Malkhei Rabbanan (Kevod Melakhim)
מלכי רבנן
登记簿 历史 · 保管人,非所有者
发布于 2026年8月25日
Introduction
Il est des livres qui ne racontent pas une vie, mais des centaines. Malkhei Rabbanan — « Les Rois parmi les rabbins » — appartient à cette catégorie rare des ouvrages qui, en rassemblant les traces éparses d'un monde, en assurent la survie. Composé par le rabbin Yosef Ben-Naïm de Fès et publié à Jérusalem en 1931, il constitue le premier dictionnaire biographique systématique des rabbins du Maroc [Ben-Naïm, Malkhei Rabbanan, 1931]. À travers des centaines de notices, l'auteur y consigne les noms, les dates, les œuvres et les traditions d'une élite savante judéo-marocaine qui, du Moyen Âge tardif au premier tiers du XXᵉ siècle, avait produit une littérature halakhique, exégétique, poétique et responsale d'une densité considérable.
Le titre lui-même dérive d'un verset et d'un usage rabbinique bien connu, jouant sur l'idée que les sages d'Israël sont ses véritables souverains ; le sous-titre Kevod Melakhim, « la gloire des rois », prolonge cette métaphore royale appliquée aux maîtres de la Torah. L'ouvrage se présente comme une entreprise de sauvetage mémoriel : au moment où le protectorat français transformait en profondeur la société juive du Maroc et où l'émigration commençait à disperser des communautés millénaires, Ben-Naïm entreprit de fixer par écrit ce que la tradition orale et les colophons de manuscrits menaçaient de laisser disparaître.
Ce Grand Livre s'attache à retracer la genèse de cette œuvre, la figure de son auteur, le monde qu'elle documente — avec ses dynasties, ses centres et ses maîtres identifiés — et l'héritage qu'elle a légué à l'historiographie du judaïsme maghrébin. Il s'agit moins de commenter un texte que de comprendre pourquoi et comment un érudit de Fès s'est fait l'archiviste de tout un pan de la civilisation juive.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
Chapitre 1 : Fès, 1931 — la naissance d'un dictionnaire
L'histoire de Malkhei Rabbanan commence dans la vieille cité de Fès, capitale intellectuelle du judaïsme marocain depuis des siècles. C'est là que le rabbin Yosef Ben-Naïm, savant profondément enraciné dans la tradition locale, conçut le projet d'un recensement exhaustif des maîtres du pays. L'ouvrage fut imprimé à Jérusalem en 1931 — soit l'année hébraïque 5691 — et se présente d'emblée comme un dictionnaire biographique des rabbins du Maroc [Ben-Naïm, Malkhei Rabbanan, 1931].
Le choix de Jérusalem pour l'impression n'a rien d'anecdotique. Au tournant des années 1930, la Ville sainte disposait d'imprimeries hébraïques réputées et attirait les manuscrits de la diaspora séfarade et orientale ; y publier conférait à l'œuvre une portée dépassant le cadre marocain, l'inscrivant dans le grand réseau du savoir juif traditionnel. La date de 1931 situe l'ouvrage à une charnière : le Maroc était sous protectorat français depuis 1912, les écoles de l'Alliance israélite universelle avaient déjà transformé le paysage éducatif, et une conscience aiguë de la fragilité du patrimoine ancien animait les lettrés attachés à la culture rabbinique.
La structure de l'ouvrage reflète l'ambition de son auteur. Organisé essentiellement selon l'ordre alphabétique des noms, il recense des rabbins échelonnés sur plusieurs siècles, en s'appuyant sur des sources d'une grande diversité : responsa, colophons de manuscrits, inscriptions funéraires, registres communautaires et traditions transmises de vive voix [Ben-Naïm, Malkhei Rabbanan, 1931]. Cette hétérogénéité des matériaux fait de Malkhei Rabbanan à la fois un dictionnaire et une véritable enquête d'archives, où chaque notice condense parfois la seule mention subsistante d'un maître autrement oublié.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
Chapitre 2 : Yosef Ben-Naïm, l'érudit archiviste de Fès
L'auteur de Malkhei Rabbanan, le rabbin Yosef Ben-Naïm de Fès, incarne un type de savant que le Maroc juif a produit avec constance : le maître à la fois enraciné dans la halakha et animé d'une passion pour la conservation des textes. Bibliophile et collectionneur de manuscrits, il rassembla au long de sa vie une bibliothèque considérable, dont les fonds servirent de matière première à son œuvre lexicographique. C'est de cette proximité quotidienne avec les livres, les colophons et les documents anciens que naquit son aptitude à reconstituer des vies rabbiniques que nul n'avait consignées de manière systématique auparavant.
Ben-Naïm ne fut pas seulement l'auteur de Malkhei Rabbanan : il composa également d'autres ouvrages, notamment une bibliographie des livres et manuscrits marocains, prolongeant sa vocation d'inventaire. Cette double activité — le dictionnaire des hommes et le répertoire des œuvres — dessine le portrait d'un érudit qui concevait la mémoire comme un système : recenser les maîtres sans recenser leurs textes eût été incomplet, et inversement.
Il convient de rester prudent sur le détail biographique. La vie de l'auteur nous est connue de manière fragmentaire, et certaines traditions le concernant relèvent autant de la mémoire communautaire que du document daté. Ce qui demeure établi, c'est l'ampleur de son projet et la place centrale qu'il occupe désormais dans toute recherche sur les rabbins du Maroc. Ses dates de naissance et de décès ne sont pas fixées avec certitude par les sources actuellement consultées ; il était actif dans la première moitié du XXᵉ siècle, et l'ouvrage de 1931 représente l'aboutissement d'une collecte menée sur de longues années.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
Chapitre 3 : Meknès et la famille Berdugo — une notice au cœur du dictionnaire
Parmi les centaines de notices que rassemble Malkhei Rabbanan, celle consacrée à Moshe ben Avraham Berdugo, surnommé « HaMashbir », offre un cas exemplaire de la méthode et de la portée de l'ouvrage. Recensé au feuillet 94-3, ce rabbin y est mentionné comme décédé en l'année hébraïque 5491 [Ben-Naïm, Malkhei Rabbanan, feuillet 94-3, 1931] — ce qui correspond au 16 octobre 1730 selon le registre généalogique, en cohérence avec la datation de la source [encyclopédie Berdugo, encyclopedia.com]. Ben-Naïm fixe ainsi la seule mention synthétique longtemps disponible d'un maître dont l'importance pour la communauté de Meknès était considérable.
Rabbi Moshe ben Avraham Berdugo (vers 1679–1730) présida le tribunal rabbinique (Av Beit Din) et dirigea la yeshiva de Meknès, ville où la famille Berdugo s'était établie après avoir quitté Fès. Élève du maître Rabbi Yossef Bahtit, il laissa plusieurs ouvrages qui ne furent imprimés que bien après sa mort : le Rosh Mashbir, recueil de novellae sur le Pentateuque et divers traités talmudiques (imprimé en 1840) ; les deux volumes du Kenaf Renanim, l'un de commentaires et novellae bibliques (imprimé en 1909), l'autre de nature homilétique (imprimé en 1932) ; et les Divrei Moshe, recueil de responsa (imprimé en 1947) [encyclopédie Berdugo, encyclopedia.com]. Ce décalage entre la mort du rabbin en 1730 et les dates d'impression de ses œuvres illustre l'un des phénomènes que Malkhei Rabbanan cherche précisément à corriger : des figures majeures, dont les textes circulaient en manuscrit pendant des générations, risquaient de tomber dans l'oubli faute d'avoir été imprimées de leur vivant.
La vérification croisée est ici particulièrement instructive. La notice de Ben-Naïm, rédigée un siècle après la mort du rabbin, s'appuyait probablement sur des traditions familiales, des colophons de manuscrits et des épitaphes — un faisceau de sources que la recherche généalogique ultérieure est venue confirmer plutôt qu'infirmer. Le surnom « HaMashbir » — littéralement « le pourvoyeur » ou « celui qui vend du grain », allusion à Joseph en Égypte — était un élément d'identité qui circulait dans la mémoire communautaire et que le dictionnaire a eu la fonction de fixer par écrit une fois pour toutes.
La descendance de Rabbi Moshe ben Avraham illustre à elle seule la profondeur dynastique que l'ouvrage cherche à cartographier. Son petit-fils, Rabbi Yekutiel Berdugo, naquit en 1742 en mémoire de son aïeul et devint à son tour rabbin et rosh yeshiva à Meknès. C'est Yekutiel qui fut le père du célèbre Rabbi Raphaël Berdugo, surnommé « Ha-Malakh Raphaël » (l'Ange Raphaël, 1747–1821), l'une des plus grandes autorités halakhiques du Maroc au tournant du XIXᵉ siècle [Wikipedia, Raphael Berdugo ; yabiladi.com]. En suivant cette seule lignée sur trois générations depuis la notice 94-3 de Malkhei Rabbanan, on mesure l'ampleur de ce que le dictionnaire préserve : non seulement des individus, mais une dynamique de transmission du savoir.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
Chapitre 4 : Le monde rabbinique marocain révélé par l'ouvrage
Au-delà de sa fonction de répertoire, Malkhei Rabbanan dessine le portrait d'une civilisation. À travers ses notices se déploie la géographie savante du judaïsme marocain : les grands centres urbains comme Fès et Meknès, les foyers du Sud, les communautés de l'Atlas et du Sahara présaharien, chacun avec ses dynasties de dayanim, ses académies et ses spécialités intellectuelles. L'ouvrage rend visible la continuité d'une élite lettrée sur près d'un demi-millénaire, une continuité que l'on mesure notamment à travers des familles comme les Berdugo, dont la présence à la tête du tribunal de Meknès s'étire de la fin du XVIIᵉ siècle jusqu'au XIXᵉ siècle.
On y perçoit la variété des genres cultivés par les maîtres marocains : la décision halakhique et les recueils de responsa, l'exégèse biblique et talmudique, la poésie liturgique — les piyyoutim et les baqashot qui rythmaient la vie synagogale —, la kabbale, ainsi que les taqqanot, ces ordonnances communautaires qui régissaient la vie sociale, notamment les célèbres ordonnances des expulsés de Castille installés à Fès après 1492. Ces derniers, les megorashim, apportèrent au Maroc un héritage séfarade qui fusionna avec le fonds autochtone des toshavim pour produire une synthèse originale.
L'ouvrage éclaire aussi les liens du Maroc avec les autres pôles du monde séfarade et maghrébin — l'Algérie voisine, avec des figures majeures de la pensée médiévale, mais aussi la Terre d'Israël, but des pèlerinages et des émissaires. En ce sens, Malkhei Rabbanan n'est pas seulement un monument national marocain : il documente un réseau, celui d'un judaïsme méditerranéen dont les maîtres circulaient, correspondaient et se citaient d'une rive à l'autre.
L'un des apports les plus silencieux mais les plus précieux du dictionnaire est ce qu'il révèle des manuscrits non imprimés. Comme le montre le cas de Moshe ben Avraham Berdugo — dont le Rosh Mashbir ne fut imprimé qu'en 1840, soit cent dix ans après la mort de son auteur — une part considérable de la production intellectuelle judéo-marocaine circulait sous forme de copies manuscrites, sans jamais atteindre la presse de son vivant. Ben-Naïm, en dépouillant colophons et épitaphes, a permis d'identifier ces œuvres et leurs auteurs avant que les supports eux-mêmes ne se dispersent ou ne périssent.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
Chapitre 5 : Une méthode d'inventaire — sources et écriture des notices
Ce qui distingue Malkhei Rabbanan d'une simple chronique, c'est sa méthode. Chaque entrée obéit à une logique d'accumulation : Ben-Naïm y agrège tout ce qu'il a pu réunir sur un rabbin donné, en signalant volontiers, du moins en partie, d'où lui vient l'information. Cette transparence relative fait la valeur documentaire de l'ouvrage, car le lecteur peut parfois remonter au colophon, au responsum ou à l'épitaphe qui fonde une notice. Il convient cependant d'être prudent : dans l'état actuel des sources consultées, la description détaillée de ses protocoles de travail reste une reconstruction vraisemblable plutôt qu'une certitude documentée point par point.
Il est probable que les colophons de manuscrits occupaient une place importante dans ce dispositif. Dans un monde où beaucoup d'œuvres circulaient sous forme copiée et jamais imprimée, la note finale d'un copiste — mentionnant le lieu, la date, le commanditaire ou l'auteur — constituait parfois la seule preuve tangible de l'existence d'un maître et de son activité. On peut supposer que Ben-Naïm dépouilla méthodiquement ces sources pour reconstituer des filiations savantes et des cartographies communautaires ; la variété des notices et leur degré d'information inégal suggèrent une collecte effectivement hétérogène, sans que l'on puisse aujourd'hui reconstituer entièrement ses pratiques d'archive.
Les épitaphes des cimetières juifs du Maroc — Fès, Meknès, Marrakech, Sefrou, entre autres — fournissaient vraisemblablement une autre strate d'information, précieuse pour établir des dates de décès autrement introuvables. Que la date de décès de Moshe ben Avraham Berdugo, consignée au feuillet 94-3 de Malkhei Rabbanan, se trouve confirmée par les registres généalogiques ultérieurs, constitue un indice favorable à la fiabilité de ce type de source ; mais un cas de concordance n'autorise pas à généraliser sans réserve. Certaines datations demeurent conjecturales, et l'auteur lui-même use parfois de formules d'incertitude, marquant honnêtement les limites de son savoir.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
Chapitre 6 : L'onomastique — noms, dynasties et patronymes du dictionnaire
C'est à ce stade, une fois posé ce que l'ouvrage documente dans ses notices, qu'il convient de s'arrêter sur les noms eux-mêmes, matière première du dictionnaire. Les patronymes recensés par Ben-Naïm racontent une histoire à eux seuls. Certains, comme Berdugo, Toledano, Serero, Monsonego, Ben-Attar ou Corcos, désignent des dynasties rabbiniques entières, transmettant la charge de dayan ou de rosh yeshiva sur plusieurs générations. Le nom devient alors un marqueur d'autorité, presque un titre, et l'ordre alphabétique de l'ouvrage regroupe de fait des lignées complètes.
L'onomastique séfarade et maghrébine que reflète le dictionnaire mêle plusieurs strates : des noms d'origine ibérique portés par les expulsés de 1492, tels Toledano — évoquant Tolède — ou Corcos ; des noms d'ascendance arabe ou berbère renvoyant aux communautés autochtones ; et des patronymes hébraïques traditionnels. La famille Berdugo, dont l'étymologie est discutée — certains la rattachent à un toponyme ou à un terme d'usage ibérique —, illustre ce brassage : implantée d'abord à Fès, elle se déplaça vers Meknès, où elle occupa durant plus d'un siècle la tête du tribunal rabbinique, de Moshe « HaMashbir » jusqu'à Raphaël « Ha-Malakh ».
Le titre même de l'œuvre relève d'une onomastique symbolique : Malkhei Rabbanan, « les rois parmi les rabbins », transpose sur les sages la dignité royale, tandis que le sous-titre Kevod Melakhim redouble cette métaphore de la gloire souveraine du savoir. Ici, la tradition et l'archive se répondent : le dictionnaire fixe par écrit des filiations que la mémoire familiale et communautaire transmettait oralement, et il arrive que les deux se confirment mutuellement — ou se nuancent, lorsque l'épitaphe ou le colophon corrige une généalogie reçue. Cette confrontation fait de Malkhei Rabbanan un instrument privilégié pour l'étude des lignées rabbiniques marocaines, à condition d'en manier les données avec la prudence critique que l'auteur lui-même invitait à observer.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
Chapitre 7 : Postérité — de l'oubli sauvé à l'histoire écrite
L'influence de Malkhei Rabbanan sur l'historiographie du judaïsme marocain fut décisive. Devenu un ouvrage de référence, il est cité par pratiquement tous les chercheurs qui, à partir du milieu du XXᵉ siècle, ont entrepris d'écrire l'histoire des communautés juives du Maroc et de leurs sages. Les grands travaux consacrés aux rabbins, aux dynasties et aux institutions du pays s'appuient sur ses notices comme sur une base documentaire première, souvent irremplaçable.
Son importance tient à un contexte historique décisif : peu de décennies après sa parution, l'émigration massive des Juifs du Maroc — vers Israël, la France et le Canada, à partir des années 1950 et surtout après 1956 — vida les communautés séculaires de leurs habitants, dispersa les bibliothèques et rompit la transmission orale sur laquelle reposait une part du savoir rabbinique local. Dans ce bouleversement, Malkhei Rabbanan devint un conservatoire : ce que l'ouvrage avait fixé en 1931 survécut à la disparition du monde qui l'avait produit.
Le cas de la famille Berdugo illustre ce processus à rebours. Les œuvres de Moshe « HaMashbir » ne furent imprimées qu'entre 1840 et 1947, soit un à deux siècles après la mort de leur auteur ; elles circulaient entre-temps sous forme manuscrite dans les cercles savants de Meknès. C'est la notice de Malkhei Rabbanan qui permit, le premier, de rattacher ces textes à leur auteur avec une datation et une identification stables. Sans ce filet, la transmission manuscrite seule n'aurait pu garantir la survie du nom.
Aujourd'hui, l'œuvre continue d'être consultée et rééditée, et sa valeur dépasse le cercle des érudits : elle sert aux familles séfarades en quête de leurs ascendances, aux historiens du Maghreb juif et aux chercheurs en littérature rabbinique. En fixant les noms, Ben-Naïm a réalisé, sans peut-être en mesurer toute la portée, une entreprise de mémoire dont l'utilité n'a fait que croître avec le temps.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
Les grandes figures
Rabbi Yosef Ben-Naïm (רבי יוסף בן נאים) (dates de naissance et de décès incertaines ; actif dans la première moitié du XXᵉ siècle) — Rabbin, bibliophile et lexicographe de Fès, il est l'auteur de Malkhei Rabbanan, publié à Jérusalem en 1931, premier dictionnaire biographique systématique des rabbins du Maroc [Ben-Naïm, Malkhei Rabbanan, 1931]. Collectionneur de manuscrits et auteur d'autres travaux bibliographiques sur la production livresque marocaine, il consacra sa vie à recenser les maîtres judéo-marocains à partir de sources multiples — colophons, responsa, épitaphes, traditions orales —, sauvant de l'oubli des centaines de figures et laissant à l'historiographie une source de référence irremplaçable.
Rabbi Moshe ben Avraham Berdugo (רבי משה בן אברהם בירדוגו), dit « HaMashbir » (vers 1679 – 16 octobre 1730) — Chef du tribunal rabbinique (Av Beit Din) et directeur de la yeshiva de Meknès, recensé au feuillet 94-3 de Malkhei Rabbanan comme décédé en 5491 de l'ère hébraïque, en concordance avec le registre généalogique [encyclopédie Berdugo, encyclopedia.com]. Élève de Rabbi Yossef Bahtit, il laissa plusieurs œuvres majeures — Rosh Mashbir, Kenaf Renanim (deux volumes) et Divrei Moshe (responsa) — toutes imprimées à titre posthume entre 1840 et 1947, après avoir circulé en manuscrit. Sa descendance comptait Rabbi Yekutiel Berdugo, puis le célèbre Rabbi Raphaël Berdugo dit « Ha-Malakh Raphaël ».
Rabbi Raphaël Berdugo (רבי רפאל בירדוגו), dit « Ha-Malakh » (1747, Meknès – 1821) — Petit-fils de Rabbi Yekutiel Berdugo et arrière-petit-fils de Moshe « HaMashbir », il fut l'une des plus grandes autorités halakhiques du Maroc de son époque, Av Beit Din de Meknès, décisionnaire reconnu dans l'ensemble du monde séfarade [Wikipedia, Raphael Berdugo ; yabiladi.com]. Auteur de responsa et de commentaires, il incarne l'apogée de la lignée Berdugo de Meknès que Malkhei Rabbanan avait pour charge de documenter dans sa profondeur généalogique. Son surnom, « l'Ange », témoigne du prestige exceptionnel qu'il atteignit de son vivant.
Rabbi Ephraïm Al-Naqua (אפרים אלנקאוה) (vers 1359 – vers 1442) — Sage séfarade réfugié à Tlemcen après les persécutions de 1391, figure vénérée du judaïsme maghrébin, il est notamment l'auteur du Shaar Kevod Adonai, un ouvrage défendant Maïmonide, étudié par la recherche moderne [Schwartz, Shaar Kevod Adonai, 1995]. Sa mémoire, associée à la fondation spirituelle de la communauté de Tlemcen, illustre les liens étroits qui unissaient les élites rabbiniques de tout l'espace maghrébin dont Malkhei Rabbanan s'est fait l'écho, et rappelle que le champ d'influence du judaïsme marocain débordait largement ses frontières.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
Conclusion
Malkhei Rabbanan (Kevod Melakhim) n'est pas un texte comme les autres : c'est un acte de mémoire devenu source. En rassemblant à Fès, puis en publiant à Jérusalem en 1931, le portrait collectif des rabbins du Maroc, Yosef Ben-Naïm a doté un monde entier d'une archive de lui-même, à la veille des bouleversements qui allaient le disperser. L'ouvrage tient sa valeur de son ambition d'exhaustivité, rare dans le monde séfarade de son temps, et d'une méthode qui, pour rester difficile à reconstituer entièrement, a produit des résultats dont la fiabilité résiste à la vérification ultérieure — comme le montre la concordance entre la notice de Moshe « HaMashbir » Berdugo (feuillet 94-3) et les registres généalogiques établis bien après 1931.
Le cas de la famille Berdugo offre à cet égard une leçon particulièrement nette. De Moshe « HaMashbir », mort en 1730 et dont les œuvres ne furent imprimées que bien plus d'un siècle après sa mort, jusqu'à Raphaël « Ha-Malakh », figure tutélaire du Maroc rabbinique du XIXᵉ siècle, c'est une généalogie savante continue que le dictionnaire a permis de fixer et que la recherche a ensuite pu vérifier, nuancer et amplifier. Tel est le mouvement propre à Malkhei Rabbanan : il ne clôt pas l'enquête, il l'ouvre.
Il demeure aujourd'hui un instrument irremplaçable pour qui veut comprendre la civilisation rabbinique judéo-marocaine, ses dynasties, ses centres et ses œuvres. Que le titre le désigne comme le livre des « rois parmi les rabbins » n'est pas une simple élégance : il dit la conviction profonde de son auteur, selon laquelle la véritable souveraineté d'un peuple réside dans la mémoire de ses maîtres. En ce sens, Malkhei Rabbanan est à la fois un dictionnaire et un monument — la couronne écrite d'un monde qui, sans lui, aurait perdu une part de son nom.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月25日
继续阅读这部大书
登录或创建免费账户以阅读整部大书——并发现、追踪和丰富与您相关的家系。
一封邮件,一次点击。无需密码;随时可退出。
「Malkhei Rabbanan (Kevod Melakhim)」是您故事的一部分吗?
创建您的会员空间,关注您在意的家族、获取新发现的通知并参与贡献——无需密码。
一封邮件,一次点击。无需密码;随时可退出。
来源与资源
- Yosef Ben-Naim, Malkhei Rabbanan — Dictionnaire des rabbins du Maroc (1931)
- Dov Schwartz, Shaar Kevod Adonai: Ephraim Al-Naqua's Defense of Maimonides (1995)
- Simon Dubnow, Toledot ha-hasidut (1931)
- https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/benaim ↗
🔗 引用/链接此页面
复制以下格式之一来引用此条目或创建指向它的链接。
链接
https://zakhor.ai/zh/grands-livres/textes/malkhei-rabbanan-kevod-melakhimHTML
<a href="https://zakhor.ai/zh/grands-livres/textes/malkhei-rabbanan-kevod-melakhim">Malkhei Rabbanan (Kevod Melakhim) — Zakhor</a>引用
Malkhei Rabbanan (Kevod Melakhim) — Zakhor, https://zakhor.ai/zh/grands-livres/textes/malkhei-rabbanan-kevod-melakhim