יהודי קאיפנג
Región: Chine (Henan)
registro Memoria · depositario, no propietario
Publicado el 19 de junio de 2026
Seule communauté juive autochtone de Chine, installée sous les Song, largement sinisée.

Kaifeng Jewish Museum - 4 - Kaifeng Jews Reading Torah (L) & Chair of Moses on which a Torah Scroll is Placed (R)
Gary Todd · CC0 · Wikimedia Commons

Jews of Kai-Fung-Foo, China
Public domain · Wikimedia Commons

Kaifeng Jewish names list
Kaifeng Jew, circa 17th century · Public domain · Wikimedia Commons
Composite kaifeng stone inscriptions-1-
Unknown authorUnknown author · Public domain · Wikimedia Commons
Copia cualquiera de estos formatos para citar esta página o enlazarla.
Enlace
https://zakhor.ai/es/grands-livres/communautes/juifs-de-kaifengHTML
<a href="https://zakhor.ai/es/grands-livres/communautes/juifs-de-kaifeng">Juifs de Kaïfeng — Zakhor</a>Cita
Juifs de Kaïfeng — Zakhor, https://zakhor.ai/es/grands-livres/communautes/juifs-de-kaifengAu corazón de la llanura del río Amarillo, en la provincia de Henan, la ciudad de Kaïfeng — antaño llamada Bianliang — fue el escenario de una aventura humana sin igual: el arraigo, durante casi ocho siglos, de la única comunidad judía autóctona que China haya conocido jamás. Durante ciento sesenta y seis años, a partir del año 960 de nuestra era, China fue gobernada por los emperadores de la dinastía Song desde su capital Kaïfeng, una metrópolis bulliciosa a orillas del río Amarillo, que unía la ciudad por el Gran Canal con los puertos de la costa china [Sino-Judaic Institute]. Fue en este marco comercial y cosmopolita donde mercaderes judíos, llegados de Occidente, depositaron sus fardos de telas y sus rollos de la Ley.
La historia de los judíos de Kaïfeng resulta difícil de aprehender, pues pertenece a la vez al archivo lapidario — algunas estelas grabadas — y a la memoria transmitida, a menudo reconstruida con posterioridad. Los orígenes de la comunidad permanecen envueltos en misterio, y las fuentes que ella misma produjo se contradicen en cuanto a la fecha de su llegada. Este Gran Libro se propone desenredar, en la medida de lo posible, lo que puede tenerse por establecido de lo que pertenece a la tradición piadosa, sin zanjar arbitrariamente allí donde la incertidumbre sigue siendo soberana. Pues el destino de Kaïfeng es el de una diáspora que, aislada del resto del mundo judío, supo preservar su identidad antes de fundirse, lentamente, en el inmenso océano de la civilización china.
La question des origines des Juifs de Kaïfeng est la plus disputée de toute leur histoire, précisément parce que les témoignages qu'ils ont laissés ne concordent pas. Les origines de la communauté juive de Kaïfeng sont un mystère : trois tablettes de pierre, datées de 1489, 1663 et 1679, provenant de l'ancienne synagogue, consignent des dates d'arrivée différentes [Frommer's]. Plus singulier encore, plus la stèle est récente, plus elle fait remonter loin dans le temps l'arrivée des Juifs en Chine : la plus ancienne, de 1489, affirme que les Juifs sont entrés sous la dynastie Song (960–1279), tandis que celle de 1663 indique la dynastie Zhou (1045–256 av. J.-C.) [Chinese Jewish Institute].
La recherche contemporaine récuse ces datations légendaires. Les historiens datent généralement la formation de la communauté de Kaïfeng du début de la dynastie Song (960–1127), lorsque le statut de la ville comme centre commercial florissant, jouissant de la faveur impériale, aurait attiré des marchands étrangers, parmi lesquels des Juifs venus de Perse ou d'Asie centrale par la Route de la soie [Grokipedia, d'après l'érudition]. Un débat persiste néanmoins sur l'itinéraire emprunté. Contrairement à une croyance répandue, Kaïfeng ne se trouvait pas sur la légendaire Route de la soie : elle est à quelque 550 kilomètres de Xi'an, terminus réel de cette route [Sino-Judaic Institute]. C'est pourquoi plusieurs spécialistes privilégient une arrivée par voie maritime : selon la stèle de 1489, une bande de Juifs, probablement des marchands maritimes parlant le judéo-persan et originaires des ports de Ningbo ou de Yangzhou, fut reçue en audience au palais impérial, et l'empereur accepta gracieusement le tribut d'étoffes de coton qu'ils avaient apporté [Sino-Judaic Institute].
Cette mention du coton n'est pas anodine. Selon l'inscription, ces Juifs, en tant que marchands, présentèrent à l'empereur hôte le coton aux cinq couleurs ; le fait qu'ils en possédaient une grande quantité suggère qu'ils étaient venus en Chine depuis l'Inde, car à cette époque la Chine n'en cultivait pas encore et le tissu de coton de haute qualité était souvent importé d'Asie du Sud [Chinese Jewish Institute]. La présence de Juifs marchands en Chine sous les Tang est par ailleurs attestée indépendamment : une lettre commerciale judéo-persane de 718, découverte à Dunhuang, témoigne d'activités mercantiles juives dans la région [Grokipedia]. Il faut donc distinguer la présence diffuse de marchands juifs en Chine, ancienne et plausible, de la constitution d'une communauté organisée et sédentaire à Kaïfeng, que les indices situent à la charnière des Xe et XIe siècles.
El acto fundacional de la comunidad, tal como la piedra lo ha preservado, es doble: una audiencia imperial que confería un estatuto, y la erección de un lugar de culto. Según la estela de 1489, los primeros llegados eran mercaderes invitados a establecerse en Kaïfeng por el emperador Song, quien les otorgó su propio apellido y los de sus seis ministros; se dice que llegaron con 73 patronímicos y adoptaron posteriormente los nombres chinos de Zhao, Li, Ai, Zhang, Gao, Jin y Shi [Frommer's]. Esta asimilación onomástica fue decisiva: al trocar sus nombres de origen por patronímicos chinos, los judíos de Kaïfeng se inscribieron desde el primer momento en el tejido social del imperio.
El monumento más precioso de esta historia es sin duda la primera estela. Esta misma estela, que detallaba también sus ritos y creencias fundamentales, fue colocada en un lugar de honor en el patio de la sinagoga construida en el año 1163 en la intersección de las calles del Mercado de la Tierra y del Dios del Fuego de Kaïfeng; este monumento forma hoy parte de las colecciones del Museo municipal de Kaïfeng [Sino-Judaic Institute]. La propia estructura del texto grabado revela las preocupaciones de la comunidad: su contenido se divide en tres secciones — una explica el origen y la historia del judaísmo, otra describe los ritos y el culto de los judíos chinos en la época de la erección de la estela, y la última relata una audiencia imperial pasada [University of Washington Libraries].
La sinagoga misma llevó un nombre revelador de la percepción china de esta religión extranjera. La estela más antigua, de 1489, conmemora la construcción de una sinagoga en 1163, con el nombre de Qingzhen Si — un término empleado frecuentemente para designar las mezquitas en chino [KehilaLinks]. Este vocabulario compartido con el islam, que designaba las religiones monoteístas «puras y verdaderas», da testimonio de la manera en que la sociedad anfitriona clasificaba el judaísmo entre los cultos extranjeros respetables. La piedra fijaba así, para las generaciones venideras, tanto la doctrina como la legitimidad cívica de la comunidad.
Si la communauté naquit sous les Song, c'est sous la dynastie Ming qu'elle connut son apogée. La dynastie Ming (1368–1644) marqua le sommet de la prospérité de la communauté juive de Kaïfeng, qui s'étendit à environ 500 foyers répartis en plusieurs clans et s'intégra profondément dans la société chinoise par l'éducation confucéenne et la participation à la fonction publique [Grokipedia]. Cette intégration ne fut pas une simple tolérance subie, mais une promotion active : la Grande dynastie Ming vit un nombre disproportionnellement élevé de Juifs nommés à de hautes positions dans la fonction publique en raison de leurs excellents résultats aux examens impériaux, ce qui conduisit le professeur Xu Xin de l'Université de Nankin à qualifier l'époque Ming d'âge d'or pour les Juifs de Kaïfeng [Chinese Jewish Institute, citant Xu Xin].
La faveur impériale s'exprima de manière éclatante. En 1421, l'empereur Yongle décréta qu'un clan juif éminent adopte le nom de Zhao — évoquant une lignée tribale ancienne — et autorisa la rénovation de la synagogue, signalant tolérance et reconnaissance officielles [Grokipedia]. Les sources lapidaires précisent les circonstances de cette élévation : en 1423, l'empereur entendit parler de la contribution d'An Cheng et, par décret impérial, lui conféra le nom de Zhao ; Zhao Cheng fut ensuite promu commandant de la Garde aux robes brodées et colonel dans l'armée de la province du Zhejiang [Chinese Jewish Institute]. Membre des « huit grands clans » de la cité, la famille juive accéda ainsi aux plus hauts échelons du service impérial.
Cette ascension sociale eut un revers culturel inévitable : la sinisation. Au fil du temps, les Juifs de Kaïfeng adoptèrent les coutumes locales, leurs textes religieux étant de plus en plus rédigés en chinois et leurs traditions influencées par le confucianisme et la culture chinoise ; malgré l'adoption de noms, de vêtements et d'une langue chinois, ils préservèrent leur identité juive pendant des siècles [Substack, Cycleback]. La prégnance des références à Confucius dans les inscriptions traduit, selon l'analyse des spécialistes, cette relation florissante entre les Juifs de Kaïfeng et la haute société chinoise. L'âge d'or fut ainsi celui d'un équilibre subtil — et fragile — entre fidélité mosaïque et appartenance impériale.
Pendant des siècles, les Juifs de Kaïfeng vécurent dans une ignorance réciproque avec le reste de la diaspora. Selon la plupart des récits, les Juifs de Kaïfeng ne conservèrent aucun contact avec d'autres Juifs hors de Chine [Frommer's]. Cet isolement explique l'ampleur de l'événement qui, au tout début du XVIIe siècle, allait révéler leur existence à l'Europe. Le premier rapport occidental de leur existence émana du prêtre jésuite Matteo Ricci en 1605, lorsqu'il rencontra Ai Tian, un Juif de Kaïfeng venu à Pékin chercher une charge [Frommer's].
Cette rencontre fortuite — un Juif chinois croyant trouver chez les Jésuites des coreligionnaires, et un missionnaire découvrant des fidèles de l'Ancien Testament au cœur de la Chine — ouvrit la voie à une enquête méthodique. En 1608, le père Matteo Ricci envoya deux représentants à Kaïfeng pour copier la Torah ; les Juifs de Kaïfeng dirent aux visiteurs que cet antique rouleau se trouvait à Kaïfeng depuis 600 ans, ce qui daterait la présence de l'Écriture en Chine de 1008, sous le règne de l'empereur Zhenzong (997–1022) des Song du Nord [Chinese Jewish Institute]. Ce témoignage indirect, recoupant les indications lapidaires, demeure l'un des arguments les plus solides en faveur d'une implantation sous les Song.
Les visites jésuites ne s'arrêtèrent pas là, et leur valeur documentaire s'avère inestimable. Des missionnaires jésuites visitèrent Kaïfeng aux XVIIe et XVIIIe siècles ; ils dessinèrent des représentations précises de l'intérieur et de l'extérieur de la synagogue et de ses terrains, détaillèrent ses livres sacrés et décrivirent la manière dont les fidèles priaient [The Interfaith Observer]. Grâce à eux, l'on possède une image presque complète de la communauté à son zénith. Le complexe synagogal, reflétant l'architecture des temples chinois, s'étendait sur l'équivalent de plusieurs terrains de football et comprenait une synagogue, des salles de classe, un bain rituel et un abattoir cachère ; ce fut peut-être le plus grand complexe synagogal jamais construit au monde [The Interfaith Observer]. La rencontre avec l'Occident sauva de l'oubli total une communauté qui, déjà, amorçait son déclin.
El destino de Kaïfeng estuvo íntimamente ligado al río Amarillo, fuente de prosperidad comercial pero también de desastres repetidos. La sinagoga debió ser reconstruida en varias ocasiones al hilo de las catástrofes. La primera sinagoga de Kaïfeng fue construida en 1163 y destruida por una inundación en 1461; en 1600, un incendio consumió la sinagoga que había reemplazado al edificio original, y una segunda inundación destruyó la tercera versión en 1642 [My Jewish Learning]. Esta última catástrofe no fue natural sino militar: la tercera sinagoga fue arrasada en 1642 por una inundación provocada por la rotura deliberada de los diques del río Amarillo [The Interfaith Observer].
El golpe fatal vino de una conjunción de factores — aislamiento, empobrecimiento, pérdida del saber religioso y nuevas inundaciones. Una nueva inundación aniquiló la última sinagoga de Kaïfeng en la década de 1860, y el último dirigente religioso de la comunidad murió aproximadamente en la misma época [My Jewish Learning]. La pérdida del dominio del hebreo fue un factor agravante mayor: sin rabino desde principios del siglo XIX y privados de sinagoga desde mediados del siglo XIX, los judíos de Kaïfeng lograron no obstante sobrevivir a las inundaciones, las guerras, los cambios de dinastía, las rebeliones y las revoluciones [The Interfaith Observer].
Las convulsiones políticas del siglo XIX aceleraron la dispersión. La rebelión de los Taiping, en la década de 1850, provocó la dispersión de la comunidad, que regresó posteriormente a Kaïfeng [Jewish Wikipedia]. La asimilación, ya antigua, se volvió irreversible. En el siglo XVII, la asimilación comenzó a erosionar estas tradiciones, y la tasa de matrimonios mixtos entre judíos y otros grupos étnicos — Han, Hui y manchúes — aumentó [Jewish Wikipedia]. Sin embargo, el apego a la Memoria de los antepasados no se extinguió del todo: la destrucción de la sinagoga en la década de 1860 trajo consigo el declive de la comunidad, pero J. L. Liebermann, primer judío occidental en visitar Kaïfeng en 1867, señaló que conservaban aún un cementerio propio [Jewish Wikipedia].
La desaparición institucional del judaísmo en Kaïfeng no significó la extinción del recuerdo. En el tránsito del siglo XX al XXI, surgió un movimiento de despertar identitario. Desde los albores del siglo XXI, la comunidad retomó las celebraciones festivas y los oficios de oración judíos tras décadas de oscuridad, según han consignado numerosos investigadores y observadores [Tudor Parfitt y Netanel Fisher, Becoming Jewish]. Este renacimiento se apoyó en una red de ayuda exterior: el artículo destaca la revitalización religiosa y cultural de los judíos de Kaïfeng actuales como un esfuerzo liderado por Shavei Israel, una organización con sede en Israel que tiende la mano a las Tribus perdidas y a los «judíos ocultos» que buscan regresar al pueblo judío [Academia.edu].
El alcance demográfico de esta comunidad residual sigue siendo modesto pero real. Aunque las estimaciones varían, la comunidad sino-judía de Kaïfeng nunca superó los 5 000 habitantes en su apogeo bajo los Ming, y hoy cuenta con menos de la mitad [Academia.edu]. Las organizaciones de apoyo manejan cifras comparables: el último rabino de Kaïfeng murió hace dos siglos, y a mediados del siglo XIX la comunidad se vio obligada a vender la sinagoga, los rollos de la Torah y sus demás bienes; sin embargo, hoy subsisten entre 500 y 1 000 descendientes identificables de la comunidad judía [Shavei Israel].
El retorno a un judaísmo normativo supone, no obstante, un proceso formal, pues la transmisión patrilineal china no se corresponde con la ley rabínica matrilineal. Antes de convertirse en judíos israelíes, los descendientes debían seguir un proceso de conversión tradicional formal; en 2016, 19 judíos de Kaïfeng lo habían realizado voluntariamente con la ayuda de Shavei Israel, y algunos incluso se incorporaron a las fuerzas de defensa israelíes [Made in China Journal]. Pero este despertar choca con las realidades políticas contemporáneas. Una primera propuesta municipal de restauración de la sinagoga de Kaïfeng fue planteada y rápidamente abandonada cuando descendientes judíos se presentaron en el consulado israelí para reclamar el derecho a la ciudadanía, esgrimiendo la mención Youtai en su hukou como prueba [Made in China Journal]. Así, en Kaïfeng, el archivo lapidario y la Memoria transmitida continúan respondiéndose mutuamente, bajo la mirada ahora vigilante del Estado.
L'histoire des Juifs de Kaïfeng dessine une trajectoire singulière dans le vaste paysage des diasporas juives : celle d'une communauté qui, faute de persécution, fut absorbée par l'hospitalité même de son hôte. Implantés sous les Song par les voies du commerce, élevés aux honneurs sous les Ming, révélés à l'Occident par les Jésuites, puis dissous par les inondations du fleuve Jaune et la lente érosion de la sinisation, les Juifs de Kaïfeng illustrent un paradoxe fondamental : l'intégration réussie peut être, à terme, plus fatale à une minorité que l'hostilité.
Les stèles de 1489, 1512 et 1679, aujourd'hui conservées au musée de Kaïfeng, demeurent les témoins de pierre d'une foi qui sut s'exprimer dans la langue de Confucius sans renier Moïse. Si la communauté n'a plus de synagogue ni de rabbin depuis le XIXe siècle, la persistance, parmi quelques centaines de descendants, d'une conscience identitaire — et le réveil contemporain qu'elle a suscité — prouvent que la mémoire, là où l'institution a péri, peut encore servir de fil ténu entre un passé millénaire et un avenir incertain. Kaïfeng reste, à ce titre, le laboratoire émouvant d'une question universelle : que faut-il pour qu'un peuple, dispersé et assimilé, demeure néanmoins lui-même ?