Présentation technique & produit de Zakhor — une plateforme encyclopédique où tout est un Grand Livre.
Zakhor (זכור, « Souviens-toi ») réunit deux ambitions longtemps séparées : l'encyclopédie du patrimoine manuscrit et matériel du Peuple du Livre, et la mémoire vivante des familles, des lieux et des communautés. Le pari du projet est que ces deux dimensions ne sont pas deux produits juxtaposés mais une seule et même matière, dès lors qu'on les range selon le bon objet.
La direction créative s'inspire de Sefaria pour la fluidité de lecture et de Encaoua.org pour la contribution communautaire. L'esthétique — « érudition lumineuse » — cherche l'équilibre entre la solennité des manuscrits anciens et l'accessibilité d'une interface moderne. Chaque contenu se lit à deux profondeurs commutables : le récit (pour le descendant) et l'apparat critique (pour le chercheur).
Le principe directeur du manifeste : cesser de ranger le contenu par média et par activité (manuscrits, documents, objets, personnalités, quizz…) pour l'unifier autour d'un seul objet, l'instrument désigné par le manifeste — le Grand Livre. Chaque chose porte alors son registre, son statut épistémique, sa provenance et son histoire de versions.
Un manuscrit ou un document n'est pas un Grand Livre en soi : c'est une source citée à l'intérieur d'un chapitre. Cela évite la prolifération de pages-catalogue et concentre la valeur éditoriale sur des objets de mémoire cohérents.
Le « langage » du manifeste : quatre briques d'interface qui le font respirer sur chaque page.
Cinq piliers remplacent l'ancienne organisation par activité. Aucune route n'est supprimée : les anciennes sont redirigées en 301 permanents (Art. 4).
Ordre de grandeur du fonds en production.
Le socle de données brutes est massif (près de 45 000 entités documentaires et généalogiques), tandis que la couche éditoriale « Grand Livre » — celle qui incarne le manifeste — se constitue progressivement, alimentée par le pipeline de génération et d'enrichissement.
Article 5 : un parcours qui sépare strictement le dépôt, l'analyse, la relecture et la publication, « afin que rien n'entre au patrimoine sans validation humaine, et que rien n'en sorte jamais ».
Une même personne ne peut pas déposer puis publier sa propre contribution sans relecture par un tiers : cette séparation est portée jusqu'au niveau RLS/RPC, chaque transition étant gouvernée par un rôle distinct (déposant, analyste, relecteur, conseil éditorial). Les statuts ajourné et refusé sont conservés et motivés, jamais supprimés.
L'IA assiste la constitution des Grands Livres selon une chaîne d'états explicite en base — amorce → génération des chapitres → finalisation → publication — avec un journal traçant chaque étape. Des tâches planifiées génèrent et enrichissent les Livres en continu, produisent l'éphéméride « ce jour » et les rappels de yahrzeit. Le contenu généré reste subordonné à la validation humaine : les puces de statut épistémique et la ligne de provenance préservent la traçabilité.
La plateforme est structurellement multilingue via next-intl (français langue pivot, avec support RTL pour l'hébreu et le yiddish). L'identité « parchemin / sépia » se décline en trois thèmes commutables (warm, cool, dusk). Le double registre a ses couleurs structurantes — Mémoire, Histoire, Intersection — l'or restant strictement décoratif. Typographie mixte : Cormorant / EB Garamond pour le latin, Frank Ruhl Libre pour l'hébreu.
Un audit consolidé (dix domaines, vérification adversariale) n'a relevé aucun défaut critique : pas de XSS stocké, pas d'exfiltration de données non publiées, pas de secret exposé. La posture de fond est solide — RLS sur 26 tables, search_path épinglé, en-têtes et CSP en place. Les points ouverts relèvent de la maturité (performance à l'échelle, complétude de l'i18n de contenu, SEO multilingue) plutôt que de failles de conception.
Une refonte structurelle profonde qui rapproche, phase après phase, le produit du manifeste.
Zakhor — Souviens-toi