יהדות אלג׳יריה
Región: Algérie
registro Memoria · depositario, no propietario
Publicado el 19 de junio de 2026
Communauté francisée par le décret Crémieux (1870), majoritairement partie en France en 1962.

Malouf03
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Identite-CheikhRaymond-1953-Sacem
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Lili Boniche
Saber68 · Public domain · Wikimedia Commons

Jeune femme née d'une Italienne et d'un Juif de Constantine à Bone dans les années 1830
OLIVIER BRO DE COMÉRES · Public domain · Wikimedia Commons
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<a href="https://zakhor.ai/es/grands-livres/communautes/juifs-algeriens">Juifs algériens — Zakhor</a>Cita
Juifs algériens — Zakhor, https://zakhor.ai/es/grands-livres/communautes/juifs-algeriensL'historia de los Judíos de Argelia se cuenta entre las más largas y singulares del entorno mediterráneo. Presente en suelo norteafricano mucho antes de la conquista árabe del siglo VII, esta comunidad atravesó la Antigüedad púnica y romana, la dominación musulmana medieval, la llegada masiva de los exiliados ibéricos tras 1391 y 1492, la larga regencia otomana y, a partir de 1830, la colonización francesa. La historia de los Judíos de Argelia en el período 1830-1962 se lee como una historia entre Memoria y vínculos íntimos, oscilando entre el archivo colonial y el recuerdo transmitido de generación en generación.
Esta trayectoria está marcada por un acontecimiento decisivo y controvertido: el decreto Crémieux de 1870, que otorgó colectivamente la nacionalidad francesa a los Judíos de los departamentos argelinos. Esta afrancesamiento, acelerador de una emancipación ya en marcha, situó a la comunidad en una posición singular, distinta a la vez de la mayoría musulmana y de la población europea, y la convirtió en objeto de violentas campañas antisemitas. La aventura concluyó de forma abrupta en 1962, cuando, con la independencia de Argelia, la práctica totalidad de esta población — aproximadamente 130 000 personas — abandonó el país, principalmente hacia la Francia metropolitana, donde se integró en la sociedad francesa conservando al mismo tiempo una Memoria viva de sus orígenes. La presente obra se esfuerza por reconstruir esta historia confrontando honestamente la memoria comunitaria con los avances de la investigación.
La tradición sitúa la presencia judía en el norte de África en una antigüedad muy remota. Según ciertos relatos transmitidos, judíos de Judea se habrían asentado en la región desde la destrucción del Primer Templo de Jerusalén (586 a. C.), y luego del Segundo Templo (70 d. C.). Estos relatos fundadores, que pertenecen más a la Memoria que al archivo verificable, deben manejarse con prudencia; la investigación histórica reconoce, no obstante, un asentamiento judío antiguo y duradero [Encyclopaedia Judaica ; Histoire des Juifs en Algérie, Wikipédia].
Los indicios documentales atestiguan una presencia judía en el África romana, especialmente a través de inscripciones funerarias y vestigios de sinagogas en las provincias de Numidia y Mauritania Cesariense. Una tradición largamente debatida, popularizada en particular por el historiador Ibn Khaldoun en el siglo XIV, evoca la judaización de ciertas tribus bereberes y la figura legendaria de la Kahina, reina guerrera de los Aurès que habría resistido la conquista árabe; esta hipótesis, seductora aunque frágil, sigue siendo hoy ampliamente discutida por los medievalistas [Encyclopaedia Judaica]. Bajo la dominación musulmana, a partir del siglo VIII, los judíos vivieron bajo el estatuto de dhimmi, protegidos pero sometidos a restricciones y a un impuesto específico. Surgieron centros intelectuales notables, como Tlemcen, que acogió a rabinos de renombre. Este período medieval, escasamente documentado en comparación con los siglos posteriores, corresponde en gran medida a una Memoria reconstituida a partir de indicios dispersos.
Un tournant majeur intervint à la fin du Moyen Âge avec l'arrivée des Juifs chassés de la péninsule Ibérique. Les massacres de 1391 en Espagne, puis l'expulsion décrétée par les Rois Catholiques en 1492, jetèrent sur les rivages nord-africains des milliers de réfugiés séfarades. Ces megorashim (« expulsés ») apportèrent leur science talmudique, leurs traditions liturgiques et leurs structures communautaires. Des figures éminentes comme Isaac ben Sheshet Perfet (le Ribash) et Simon ben Zemah Duran (le Rashbatz) s'établirent à Alger, où ils fondèrent une jurisprudence rabbinique influente pour tout le Maghreb [Encyclopaedia Judaica].
Sous la régence ottomane d'Alger, à partir du XVIᵉ siècle, la communauté connut une organisation interne consolidée. Au XVIIIᵉ siècle s'ajouta un troisième élément : les marchands juifs venus de Livourne, en Toscane, dits Grana ou Livournais, qui se distinguaient par leur statut de protégés européens, leurs relations commerciales internationales et un certain prestige social, par opposition aux Juifs autochtones dits Toschavim ou Beldiyin. Les familles Bacri et Busnach, négociants influents d'Alger, jouèrent un rôle économique et diplomatique de premier plan, notamment dans les fournitures de blé à la France révolutionnaire — un contentieux financier qui devait servir de prétexte lointain à l'expédition française de 1830. Cette période est bien documentée par les archives consulaires, commerciales et rabbiniques, ce qui en fait un terrain solide pour l'historien.
La toma de Argel por las tropas francesas en julio de 1830 abrió una era nueva. Los judíos de Argelia, que contaban entonces entre 15 000 y 25 000 personas, pasaron progresivamente del estatuto de dhimmi al de súbditos de la administración colonial. Las autoridades francesas, deseosas de estructurar a las poblaciones indígenas, crearon en 1845 consistorios israelitas en Argel, Orán y Constantina, según el modelo del consistorio central de Francia establecido por Napoleón. El objetivo explícito era la «regeneración» y la afrancesamiento de aquellos judíos considerados «atrasados» por los administradores y los rabinos metropolitanos enviados al lugar [Histoire des Juifs en Algérie, Wikipédia; CDHA].
Esta política de aculturación se tradujo en la difusión de la lengua francesa, la escolarización, la adopción progresiva del estado civil a la europea y la reorganización del culto. Se formó una élite comunitaria, presta a abrazar los valores republicanos y el ideal de emancipación heredado de la Revolución francesa. No obstante, el estatuto jurídico de estas poblaciones seguía siendo ambiguo: ni plenamente franceses, ni asimilados a los musulmanes, los judíos ocupaban una posición intermedia que la administración apenas lograba fijar. Fue en este contexto de transformación acelerada, en el que la comunidad se hallaba dividida entre la fidelidad a las tradiciones y el deseo de integración, que maduró la cuestión de la naturalización colectiva, la cual habría de encontrar su resolución con el decreto de 1870.
Le 24 octobre 1870, le décret signé par Adolphe Crémieux, ministre de la Justice du Gouvernement de la Défense nationale, accorda en bloc la citoyenneté française aux Juifs des départements algériens. Ce fut le décret qui rendit Français les Juifs d'Algérie. Cette mesure, qui concernait environ 35 000 personnes, transformait une émancipation individuelle, jusque-là lente et au compte-gouttes, en une naturalisation collective d'une ampleur inédite [Retronews].
Le décret eut des conséquences profondes et durables. Il distinguait nettement le sort des Juifs de celui des musulmans d'Algérie, lesquels demeuraient soumis au régime de l'indigénat et ne pouvaient accéder à la citoyenneté qu'au prix de l'abandon de leur statut personnel. Cette différence de traitement nourrit des ressentiments durables. Surtout, le décret déchaîna une virulente campagne antisémite parmi la population européenne d'Algérie, particulièrement à Oran et à Alger, où s'organisèrent des ligues antijuives à la fin du XIXᵉ siècle, dans le sillage de l'affaire Dreyfus. Les émeutes antijuives de 1897-1898, menées notamment par Max Régis à Alger, témoignent de la violence de ces tensions [Histoire des Juifs en Algérie, Wikipédia]. L'historiographie du décret Crémieux constitue à elle seule un champ d'étude, tant cet acte cristallisa les enjeux de la colonisation, de l'identité et de la citoyenneté. Malgré ces hostilités, les Juifs d'Algérie s'engagèrent résolument dans la voie de la francisation, adoptant la langue, les écoles et les institutions de la République, au point que la génération née après 1870 se vécut pleinement française.
La Seconde Guerre mondiale marqua une rupture traumatique. Le régime de Vichy, par la loi du 7 octobre 1940, abrogea le décret Crémieux, privant brutalement les Juifs d'Algérie de la nationalité française dont ils jouissaient depuis soixante-dix ans. Ils furent ainsi renvoyés au statut de sujets indigènes, soumis au surcroît au statut des Juifs promulgué par le gouvernement de Pétain, qui les excluait de nombreuses professions, fonctions publiques et établissements scolaires sous l'effet d'un numerus clausus [Histoire des Juifs en Algérie, Wikipédia].
Cette persécution administrative, conduite par l'État français lui-même, frappa une population qui s'était identifiée à la France avec ferveur. Des milliers d'enfants juifs furent exclus des écoles publiques, contraignant la communauté à organiser un enseignement parallèle. C'est dans ce contexte que de jeunes Juifs d'Alger jouèrent un rôle décisif dans le débarquement allié de novembre 1942 (opération Torch), en neutralisant les points stratégiques de la ville pour faciliter l'arrivée des Américains. Paradoxalement, le décret Crémieux ne fut pas immédiatement rétabli après le débarquement : il fallut attendre octobre 1943 pour que la citoyenneté française fût restaurée, sous la pression notamment du général de Gaulle et du Comité français de la Libération nationale. Cet épisode laissa une cicatrice profonde dans la mémoire communautaire, révélant la fragilité d'une citoyenneté que l'on croyait acquise à jamais.
La independencia de Argelia en 1962, término de una guerra larga y sangrienta iniciada en 1954, selló el destino de la comunidad. Disponiendo de la ciudadanía francesa y temiendo un futuro incierto en una Argelia nueva donde el código de nacionalidad tendía a excluir a los no musulmanes, la casi totalidad de los judíos argelinos —estimados en aproximadamente 130 000 personas— eligió abandonar el país. A diferencia de los judíos de Marruecos y Túnez, que se dividieron entre Francia e Israel, los judíos de Argelia, afrancesados desde 1870, se dirigieron en su abrumadora mayoría hacia la metrópoli [Histoire des Juifs en Algérie, Wikipédia ; CDHA].
Esta partida, vivida con urgencia y desgarramiento, se inscribe en el movimiento más amplio de los «rapatriés» o pieds-noirs, de los cuales los judíos constituyeron un componente específico. Esta historia se lee entre Memoria y vínculos íntimos: la investigación establece los hechos del éxodo —cronología, cifras, itinerarios— mientras que la memoria familiar conserva el recuerdo de los barrios de Alger, Oran o Constantine, de las sinagogas abandonadas, de los cementerios dejados atrás, de las lenguas y los sabores perdidos. En Francia, esta diáspora se reinstalló principalmente en Paris, Marseille, en el sur y en la región parisina, contribuyendo a una profunda renovación del judaísmo francés, hasta entonces numéricamente dominado por los ashkénazes. Las tradiciones litúrgicas sefardíes, el patronazgo de santos rabinos como Rabbi Ephraïm Enkaoua de Tlemcen, y una intensa vida comunitaria se reimplantaron en suelo metropolitano, dando testimonio de una continuidad cultural más allá de la ruptura geográfica.
La historia de los Judíos de Argelia es la de una comunidad plurimilenaria cuya identidad se constituyó por estratos sucesivos: substrato autóctono y bereber, aporte séfarade ibérico, influencia livornesa, y posteriormente afrancesamiento colonial. El decreto Crémieux de 1870 sigue siendo su acontecimiento pivotal, al haber transformado a una población indígena en ciudadanos franceses, con todas las ambigüedades, hostilidades y esperanzas que ello implicó. La abrogación vichysta, y luego el éxodo de 1962, revelaron sucesivamente la precariedad y la profundidad de ese apego a Francia.
Desaparecida de Argelia como comunidad viva, esta población no ha desaparecido como Memoria y legado. Reimplantada en Francia, en Israel y en otros lugares, ha contribuido de forma decisiva a la vitalidad del judaísmo séfarade contemporáneo. Su historia, en la encrucijada del archivo colonial y de la transmisión familiar, sigue siendo un objeto de estudio fecundo y un campo de Memoria todavía vivo, donde el historiador debe distinguir sin cesar lo documentado de lo rememorado sin menospreciar jamás ni lo uno ni lo otro.