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Zakhor
vers 1559 – 1638 · Safed, Italie, Égypte

L’émissaire

Un juriste de Safed répond à des questions venues de tout l’Empire ottoman et d’Europe. Puis il prend la route pour aller chercher de l’argent, ville par ville.

BelegtSafedResponsaÉmissairesTerre d’Israël

Yom Tov ben Moshé Tsahalon, qu’on appelle le Maharitats, naît vers 1559 à Safed. Il étudie auprès de Moïse di Trani et de Moshé Alshikh, dans la ville qui est alors le foyer le plus intense de la vie juive méditerranéenne.

Sa réputation de décisionnaire se répand jeune. Des questions lui parviennent de communautés de tout l’Empire ottoman et d’Europe.

Ce qu’est un recueil de responsa

Un rabbin reçoit une question par écrit — un litige, un cas de mariage, une affaire de commerce — et répond par une décision motivée. Les réponses circulent, sont copiées, et finissent recueillies.

Ces recueils sont la meilleure source d’histoire sociale dont on dispose pour ces siècles : on y voit des gens réels, avec leurs contrats, leurs héritages, leurs faillites, leurs disputes de voisinage.

Les responsa de Tsahalon ont été publiés à Venise en 1694 par son petit-fils, et servent depuis de référence aux autorités séfarades comme ashkénazes.

La route

Il a aussi été chaliah — émissaire de Safed. Il a parcouru l’Italie, la Hollande, l’Égypte, la Turquie pour lever des fonds.

C’est le système de la halouka vu par l’autre bout : les communautés de terre d’Israël ne pouvaient subsister sans transferts, et il fallait quelqu’un pour aller les chercher.

Un décisionnaire dont les avis faisaient autorité de Salonique à Amsterdam passait donc des années sur les routes à quêter pour sa ville.

Le premier livre imprimé en terre d’Israël

En 1577, une presse hébraïque est installée à Safed — la première de tout le Proche-Orient. Le premier ouvrage qui en sort est un commentaire du livre d’Esther.

Tsahalon y est associé. L’atelier ne durera que quelques années.

Il faudra attendre 1832 pour qu’une presse hébraïque fonctionne de nouveau durablement en terre d’Israël, à Jérusalem.

Ce que Safed est devenue

La ville décline à partir du début du XVIIᵉ siècle : épidémies, tremblements de terre, insécurité des routes, effondrement de l’industrie textile qui la faisait vivre.

Tsahalon meurt en 1638. Il aura vu le sommet et le début de la chute.

Ce qui reste de ce moment n’est pas la ville mais des livres : le Choulhan Aroukh de Caro, la kabbale de Louria transcrite par Vital, et des recueils de questions posées par des gens dont on ne saurait rien autrement.