, puisqu'en elle les titres avaient été supprimés et la christologie de nombreux passages atténuée. La Revised Version est utilisée comme base pour des ouvrages tels que la "Bible for Home Reading" de C. G. Montefiore, Londres, 1896, 1901. Que la révision ne soit pas complète du point de vue juif peut se voir dans le tract publié par le Jewish Religious Education Board, "Appendix to the Revised Version" (Londres, 1896), qui énumère les "altérations jugées nécessaires en vue de placer la Revised Version entre les mains des membres de la foi juive." Ces altérations se limitaient aux séries de cas suivantes : à savoir, "où la R. V. s'écarte du texte massorétique," et "où la R. V. s'oppose à l'interprétation traditionnelle juive ou à l'enseignement dogmatique." Isa. lii. 13-liii. 12 est là réimprimé intégralement.

Le premier à tenter de produire une traduction juive indépendante fut D. A. de Sola de Londres, qui en 1840 publia un "Prospectus of a New Edition of the Sacred Scriptures, with Notes Critical and Explanatory." Morris J. Raphall et J. L. Lindenthal furent associés à lui dans l'œuvre. Un seul volume, la Genèse, parut (Londres, 1841 ; 2e éd., 1843). D'une tentative similaire de S. Bennett, "The Hebrew and English Holy Bible," seuls Gen. i.-xli. parurent (1841) ; bien que la même année Francis Barham publiât "The Hebrew and English Holy Bible," qui contenait la révision anglaise de Bennett et une révision de l'hébreu par H. A. Henry. Une autre traduction fut publiée par A. Benisch, "Jewish School and Family Bible" (1851-56) ; et une autre encore par M. Friedländer, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194007.jpg), The Jewish Family Bible" (1884). Cette dernière a eu la sanction du grand rabbin des Juifs britanniques. A. Elzas a publié des traductions des Proverbes (Leeds et Londres, 1871), de Job (1872), d'Osée et de Joël (1873), dans une tentative "de placer le lecteur anglais, du moins dans une certaine mesure, en la position de celui qui serait capable de lire le texte hébreu." Aucune de ces versions, cependant, ne peut être dite avoir remplacé ni la Authorized ni la Revised Version dans l'estime du public juif lecteur de la Bible.

Les États-Unis.

Aux États-Unis le même sentiment qu'en Angleterre avait été engendré contre les titres de la Authorized Version. Isaac Leeser tenta de rectifier cela et en même temps de traduire la Bible de manière à ce qu'elle représente les meilleurs résultats de l'étude moderne. Les Prophètes, les Psaumes et Job sont pratiquement des versions nouvelles. Dans les autres parties, la Authorized Version est très étroitement suivie ; et bien que dans la plupart des cas les changements que Leeser apporta rapprochent la traduction du texte massorétique, la beauté de l'anglais fut souvent sacrifiée. Une édition in-quarto fut publiée en 1854, et une édition in-douze en 1856. Malgré ses insuffisances, l'édition plus petite a eu une large circulation, due surtout au développement de l'instruction religieuse juive scolaire aux États-Unis. L'inadéquation de la traduction de Leeser a, cependant, été sentie ; et la Jewish Publication Society of America en 1898 prit en main la préparation d'une révision complète. Celle-ci se fait maintenant (1902) par un nombre de savants, avec M. Jastrow, Sr., comme éditeur en chef, et K. Kohler et F. de Sola Mendes comme éditeurs associés (voir Reports of the Jewish Publication Society of America, 1898 _et seq._).

Versions espagnoles.

Nulle part en Europe l'histoire de la traduction de la Bible en langue vulgaire n'est aussi intéressante qu'en Espagne. Des traductions y ont été faites dès le treizième siècle, malgré le fait qu'en 1234 Jaime I., par voie de législation séculière, en interdit l'usage (Lea, "History of the Inquisition in the Middle Ages," i. 324). Comme Berger l'a montré, les plus anciennes versions castillanes, même quand elles ont été faites par des Chrétiens, se rapprochent beaucoup plus de l'original hébreu que celles de tout autre pays. Cela semble avoir été dû à l'influence précoce et intense des Juifs dans la péninsule et à la coloration orientale de toute sa culture. Cette ressemblance se voit même dans la forme extérieure. Les traductions espagnoles suivent la division hébraïque de la Bible en trois grandes parties ; et il est significatif que le premier polyglotte (Polyglotte Complutensienne) ait vu le jour en Espagne. Dans la production de ces traductions, tant les Juifs que les convertis ont pris une part louable. L'une des plus anciennes de ces traductions castillanes se trouve dans le MS. aragonais i. j, 8 de la Bibliothèque de l'Escurial, Madrid. Les Psaumes dans ce manuscrit sont expressément dits être la traduction « que fizo Herman el Aleman, segund cuemo esta en el ebraygo. » Herman a sans doute dû connaître l'hébreu, bien que Berger pense qu'il s'est servi du « Psalterium Hebraicum » de Jérôme et non du « Psalterium Gallicum. » Ce Herman le Germain est le bien connu traducteur latin d'Aristote, et a vécu entre 1240 et 1256.

Au quinzième siècle, plusieurs révisions de ces traductions plus anciennes ont été faites, mais toujours selon le texte hébreu. Une telle révision est représentée par les MSS. i. j, 5 et i. j, 3 de l'Escurial et le MS. cxxiv. 1, 2 (daté de 1429) de la Bibliothèque d'Évora. En un certain nombre d'endroits, ces traductions suivent ostensiblement l'original hébreu et s'opposent à la tradition ecclésiastique habituelle. Le MS. i. j, 3 de l'Escurial est richement enluminé de miniatures, qui ont peut-être pu être l'œuvre de miniaturistes hébreux. Dans ce manuscrit, non seulement l'ordre des livres du Canon est le même que dans l'hébreu, mais le Pentateuque est divisé en sections qui s'accordent avec les parashiyot et les sedarim. Les noms propres aussi suivent l'hébreu et non la version latine ordinaire. Berger pense que ce manuscrit pourrait être l'œuvre du Juif baptisé, Juan Alfonso de Buena, qui était au service de Jaime II. (1416-54). Un intérêt supplémentaire s'attache à ces révisions, car elles ont formé la base de l'espagnol du Pentateuque de Constantinople de 1547 et de la Bible de Ferrare ; la Bible de Ferrare, à son tour, a été la base de la traduction biblique protestante de Cassidoro de Reina (1569) ; pour la révision de Cyprian de Valera (1602), du « Psalterio de David Conforme a la Verdad Hebraica » (Lyon, 1550), et du Psautier de Juan Perez (Venise, 1557 ; voir Samuel Berger, in "Romania," xxviii.).

Une révision encore plus poussée, à nouveau sur la base de l'hébreu, a été faite par [Rabbi Moses Arragel](/articles/1818-arragel-moses) (1430) pour Don Luis de Guzman, maître de l'Ordre de Calatrava. Selon Berger, cette révision a été faite sur le MS. Escurial i. j, 3. Elle est pourvue d'un commentaire et profusément illustrée, peut-être par des artistes juifs. Un manuscrit des Prophètes, en deux langues, dans la bibliothèque de l'Académie d'Histoire à Lisbonne suit la traduction d'Arragel de si près qu'il pourrait possiblement représenter la première tentative d'Arragel.

Cette traduction castillane (ou révision) a été portée par les exilés espagnols en Italie et en Turquie. Elle devint aussi la Bible des Juifs espagnols aux Pays-Bas. Elle apparaît d'abord en caractères hébreux dans le Pentateuque Polyglotte (hébreu, Onkelos, Rashi, néo-grec, et espagnol), publié à Constantinople par Eliezer Bekor Gerson Soncino (voir Belleli, in "Rev. Etudes Juives," xxii. 250 ; Grünbaum, "Jüd.-Span. Chrestomathie," p. 6). Le néo-grec représente une traduction différente de celle de l'espagnol. De ce polyglotte elle a trouvé son chemin dans la célèbre Bible de Ferrare de 1553, qui porte le titre « Biblia en Lengua Española, Traduzida Palabra por Palabra de la Verdad Hebrayca por Muy Excellentes Letrados, Vista y Examinada por el Oficio de la Inquisicion. Con Privilegio del Ylustrissimo Señor Duque de Ferrara. » Deux éditions semblent avoir été publiées : l'une, pour les Juifs, signée par Abraham Usque ; l'autre, pour les Chrétiens, signée par Jérôme de Vargas (De los Rios, "Juifs d'Espagne," p. 432).

De los Rios (_l.c._ p. 436) pense que l'auteur de « Retratos o Tablas de las Historias del Testamento Viejo, » Lyon, 1543, une exposition populaire de la Bible, était un Marrane ; mais cela ne semble pas avoir été prouvé.

La Bible de Ferrare de 1553 devint la base des traductions espagnoles et ladino qui furent publiées à Salonique et Amsterdam. On le voit aussi dans le titre, qui se présente généralement comme « Biblia en Lengua Española, Traduzida Palabra por Palabra de la Verdad Hebrayca. » Il en est de même du « ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195001.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195002.jpg) con Ladino y Agora Nos a Parecedo Comenzar de los ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195003.jpg), » etc., publié par Joseph b. Isaac b. Joseph Jabez en 1568, comme l'a clairement montré Kayserling (_l.c._ p. 28). À Amsterdam, la traduction resta essentiellement la même, bien qu'elle fût souvent révisée (« reformada ») : 1611 ; 1630 et 1646, Gillis Joost ; corrigée par Samuel de Caceres et imprimée par Joseph Athias (1661) ; corrigée par Isaac de Abraham Dias et imprimée par David Fernandes (1726) ; « con las annotaciones de Or Torah, » Proops, 1762. Cette traduction parut également à Venise, 1730 ; Constantinople, 1739-43 ; _idem_, 1745 ; Vienne (éd. par Israel Bahor Haim et Aaron Pollak), 1813-16 ; et Smyrne, 1838. Une traduction en ladino, en caractères Rashi, fut publiée à Vienne, 1841 (2e éd., 1853), par W. S. Schauffler pour l'American Bible Society (voir Twenty-sixth Annual Report of the society, 1842, p. 120). Selon Grünbaum, elle présente de nombreux points de ressemblance avec le Pentateuque de 1547 et avec la Bible de Ferrare.

Diverses portions de cette traduction parurent séparément, une édition du Pentateuque paraissant la même année (1553) et à Ferrare. On peut ajouter à cela ce qui suit :

« Humas de Parasioth y Aftharoth, » éd. Manasseh ben Israel, Amsterdam, 1627 ; éd. Ymanuel Benveniste, _ib._ 1643 ; une autre édition fut publiée par Manasseh lui-même, _ib._ 1655 (bien qu'il en dise, « Obra nueva y de mucha utilidad ») ; « Parafrasis Comentada sobre el Pentateucho, » éd. Isaac da Fonseca Aboab, _ib._ 1681 ; « Cinco Libros de la Ley Divina . . . de Nuevo Corrigidos, » par David Tartas, _ib._ 1691 ; « Los Cinco Libros . . . Interpretados en Lengua Española, » éd. Joseph Franco Serrano, _ib._ 1695 ; 1705 et 1724 (Isaac de Cordova) ; « Cinco Libros, » corrigés par David de Elisha Pereyra, _ib._ 1733 ; « El Libro de la Ley, » publié à Constantinople en 1873, est, selon Grünbaum (_l.c._ 12), une traduction différente.

Les Psaumes furent réimprimés : Ferrare, 1553 ; Salonique, 1582 ; Amsterdam, 1628, 1730 ; Vienne, 1822 ; Constantinople, 1836. Plusieurs autres traductions des Psaumes furent produites au cours des dix-septième et dix-huitième siècles. David Abenatar Melo, un Marrane qui s'échappa de l'Inquisition à Madrid et redevint juif en 1611, publia en 1626 (« En Franquaforte ») « Los CL Psalmos de David, en Lengua Española, en Varias Rimas. » Dans ces Psaumes, il a inséré, le cas échéant, un récit de ses propres souffrances et de celles de son peuple (De los Rios, _l.c._ pp. 468 _et seq._ ; Kayserling, « Bibl. Esp.-Port.-Jud. » pp. 67, 68). Une traduction en prose fut faite par Ephraim Bueno et Jonah Abravanel (Amsterdam, 1650 ; 2e édition, 1723 ; voir De los Rios, _l.c._ p. 498). Une troisième traduction fut faite par Jacob Judah Leon Templo (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196001.jpg), « Las Alabancas de Santidad, » Amsterdam, 1671)—une traduction en prose littérale de l'original (De los Rios, _l.c._ p. 570 ; Kayserling, _l.c._ p. 58).

De tous les livres bibliques, le Cantique des cantiques fut le plus souvent réimprimé. Une traduction fut publiée à Hambourg, 1631, par David Cohen Carlos « de lengua Caldayca » ; mais le rendu favori était celui d'Abraham de Isaac Lañado, publié en caractères hébreux à Venise, 1619, 1654, 1655, 1672, 1716, 1721, 1739, 1805 ; Livourne, 1769, 1787 ; Vienne, 1820. L'édition de Venise fut publiée en caractères romains par Moses Belmonte, Amsterdam, 1644, et fut réimprimée à Amsterdam, 1664, 1683, 1701, 1712, 1724, et 1766. Une édition des Megillot parut à Constantinople en 1813 (voir Kayserling, _l.c._ p. 30) ; une Megillah en espagnol, datant du début du dix-huitième siècle, existe au British Museum (« Jewish Chron. » March 21, 1902, p. 24) ; mais la provenance de la traduction est inconnue (sur de telles Megillot voir Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages, » p. 345). Une traduction portugaise des Psaumes, sous le titre « Espejo Fiel de Vidas, » par Daniel Israel Lopez Laguna, parut à Londres, 1720 (Kayserling, _l.c._ p. 55).

Versions italiennes.

Tant Zunz (« G. V. » 2e éd., p. 457) que Güdemann (« Erziehungswesen in Italien », p. 206) font référence à des traductions anciennes de la Bible en italien ; ce dernier parle même de leur existence aux treizième et quatorzième siècles. Steinschneider a montré (« Monatsschrift », xlii. 117) que c'est une erreur. Il est vrai que certaines autorités (comme Zedekiah ben Abraham et Isaiah de Trani le Jeune) insistaient sur la nécessité de traduire la Bible dans la langue du pays ; mais Judah 'Azahel del Bene (Ferrare, _v._ 1650) déconseillait la pratique d'enseigner l'italien aux jeunes filles, car il craignait qu'elles ne conçussent un goût pour la poésie amoureuse (Vogelstein and Rieger, « Juden in Rom », ii. 300). Ce n'est qu'au seizième siècle que des tentatives ont été faites pour produire des versions de portions de la Bible en italien. Steinschneider (_l.c._ p. 318) a donné une liste des traductions manuscrites existantes. C'est vers la fin de ce siècle que les premières traductions ont été publiées. David de Pomis (mort après 1593) fit paraître une édition de l'Ecclésiaste avec traduction italienne à Venise en 1571. Elle était dédiée au cardinal Grimani d'Aquilée (Steinschneider, « Cat. Bodl. » No. 218). Il traduisit aussi Job et les Psaumes, mais ne les publia jamais (« Monatsschrift », xliii. 32). Hezekiah Rieti publia (Venise, 1617) le texte des Proverbes avec traduction italienne (« Cat. Bodl. » No. 418) ; mais aucun compte rendu fiable ne peut être trouvé concernant une traduction de Job (Rome, 1773) mentionnée par Zunz.

Les traductions faites au dix-neuvième siècle étaient toutes plus ou moins sous l'influence du biur de Mendelssohn. En 1818 I. S. Reggio publia à Vienne, à titre d'échantillon, dix versets de la Genèse. Il fit alors paraître le Pentateuque entier (« colla Traduzione Italiana »), Vienne, 1821 ; et dix ans plus tard « Il Libro d'Isaia, Versione Poetica » (Udine, 1831). Des critiques sévères ont été adressées à cette version, car elle semblait affaiblir la force de nombre de prophéties messianiques (voir Fürst, « Bibl. Jud. » iii. 140). En 1844 parut à Livourne une traduction italienne de Job (Fürst, « Bibl. Jud. » ii. 282, dit que c'est par Luzzatto) ; et en 1872 un « Pentateuque, rev. von Letteris, mit Ital. Uebersetzung von Diodati » (Vienne ; peut-être aussi Londres, 1836, 1864). Lelio della Torre de Padoue traduisit les Psaumes (Vienne, 1845). Mais ceux-ci ont été complètement éclipsés par les versions exactes et soignées de S. D. Luzzatto, dont le jugement poétique et littéraire faisait de lui un excellent styliste (voir « Hebr. Bibl. » vi. 99 ; Elbogen, in « Monatsschrift », xliv. 460). Il traduisit la plus grande partie de l'Ancien Testament : Isaïe (« Il Profeta Isaia Volgarizzato »), Padoue, 1855-63 ; Pentateuque, Rovigo, 1860, Padoue, 1876 ; Prophètes, Rovigo, 1868 ; Isaïe, Padoue, 1867 ; Job, Trieste, 1853 ; généralement avec un précieux commentaire en hébreu. D'autres traductions italiennes ont été produites : par Giuseppe Barzilai, « El Cantico dei Cantici » (Trieste, 1865) sous forme dramatique, suivant les traductions allemandes de Mandelstamm et Horowitz ; Lamentations (Trieste, 1867) ; par David Castelli, l'Ecclésiaste (Pise, 1866) ; par Benjamin Consolo, les Lamentations, Job et les Psaumes (Florence ?) ; par Gino Morpurgo, l'Ecclésiaste (Padoue, 1898) et Esther (1899).

Traductions françaises.

Les traductions de l'Ancien Testament en français n'ont pas été faites par les Juifs avant la première moitié du dix-neuvième siècle. En 1831 Samuel Cahen commença une œuvre monumentale, « La Bible, Traduction Nouvelle » (Paris, 1833-46, en 18 volumes), à laquelle s'ajoutèrent de nombreux essais de Munk, Zunz, Dukes et autres, ainsi qu'un commentaire quelque peu rationaliste. Cette œuvre a été assez sévèrement critiquée (Abbé B. M. B., « Quelques Mots sur la Traduction Nouvelle », etc., Paris, 1835 ; « Allg. Zeit. des Jud. » 1839, p. 30 ; « Literaturblatt des Orients », 1840, pp. 368 _et seq._; Wogue, « Hist. de la Bible », p. 342) ; mais elle a dominé le domaine pendant de nombreuses années. Une version plus fidèle du Pentateuque a été publiée en 1860 par Lazare Wogue. Parmi les autres traducteurs, on peut mentionner A. ben Baruch Créhange (Psaumes) et B. Mossé d'Avignon (Psaumes). Mais une Bible populaire et bon marché en français était vivement désirée par les Juifs français. Une telle œuvre a été prise en charge par le grand rabbin actuel de France, Zadok Kahn, et par les autres membres du rabbinat français. La traduction de Wogue a été employée comme base pour le Pentateuque. L'auteur lui-même fit les corrections nécessaires ; et avant sa mort, il put terminer la traduction des livres prophétiques jusqu'au Premier Livre des Rois (vol. i., Paris, 1899). En même temps et sous les mêmes auspices, une Bible pour enfants (« Bible de la Jeunesse ») est en cours de publication.

Traductions néerlandaises.

Peu de traductions ont été tentées par les Juifs néerlandais dans leur langue vernaculaire : les Juifs espagnols et portugais de Hollande firent usage de l'espagnol ; les Juifs achkénazes, de la version judéo-allemande. La version des Psaumes en néerlandais imprimée par Joseph Athias a été faite par Johann Leusden. Durant le dix-neuvième siècle, des traductions ont été faites par Samuel J. Mulder (voir son "Tets over de Vertalingen der Heilige Schrift," Amsterdam, 1859) : Pentateuque, 1826-42 ; Grands Prophètes, 1827 ; Cinq Rouleaux, 1835, 3e éd. 1859 ; Proverbes, 1836 ; Psaumes, 1838 ; tous publiés à Amsterdam. Il a aussi publié une "Bijbel voor de Israel. Jeugd," Leyde, 1843-54. En 1844, Gabriel J. et M. S. Polak publièrent une traduction néerlandaise de Job, qui devait avoir été suivie d'une traduction des Prophètes et des Hagiographes. Ceci ne semble jamais avoir été achevé. Une traduction d'Isaïe par G. A. Parsen existe aussi ; tandis qu'une nouvelle traduction du Pentateuque, ensemble avec Targum et Rashi, a été mise au jour par A. S. Ondervijser en 1901.

Les traductions juives en russe sont de date très récente. L'auteur ne connaît que les Psaumes de L. I. Mandelstamm (Berlin, 1864 ; 3e éd. 1872), Pentateuque (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p197001.jpg), 3e éd., Berlin, 1872) ; les Psaumes d'Aaron Pumpiansky (Varsovie, 1871) ; les Psaumes de J. Cylkow (1883) ; et une version d'Esther en allemand (caractères hébreux) et russe (Varsovie, 1889). Une traduction polonaise a été publiée par D. Neufeld.

Leer el artículo original

TRADUCTIONS DE LA BIBLE

Este artículo aún no está traducido: se muestra en francés.

TRADUCTIONS DE LA BIBLE

(Redirigé de : VERSION RÉVISÉE.)

Les Targums.

Des traductions juives de l'Ancien Testament ont été faites de temps à autre par les Juifs, afin de satisfaire aux besoins, tant dans le service public que dans la vie privée, de ceux qui avaient graduellement perdu la connaissance de l'ancienne langue nationale. En Palestine elle-même, l'hébreu a d'abord été supplanté par l'araméen, puis par le grec, et finalement par l'arabe. Des portions de la Bible elle-même (dans Daniel et Esdras) sont écrites en araméen ; et il n'y a pas de consensus d'opinion parmi les savants quant à savoir si ces parties ont été écrites originellement dans cette langue ou ont été traduites de l'hébreu. Bien que l'hébreu soit demeuré la langue sacrée et littéraire, la connaissance en devait avoir décliné à tel point au deuxième siècle avant l'ère commune qu'il devint nécessaire qu'un « meturgeman » traduise le Pentateuque hebdomadaire et les leçons prophétiques tels qu'ils étaient lus dans la synagogue (Berliner, « Onkelos », p. 7 ; Friedmann, « Akylos und Onkelos », p. 58). L'affirmation faite par les deux savants que nous venons de citer, que les Targums datent de l'époque d'Esdras, est non justifiée ; puisqu'ils sont écrits dans un dialecte araméen occidental. Les autorités de la synagogue ne permettaient pas volontiers que de telles traductions fussent écrites. Ils sentaient que cela constituerait une prime à l'ignorance du texte, et que la parole biblique serait en danger d'être mal interprétée ou même incomprise. Ils cherchaient à minimiser le danger en permettant seulement qu'un verset soit lu et traduit à la fois dans le cas de la Loi, et trois dans le cas des Prophètes (Meg. iv. 4). Certains passages ne devaient jamais être traduits publiquement ; _par ex._, Gen. xxxv. 22 ; Ex. xxxii. 21-25 ; Num. vi. 23-26 ; Lev. xviii. 21 (Meg. iv. 10 ; voir Berliner, _l.c._ p. 217 ; Ginsburger, « Monatsschrift », xliv. 1). Ces passages se trouvent dans le Pseudo-Jonathan et dans les Midrashim pour usage privé. Il est distinctement énoncé qu'aucune copie écrite du Targum ne devait être utilisée dans le service public (Yer. Meg. iv. 1) ; bien que pour des fins privées des copies fussent autorisées à être faites. Le Talmud, il est vrai, mentionne un Targum écrit du Livre de Job qui était en la possession de Rabban Gamaliel Ier pendant le Second Temple, aux environs de 20-40 de l'ère commune (Tosef., Shab. xiv. 2 ; Bab. Shab. 115a ; Soferim xv. 2 ; comparer Berliner, _l.c._ p. 90), et qui fut alors enterré par ordre de Gamaliel. Dans Yer. Shab. xvi. 1 une tradition variante rapporte qu'un tel Targum a été aux mains du Gamaliel l'aîné et du Gamaliel le jeune. Bien que cette tradition soit acceptée même par Bacher ([voir Aramaic Language](/articles/1707-aramaic-language-among-the-jews)), il n'existe aucun moyen de vérifier cette affirmation, le Targum existant à ce livre étant d'une date beaucoup plus tardive. La tradition ne peut certainement pas se rapporter à une traduction grecque, comme le soutient Grätz (« Monatsschrift », xxvi. 87). Selon Blau (« Einleitung », p. 79) la référence s'applique à une copie écrite dans l'ancien script hébreu. Le Targum est largement une paraphrase, reproduisant la tradition rabbinique quant au sens du texte. Pour une histoire de ce Targum [voir Targum](/articles/14248-targum).

En passant, il convient de dire un mot à propos de la version samaritaine du Pentateuque dans le dialecte araméen occidental, que les Samaritains parlaient autrefois. Il n'est pas encore possible de dire dans quel siècle cette version a été faite. Bien que les citations figurant sous la rubrique τὸ Σαμαρειτικόυ, qui se trouvent dans les scholies à l'Hexapla d'Origène, s'y rapportent, Kohn croit qu'elles sont tirées d'une traduction grecque du samaritain faite en Égypte. Le texte a été édité en caractères samaritains par H. Petermann et K. Vollers (Berlin, 1872-91), et en caractères hébreux par A. Brüll (1873-75), d'après la Polyglotte de Londres. L'édition en caractères hébreux de M. Heidenheim, dont seule la Genèse a paru (« Bibliotheca Samaritana », i., Leipsic, 1884), a été très sévèrement critiquée (voir Nestle, « Uebersetzungen der Bibel », p. 205).

L'Influence de l'hellénisme.

L'établissement d'un grand nombre de Juifs dans diverses régions du monde grec, l'hellénisation de la Palestine, et la présence à Jérusalem de Juifs venus de tous les pays, surtout de ceux sous influence grecque, contraignit avec le temps les Rabbis à traiter la question de manière plus libérale. Selon Meg. ii. 1, il était interdit de lire la Megillah en araméen ou dans toute autre langue non hébraïque, excepté pour les Juifs étrangers (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185001.jpg)) à Jérusalem (comparer la Baraïta dans Bab. Meg. 18a ; Shab. 115b) ; et que de tels Juifs étrangers se trouvaient en grand nombre dans la ville se voit par Acts ii. 5-11. De même aussi, il se trouve, selon une autre tradition (Meg. i. 8), qu'il était permis d'écrire les livres bibliques dans toute langue (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185002.jpg)) ; bien que R. Simon ben Gamaliel voulût restreindre cette permission au grec (Yer. Meg. i. 1) : « Après examen attentif il fut trouvé que le Pentateuque ne pouvait être adéquatement traduit que dans le grec »). Il existe une preuve du fait qu'à la synagogue du ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p185003.jpg) le grec était librement utilisé (Tosef., Meg. iv. 13). Il existe même une tradition selon laquelle des lettres grecques étaient gravées sur le coffre du Temple dans lequel les shekels étaient conservés (Sheḳ. iii. 2) ; et il existe aussi un témoignage chrétien à cet effet (Justin, « Cohortatio ad Græcos, » xiii. ; Tertullien, « Apologia, » xviii. ; Frankel, « Vorstudien, » p. 56). Il est rapporté que en Asie Mineure R. Meïr ne put trouver une Megillah écrite en hébreu (Tosef., Meg. ii. 4) ; et les leçons hebdomadaires tant de la Loi que des Prophètes étaient à une date ancienne lues en grec à Alexandrie (« Jew. Quart. Rev., » ix. 730). Ceci rend compréhensible l'affirmation que « la Loi peut être lue dans toute langue » (Soṭah 33a ; Meg. 17b). Le passage bien connu de la Mishnah (Yad. iv. 5) qui mentionne l'impureté lévitique occasionnée par le contact de livres bibliques, et qui excepte spécialement le Targum de ces dispositions, a été très justement expliqué par Blau comme se rapportant seulement à différents degrés de sainteté : aucune traduction ne pouvait naturellement être mise au même niveau que l'original hébreu.

À une époque ultérieure—peut-être au deuxième siècle de l'ère actuelle—un point de vue différent semble avoir prévalu ; et il était dit que le jour où la Loi fut traduite en grec était aussi malheureux pour les Juifs que celui où le Veau d'or fut fait (Soferim i. 8, 9). Même enseigner le grec aux enfants était interdit (Soṭah ix. 14) ; bien qu'il fût encore permis d'enseigner le grec à une fille, car une connaissance de cette langue était considérée comme un accomplissement. Évidemment ce changement de point de vue fut occasionné par la montée de l'Église chrétienne, qui n'utilisait la Bible que dans la version de la Septante. On verra que au Moyen Âge le désir de plaire aux femmes pendant le service et de les instruire mena à l'introduction de la langue vernaculaire, spécialement pour les leçons prophétiques. Le traité Soferim en fait même un devoir « de traduire, pour les femmes, les lectures hebdomadaires du Pentateuque et des Prophètes avant la fin du service. La traduction n'était pas lue verset par verset après l'hébreu, mais comme un passage continu » (Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages, » p. 345).

La Septante.

La plus ancienne et la plus importante de toutes les versions faites par des Juifs est celle appelée « La Septante » (« Interpretatio septuaginta virorum » ou « seniorum »). C'est un monument du grec parlé par la communauté juive grande et importante d'Alexandrie ; non du grec classique, ni même du style hellénistique affecté par les écrivains alexandrins. Si le récit donné par Aristée est véridique, quelques traces d'influence palestinienne devraient s'y trouver ; mais une étude des papyri égyptiens, qui sont abondants pour cette période particulière, est dite par Mahaffy et Deissmann montrer une très grande similitude entre le langage qu'ils représentent et celui de la Septante, sans parler des mots égyptiens déjà reconnus par Hody et Eichhorn. Ces papyri ont en quelque mesure réhabilité Aristée (autour de 200 B.C.) dans l'opinion des savants. Sur sa « Lettre à Philocrate » la tradition quant à l'origine de la Septante repose. On croit maintenant que, même s'il peut avoir commis des erreurs sur certains points, ses faits en général sont dignes de créance (Abrahams, dans « Jew. Quart. Rev., » xiv. 321). Selon Aristée, le Pentateuque fut traduit au temps de Philadelphe, le second Ptolémée (285-247 B.C.), laquelle traduction fut encouragée par le roi et accueillie par les Juifs d'Alexandrie. Grätz (« Gesch. der Juden, » 3d ed., iii. 615) se tient seul en l'assignant au règne de Philométor (181-146 B.C.). Quelle que soit la part que le roi eut dans l'ouvrage, il manifestement satisfit un besoin pressant ressenti par la communauté juive, parmi laquelle la connaissance de l'hébreu s'évanouissait rapidement devant les exigences de la vie quotidienne.

Il n'est pas connu quand les autres livres de la Bible furent rendus en grec. Le petit-fils de Ben Sira (132 av. J.-C.), dans la préface de sa traduction de l'ouvrage de son grand-père, parle de la « Loi, des Prophètes et du reste des livres » comme étant déjà courants en son temps. Une Chronique grecque est mentionnée par Eupolemus (milieu du deuxième siècle av. J.-C.) ; Aristeas, l'historien, cite Job ; une note en bas de page au grec d'Esther semble montrer que ce livre était en circulation avant la fin du deuxième siècle av. J.-C. ; et le Psautier de la Septante est cité en I Macc. vii. 17. Il est donc plus que probable que l'ensemble de la Bible fut traduit en grec avant le commencement de l'ère chrétienne (Swete, "An Introduction to the O. T. in Greek," ch. i.). Le grand nombre de communautés juives parlant le grec en Palestine, en Syrie, en Mésopotamie, en Asie Mineure et en Afrique du Nord doit avoir facilité sa propagation dans toutes ces régions. Les citations de l'Ancien Testament trouvées dans le Nouveau sont pour l'essentiel tirées de la Septante ; et même quand la citation est indirecte, l'influence de cette version se voit clairement. Ceci expliquera aussi dans une certaine mesure l'influence incontestable de la Septante sur la traduction syriaque appelée la « Peshiṭta ».

Étant une œuvre composite, la traduction varie dans les différents livres. Dans le Pentateuque, naturellement, elle s'en tient le plus étroitement à l'original ; en Job elle s'en écarte le plus largement. Dans certains livres (_par ex._, Daniel) l'influence du Midrash juif y est plus apparente que dans d'autres. Là où elle est littérale, elle est « intolérable comme une œuvre littéraire » (Swete, _ib._ p. 22). La traduction, qui montre parfois une ignorance particulière de l'usage hébraïque, a évidemment été faite d'après un codex qui différait largement en certains endroits du texte cristallisé par la Masorah. Son influence sur les Juifs parlant le grec doit avoir été grande. Au cours du temps, elle en vint à être la Bible grecque canonique, tout comme la traduction de Luther devint l'allemande, et la Version Autorisée l'anglaise. C'est la version utilisée par les écrivains juifs hellénistiques, Demetrius, Eupolemus, Artabanus, Aristeas, Ezekiel et Aristobulus, ainsi que dans le Livre de la Sagesse, la traduction de Ben Sira et les Sibylles juives. Hornemann, Siegfried et Ryle ont montré que Philo base ses citations de la Bible sur la Version de la Septante, bien qu'il n'ait aucun scrupule à les modifier ou à les citer avec beaucoup de liberté. Josephus suit cette traduction étroitement (Freudenthal, "Hellenistische Studien," ii. 171 ; Siegfried, dans Stade's "Zeitschrift," iii. 32). Elle devint partie de la Bible de l'Église chrétienne.

Aquila.

Deux choses, cependant, rendirent la Septante finalement indésirable aux Juifs. Sa divergence d'avec le texte accepté (appelé par la suite Massorétique) était trop évidente ; et elle ne pouvait donc servir de base à la discussion théologique ou à l'interprétation homilétique. Cette méfiance fut accentuée par le fait qu'elle avait été adoptée comme Écriture Sacrée par la nouvelle foi. Une révision dans le sens du texte juif canonique était nécessaire. Cette révision fut faite par un prosélyte, [Aquila](/articles/1674-aquila-akvlac-foreignchars-v02p034001-jpg-foreignchars), qui vécut pendant le règne d'Hadrien (117-138). On rapporte qu'il fut un élève de R. Akiba et qu'il incarna dans sa révision les principes de l'interprétation littérale la plus stricte du texte ; certainement sa traduction est pédante, et son grec est inélégant. Elle s'efforça seulement de reproduire le texte mot pour mot, et pour cette raison elle se répandit rapidement dans les milieux strictement juifs où l'hébreu était encore compris. Non seulement aux jours d'Origène était-elle ainsi populaire, mais, selon le témoignage de Jérôme et d'Augustin, jusqu'aux quatrième et cinquième siècles. De cette traduction quelques fragments nous sont parvenus, ainsi que de nombreuses citations faites par des écrivains chrétiens de l'Hexapla d'Origène. Au milieu du sixième siècle une certaine section des Juifs à Byzance désirait lire les leçons du Sabbat en grec aussi bien qu'en hébreu ; mais les Rabbis et les autorités désiraient que seul l'hébreu soit lu. La discussion vint devant l'empereur, Justinien, qui en l'année 553 émit une novelle dans laquelle il fut expressément déclaré que « les Hébreux sont autorisés à lire la Sainte Écriture dans leurs synagogues en langue grecque » ; et l'empereur les conseilla d'utiliser soit la Septante soit la version d'Aquila (Grätz, "Gesch. der Juden," v. 435).

Theodotion et Symmachus.

Une deuxième révision de la Septante fut faite par un certain Théodotion, peut-être originaire d'Éphèse, qui a pu vivre vers la fin du deuxième siècle. On dit quelquefois qu'il était un converti au judaïsme. Sa révision, également, est de la nature d'un retour au texte hébreu, mais il évite entièrement le pédantisme d'Aquila, et son grec donne un texte lisible ; les seules preuves de pédantisme sont ses translittérations d'un nombre de mots hébreux. Chose étrange, sa version de Daniel déplaça entièrement celle de la Septante ; et dans d'autres portions ses traductions se rencontrent occasionnellement dans les manuscrits ordinaires de la Septante. Aucune raison suffisante n'a encore été donnée pour ce fait. Des fragments de son travail se trouvent aussi dans les restes de l'Hexapla d'Origène. Un troisième traducteur, Symmachus, dont la date n'est pas connue, essaya d'adoucir le grec peu grec d'Aquila par l'usage à la fois de la Septante et de Théodotion. Il semble être le meilleur styliste de tous. Selon Épiphane, c'était un Samaritain converti au judaïsme ; mais Eusèbe et Jérôme en font un Ébionite. Des trois autres traductions fragmentaires en grec utilisées par Origène en compilant son Hexapla, très peu de choses sont connues. On ne sait même pas avec certitude qu'elles soient l'œuvre de Juifs.

![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/images/V03p187001.jpg)Page du Manuscrit du Vatican de la Version de la Septante d'Exode xix. 14-xx. 17.

Vers la fin du quatorzième siècle ou au commencement du quinzième une autre traduction de la Bible en grec fut faite, dont la portion couvrant le Pentateuque, Ruth, les Proverbes, le Cantique, l'Ecclésiaste, les Lamentations et Daniel est encore conservée en manuscrit (MS. Gr., No. vii.) dans la bibliothèque de Saint-Marc, Venise. Elle a été éditée sous sa forme définitive par Oscar von Gebhardt (« Græcus Venetus », Leipsic, 1875), avec une préface de Franz Delitzsch. Selon Von Gebhardt, Delitzsch et Freudenthal (« Hellenistische Studien », p. 129), l'auteur était un Juif, qui pour une raison ou une autre préférait le commentaire de David Ḳimḥi à celui de Rashi. L'auteur a également utilisé les anciennes versions grecques. Le corps de l'œuvre est rédigé en grec attique ; les portions araméennes de Daniel sont rendues en dorien. Delitzsch a tenté d'identifier l'auteur avec un certain Eliseus, un Juif savant à la cour de Murad I. (voir « Theol. Lit. Zeit. » i. 107 ; Swete, _l.c._ p. 56 ; Nestle, _l.c._ p. 84). D'autre part, P. Frankl a tenté de montrer que le traducteur était un Chrétien et non un Juif (« Monatsschrift », xxiv. 372). Selon Grätz (« Gesch. der Juden », vii. 318), Shemariah de Negreponte (1328-46) rendit le Livre de la Genèse en grec, dans une tentative de combler le fossé séparant les Caraïtes des Rabbinites. Mais l'œuvre de Shemariah était un commentaire et non une traduction (Steinschneider, « Hebr. Bibl. » xv. 39). Sur les traductions des Hafṭarot en grec voir « Magazin », ii. 5.

Grec moderne.

La première tentative de traduire la Bible en grec moderne fut faite par un moine de l'île de Crète, nommé Agapiou. En 1543 il publia un rendu des Psaumes qui suivait étroitement la traduction de la Septante. Cela précéda la première traduction juive de seulement quelques années. Une colonne du Pentateuque Polyglotte (Constantinople, 1547) contenait une version néo-grecque en caractères hébreux. Le dialecte utilisé est celui de l'Épire ; et pas un seul mot de turc ne s'y trouve. Bien que pleine d'hébraïsmes, on dit qu'elle est d'importance pour l'étude de la linguistique grecque. Les quelques copies de cette édition qui sont maintenant connues exister ne s'accordent pas ; et il a été suggéré que des corrections ont été faites au texte pendant l'impression. Dans la « Revue des Études Grecques » (iii. 288 _et seq._) Belleli a réimprimé les quatre premiers chapitres de la Genèse ; et un fac-similé du tout a été publié par D. C. Hesseling, « Les Cinq Livres de la Loi » (Leyde, 1897 ; comparer la discussion dans « Rev. Études Juives », xxxv. 132, 314). Une traduction de Jonas en grec moderne se trouve dans un volume manuscrit de prières dans la bibliothèque de l'Université de Bologne ; et il est connu, de R. Meïr Katzenellenbogen, que de son temps (1470-1565) il était coutume à Padoue de lire la Hafṭarah du Jour de l'Expiation en langue vernaculaire ; cela était aussi le cas à Candie (Kapsali, ed. Lattes, p. 22). L. Modena a montré (« Cataloghi dei Codici Orientali », p. 335, Florence, 1876) que ce manuscrit du treizième siècle, qui provint originairement de Canée, est similaire au MS. No. 1144 dans la collection Bodléienne (Neubauer, « Cat. Bodl. Hebr. MSS. » col. 333 ; « Rev. Études Juives », xxiii. 135). En 1576 Moïse ben Élijah Phobian, ou Popian, publia à Constantinople une traduction néo-grecque de Job dans le but exprès de faciliter l'enseignement de l'hébreu (Belleli, dans « Rev. Études Juives », xxii. 250 ; comparer _ib._ xxiii. 136, xxiv. 160, et Güdemann, « Quellen' » pp. 239-289).

La Peshiṭta.

La traduction syriaque de l'Ancien Testament a incontestablement été faite directement sur l'hébreu ; bien qu'à Antioche, au cours du troisième siècle de l'ère présente et aux périodes ultérieures, elle ait été révisée afin de la mettre en conformité avec la Septante. L'histoire de son origine est obscure ; mais elle a probablement été faite en Mésopotamie pendant le premier siècle. Comme pour la plupart des traductions plus anciennes, diverses mains y ont travaillé. Perles ("Meletemata Peschittoniana," Breslau, 1859), Prager ("De Veteris, Testamenti Versione Peschitto," Göttingen, 1875), et Bacher ([voir Aramaic Language](/articles/1707-aramaic-language-among-the-jews)) croient qu'elle est l'œuvre de Juifs : mais cela n'a pas encore été prouvé ; et l'avis de Dathe, Eichhorn, Hitzig, Nöldeke, et Renan, selon lequel elle doit son origine à des Judéo-Chrétiens, semble plus probable. Perles a cependant montré qu'il existe des preuves indiscutables dans la Peshiṭta de l'influence du Targum, particulièrement dans la Genèse. Cela a été confirmé pour Ézéchiel par Cornill ("Das Buch Ezekiel," p. 154), pour les Chroniques par S. Fränkel (in "Jahrb. für Protestantische Theologie," 1879), et pour Job par Stenig ("De Syriaca Libri Jobi Interp." Helsingfors, 1887), Mandl ("Peschitto zu Hiob," Leipsic, 1892), et Hauman (in Stade's "Zeitschrift," xix.29). L'accord le plus étroit entre les deux versions se trouve dans le Livre des Proverbes ; mais on admet généralement maintenant que dans ce cas le Targum reflète la Peshiṭta et non l'inverse, comme le soutient Maybaum (Merx, "Archiv," vol. ii.). Cette opinion est soutenue par une considération du caractère général de la traduction (Pinkuss, in Stade's "Zeitschrift," xiv. 101 ; voir aussi Duval, "Littérature Syriaque," 1899, pp. 31 _et seq._).

Versions Arabes.

Il est impossible de dire à quel moment ancien les Juifs ont commencé à traduire la Bible en arabe. Après les premières victoires des Mahométans, la civilisation arabe et l'environnement arabe ont placé les Juifs en contact très étroit avec la langue arabe. Même là où l'hébreu était encore maintenu, l'alphabet hébreu doit par moments avoir disparu de l'usage ; car il existe des manuscrits karaïtes du dixième siècle, donnant le texte hébreu en caractères arabes et avec les lettres utilisées comme signes diacritiques (R. Hörning, "British Museum Karaite MSS." London, 1889 ; Margoliouth, "Cat. Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus." i., Nos. 103, 104). Que les Juifs n'eussent guère de scrupule à lire la Bible en arabe peut se voir dans les conseils de Judah ibn Tibbon à son fils de lire les leçons du Sabbat dans cette langue ("Jew. Quart. Rev." xii. 484). Il n'existe cependant aucun fait qui prouve que les premiers Juifs d'Arabie possédassent une traduction arabe de la Bible. Il existe une tradition, remontant à Abu Huraya, un contemporain de Mohammed, selon laquelle « Les Gens du Livre avaient l'habitude de lire la Taurah [Torah] en hébreu et de l'interpréter en arabe aux fidèles de l'Islam » ; tradition qui est à la base de la polémique d'Abu Mohammed ibn Ḥazm (m. 1064). Une autre tradition dit que « Ka'ab le rabbi apporta un livre ["sifr"] à Omar le calife et dit : 'Voici la Torah, lis-la' » (Goldziher, in "Z. D. M. G." xxxii. 344). Les preuves sont insuffisantes ; et il y a même encore moins de fondement pour l'idée de Sprenger que des écrits apocryphes circulaient en Arabie aux jours de Mohammed (voir Kuenen, "Volksreligion," p. 297). À une époque plus tardive, cependant, de telles traductions doivent avoir existé, bien que peu de crédit puisse être accordé aux assurances des écrivains polémiques qu'ils avaient « lu ceci dans la Torah » ou « dans le Zabur [Psaumes] » (_ib._ p. 351 ; comparer Stade's "Zeitschrift," xiii. 315). Le Fihrist (ed. Flügel, i. 22) d'Al-Nadim mentionne un Aḥmad ibn Abd Allah ibn Salam qui traduisit la Bible en arabe, au temps de Harun al-Rashid. Faḥr al-Din al-Razi mentionne une traduction d'Habacuc par le fils de Rabban al-Ṭabari ("Z. D. M. G." xlii. 645). Beaucoup des historiens arabes, comme Al-Ṭabari, Mas'udi, Ḥamza, et Biruni, citent des passages et racontent l'histoire ancienne des Juifs d'une manière très circonstanciée. Ibn Ḳutaibah, l'historien (m. 889), dit qu'il lut la Bible ; et il fit même une collection de passages bibliques dans un ouvrage qui a été conservé par Ibn Jauzi du douzième siècle (voir Haupt et Delitzsch, "Beiträge zur Assyriologie," iii. 46 ; Stade's "Zeitschrift," xv. 138).

Saadia Gaon.

La première traduction arabe importante est celle de Saadia Gaon (892-942). L'influence de cette traduction a été à sa façon aussi grande que celle de l'œuvre philosophique du gaon. Elle est restée jusqu'à ce jour _la_ version pour les Juifs des pays de langue arabe : elle est honorée du nom de "Targum" ; et dans beaucoup des manuscrits bibliques du Sud Arabique elle suit le verset araméen par verset, comme l'araméen suit l'hébreu. Saadia s'appuie principalement sur le Targum comme guide, notamment pour éliminer tous les anthropomorphismes. Sa pensée principale, cependant, est de produire une traduction lisible et intelligible. En ce sens, sa traduction peut être appelée libre ; il était évidemment au travail pour un public de lecteurs généraux, à la fois juifs et mahométans, et non pour les savants. Ibn Ezra lui reproche l'aisance apparente avec laquelle il passe outre les difficultés. Mais en appelant cette traduction un "tafsir" (explication), il entendait indiquer qu'il visait à présenter le sens simple ("basiṭ"="peshaṭ") du texte biblique ; et Abu al-Walid le considère comme le principal représentant de cette méthode. Sa croyance fervente à l'inspiration verbale du texte biblique l'a tenu libre, d'un côté, de l'influence de sa philosophie rationaliste et, de l'autre, de la méthode allégorique du Talmud (Editio Derenbourg, v. x.; Bacher in Winter and Wünsche, "Jüdische Litteratur," iii. 244). Quand aucun mot en arabe n'exprime exactement sa pensée, il utilise le mot hébreu ou adopte la construction hébraïque. De plus, il tente de reproduire les mots hébreux par des mots arabes ayant un son similaire (Munk, in Cahen's "Bible," ix. 127). Saadia, dans l'introduction au commentaire du Pentateuque, affirme qu'il l'a traduit deux fois : une première fois avec un commentaire diffus ; la seconde fois sans le commentaire. De la première traduction seulement quelques fragments et citations d'Abraham ibn Ezra, Baḥya ben Asher, Abraham Maïmonide, etc., ont été préservés (Derenbourg's ed. of the Pentateuch, Hebrew part, p. vii.; "Monatsschrift," xli. 205; "Jew. Quart. Rev." xii. 536). De cette œuvre, autrefois complète, seuls le Pentateuque, Isaïe, les Petits Prophètes, des portions des Juges, des Psaumes, de Job, des Proverbes, et de Daniel subsistent maintenant.

La traduction de Saadia a été imprimée pour la première fois dans le Pentateuque Polyglotte, Constantinople, 1546. Elle a été reproduite en caractères arabes dans les Polyglotes de Paris et de Londres (1645-57). De temps en temps des éditions plus ou moins critiques de diverses portions ont été publiées ; une liste complète de ces éditions ainsi que des manuscrits subsistants est donnée par Steinschneider dans le "Kaufmann Gedenkbuch," pp. 153 _et seq._ (voir aussi "Monatsschrift," xli. 124, et Engelkemper, "De Saadiæ Gaonis Vita, Bibliorum Versione, etc.," Münster, 1897). Une édition définitive de la traduction et des commentaires a été commencée par feu Joseph Derenbourg, "Œuvres Complètes de R. Saadia," Paris, 1893 _et seq._, et est poursuivie par Hartwig Derenbourg et Mayer Lambert ; le Pentateuque, Isaïe, les Proverbes, et Job ont paru (1902).

Autres Versions Arabes.

Un certain nombre d'autres traductions en arabe doivent avoir existé. Abu al-Walid en mentionne quelques-unes, bien qu'il soit à peine possible de déterminer aujourd'hui à quelles traductions il fait référence (Bacher, "Leben und Werke des Abulwalid," p. 99). Certaines d'entre elles, bien que n'ayant aucune relation directe avec celle de Saadia, montrent des traces évidentes de son influence. C'est du moins vrai pour une traduction des Petits Prophètes, d'Isaïe, de Jérémie et d'Ézéchiel, trouvée dans le Codex Huntington (No. 206 à la Bodleian Library, Oxford). De ce manuscrit, Osée a été publié par R. Schröter dans Merx, "Archiv," i. 28 _et seq._ M. Peritz a édité "Zwei Alte Uebersetzungen des Buches Ruth," Berlin, 1900 ("Monatsschrift," 1899, pp. 49 _et seq._). La seconde de ces deux, d'un manuscrit du British Museum, bien qu'elle montre la plupart des particularités de la traduction de Saadia, n'est pas de lui (voir aussi Poznanski, in "Zeit. für Hebr. Bibl." iv. 167). On ne sait rien des fragments de la version arabe du Pentateuque trouvés dans le manuscrit du douzième siècle, Saint-Pétersbourg, Nos. 137 et 138 (Harkavy-Strack, "Catalog," p. 164). Une autre traduction des Cinq Rouleaux se trouve dans les MSS. du British Museum, Nos. 146, 147 (Poznanski, in "Rev. Etudes Juives," xli. 302). Une version rimée des Psaumes a été faite par un certain Ḥafẓ al-Ḳuṭi (dixième siècle), qui se trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque Ambrosienne à Milan (Hammer-Purgstall in "Bibl. Ital. di Letteratura," civ. 36), copié en 1625 d'après un manuscrit de l'Escurial, qui a depuis été perdu. Il est cité par Moïse ibn Ezra dans sa "Poétique" ; mais il est évident que cette traduction a été faite par quelqu'un qui n'était même pas, comme on l'a supposé, un Juif baptisé ("Hebr. Bibl." x. 26). Neubauer a fait remarquer ("Rev. Etudes Juives," xxx. 65) qu'elle contient des citations chrétiennes ; et le terme « le Goth » (_ib._ p. 318) suffirait à indiquer que l'auteur était un chrétien. Une version de l'Ecclésiaste par Judah ibn Ghayyat a été publiée par J. Löwy, Leyde, 1884 (voir la "Jüdisches Litteratur-Blatt" de Rahmer, 29 mai 1884, p. 88). Au treizième siècle, une traduction du Pentateuque a été faite par un Juif africain, qui a également basé son travail sur celui de Saadia. Elle est connue sous le nom d'« Arabs Erpenii » ("Pent. Mosis Arabice," Lug.-Bat. MS., No. 1622). (Sur une supposée traduction des Psaumes par Saadia ben Levi Azankot voir Steinschneider, "Cat. Bodl." col. 2227.) À l'époque moderne, plusieurs traductions arabes de la Bible ont été publiées en Inde ; _par ex._, par Ézéchiel Shem-Ṭob David, Bombay, 1889, et les Apocryphes par Joseph David, Bombay, 1895.

Versions caraïtes.

Il était naturel que les Caraïtes refusent d'utiliser la version en arabe faite par leur ennemi juré, Saadia. Seulement deux ou trois de leurs tentatives pour la remplacer ont subsisté ; et même celles-ci n'ont été conservées que sous une forme extrêmement fragmentaire. L'une des plus anciennes de ces tentatives était celle faite par Joshua b. Ari, ou, pour lui donner le nom par lequel il est mieux connu, Abu al-Faraj Furḳan ibn Asad, un savant Caraïte de Jérusalem du milieu du onzième siècle. Une portion de sa traduction arabe du Pentateuque se trouve dans le MS. Or. 2491 du British Museum. Elle montre occasionnellement une tendance décidément rationaliste, des gloses explicatives étant introduites çà et là dans le texte (G. Margoliouth, in "Jew. Quart. Rev." xi. 190). Que Japheth ha-Levi (Ibn Ali al-Baṣri) ait réellement traduit certaines parties de la Bible (Margoliouth, "Descriptive List," pp. 25 _et seq._) est indéterminé ; mais on sait qu'il avait l'ambition d'écrire un commentaire volumineux sur toute la Bible (Steinschneider, "Hebr. Uebers." p. 941). Selon Margoliouth ("Cat. Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus." p. 71), le MS. Brit. Mus. 101 (Or. 2481) contient une traduction arabe du Pentateuque basée sur celle de Japheth.

Révision samaritaine de Saadia.

La traduction de Saadia, comme il est dit ci-dessus, était devenue une œuvre standard en Égypte, en Palestine et en Syrie. Mais pour les Samaritains, elle était aussi désagréable (Harkavy, "Ḥadashim," No. 7, p. 22) qu'elle l'avait sans doute été pour les Caraïtes, en raison des interprétations rabbiniques qu'elle représentait. À une certaine époque, peut-être au cours du treizième siècle, elle a été révisée par un Samaritain dans le but exprès de l'adapter à l'usage de ses coreligionnaires. Cette révision est ordinairement réputée avoir été faite par Abu Sa'id ibn abu al-Ḥusain ibn abu Sa'id, et a retenu l'attention de savants européens tels que De Sacy ("Mémoires de l'Académie," 1808, xlix. 1 _et seq._), Gesenius ("De Pentateuchi Samaritani Origine, Indole et Auctoritate," p. 120, Halle, 1815), et Juynboll ("Commentatio de Versione Arabico-Samaritana," Amsterdam, 1846). De celle-ci la Genèse, l'Exode et le Lévitique ont été édités par A. Kuenen (Leyde, 1851-54 ; voir Kohn, "Zur Sprache der Samaritaner," p. 134 ; Nestle, _l.c._ p. 153). Abu Sa'id était supposé avoir vécu vers l'année 1070 ; mais Wreschner ("Samaritanische Tradition," 1888, p. xix.) a montré qu'il a prospéré au treizième siècle. Selon Joseph Bloch, "Die Samaritanisch-Arabische Pentateuch Uebersetzung," p. 16, Berlin, 1901, le véritable traducteur est peut-être le Tyrien, Abu al-Ḥasan, et Abu Sa'id n'est qu'un scoliaste. Si cela est vrai, ce n'était pas la première traduction ; car une a été faite au douzième siècle par Ṣadaḳa ibn Munajja de Damas, un médecin au service du Sultan Malik al-Ashraf (Haji Khalifah, ii. 402 ; Neubauer, "Chronique Samaritaine," p. 112).

Versions persanes.

On ne sait pas à quelle époque les premières traductions de la Bible en persan ont été faites. À partir de citations du « Dinkard » et du « Shikand Gumanik Vijar » (ouvrages théologiques de la période sassanide), James Darmesteter a supposé qu'une traduction existait en Pahlavi (« Rev. Etudes Juives, » xviii. 5) ; mais cette supposition n'est soutenue par aucune preuve réelle. Blau également (« Einleitung, » p. 95) semble incliner à cet avis, parce que Bab. Meg. 18a parle d'un rouleau d'Esther dans les langues élamite et médique. Selon Maïmonide, le Pentateuque a été traduit en persan plusieurs siècles avant Mohammed (Zunz, « G. V. » 2d ed., p. 9). Cette assertion ne peut pas non plus être davantage substantiée. La version la plus ancienne dont nous ayons connaissance est celle faite par Jacob ben Joseph Tawus, et imprimée en caractères hébraïques dans le Pentateuque polyglotte, Constantinople, 1546. Celle-ci a été transcrite en caractères persans et traduite en latin par Thomas Hyde, sous cette forme elle a été publiée dans la Polyglotte de Londres. Kohut (« Beleuchtung der Persischen Pentateuch-Uebersetzung, » 1871) place Tawus dans la première moitié du seizième siècle (comparer également Zunz, « G. S. » iii. 136). Selon Steinschneider (« Jewish Literature, » p. 321), Tawus a fait usage d'une traduction antérieure faite au treizième siècle (voir Munk, dans « Bible » de Cahen, vol. ix.), qui suivait la Targum et le commentaire de David Ḳimḥi. Un certain nombre de traductions en persan se trouvent dans les diverses collections de manuscrits, dont la liste suivante est partielle :

- Pentateuque : Vatican MS. 61 (Guidi, in « Rendiconti . . . dei Lincei, » 1885, p. 347). Codex Adler B. 63, écrit en 1776 (« Jew. Quart. Rev. » x. 596). Codex St. Petersburg 141 (non par Tawus ; Harkavy-Strack, « Cat. » p. 166). - Psaumes : Vatican MS. 37 ; Bodleian MS. 1830. Vatican MS. 42 ; Bodleian MS. 1827 (Juif ? Horn, in « Z. D. M. G. » li. 7). Codex Adler B. 27 (« Jew. Quart. Rev. » x. 592). Brit. Mus. MSS. 159, 160 (trad. vers 1740 par Baba b. Nuriel d'Ispahan ; Margoliouth, « Cat. of Hebr. and Samaritan MSS. Brit. Mus. » p. 120). Brit. Mus. MS. Or. 4729 (daté de 1822 ; « Jew. Quart. Rev. » vii. 119). - Proverbes, Cantique, Ruth, Ecclésiaste : Paris MS. 116 (« Cat. des MSS. Héb. de la Bibl. Nat. »). - Proverbes, Cantique, Ecclésiaste : Codex Adler B. 46 (« Jew. Quart. Rev. » x. 595). Paris MS. 117 (« Cat. des MSS. Héb. de la Bibl. Nat. »). - Proverbes : Sur une traduction aujourd'hui perdue, voir Lagarde, « Symmicta, » ii. 14. - Job et Lamentations : Codex de Rossi 1093 (Zunz, « G. S. » iii. 135). Paris MS. 118 (« Cat. des MSS. Hébreux de la Bibl. Nat. »). - Job : Codex St. Petersburg 142 (Harkavy-Strack, p. 167.). Paris MSS. 120, 121 (« Catalogue, » etc.). - Cantique des Cantiques : Codex Adler B. 12 (« Jew. Quart. Rev. » x. 589). - Daniel : Paris MSS. 128, 129 (« Catalogue, » etc.). - Esther : Codex Adler T. 16 et 27 (« Jew. Quart. Rev. » x. 598, 599). Paris MS. 127 (« Catalogue, » etc.). - Tobit, Judith, Bel et le Dragon, Antiochus : Codex Bodleian 130. - Petits Prophètes : Codex St. Petersburg 139 et Codex B. 18 (Harkavy-Strack, pp. 165, 262). - Hafṭarot : Codex St. Petersburg 140 (Harkavy-Strack, p. 166).

Il existe aussi quelques traductions tout à fait modernes en persan, comme [image], Vienne, 1883 (trad. par Benjamin Cohen de Boukhara ; voir « Lit.-Blatt für Or. Phil. » i. 186) ; [image][image], Jérusalem, 1885 ; Job, _ib._ ; ces deux dernières aussi traduites par Benjamin Cohen.

Versions Tatares.

Pour l'usage des Karaïtes en Crimée et en Turquie, une traduction a été faite dans le dialecte Tshagatai-Tatar. Le Pentateuque a été imprimé (texte et Tshagatai en caractères hébraïques) par 'Irab Ozlu & Sons, Constantinople, 1836, avec le titre [image] ; en marge se trouvent les [image] ; et des poèmes acrostiches sont ajoutés par Abraham ben Samuel, Simḥah ben Joseph [image] (Chages ?), Isaac Cohen, et Isaac ben Samuel Cohen de Jérusalem. La Bible entière a été imprimée en Tshagatai par Mordecai Trishkin (4 vol., Goslov, 1841-42 ; voir « Jew. Quart. Rev. » xii. 686). Des extraits se trouvent aussi dans le [image] de Musafia, imprimé à Ortaköi (Constantinople), 1825, et publié par la même maison qui a édité le Pentateuque de 1836 (« Jew. Quart. Rev. » xiii. 549). Des manuscrits de telles traductions existent aussi à la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg (Nos. 143-146 ; Harkavy-Strack, « Cat. » pp. 167-170).

Copte et Hongrois.

La tradition talmudique parle expressément d'une traduction copte de la Bible (Meg. 18a ; Shabbat 115a). Cornill, dans son examen du texte copte d'Ézéchiel, trouve celle publiée par Tattam d'un caractère composite et non simplement une traduction de la Septante. Blau croit qu'elle a été faite directement à partir du texte hébreu (« Einleitung, » p. 91 ; « Jew. Quart. Rev. » ix. 728).

Aucune traduction juive en hongrois n'a été faite jusqu'à très récemment, les Juifs de Hongrie faisant usage des versions catholiques et protestantes des seizième et dix-septième siècles. Vers le milieu du dix-neuvième siècle, M. Bloch (Ballaghi) a tenté une telle traduction ; mais il n'a pas réussi. Son plan a été réalisé récemment (1902) ; et le Pentateuque (par M. Bernstein et M. Blau), Josué, Juges, Samuel, et Rois (par Julius Fischer, Bánóczi, Bacher, et Krauss) ont paru (voir « Rev. Etudes Juives, » xliii. 158).

Judéo-Allemand.

La traduction de la Bible dans le dialecte allemand parlé par les Juifs d'Europe centrale a été entreprise à une date précoce. Un manuscrit de la collection de De Rossi, daté de Mantoue, 1421, contient une traduction judéo-allemande de Josué, Juges, Jonas et quatre des Megillot. De Rossi supposait qu'elles avaient été écrites en polonais parce qu'elles avaient été apportées en Italie par des Juifs polonais (Neubauer, in "Jew. Quart. Rev." iv. 703). Ces traductions étaient techniquement connues sous le nom de "Teutsch-Ḥummash." Un imprimeur avait innocemment placé les paroles ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191006.jpg) (Cant. iii. 11) sur la page de titre d'une telle traduction faite par Jacob ben Isaac de Janow (Lublin, XVIIe siècle ?), d'où elles devinrent familiérement appelées "Ze'enah U-re'ennah" ; et jusqu'à l'époque de la traduction de Mendelssohn, elles furent des livres de lecture populaires, particulièrement pour les femmes le samedi. Elles étaient embelies de toutes sortes d'explications, de légendes et de maximes morales, qui étaient insérées dans le texte (Steinschneider, "Volkslitteratur der Juden," p. 17). La première reddition de ce genre fut faite par un converti, Michael Adam, traducteur du Yosippon en judéo-allemand. Elle fut publiée par Paulus Fagius, Constance, 1543-44 (Steinschneider, "Cat. Bodl." Nos. 1187, 4333; Perles, in "Monatsschrift," xxv. 361; _id._ "Aramäische Studien," p. 167; "Rev. Etudes Juives," v. 143, 315), et fut réimprimée à Bâle en 1583 et 1607. Elle n'a rien de commun avec la traduction de Luther, comme Wolf ("Bibl. Hebr." iv. 198) le suppose. Ce Pentateuque fut réimprimé à Crémone, 1560 (éd. Judah ben Moses Naphtali) ; Bâle, 1583 ; _ib._ 1603 ; Prague, 1608, 1610 ; Francfort-sur-le-Main, 1687. Une version rimée en apparut à Fürth, 1692, et Wilmersdorf, 1718 ; et une seconde version rimée de la Genèse fut faite par un certain Aaron de Prague durant le dix-septième siècle. En 1543-44 Paulus Æmilius publia une traduction similaire du Pentateuque (Augsbourg, 1544). Il est incertain si Æmilius copia simplement l'édition d'Adam ou non (Steinschneider, in "Zeit. für Gesch. der Juden in Deutschland," i. 286). Æmilius édita aussi à Ingolstadt (1562) la traduction judéo-allemande rimée de Samuel en caractères allemands. C'était une simple copie de l'édition en caractères hébraïques par Ḥayyim ben David Schwartz, Augsbourg, 1544 (_ib._ i. 285). Elle était appelée le ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191007.jpg) ("Livre de Samuel"). Cela fut réimprimé à Mantoue vers 1562 ; Cracovie, 1593 ; Prague, 1609 ; Bâle, 1612. Schwartz publia aussi une traduction rimée des Rois, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191008.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191009.jpg), Augsbourg, 1543 ; Prague, 1607. Une traduction des Juges (rimée) apparut à Mantoue en 1561 ; une de Josué, "derneut in teutscher Sprach, wol gereimt . . . hübsch mit Midraschim," à Cracovie en 1588 ou 1594 ; une du Cantique des cantiques, par Isaac Sulkes, à Cracovie en 1579 ; une autre par Moses Särtels, Prague, 1604 ; une de Jérémie, _ib._ 1602 ; une d'Ézéchiel (rimée), _ib._ 1602 ; et une de Jonas, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191010.jpg) mit viel ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191011.jpg) und alle Midraschim" (rimée), Prague, avant 1686.

La première traduction judéo-allemande des Psaumes fut celle d'Elijah Levita (Venise, 1545 ; Zurich, 1558, etc.) ; elle était arrangée dans l'ordre des psaumes dits chaque jour de la semaine. Un ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191012.jpg) rimé par Moses Stendal apparut à Cracovie en 1586. Les Proverbes furent traduits par Mordecai ben (Isaac) Jacob Töplitz, Cracovie, 1582 (une version apparut aussi à Amsterdam, 1735) ; et Job par le même (?), Prague, 1597. Une traduction des Rois apparut à Cracovie en 1583 (Neubauer, in "Rev. Etudes Juives," v. 144) ; une d'Esther, _ib._ 1596 ; et une de Daniel, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p191013.jpg) in teutscher Sprach hübsch und bescheidlich, gar kurzweilig darin zu leien Weiber und Meidlich," Cracovie, 1588. Ces éditions de Cracovie provenaient de la presse d'Isaac ben Aaron Prossnitz, dont l'intention était de publier la Bible entière en judéo-allemand afin que "les femmes et les enfants puissent lire sans l'aide d'un maître" (Perles, in "Monatsschrift," xxv. 353).

Isaac Blitz's Bible.

La première Bible complète en judéo-allemand fut celle d'Isaac Blitz, Amsterdam, 1676-78. Elle était destinée à l'usage des Juifs polonais qui y avaient fui quelques années auparavant en raison des persécutions de Chmielnicki. Il devait être l'intention du traducteur d'en pousser la vente aussi en Pologne ; car des lettres patentes lui en furent accordées par Jean III Sobieski. Cette traduction exerça très peu d'influence, car le judéo-allemand dans lequel elle était écrite contenait beaucoup de mots et d'expressions hollandais (Wiener, "Yiddish Literature," p. 19). Une seconde traduction, en opposition à celle de Blitz, fut publiée à Amsterdam en 1679 par Joseph Witzenhausen, anciennement compositeur à l'emploi d'Uri Phoebus, l'imprimeur de l'édition antérieure. Witzenhausen parvint à obtenir l'approbation du Conseil des Quatre Terres, et sa tentative de faire supplanter l'édition de Phoebus par celle d'Athias occasionna beaucoup de mauvais sang (voir Joseph Athias). Une seconde édition de cette dernière traduction fut publiée à Amsterdam en 1687, et une troisième, en caractères allemands, à Wandsbeck en 1711. Une troisième traduction, par Süssman Rödelheim et Menahem Man Levi, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192001.jpg), apparut à Amsterdam en 1725-29. Au même endroit en 1735 fut publiée une édition des Proverbes ("Cat. Rosenthal. Bibl." i. 207). Il s'écoula plus de cent ans avant qu'une autre traduction allemande complète ne fût publiée, à savoir à Prague, 1833-37 ; mais celle-ci était d'un caractère composite, car son éditeur, W. Meyer, se servit de diverses traductions (en général, comparer Grünbaum, "Jüdisch-Deutsche Chrestomathie," Leipzig, 1882).

German Translation—Mendelssohn.

La connaissance croissante des Juifs avec la littérature allemande produisit bientôt un mécontentement marqué envers ces traductions judéo-allemandes. Ce mécontentement fut exprimé par les rabbins de Berlin, du Mecklembourg et de Courlande (Zunz, "G. V." 2e éd., p. 467). Pour répondre à ce besoin, Mendelssohn intervint ; et sa traduction du Pentateuque mérite plus qu'une simple mention. Elle avait une importance particulière en ce qu'elle non seulement suscita un intérêt esthétique pour la littérature chez ceux qui la lurent, mais ouvrit aussi la voie à un usage plus général de l'allemand littéraire parmi les Juifs d'Allemagne, chez lesquels on peut dire qu'elle introduisit une nouvelle ère littéraire (Kayserling, "Moses Mendelssohn," p. 286; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 320; Auerbach, in "Zeitschrift für Gesch. der Juden in Deutschland," i. 25; Wogue, "Hist. de la Bible et de l'Exégèse," p. 329). Mendelssohn entreprit ce travail pour l'instruction de ses propres enfants ; mais sur le conseil de Solomon Dubno, il consentit à sa publication à condition que Dubno rédigeât un commentaire expliquant les raisons pour lesquelles Mendelssohn avait choisi ses différentes traductions. Un specimen, "'Alim li-Trufah," fut édité par Dubno (Amsterdam, 1778), et suscita le plus vif intérêt de la part des chrétiens comme des Juifs. Il était naturel qu'il provoquât aussi une opposition vigoureuse, particulièrement de la part de ceux des Juifs qui craignaient que la lecture de l'allemand littéraire ne causât aux jeunes Juifs de négliger leurs études hébraïques. À l'avant-garde de cette opposition se trouvaient les rabbins Ezekiel Landau (m. 1793) de Prague, Raphael ha-Kohen (1722-1803), de Hambourg, Altona et Wandsbeck, Hirsch Janow (1750-85) de Fürth, et Phineas Levi Horwitz (1740-1803) de Francfort-sur-le-Main.

En juin 1799, la traduction proposée fut mise au ban à Fürth. Elle fut aussi interdite dans quelques villes de Pologne, et on dit même qu'elle aurait été brûlée publiquement. Un ban supplémentaire fut lancé contre elle par Raphael ha-Kohen (17 juillet 1781 ; voir Grätz, "Gesch. der Juden," xi. 585, note 1). Le travail s'en poursuivit néanmoins avec l'assistance de Solomon Dubno, Hertz Homberg, et Aaron Jaroslav. Dubno fut effrayé par l'opposition continue, et se retira, forçant Mendelssohn lui-même à assumer une part supplémentaire du travail. Bien que la traduction fût en allemand littéraire, elle fut imprimée en caractères hébraïques sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192002.jpg), avec un commentaire hébreu ou "biur," les commentaires de Rashi, etc., et une introduction de Naphtali Hertz Wessely. Elle parut par parties—Genèse, Berlin, 1780 ; Exode, _ib._ 1781 ; Lévitique, _ib._ 1782 ; Nombres et Deutéronome, _ib._ 1783—et a souvent été rééditée tant en allemand qu'en caractères hébraïques.

Une tentative fut faite du temps de Mendelssohn pour publier une édition en caractères allemands ; mais les Juifs allemands de cette époque considéraient le travail comme si exceptionnellement étrange que sa publication dut être suspendue (Bernfeld, "Juden im 19 Jahrhundert," p. 9). Mendelssohn publia aussi (Berlin, 1783) une traduction des Psaumes (qui, toutefois, suit de près celle de Luther; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 320) et une du Cantique des cantiques (_ib._ 1788). Ces traductions tentèrent une reproduction consciencieuse du texte, et cherchèrent à faire sentir le pathos de l'original en allemand ; et elles furent suivies par une large école de traducteurs ([voir Biurists](/articles/3347-biurists)). C. E. J. Bunsen ("Vollständiges Bibelwerk," I. xvii.) appelle ces traductions et des traductions similaires des "Synagogenbibeln." Il dit « qu'elles ne parlent pas la langue allemande historique, mais l'allemand judéo-rabbinique et judéo-allemand » ; un jugement qui est entièrement unilatéral, si l'on excepte les noms propres, où on a tenté de reproduire les originaux hébraïques ("Monatsschrift," ix. 156).

Seuls quelques disciples de Mendelssohn peuvent être mentionnés ici. Sa traduction du Cantique des cantiques fut publiée après sa mort par Joel Löwe et Aaron Wolfson. Le premier publia aussi une traduction de Jonas (Berlin, 1788) ; tandis que le second traduisit Les Lamentations, Esther et Ruth (Berlin, 1788), Job (_ibid._ 1788 ; Prague, 1791 ; Vienne, 1806) et les Rois (Breslau, 1809). Isaac Euchel traduisit les Proverbes (Berlin, 1790 ; Dessau, 1804), introduisant toutefois des expressions philosophiques dans le texte, ce qui souvent en obscurcissait le sens. David Friedländer, qui traduisit l'Ecclésiaste (en caractères allemands, Berlin, 1788), écrivit dans un style de belle-lettres. Meïr Obernik traduisit Josué, les Juges et Samuel, et, conjointement avec Samuel Detmold, le Deuxième livre de Samuel (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192003.jpg)), Vienne, 1792). M. Philippson, Joseph Wolf, Gotthold Salomon, Israel Neumann et J. Löwe furent les traducteurs des Petits Prophètes publiés à Dessau, 1805, sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p192004.jpg) (stéréotypé dès 1837). Wolf publia aussi une traduction de Daniel (Dessau, 1808) ; David Ottensosser une de Job (Offenbach, 1807), d'Isaïe (Fürth, 1807) et des Lamentations (_ibid._ 1811), et conjointement avec S. J. Kohn, de Jérémie (_ibid._ 1810). Une traduction d'Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Esdras, Néhémie et Chroniques par Ottensosser, Kohn et Schwabacher parut à Fürth, 1807-23. Isaïe fut aussi traduit par Isaiah Hochstetter (Winter and Wünsche, "Die Jüdische Litteratur," iii. 744), Jérémie par Heinemann (Berlin, 1842), Job par Beer Blumenfeld (Vienne, 1826), et les Psaumes par Shalom Kohn (Hambourg, 1827). La période des biuristes mendelssobniens peut être dite se terminer convenablement avec la Bible publiée par Moses Landau (20 parties, Prague, 1833-37), mentionnée ci-dessus. De cette œuvre les traductions du Pentateuque, des Psaumes et des Cinq Rouleaux étaient celles de Mendelssohn ; les traductions des autres livres furent fournies par Moses Landau, J. Weisse, S. Sachs, A. Benisch et W. Mayer ; et les Petits Prophètes furent réimprimés de l'édition de Dessau, 1805 (Steinschneider, "Cat. Bodl." No. 972). On peut aussi ajouter ici qu'une édition des Proverbes, de Job et des Cinq Rouleaux, avec des traductions par Obernik, Euchel, Wolfson, Mendelssohn et Friedländer, avait déjà paru à Vienne en 1817-18 ; et en caractères hébreux à Bâle en 1822-27.

Autres versions allemandes.

La traduction de Mendelssohn menaçait de devenir canonique : mais les Juifs allemands avaient goûté au savoir moderne ; et vers la fin de la première moitié du dix-neuvième siècle diverses tentatives individuelles furent faites pour fournir au public général de meilleures traductions, qui refléteraient les progrès alors déjà réalisés en science biblique. Le premier sur le terrain fut Joseph Johlson (Asher ben Joseph de Fulda), dont la tentative, bien que digne d'être mentionnée ici, ne fut pas couronnée de succès, nonobstant le fait que le texte était accompagné de notes philologiques savantes (Petits Prophètes, Carlsruhe, 1827 ; Pentateuque, _ibid._ 1831 ; les livres historiques, _ibid._ 1836). Bunsen (_l.c._ p. xvii.) déclare même son œuvre « geistreich und scharfsinnig » (comparer Geiger's "Zeitschrift," 1836, p. 442 ; 1837, p. 121). Mention peut aussi être faite de la traduction double (mot à mot et métrique) d'Abdias par A. A. Wolff ; « Hosea, Joel, Jonah, Obadiah und Nahum in Metrisch-Deutscher Uebersetzung » de Phœbus Philippsohn, Halle, 1827 ; de la traduction sentimentale du Cantique des cantiques par A. Rebenstein (Bernstein) (Berlin, 1834 ; comparer « Literaturblatt des Orients », 1840, p. 324) ; de l'Ecclésiaste de S. H. Auerbach (Breslau, 1837), auquel il projette sa propre philosophie ; et des Psaumes de Michael Sachs (Berlin, 1835). Ce dernier fut une claire protestation contre les tentatives précédentes, qui reflétaient trop l'individualité des traducteurs. Sachs essaya de donner « un rendu purement scientifique et philologique » de l'original, prenant Rückert comme guide, dont il inséra textuellement la traduction du Ps. lxviii. (voir Zunz, in Geiger's "Wiss. Zeit. Jüd. Theol." ii. 499, et in "G. S." iii. 116, qui caractérise l'œuvre comme « quelque peu raide et gauche »). Elle fut réimprimée dans l'édition des Prophètes et des Hagiographes ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p193001.jpg), Fürth, 1842-47 (Zedner, "Cat. Hebr. Books Brit. Mus." p. 119), et fut révisée pour la Bible de Zunz ("Monatsschrift," xxxviii. 507). Cette protestation fut poussée à l'excès par Gotthold Salomon, qui, en sus de son travail sur l'édition Dessau des Petits Prophètes (voir ci-dessus), traduisit le Pentateuque (Krotoschin, 1848-49 ; voir la critique de Hess in "Allg. Zeit. des Jud." 1839, p. 80, et de L. Skreinka in "Literaturblatt des Orients," 1840, pp. 468 _et seq._). Les traductions de Job (Glogau, 1836) et du Pentateuque (_ibid._ 1840) par Heimann Arnheim, bien qu'en caractères hébreux et destinées surtout à être utilisées comme partie de la liturgie, montrent du bon jugement et une formation philologique solide ("Literaturblatt des Orients," 1840, p. 641). Seule une simple mention peut être faite de l'Ecclésiaste de L. Herzberg (Brunswick, 1838 ; voir Zunz, in Jost's "Annalen," 1839, p. 102) et de la traduction métrique des Proverbes et des Lamentations de L. H. Löwenstein (Francfort-sur-le-Main, 1837-38). La « Deutsche Volks- und Schul-Bibel » de Gotthold Salomon (Altona, 1837) fut la première traduction de l'Ancien Testament entier en caractères allemands faite par un Juif. Elle fut stéréotypée et était destinée à être vendue à si bas prix que chacun pût se l'offrir (voir la correspondance in Jost's "Annalen," 1839, Nos. 12 _et seq._).

Bible de Zunz.

Plus important fut la tentative entreprise par L. Zunz pour fournir une Bible scolaire et domestique. En tant qu'éditeur, il ne traduisit que les livres des Chroniques, le reste du travail étant fait par H. Arnheim, Julius Fürst et M. Sachs (Berlin, 1838). Zunz réussit dans une large mesure à produire une traduction qui, tout en gardant strictement le texte massorétique, était au niveau du savoir de son époque et exempte des circonlocutions et des idiotismes des traducteurs antérieurs, bien qu'elle préservât encore la translittération des noms hébreux (Nestle, "Bibel-Uebersetzungen," p. 142). Mendelssohn n'avait traduit ni les Prophètes ni les Hagiographes ; et il n'est donc pas surprenant que la Bible de Zunz ait connu au moins six éditions jusqu'à 1855 et douze jusqu'à 1889 (voir Rosin, in "Monatsschrift," xxxviii. 512). Quelques années seulement plus tard, une autre traduction populaire fut produite par Solomon Herxheimer (Berlin, 1841-48 ; 3e éd. du Pentateuque, 1865), à laquelle on ajouta un commentaire explicatif et homilétique. Bien que manifestement destinée à remplacer le biur de Mendelssohn, Herxheimer déclara expressément que son travail était fait « pour les Juifs et les Chrétiens » (Jost's "Annalen," 1839, pp. 312 _et seq._; "Literaturblatt des Orients," 1840, p. 513).

Une tentative encore plus ambitieuse fut celle de Ludwig Philippson. Il traduisit le texte à nouveau, visant à inclure les résultats les plus assurés de la critique moderne et à produire ce qui en tous les sens aurait pu être appelé une Bible familiale. Pour cette raison, des illustrations furent ajoutées pour la première fois, ainsi que des introductions et un commentaire étendu destiné à l'homme intelligent du peuple. Ce travail occupa Philippson pendant dix-huit ans, et fut publié à Leipsic, 1839-56 ; 2e éd., 1858-59 ; 3e éd., 1862. Sa traduction fut alors publiée, avec les illustrations de Doré, par l'Israelitische Bibel-Anstalt, révisée par W. Landau et S. I. Kämpf (Stuttgart, 1875). De cette traduction, des éditions séparées du Pentateuque, des Psaumes, et du Pentateuque avec Isaïe, furent publiées (voir M. Philippson, in "Rev. Etudes Juives," xlii. 30). Mais même les légères concessions faites dans ces traductions à l'esprit exégétique moderne provoquèrent des protestations dans certains milieux ; une maison de la Bible rivale, l'Orthodoxe Israelitische Bibel-Anstalt, fut établie, qui, sur la base de la "Ha-Ketab we-haḲabbalah" de J. Z. Mecklenburg (Leipsic, 1839), produisit une traduction de la Bible strictement selon les lignes de l'exégèse traditionnelle juive (_ib._ 1865). La traduction du Pentateuque par J. Kosmann (Königsberg, 1847-52) avait une fin semblable. Allant encore plus loin dans cette direction, et en protestation évidente contre l'exégèse chrétienne radicale et moderne, qu'il ignore entièrement, Samuel Raphael Hirsch. Dans sa traduction du Pentateuque (Francfort-sur-le-Main, 1867 ; 3e éd., 1899) et des Psaumes (1882), ainsi que dans la traduction des Petits Prophètes par son fils, M. Hirsch (_ib._ 1900), on voit un retour au "derash," dont toute l'école de Mendelssohn et de ses disciples avait tenté de se libérer (voir "Zeit. für Heb. Bibl." v. 78). De la "Die Bibel Neu Uebersetzt" de L. J. Mandelstamm, en partie avec l'assistance de M. Kirchstein, seuls la Genèse et le Cantique des cantiques semblent avoir paru (Berlin, 1862-64). En 1901, une nouvelle traduction par S. Bernfeld fut commencée. Elle garde strictement la Masora et préserve la forme hébraïque des noms propres.

Durant tout ce temps, de nombreuses traductions de livres individuels parurent, dont la liste suivante est un inventaire partiel, cité sous les noms de leurs auteurs respectifs :

- Israel ben Abraham, Job, en caractères hébreux, Prague, 1791. - Shalom Kohn, Psaumes, Hambourg, 1827. - Mendel Stern, Proverbes, en caractères hébreux, Presbourg, 1833. - J. Wolfson, "Das Buch Hiob. . . . Neu Uebersetzt . . .," Breslau-Leipsic, 1843. - E. J. Blücher, "Ruth, mit Deutscher Uebersetzung," Lemberg, 1843. - M. Löwenthal, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194001.jpg) . . . Nebst Uebersetzung . . . ," Francfort-sur-le-Main, 1846. - "Das Hohe Lied . . . Neue Deutsche Uebersetzung," Vienne, 1847. - Samuel Aschkenazi, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194002.jpg) (Cantique des cantiques, en caractères hébreux), Presbourg, 1847. - ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194003.jpg) (Une nouvelle traduction du Pentateuque, en caractères hébreux), Königsberg, 1856. - "Odiosus," "Das Buch Ijob im Engeren Anschluss an den Mass. Urtext" (voir "Hebr. Bibl." vi. 101). - S. Horwitz, "Das Hohe-Lied, das Aelteste Dramatische Gedicht," Vienne, 1863 (voir ib. vi. 62). - Adolph Brecher, "Die Psalmen Nebst Uebersetzung," Vienne, 1864. - Israel Schwarz, "Tikwat Enosh" (Job, en caractères allemands), Berlin, 1868. - Sänger, Maleachi, 1868. - Benjamin Holländer, Das Hohelied, Budapest, 1871. - Hermann Tietz, Das Hohelied, 1871. - M. Levin, ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194004.jpg) (avec traduction judéo-allemande), Odessa, 1873. - H. Grätz, "Krit. Commentar zu den Psalmen, Nebst . . . Uebersetzung," Breslau, 1882 (comparer son Kohelet, 1871, et Cantique des cantiques, 1871). - S. I. Kämpf, Das Hohelied, Prague, 1877 ; 3e éd., 1884. - K. Kohler, Das Hohelied, Chicago, 1878. - Hermann Tietz, "Das Buch der Elegien Metrisch Uebersetzt," Schrimm, 1881. - J. Landsberger, Das Buch Hiob, Darmstadt, 1882. - D. Leimdörfer, "Kohelet . . . Nebst Uebersetzung," Hambourg, 1892. - Herman Rosenthal, "Worte des Sammlers (Kohelet) . . . in Deutsche Reime Gebracht," New York, 1885 ; 2e éd., 1893. Idem, "Das Lied der Lieder, in Neue Deutsche Reime Gebracht," New York, 1893. - M. Jastrow, "Der Neunzigste Psalm; Uebersetzt," Leipsic, 1893. - Salomon Plessner (trad. de Nahum, dans son "Biblisches und Rabbinisches," pp. 29 et seq.), Francfort-sur-le-Main, 1897.

Traduction anglaise.

Ce ne fut qu'aux années quarante du dix-neuvième siècle que le désir se fit vraiment sentir parmi les Juifs anglais d'avoir une traduction de la Bible en langue vernaculaire qui leur fût propre, bien que David Levi eût produit en 1787 (Londres) une version anglaise du Pentateuque (Steinschneider, "Cat. Bodl." No. 926). Partout où une Bible anglaise leur était nécessaire, ils avaient librement utilisé la King James Version ; comme on le voit dans le Pentateuque (y compris les Hafṭarot et les Scrolls) qui fut publié à Londres en 1824 sous le titre ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194005.jpg). Mais l'incongruité de l'usage de cette version, avec ses en-têtes chrétiens et ses interprétations messianiques, finit par s'imposer aux Juifs anglais (voir, par exemple, S. Bennett, "Critical Remarks on the Authorized Version," Londres, 1834 ; Seelig Newman, "Emendations of the Authorized Version of the O. T." Londres, 1839 ; Benjamin Marcus, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194006.jpg) (Fountain of Life): Mistranslations and Difficult Passages of the O. T. Corrected and Explained," Dublin, 1854).

La vénération pour ce chef-d'œuvre de la littérature anglaise s'était aussi imposée aux Juifs. Quand la Revised Version fut publiée (17 mai 1881), elle fut saisie avec empressement comme étant beaucoup plus appropriée aux lecteurs juifs, puisqu'en elle les en-têtes avaient été supprimés et la christologie de nombreux passages atténuée. La Revised Version est utilisée comme base pour des ouvrages tels que "Bible for Home Reading" de C. G. Montefiore, Londres, 1896, 1901. Que la révision ne soit pas complète du point de vue juif peut être vu dans la brochure publiée par le Jewish Religious Education Board, "Appendix to the Revised Version" (Londres, 1896), qui énumère les "alterations deemed necessary with a view to placing the Revised Version in the hands of members of the Jewish faith." Ces altérations se limitaient aux séries de cas suivantes : à savoir, "where the R. V. departs from the Masoretic text," et "where the R. V. is opposed to Jewish traditional interpretation or dogmatic teaching." Isa. lii. 13-liii. 12 y est réimprimé en entier.

Le premier à tenter de produire une traduction juive indépendante fut D. A. de Sola de Londres, qui en 1840 publia un "Prospectus of a New Edition of the Sacred Scriptures, with Notes Critical and Explanatory." Morris J. Raphall et J. L. Lindenthal étaient associés avec lui dans ce travail. Un seul volume, la Genèse, parut (Londres, 1841 ; 2e éd., 1843). D'une tentative similaire de S. Bennett, "The Hebrew and English Holy Bible," seul Gen. i.-xli. parut (1841) ; bien que la même année Francis Barham publiât "The Hebrew and English Holy Bible," qui contenait la révision de l'anglais de Bennett et une révision de l'hébreu par H. A. Henry. Une autre traduction fut publiée par A. Benisch, "Jewish School and Family Bible" (1851-56) ; et encore une autre par M. Friedländer, "![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p194007.jpg), The Jewish Family Bible" (1884). Cette dernière a reçu la sanction du grand-rabbin des Juifs britanniques. A. Elzas a publié des traductions des Proverbes (Leeds et Londres, 1871), de Job (1872), d'Osée et de Joël (1873), dans une tentative "to put the English reader, at least in some degree, in the position of one able to read the Hebrew text." Aucune de ces versions, cependant, ne peut être dite avoir remplacé soit la Authorized Version soit la Revised Version dans l'estime du public juif lecteur de la Bible.

Les États-Unis.

Aux États-Unis, le même sentiment qu'en Angleterre avait été engendré contre les en-têtes de la Authorized Version. Isaac Leeser tenta de rectifier cela et en même temps de traduire la Bible de manière qu'elle représente les meilleurs résultats de l'étude moderne. Les Prophètes, les Psaumes et Job sont pratiquement des versions nouvelles. Dans les autres parties, la Authorized Version est très étroitement suivie ; et bien que dans la plupart des cas les changements que Leeser fit rapprochent la traduction du texte massorétique, la beauté de l'anglais fut souvent sacrifiée. Une édition in-quarto fut publiée en 1854, et une édition in-douze en 1856. Malgré ses insuffisances, la plus petite édition a eu une large circulation, due surtout au développement de l'instruction religieuse dans les écoles juives des États-Unis. L'inadéquation de la traduction de Leeser a cependant été ressentie ; et la Jewish Publication Society of America en 1898 prit en mains la préparation d'une révision complète. Celle-ci est maintenant (1902) réalisée par un certain nombre d'érudits, avec M. Jastrow, Sr., en tant que rédacteur en chef, et K. Kohler et F. de Sola Mendes comme rédacteurs associés (voir Reports of the Jewish Publication Society of America, 1898 _et seq._).

Versions espagnoles.

Nulle part en Europe l'histoire de la traduction de la Bible en langue vernaculaire n'est aussi intéressante qu'en Espagne. Des traductions y ont été faites dès le treizième siècle, malgré le fait qu'en 1234 Jaime Ier, au moyen de législation séculière, en interdit l'usage (Lea, "History of the Inquisition in the Middle Ages," i. 324). Comme l'a montré Berger, les plus anciennes versions castillanes, même lorsqu'elles ont été faites par des chrétiens, se rapprochent beaucoup plus du texte hébreu original que celles d'aucun autre pays. Cela semble dû à l'influence précoce et intense des Juifs dans la péninsule et à la couleur orientale de toute sa culture. Cette similitude se voit même dans la forme extérieure. Les traductions espagnoles suivent la division hébraïque de la Bible en trois grandes parties ; et il est significatif que le premier polyglotte (Complutensien) ait vu le jour en Espagne. Dans la production de ces traductions, tant les Juifs que les convertis prirent une part louable. L'une des plus anciennes de ces traductions castillanes se trouve dans le MS. aragonais i. j, 8 de la Bibliothèque de l'Escurial, Madrid. Les Psaumes dans ce manuscrit sont expressément dit être la traduction "que fizo Herman el Aleman, segund cuemo esta en el ebraygo." Herman devait sans aucun doute connaître l'hébreu, bien que Berger pense qu'il se servit du "Psalterium Hebraicum" de Jérôme et non du "Psalterium Gallicum." Cet Herman le Germain est le bien connu traducteur latin d'Aristote, et vécut entre 1240 et 1256.

Au quinzième siècle, plusieurs révisions de ces traductions plus anciennes furent faites, mais toujours selon le texte hébreu. Une telle révision est représentée par les MSS. i. j, 5 et i. j, 3 de l'Escurial et le MS. cxxiv. 1, 2 (daté de 1429) de la Bibliothèque d'Evora. En un nombre de passages, ces traductions ostensiblement suivent l'original hébreu et vont à l'encontre de la tradition habituelle de l'Église. Le MS. i. j, 3 de l'Escurial est richement enluminé de miniatures, qui ont peut-être été l'œuvre de miniaturistes hébreux. Dans ce manuscrit non seulement l'ordre des livres du Canon est le même que dans l'hébreu, mais le Pentateuque est divisé en sections qui concordent avec les parashiyot et sedarim. Les noms propres aussi suivent l'hébreu et non la version latine ordinaire. Berger pense que ce manuscrit peut être l'œuvre du Juif baptisé Juan Alfonso de Buena, qui était au service de Jaime II. (1416-54). Un intérêt supplémentaire s'attache à ces révisions, car elles formèrent la base de l'espagnol du Pentateuque de Constantinople de 1547 et de la Bible de Ferrare ; la Bible de Ferrare, à son tour, fut la base de la traduction protestante de la Bible par Cassidoro de Reina (1569) ; de la révision par Cyprien de Valera (1602), du "Psalterio de David Conforme a la Verdad Hebraica" (Lyon, 1550), et du Psautier de Juan Perez (Venise, 1557 ; voir Samuel Berger, in "Romania," xxviii.).

Une révision encore plus poussée, de nouveau sur la base de l'hébreu, fut faite par [Rabbi Moise Arragel](/articles/1818-arragel-moses) (1430) pour Don Luis de Guzman, maître de l'Ordre de Calatrava. Selon Berger, cette révision fut faite sur le MS. Escurial i. j, 3. Il est pourvu d'un commentaire, et profusément illustré, peut-être par des artistes juifs. Un manuscrit des Prophètes, en deux langues, dans la bibliothèque de l'Académie d'Histoire à Lisbonne suit la traduction d'Arragel si étroitement qu'il peut possiblement représenter la première tentative d'Arragel.

Cette traduction castillane (ou révision) fut portée par les exilés espagnols en Italie et en Turquie. Elle devint aussi la Bible des Juifs espagnols aux Pays-Bas. Elle apparaît d'abord en caractères hébreux dans le Pentateuque polyglotte (hébreu, Onkelos, Rashi, néo-grec, et espagnol), publié à Constantinople par Eliezer Bekor Gerson Soncino (voir Belleli, in "Rev. Etudes Juives," xxii. 250 ; Grünbaum, "Jüd.-Span. Chrestomathie," p. 6). Le néo-grec représente une traduction différente de celle de l'espagnol. De ce polyglotte, elle trouva son chemin dans la célèbre Bible de Ferrare de 1553, qui porte le titre "Biblia en Lengua Española, Traduzida Palabra por Palabra de la Verdad Hebrayca por Muy Excellentes Letrados, Vista y Examinada por el Oficio de la Inquisicion. Con Privilegio del Ylustrissimo Señor Duque de Ferrara." Deux éditions semblent avoir été publiées : l'une, pour les Juifs, signée par Abraham Usque ; l'autre, pour les chrétiens, signée par Jérôme de Vargas (De los Rios, "Juifs d'Espagne," p. 432).

De los Rios (_l.c._ p. 436) pense que l'auteur de "Retratos o Tablas de las Historias del Testamento Viejo," Lyon, 1543, une exposition populaire de la Bible, était un Marano ; mais cela ne semble pas avoir été prouvé.

La Bible de Ferrare de 1553 devint la base des traductions en espagnol et en ladino qui furent publiées à Salonique et à Amsterdam. Cela se voit aussi dans le titre, qui s'énonce ordinairement « Biblia en Lengua Española, Traduzida Palabra por Palabra de la Verdad Hebrayca. » Cela est également vrai du « ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195001.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195002.jpg) con Ladino y Agora Nos a Parecedo Comenzar de los ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p195003.jpg), » etc., publié par Joseph b. Isaac b. Joseph Jabez en 1568, comme Kayserling (_l.c._ p. 28) l'a clairement montré. À Amsterdam la traduction resta substantiellement la même, bien qu'elle fût souvent révisée (« reformada ») : 1611 ; 1630 et 1646, Gillis Joost ; corrigée par Samuel de Caceres et imprimée par Joseph Athias (1661) ; corrigée par Isaac de Abraham Dias et imprimée par David Fernandes (1726) ; « con las annotaciones de Or Torah, » Proops, 1762. Cette traduction parut également à Venise, 1730 ; Constantinople, 1739-43 ; _idem_, 1745 ; Vienne (éd. par Israel Bahor Haim et Aaron Pollak), 1813-16 ; et Smyrne, 1838. Une traduction en ladino, en caractères Rashi, fut publiée à Vienne, 1841 (2e éd., 1853), par W. S. Schauffler pour l'American Bible Society (voir Twenty-sixth Annual Report of the society, 1842, p. 120). Selon Grünbaum, elle présente de nombreux points de ressemblance avec le Pentateuque de 1547 et avec la Bible de Ferrare.

Diverses portions de cette traduction parurent séparément, une édition du Pentateuque paraissant la même année (1553) et à Ferrare. On peut ajouter à cela les suivantes :

« Humas de Parasioth y Aftharoth, » éd. Manasseh ben Israel, Amsterdam, 1627 ; éd. Ymanuel Benveniste, _ib._ 1643 ; une autre édition fut publiée par Manasseh lui-même, _ib._ 1655 (bien qu'il en dise, « Obra nueva y de mucha utilidad ») ; « Parafrasis Comentada sobre el Pentateucho, » éd. Isaac da Fonseca Aboab, _ib._ 1681 ; « Cinco Libros de la Ley Divina . . . de Nuevo Corrigidos, » par David Tartas, _ib._ 1691 ; « Los Cinco Libros . . . Interpretados en Lengua Española, » éd. Joseph Franco Serrano, _ib._ 1695 ; 1705 et 1724 (Isaac de Cordova) ; « Cinco Libros, » corrigés par David de Elisha Pereyra, _ib._ 1733 ; « El Libro de la Ley, » publié à Constantinople en 1873, est, selon Grünbaum (_l.c._ 12), une traduction différente.

Les Psaumes furent réimprimés : Ferrare, 1553 ; Salonique, 1582 ; Amsterdam, 1628, 1730 ; Vienne, 1822 ; Constantinople, 1836. Plusieurs autres traductions des Psaumes furent produites pendant les dix-septième et dix-huitième siècles. David Abenatar Melo, un Marrane qui s'échappa de l'Inquisition à Madrid et redevint Juif en 1611, publia en 1626 (« En Franquaforte ») « Los CL Psalmos de David, en Lengua Española, en Varias Rimas. » Dans ces Psaumes il a inséré, quand il convint, un récit de ses propres souffrances et de celles de son peuple (De los Rios, _l.c._ pp. 468 _et seq._ ; Kayserling, « Bibl. Esp.-Port.-Jud. » pp. 67, 68). Une traduction en prose fut faite par Ephraim Bueno et Jonah Abravanel (Amsterdam, 1650 ; 2e édition, 1723 ; voir De los Rios, _l.c._ p. 498). Une troisième traduction fut faite par Jacob Judah Leon Templo (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196001.jpg), « Las Alabancas de Santidad, » Amsterdam, 1671)—une traduction en prose mot à mot de l'original (De los Rios, _l.c._ p. 570 ; Kayserling, _l.c._ p. 58).

De tous les livres bibliques, le Cantique des Cantiques fut le plus souvent réimprimé. Une traduction fut publiée à Hambourg, 1631, par David Cohen Carlos « de lengua Caldayca » ; mais le rendu favori était celui d'Abraham de Isaac Lañado, publié en caractères hébreux à Venise, 1619, 1654, 1655, 1672, 1716, 1721, 1739, 1805 ; Livourne, 1769, 1787 ; Vienne, 1820. L'édition de Venise fut publiée en caractères romains par Moses Belmonte, Amsterdam, 1644, et fut réimprimée à Amsterdam, 1664, 1683, 1701, 1712, 1724, et 1766. Une édition du Megillot parut à Constantinople en 1813 (voir Kayserling, _l.c._ p. 30) ; une Megillah en espagnol, datant du début du dix-huitième siècle, existe au British Museum (« Jewish Chron. » March 21, 1902, p. 24) ; mais l'origine de la traduction est inconnue (sur de tels Megillot voir Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages, » p. 345). Une traduction portugaise des Psaumes, sous le titre « Espejo Fiel de Vidas, » par Daniel Israel Lopez Laguna, parut à Londres, 1720 (Kayserling, _l.c._ p. 55).

Versions italiennes.

Tant Zunz (« G. V. » 2e éd., p. 457) que Güdemann (« Erziehungswesen in Italien », p. 206) font référence à des traductions anciennes de la Bible en italien ; ce dernier parle même de leur existence aux treizième et quatorzième siècles. Steinschneider a démontré (« Monatsschrift », xlii. 117) que c'est une erreur. Il est vrai que certaines autorités (comme Zedekiah ben Abraham et Isaiah de Trani, le plus jeune) ont insisté sur la nécessité de traduire la Bible dans la langue du pays ; mais Judah 'Azahel del Bene (Ferrare, _vers_ 1650) a déconseillé la pratique d'enseigner l'italien aux filles, car il craignait qu'elles ne conçoivent un amour pour la poésie amoureuse (Vogelstein et Rieger, « Juden in Rom », ii. 300). Ce n'est qu'au seizième siècle que des tentatives ont été faites pour produire des versions de portions de la Bible en italien. Steinschneider (_l.c._ p. 318) a donné une liste des traductions manuscrites existantes. C'est vers la fin de ce siècle que les premières traductions furent publiées. David de Pomis (mort après 1593) fit paraître une édition de l'Ecclésiaste avec traduction italienne à Venise en 1571. Elle était dédiée au Cardinal Grimani d'Aquilée (Steinschneider, « Cat. Bodl. » No. 218). Il traduisit aussi Job et les Psaumes, mais ne les publia jamais (« Monatsschrift », xliii. 32). Hezekiah Rieti publia (Venise, 1617) le texte des Proverbes avec traduction italienne (« Cat. Bodl. » No. 418) ; mais on ne peut trouver aucun compte rendu fiable d'une traduction de Job (Rome, 1773) mentionnée par Zunz.

Les traductions faites au dix-neuvième siècle ont toutes été plus ou moins sous l'influence du biur de Mendelssohn. En 1818 I. S. Reggio publia à Vienne, comme spécimen, dix versets de la Genèse. Il fit alors paraître le Pentateuque entier (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196002.jpg) ![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196003.jpg) « colla Traduzione Italiana »), Vienne, 1821 ; et dix ans plus tard « Il Libro d'Isaia, Versione Poetica » (Udine, 1831). Des critiques sévères ont été adressées contre cette version, car elle semblait affaiblir la force de nombreuses prophéties messianiques (voir Fürst, « Bibl. Jud. » iii. 140). En 1844 parut à Livourne (![](https://storage.googleapis.com/jewishencyclopedia/chars/V03p196004.jpg)) une traduction italienne de Job (Fürst, « Bibl. Jud. » ii. 282, dit qu'elle est de Luzzatto) ; et en 1872 un « Pentateuque, rev. von Letteris, mit Ital. Uebersetzung von Diodati » (Vienne ; peut-être aussi Londres, 1836, 1864). Lelio della Torre de Padoue traduisit les Psaumes (Vienne, 1845). Mais ceux-ci furent complètement éclipsés par les versions exactes et soignées de S. D. Luzzatto, dont le jugement poétique et littéraire fit de lui un excellent styliste (voir « Hebr. Bibl. » vi. 99 ; Elbogen, in « Monatsschrift », xliv. 460). Il traduisit la plus grande partie de l'Ancien Testament : Isaïe (« Il Profeta Isaia Volgarizzato »), Padoue, 1855-63 ; Pentateuque, Rovigo, 1860, Padoue, 1876 ; Prophètes, Rovigo, 1868 ; Isaïe, Padoue, 1867 ; Job, Trieste, 1853 ; généralement avec un commentaire hébreu de grande valeur. D'autres traductions italiennes furent produites : par Giuseppe Barzilai, « El Cantico dei Cantici » (Trieste, 1865) sous forme dramatique, suivant les traductions allemandes de Mandelstamm et Horowitz ; Lamentations (Trieste, 1867) ; par David Castelli, Ecclésiaste (Pise, 1866) ; par Benjamin Consolo, Lamentations, Job et Psaumes (Florence ?) ; par Gino Morpurgo, Ecclésiaste (Padoue, 1898) et Esther (1899).

Traductions françaises.

Les traductions de l'Ancien Testament en français n'ont pas été faites par des Juifs avant la première moitié du dix-neuvième siècle. En 1831 Samuel Cahen commença un travail monumental, « La Bible, Traduction Nouvelle » (Paris, 1833-46, en 18 volumes), auquel furent ajoutés de nombreux essais de Munk, Zunz, Dukes et d'autres, ainsi qu'un commentaire quelque peu rationaliste. Cet ouvrage fut critiqué avec une certaine sévérité (Abbé B. M. B., « Quelques Mots sur la Traduction Nouvelle », etc., Paris, 1835 ; « Allg. Zeit. des Jud. » 1839, p. 30 ; « Literaturblatt des Orients », 1840, pp. 368 _et seq._ ; Wogue, « Hist. de la Bible », p. 342) ; mais il domina le champ pendant de nombreuses années. Une version plus fidèle du Pentateuque fut publiée en 1860 par Lazare Wogue. Parmi les autres traducteurs on peut mentionner A. ben Baruch Créhange (Psaumes) et B. Mossé d'Avignon (Psaumes). Mais une Bible populaire et bon marché en français était vivement nécessaire aux Juifs français. Un tel ouvrage a été entrepris par l'actuel grand rabbin de France, Zadok Kahn, et les autres membres du rabbinat français. La traduction de Wogue fut employée comme base pour le Pentateuque. L'auteur lui-même fit les corrections nécessaires ; et avant sa mort il put terminer la traduction des livres prophétiques jusqu'au Premier Livre des Rois (vol. i., Paris, 1899). En même temps et sous les mêmes auspices, une Bible pour enfants (« Bible de la Jeunesse ») est en cours de publication.

Traductions néerlandaises.

Peu de traductions ont été tentées par les Juifs néerlandais dans leur langue vernaculaire : les Juifs espagnols et portugais de Hollande se servaient de l'espagnol ; les Juifs ashkénazes, de la version judéo-allemande. La version des Psaumes en néerlandais imprimée par Joseph Athias a été faite par Johann Leusden. Au cours du dix-neuvième siècle, des traductions ont été faites par Samuel J. Mulder (voir son « Tets over de Vertalingen der Heilige Schrift », Amsterdam, 1859) : Pentateuque, 1826-42 ; Prophètes majeurs, 1827 ; Cinq Rouleaux, 1835, 3e éd. 1859 ; Proverbes, 1836 ; Psaumes, 1838 ; tous publiés à Amsterdam. Il a également publié une « Bijbel voor de Israel. Jeugd », Leyde, 1843-54. En 1844 Gabriel J. et M. S. Polak ont publié une traduction néerlandaise de Job, qui aurait dû être suivie d'une traduction des Prophètes et des Hagiographes. Cela ne semble jamais avoir été achevé. Une traduction d'Isaïe par G. A. Parsen existe aussi ; tandis qu'une nouvelle traduction du Pentateuque, accompagnée du Targum et de Rashi, a été publiée par A. S. Ondervijser en 1901.

Les traductions juives en russe sont d'une date très récente. L'auteur ne connaît que les Psaumes de L. I. Mandelstamm (Berlin, 1864 ; 3e éd. 1872), Pentateuque (, 3e éd., Berlin, 1872) ; les Psaumes d'Aaron Pumpiansky (Varsovie, 1871) ; les Psaumes de J. Cylkow (1883) ; et une version d'Esther en allemand (caractères hébreux) et en russe (Varsovie, 1889). Une traduction polonaise a été publiée par D. Neufeld.

Leer el artículo original

Fuentes y recursos

🔗 Citar / enlazar esta página

Copia cualquiera de estos formatos para citar esta página o enlazarla.

Enlace

https://zakhor.ai/es/grands-livres/textes/traductions-de-la-bible

HTML

<a href="https://zakhor.ai/es/grands-livres/textes/traductions-de-la-bible">Traductions de la Bible — Zakhor</a>

Cita

Traductions de la Bible — Zakhor, https://zakhor.ai/es/grands-livres/textes/traductions-de-la-bible
← Todos los textes & œuvres
Voir la notice catalogue (support, conservation, images) →