Zakhor — la memoria de su linaje
Le Grand Livre — Della Seta
Establecido el 20 de junio de 2026 · zakhor.ai
Introduction
La familia Della Seta pertenece a ese núcleo antiguo y profundamente arraigado del judaísmo italiano, y más precisamente a la comunidad romana, una de las diásporas judías ininterrumpidas más antiguas de Europa occidental. El patronímico figura entre los que Samuel Schaerf recogió en su repertorio fundacional I cognomi degli ebrei d'Italia (Florencia, 1925), obra que sigue siendo el primer intento sistemático de clasificar e interpretar los apellidos judíos de la península [Schaerf, I cognomi degli ebrei d'Italia, 1925].
El nombre «Della Seta» — literalmente «de la seda» — pertenece a una categoría bien identificada de patronímicos judíos italianos: los que derivan de un oficio. Los investigadores coinciden en clasificar Della Seta entre los nombres que designan una actividad profesional ejercida por la familia o sus antepasados. Della Seta, Funaro y Sacerdoti indicaban los oficios de las personas a quienes pertenecían. Esta filiación onomástica inscribe el linaje en el tejido económico y social del judaísmo romano, donde el comercio de telas y tejidos ocupó, durante siglos, un lugar central.
La presente nota se propone reconstruir, con la prudencia que imponen la escasez y la dispersión de las fuentes, la historia de este linaje: sus orígenes onomásticos probables, su inscripción en la larga duración de la comunidad judía de Roma, su inserción en la economía textil constreñida del Ghetto, su emergencia en la vida intelectual y política de la Italia unificada, y finalmente la trágica prueba de las persecuciones del siglo XX. Allí donde la tradición transmitida se distinga del archivo establecido, el marcador de cada sección lo señalará con honestidad.
Chapitre 1 : Le nom et son sens — « de la soie »
Le patronyme Della Seta se laisse aisément décomposer : l'italien seta signifie « soie », et la locution « della seta » se traduit par « de la soie ». Ce type de formation est caractéristique d'une part importante de l'onomastique juive italienne, façonnée par les conditions particulières de la vie communautaire. Les spécialistes distinguent en effet plusieurs grandes familles de noms juifs italiens : les noms toponymiques, tirés d'une ville ou d'une région d'origine ; les noms patronymiques ou bibliques ; et les noms professionnels, tirés d'un métier.
C'est à cette dernière catégorie qu'appartient Della Seta. La tradition savante, relayée par les travaux de vulgarisation historique consacrés à la judéité italienne, place ce nom aux côtés d'autres patronymes « de métier » bien attestés dans la communauté romaine. Della Seta, Funaro et Sacerdoti indiquaient les métiers des personnes auxquelles ils appartenaient, par opposition aux noms géographiques comme Zarfati, lié à la France, ou Sermoneta, tiré de la ville d'origine.
Cette interprétation s'éclaire à la lumière de l'histoire des noms juifs romains. La communauté du Ghetto était si dense et si refermée sur elle-même que l'identification des familles par des surnoms distinctifs s'imposa. La population juive du Ghetto atteignait environ 7 000 personnes. Elles étaient si nombreuses, et pourtant peu nombreuses pour conclure des mariages qui ne fussent pas entre parents. Dans un tel milieu, le métier — ici, le travail ou le négoce de la soie — constituait un marqueur d'identité naturel, transmis de génération en génération jusqu'à se figer en nom de famille héréditaire.
Il faut toutefois conserver une réserve méthodologique. Si l'étymologie « de la soie » est transparente et largement admise, l'attribution d'un nom professionnel ne signifie pas nécessairement que tous les porteurs aient effectivement exercé le métier de soyeux : un nom, une fois fixé, voyage indépendamment de la profession qu'il désignait à l'origine. La prudence de Schaerf, qui se borne à enregistrer et classer les noms sans en surdéterminer le sens, reste à cet égard exemplaire [Schaerf, I cognomi degli ebrei d'Italia, 1925].
Chapitre 2 : Les Juifs de Rome, matrice d'une lignée
Comprendre la famille Della Seta suppose de la replacer dans l'histoire de la communauté juive de Rome, la plus ancienne du monde occidental. Une présence juive considérable y est attestée dès l'Antiquité. Dans la Rome antique résidaient pas moins de 8 000 Juifs, intégrés au vaste monde méditerranéen. Cette implantation antique, jamais interrompue, fait de la judéité romaine un cas singulier, distinct des grandes diasporas ashkénaze et séfarade par son rite propre, dit italkien ou romain.
Au fil des siècles, les familles juives de Rome se constituèrent un répertoire de patronymes reflétant tantôt leurs origines géographiques, tantôt leurs métiers. Certaines familles reprirent les noms d'ancêtres ayant vécu dans l'Espagne médiévale : Aboab, Attias, tandis que d'autres adoptèrent des noms tirés de leur ville d'origine dans la péninsule. Della Seta s'inscrit dans cette mosaïque comme un nom proprement romain, ancré dans l'économie locale.
Un tournant décisif intervint au milieu du XVIe siècle. Mais d'autres encore, comme les « Sermoneta », portaient le nom de la ville où ils vivaient avant que le pape Pie V n'obligeât les Juifs à se rendre dans le Ghetto de Rome ou d'Ancône. L'institution du Ghetto romain par la bulle Cum nimis absurdum de Paul IV en 1555, puis les mesures de Pie V, bouleversèrent la vie matérielle de la communauté et figèrent durablement ses cadres sociaux et économiques.
C'est dans cet espace clos et surpeuplé que se fixèrent, au cours des générations, les noms de famille héréditaires de la judéité romaine. La contrainte démographique du Ghetto — un nombre réduit de familles contraintes à l'endogamie — explique la récurrence et la stabilité de patronymes comme Della Seta, transmis sans interruption à travers les siècles d'enfermement.
Chapitre 3 : Le Ghetto, la soie et le commerce des étoffes
El nombre «de la seda» adquiere todo su relieve cuando se examina a la luz de las condiciones económicas impuestas a los judíos romanos. El encierro en el Ghetto estuvo acompañado de drásticas prohibiciones profesionales. La institución del Ghetto romano en 1555 limitó numerosos privilegios que habían sido concedidos a los judíos a lo largo de los siglos precedentes. Entre estas restricciones figuraba la exclusión de la mayoría de los oficios y de la propiedad inmobiliaria.
Los judíos fueron en la práctica confinados a un sector económico estrecho: se les prohibía poseer bienes inmuebles y ejercer cualquier comercio, salvo el de los trapos y la ropa usada. Fue precisamente en este comercio de la strazzeria —el tejido de segunda mano— donde se desplegó no obstante un notable saber hacer textil. El Museo Judío de Roma conserva cerca de novecientas telas, preciosos ornamentos y guarniciones textiles realizados con telas de segunda mano a causa de las prohibiciones a las que estaban sometidos los judíos, obligados al comercio de los trapos.
Aquí, la Memoria del nombre y el archivo económico se responden mutuamente. El patronímico Della Seta, «de la seda», porta el recuerdo de una especialización en el comercio y el trabajo de las telas —seda, tejidos preciosos recuperados y reelaborados— que corresponde exactamente al nicho económico dejado a los judíos del Ghetto. Ya fuera la familia sedero de oficio o comerciante de tejidos, su nombre se arraiga en esta historia textil. Cabe señalar además que este vínculo con la tela se prolongó mucho más allá de la emancipación: todavía en el siglo XX, algunos Della Seta romanos permanecían en el sector. El padre de Angelo Della Seta era un mayorista en tejidos, con una tienda en la Piazza Giudia, actividad heredada del abuelo Raimondo.
La convergencia entre el sentido del nombre y la realidad documentada del comercio textil judío romano no constituye una prueba genealógica en sentido estricto, pero sí forma un conjunto coherente de indicios: la tradición onomástica y el archivo socioeconómico se confirman mutuamente, sin que sea posible establecer una cadena ininterrumpida entre el antepasado epónimo y los comerciantes de tejidos del siglo XX.
Chapitre 4 : De l'émancipation aux lumières de la science et de la politique
L'unification de l'Italie et l'émancipation des Juifs, dans la seconde moitié du XIXe siècle, ouvrirent à la lignée Della Seta les portes de la vie intellectuelle, universitaire et politique nationale. De familles longtemps confinées au négoce des étoffes émergèrent des figures de premier plan dans l'archéologie, la philosophie et la vie publique.
La figure la plus illustre est sans doute celle de l'archéologue Alessandro Della Seta. Alessandro Della Seta (1879-1944), archéologue italien, naquit à Rome de Giuseppe Della Seta et Rachele Rosselli. Sa carrière fut exceptionnelle : en 1909 il obtint l'habilitation à l'enseignement universitaire en archéologie ; outre sa production scientifique prolifique et remarquable, il travailla comme inspecteur du Musée national de la Villa Giulia à Rome ; en 1913 il occupa la chaire d'archéologie de l'université de Gênes. Durant la Première Guerre mondiale, il atteignit le grade d'officier d'artillerie et reçut une Croix de guerre. À partir de 1919, et pendant vingt ans, Della Seta dirigea l'École archéologique italienne d'Athènes.
Une autre figure marquante fut le philosophe et homme politique Ugo Della Seta. Ugo Della Seta naquit à Rome le 18 juillet 1879, de parents juifs, Mosè et Palmira Piazza. Il obtint en 1901 à Naples une licence en droit, où il fut l'élève de Giovanni Bovio. Penseur d'inspiration républicaine et mazzinienne, il connut un destin politique singulier. Dans les années de la dictature fasciste, il fut l'un des très rares professeurs à refuser de prêter le serment de fidélité au régime — geste de courage civique qui distingua une poignée d'universitaires italiens.
La famille s'illustra encore au siècle suivant à travers le journaliste et homme politique Piero Della Seta. Piero Della Seta (Rome, 1922-2001), de famille juive, était fils d'Angelo, grossiste en tissus dont le magasin se trouvait Piazza Giudia — détail biographique qui referme la boucle, reliant l'engagement intellectuel et politique du XXe siècle à la vieille vocation textile inscrite dans le nom.
Chapitre 5 : L'épreuve des persécutions et la mémoire
Comme l'ensemble de la judéité italienne, la famille Della Seta fut frappée de plein fouet par les lois raciales fascistes de 1938 puis par la déportation menée à partir de 1943 sous l'occupation allemande. Cette communauté romaine, vieille de deux millénaires, fut alors recensée, traquée et décimée.
L'appareil administratif de la persécution est documenté avec une précision glaçante. Il s'agit d'un recensement des Juifs de Rome conservé sous forme de fiches nominatives — feuillets préimprimés très fins, remplis à la machine à écrire — indiquant pour chacun le nom, le prénom, le père, la mère, le lieu et la date de naissance, la condition, l'état civil. Ce fichier de la Préfecture, dressé entre 1938 et 1940, préfigurait les rafles à venir et conserve la trace nominative de familles juives romaines, parmi lesquelles les Della Seta.
Le destin de l'archéologue Alessandro Della Seta illustre la brutalité de cette rupture. Sa carrière internationale, célébrée dans toute l'Europe savante, fut brisée par les lois raciales ; il mourut en 1944, dans les années noires de la persécution. La trajectoire d'Ugo Della Seta, qui avait dès l'origine refusé tout compromis avec le régime, témoigne quant à elle d'une résistance morale enracinée dans la tradition républicaine et dans la dignité d'une vieille famille du Ghetto émancipé.
La mémoire de la lignée se conserve aujourd'hui à plusieurs niveaux : dans les archives du recensement, dans les répertoires onomastiques comme celui de Schaerf, dans les collections du Musée juif de Rome qui préservent les étoffes du Ghetto, et dans la mémoire vivante de la communauté romaine. Le nom Della Seta, « de la soie », demeure ainsi le fil — au sens propre — qui relie l'ancien négoce des étoffes contraint, l'épanouissement intellectuel de l'émancipation, et le souvenir des épreuves du XXe siècle.
Conclusion
La historia de la familia Della Seta se lee como un corte transversal en la larga duración de la judeidad romana. Su nombre, transparente y cargado de sentido, testimonia la inscripción del linaje en la economía textil del Ghetto, única actividad ampliamente dejada a los judíos de Roma durante tres siglos de encierro. Catalogado por Schaerf entre los patronímicos judíos de Italia, pertenece a la categoría bien establecida de los nombres de oficio [Schaerf, I cognomi degli ebrei d'Italia, 1925].
De la strazzeria del Ghetto a las cátedras universitarias de la Italia unificada, de las tiendas de tejidos de la Piazza Giudia a las excavaciones arqueológicas de Lemnos y Atenas, la trayectoria de los Della Seta acompaña la de toda una comunidad: encierro, emancipación, ascenso intelectual, y luego persecución. Allí donde el archivo falta, el haz de indicios — convergencia del sentido del nombre y de la realidad económica, continuidad del comercio de tejidos hasta el siglo XX — autoriza una reconstrucción probable, pero nunca una genealogía continua y cierta. Es precisamente esta honestidad epistémica la que debe presidir la escritura de semejante «Gran Libro»: distinguir lo que el archivo establece de lo que la tradición transmite y de lo que el historiador conjetura.