Stuttgart
שטוטגרט
地区: Allemagne
登记簿 交集 · 保管人,非所有者
发布于 2026年8月6日
巴登-符腾堡州首府,德国
Introduction
Capitale du Land de Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest de l'Allemagne, Stuttgart occupe une place singulière dans l'histoire du judaïsme allemand. Ville résidentielle des ducs puis des rois de Wurtemberg, elle n'a longtemps toléré aucune présence juive permanente, contrairement à d'autres cités du Saint-Empire ; la vie juive s'y est d'abord épanouie dans les bourgs environnants — Buchau, Jebenhausen, Mühringen, Hechingen — avant de se concentrer, au XIXᵉ siècle, dans la capitale émancipée. Cette trajectoire retardée mais fulgurante fait de Stuttgart un cas d'école de l'entrée des Juifs dans la modernité allemande, ce mouvement d'espérance et de désillusion qu'Amos Elon a nommé « the pity of it all » [Elon, 2002].
L'histoire juive stuttgartoise épouse les grandes phases décrites par l'historiographie : une longue exclusion médiévale et moderne, ponctuée par l'épisode retentissant du financier de cour Joseph Süss Oppenheimer ; l'émancipation progressive au XIXᵉ siècle, où la famille Kaulla joua un rôle inaugural décisif ; l'essor d'une communauté prospère et intégrée, dotée d'une grande synagogue mauresque et d'un modèle liturgique libéral rayonnant bien au-delà du Wurtemberg ; puis l'anéantissement sous le régime national-socialiste, que Saul Friedländer a documenté dans son œuvre magistrale [Friedländer, 1997]. L'article consacré à Stuttgart dans la Jewish Encyclopedia de 1906 [Jewish Encyclopedia, 1906] constitue, avec les archives communautaires et les travaux de synthèse régionaux, l'une des sources de référence pour la période allant des origines médiévales à l'orée du XXᵉ siècle. Ce Grand Livre retrace cette histoire en distinguant partout ce qui relève de l'archive établie, de la tradition transmise et des zones d'incertitude.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月6日
Chapitre 1 : Des flammes de 1348 aux expulsions — la présence juive médiévale à Stuttgart
La première mention historique de Stuttgart remonte à l'administration d'Eberhard l'Illustre, qui gouverna le comté de Wurtemberg de 1265 à 1325. La présence juive dans la ville est attestée pour la première fois peu après cette période : en 1348-1349, lors des massacres associés à la Peste noire, les Juifs de Stuttgart subirent le même sort que ceux de dizaines d'autres cités du Wurtemberg — ils furent brûlés [Jewish Encyclopedia, 1906 ; Stälin, Wirtembergische Geschichte, III, p. 244]. La chronique de la ville établit qu'un ghetto et une Judenschule — école et lieu de réunion religieux — existaient déjà à cette époque, et qu'un Juif nommé Leo y est nominalement attesté [Hartmann, Chronik der Stadt Stuttgart, 1886].
Après ce premier anéantissement, des traces de présence juive réapparaissent dès 1393, avec la mention d'un certain Baruch Baselless. Sous le règne conjoint des comtes Eberhard le Jeune et Ulrich V le Bien-Aimé, un Juif prénommé Moses, dit Jäcklin, s'installa dans la ville avec sa famille et ses serviteurs, obtint droit de bourgeoisie ainsi que des lettres de protection et de privilège — cas exceptionnel dans le contexte de l'époque. Qu'il s'agisse du même Moses Jecklin attesté à Esslingen entre 1404 et 1451 demeure incertain [Jewish Encyclopedia, 1906]. D'autres noms apparaissent dans les archives au fil du XVᵉ siècle : Salomon, qui acheta un brevet de protection pour huit florins entre 1435 et 1441 ; Lazarus, qui en obtint un semblable pour dix florins entre 1437 et 1443 ; Kaufman et Bel en 1459. Le Juif Brein reçut de son côté la permission du comte Ulrich de s'établir à Cannstatt et d'y prêter à intérêt, mais sous des conditions strictes : il ne pouvait réclamer plus d'un pfennig par livre et ne disposait d'aucun droit de saisie. Ces indices éparses attestent l'existence de petites communautés, sans que leur organisation soit pleinement documentée.
Une nouvelle communauté s'était constituée en 1434, comptant huit familles vers 1470, dotée d'une synagogue et d'un bain rituel (mikveh). Quelque temps après 1492, les Juifs furent bannis en application du testament du comte Eberhard III, érigé en loi d'État en 1498. Au début du XVIᵉ siècle, le comte Ulrich tenta bien d'associer des Juifs au développement économique du territoire, mais la tentative échoua dans un contexte de résistances persistantes. Dean Phillip Bell a montré combien, dans l'Allemagne du XVᵉ siècle, les identités juive et chrétienne se construisaient dans une tension permanente entre proximité économique et rejet théologique [Bell, 2001]. Stuttgart illustre pleinement ce schéma : tolérances circonstancielles, contrats de protection, expulsions et rappels se succèdent selon les besoins du pouvoir comtal, sans que s'établisse jamais une communauté stable.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月6日
Chapitre 2 : Joseph Süss Oppenheimer, le financier de cour
L'épisode le plus célèbre — et le plus tragique — de la présence juive à Stuttgart avant l'émancipation est celui de Joseph Süss Oppenheimer, financier attaché à la cour du duc Charles-Alexandre de Wurtemberg à partir de 1733. Chargé de réorganiser les finances ducales, de gérer la monnaie, les impôts et les monopoles, Oppenheimer incarna la figure du Hofjude, le « Juif de cour », indispensable aux princes de l'Empire mais exposé à la vindicte populaire dès la disparition de son protecteur. Amos Elon a analysé ce statut ambivalent, où l'utilité économique n'abolissait jamais la vulnérabilité juridique et sociale [Elon, 2002].
À la mort soudaine du duc en mars 1737, Oppenheimer fut arrêté, jugé au terme d'un procès inique et pendu publiquement à Stuttgart en février 1738, son corps exposé dans une cage de fer. La Jewish Encyclopedia de 1906, qui consacre un long développement à l'affaire dans son article sur le Wurtemberg, souligne que l'exécution fut motivée par la jalousie des états provinciaux, l'appétit des biens confisqués et la haine confessionnelle — non par des malversations avérées [Jewish Encyclopedia, 1906]. L'affaire nourrit durablement l'imaginaire antisémite allemand : elle fut détournée au XXᵉ siècle en instrument de propagande nazie avec le film Jud Süß (1940), qui inversa la mémoire de la victime en caricature de haine. Ici, la tradition — le souvenir d'un homme brisé par la raison d'État — et l'archive judiciaire se répondent pour restituer, contre la falsification, la réalité d'un destin sacrifié.
La période qui suit immédiatement l'exécution d'Oppenheimer est également documentée : sous le contrôle des régents Carl Rudolf et Peter Carl Frederick, les lois anti-juives furent de nouveau appliquées avec rigueur, et les Juifs furent à nouveau expulsés en 1739 — bien que leur rappel ait promptement suivi, la logique économique reprenant ses droits [Jewish Encyclopedia, 1906]. Les banquiers de cour Seeligmann (1741) et Ullmann (1743) obtinrent ainsi l'autorisation de résider dans la ville, poursuivant la tradition du Hofjude dans un contexte légèrement assoupli.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月6日
Chapitre 3 : La famille Kaulla et les premières assises de la communauté (1806–1828)
Le tournant décisif pour la présence juive à Stuttgart fut l'avènement du royaume de Wurtemberg en 1806, sous l'égide napoléonienne. Le 27 juin 1806, le roi Frédéric Iᵉʳ accorda par décret à Jacob Raphael Kaulla, conseiller impérial et royal, ainsi qu'à un certain nombre de ses proches, la citoyenneté wurtembergeoise pour eux-mêmes et leurs descendants, en reconnaissance des services rendus au pays lors de circonstances critiques [Jewish Encyclopedia, 1906]. Cette concession extraordinaire, accordée à une famille de banquiers avant l'émancipation générale, constitue un précédent : la famille Kaulla allait exercer une influence durable sur l'ensemble des Juifs du district, et tout particulièrement sur leurs coreligionnaires de Stuttgart.
Dès 1808, la nécessité d'une synagogue à Stuttgart se fit sentir, et une collecte de fonds fut autorisée. À cette date, seuls étaient admis à résider dans la ville les Juifs pouvant justifier d'une fortune d'au moins vingt mille florins — condition qui limitait strictement l'accès à l'installation et sélectionnait de fait une bourgeoisie aisée. Par une ordonnance du 18 juillet 1819, les résidents juifs durent en outre acquitter douze florins annuels au titre de la protection [Jewish Encyclopedia, 1906]. La communauté fut également dotée d'un mikveh attesté dès 1721, signe d'une vie rituelle structurée bien avant la synagogue officielle de l'ère royale.
La loi wurtembergeoise du 25 avril 1828 sur les « rapports publics des membres de la foi israélite » constitua l'étape suivante : elle organisa la communauté sur une base administrative, favorisa la sédentarisation, l'accès aux professions et l'établissement dans les villes, tout en imposant une tutelle destinée à « améliorer » la condition civile des Juifs — programme paternaliste typique de l'émancipation allemande décrite par Elon [Elon, 2002]. Une Israelitische Oberkirchenbehörde — consistoire israélite supérieur — siégeant à Stuttgart coordonnait dès lors l'ensemble des communautés du royaume, sous la tutelle directe du ministère des Affaires ecclésiastiques et de l'Instruction publique [Jewish Encyclopedia, 1906]. L'émancipation civile complète ne fut acquise qu'en 1864, puis confirmée par l'unification allemande de 1871.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月6日
Chapitre 4 : La synagogue mauresque, le rabbinat libéral et l'essor communautaire (1861–1914)
L'Empire allemand ouvrit à la communauté de Stuttgart une période d'essor remarquable, dont la synagogue de la Hospitalstraße constitue le symbole architectural le plus visible. L'édifice, conçu dans un style néo-mauresque, fut consacré en 1862 — les sources divergent légèrement sur la date exacte, l'article de la Jewish Encyclopedia mentionnant 1862, d'autres documents évoquant 1861 [Jewish Encyclopedia, 1906 ; encyclopedia.com]. Conçue par l'architecte Wolf, la synagogue était dotée d'un orgue pour lequel Emanuel Feist composa plusieurs hymnes inédits. Le livre de prière adopté par la communauté, affranchi des subtilités dogmatiques, conférait au service un caractère de dignité et de simplicité qui fit de la communauté de Stuttgart un modèle pour de nombreuses autres congrégations juives d'Allemagne [Jewish Encyclopedia, 1906]. Ce rayonnement liturgique témoigne de l'orientation résolument libérale que la communauté stuttgartoise avait choisie, à rebours du courant orthodoxe qui maintint un Beit Midrash distinct à partir de 1880.
Les rabbins de la communauté au XIXᵉ siècle atteignirent une notoriété qui dépassa les frontières du Wurtemberg. Le rabbin Maier (1794–1873) et son successeur Moses Wassermann (1811–1892) furent tous deux anoblis par les rois de Wurtemberg [encyclopedia.com], distinction rarissime qui illustre le degré d'intégration auquel pouvaient accéder les figures dirigeantes du judaïsme libéral dans ce royaume. En 1896 fut instaurée une pratique annuelle : les rabbins du pays, les enseignants juifs et les chefs de chœur se réunissaient en convention à Stuttgart, faisant de la capitale un foyer de vie intellectuelle et religieuse pour l'ensemble du judaïsme wurtembergeois [Jewish Encyclopedia, 1906].
La communauté participa pleinement à la vie professionnelle et universitaire de la ville. L'avocat Levi et le juge Kallmann siégeaient dans les instances judiciaires du district ; N. Levi présidait le conseil d'administration du barreau du tribunal supérieur de Stuttgart. À la Polytechnische Hochschule enseignaient les professeurs juifs Kaufmann, Marx et Schmidt ; au Conservatoire de musique, de chant et d'art dramatique, les professeurs Singer et Wien occupaient des chaires régulières, et Gerstmann faisait partie de la troupe du Hoftheater [Jewish Encyclopedia, 1906]. Ces données, tirées de l'état de la communauté au tournant du siècle, illustrent une intégration dans les institutions culturelles et savantes qui allait bien au-delà du négoce ou de la banque. En 1903, le registre communautaire enregistrait 62 naissances, 16 mariages célébrés à la synagogue et 33 inhumations ; le dernier recensement disponible au moment de la rédaction de l'encyclopédie comptait 776 foyers pour 3 015 personnes [Jewish Encyclopedia, 1906].
Les Juifs de Stuttgart participèrent pleinement à la vie économique et culturelle du Wurtemberg : industriels du textile et de la confection, marchands, médecins, avocats, universitaires, ils incarnaient l'idéal du Bildungsbürgertum, cette bourgeoisie cultivée à laquelle Elon a consacré son portrait des Juifs d'Allemagne [Elon, 2002]. Le sionisme naissant y trouva aussi un écho : le Wurtemberg fut une terre d'implantation d'associations juives diverses, entre attachement à la patrie allemande et éveil national juif. La Première Guerre mondiale, où les Juifs allemands servirent massivement sous les drapeaux, sembla sceller leur appartenance à la nation — illusion que la République de Weimar prolongea avant l'effondrement.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月6日
Chapitre 5 : Persécution et destruction (1933–1945)
L'accession de Hitler au pouvoir en janvier 1933 inaugura, à Stuttgart comme partout dans le Reich, une politique méthodique d'exclusion. Saul Friedländer a retracé les étapes de cette persécution : boycott des commerces juifs dès avril 1933, révocation des fonctionnaires, exclusion des professions, puis les lois de Nuremberg de 1935 qui déchurent les Juifs de leur citoyenneté [Friedländer, 1997]. La communauté stuttgartoise, comme les autres, vit ses membres progressivement dépouillés de leurs droits, de leurs biens et de leur dignité. Otto Hirsch, juriste né à Stuttgart en 1885, cofondateur et directeur exécutif de la Reichsvertretung der Deutschen Juden aux côtés du rabbin Leo Baeck, s'efforça d'organiser l'aide aux persécutés et la résistance légale au sein des structures communautaires — jusqu'à sa déportation et son assassinat au camp de Mauthausen en 1941.
La nuit de pogrom du 9 au 10 novembre 1938 — la Nuit de Cristal — fut à Stuttgart d'une violence extrême : la grande synagogue de la Hospitalstraße fut incendiée et détruite, les commerces juifs saccagés, de nombreux hommes arrêtés et déportés vers le camp de Dachau. À partir de la fin 1941 et jusqu'au début de 1945, Stuttgart devint le point de rassemblement pour la déportation de l'ensemble des Juifs du Wurtemberg. Le premier convoi quitta Stuttgart le 1ᵉʳ juillet 1941 à destination de Riga, où les déportés furent par la suite massacrés ; suivirent en 1942 des transports vers Izbica et Auschwitz — quatre convois entre 1942 et 1943 — puis vers Theresienstadt, du 5 août 1942 au mois de février 1945 [encyclopedia.com]. Les Juifs restants avaient été concentrés dans un quartier spécifique, les membres plus âgés de la communauté étant évacués vers de petites villes et villages. Environ mille Juifs de Stuttgart périrent en déportation ou dans les camps de concentration [encyclopedia.com]. Friedländer, dans Les Années d'extermination, a montré comment ce processus d'anéantissement se déploya au grand jour, à la vue d'une société qui, dans sa majorité, se détourna [Friedländer, 2008].
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月6日
Chapitre 6 : Cendres et renaissance — la communauté depuis 1945
Au lendemain de la guerre, Stuttgart, située en zone d'occupation américaine, devint un point de concentration important pour les Displaced Persons juives. En 1945, deux camps de personnes déplacées dans la ville abritaient plus de deux mille Juifs [encyclopedia.com]. Environ vingt Juifs avaient survécu à Stuttgart même, en se cachant ; quarante-cinq revinrent de Theresienstadt, parmi lesquels Alfred Marx, et quelques autres rentrèrent d'autres camps de concentration [encyclopedia.com]. Un incident tragique survint en mars 1946, lorsqu'une descente de police dans le camp de personnes déplacées de Stuttgart provoqua la mort d'un survivant de la Shoah, révélant les tensions de l'immédiat après-guerre. Beaucoup de ces réfugiés aspiraient à gagner la Palestine mandataire ou l'Amérique.
Une nouvelle communauté juive se reconstitua peu à peu à Stuttgart, d'abord modeste, formée de survivants demeurés sur place et de familles revenues d'exil. Elle se dota d'une nouvelle synagogue, reconstruite en 1952 sur le site même de l'édifice détruit en 1938, geste de continuité et de mémoire. À partir des années 1990, l'immigration de Juifs de l'ex-Union soviétique renouvela profondément la démographie communautaire, redonnant à Stuttgart une vie juive institutionnelle, cultuelle et culturelle. Aujourd'hui, la communauté israélite du Wurtemberg, dont le siège est à Stuttgart, entretient synagogue, écoles et lieux de mémoire, tandis que des monuments et des Stolpersteine — pierres d'achoppement — rappellent, dans les rues de la ville, le nom des victimes.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月6日
Les grandes figures
Moses Jäcklin (dates inconnues, actif vers 1434–1470) — Juif résidant à Stuttgart sous le règne conjoint des comtes Eberhard le Jeune et Ulrich V, il fut l'une des très rares personnes de confession juive à obtenir droit de bourgeoisie dans la ville, assorti de lettres de protection et de privilège. Il s'installa avec sa famille et ses serviteurs, et son cas est mentionné comme exceptionnel dans les sources médiévales du Wurtemberg. Son identité avec le Moses Jecklin d'Esslingen attesté entre 1404 et 1451 reste une question ouverte. Sa présence témoigne de la tension entre tolérance circonstancielle et exclusion structurelle qui caractérisait le statut juif dans l'Allemagne comtale du XVᵉ siècle [Jewish Encyclopedia, 1906].
Joseph Süss Oppenheimer (vers 1698–1738), dit « Jud Süß » — Financier de cour né à Heidelberg, il entra au service du duc Charles-Alexandre de Wurtemberg en 1733 et réorganisa les finances du duché depuis Stuttgart. Figure éminente du Hofjude, il concentra sur lui l'hostilité des états provinciaux et du peuple. Arrêté à la mort du duc en 1737, jugé et exécuté par pendaison à Stuttgart en février 1738, son corps exposé dans une cage de fer, son destin devint un symbole de la précarité juive puis, tragiquement, un instrument de la propagande nazie. La Jewish Encyclopedia de 1906 et Amos Elon s'accordent à y voir une exécution motivée par la jalousie, la cupidité et la haine confessionnelle [Elon, 2002 ; Jewish Encyclopedia, 1906].
Jacob Raphael Kaulla (dates précises incertaines, actif fin XVIIIᵉ–début XIXᵉ siècle) — Banquier et conseiller impérial et royal, il fut le premier Juif à qui le roi Frédéric Iᵉʳ de Wurtemberg accorda, par décret du 27 juin 1806, la citoyenneté wurtembergeoise pour lui-même et ses descendants, en reconnaissance de services rendus au royaume dans des circonstances critiques. Figure pionnière de l'intégration juive en Wurtemberg, la famille Kaulla exerça une influence durable sur l'ensemble des communautés juives du district, notamment celle de Stuttgart, dans les décennies qui suivirent l'instauration du royaume [Jewish Encyclopedia, 1906].
Rabbin Maier (1794–1873) — Rabbin de la communauté de Stuttgart au XIXᵉ siècle, il fut l'une des figures centrales du judaïsme libéral wurtembergeois. Son action contribua à faire de Stuttgart un modèle liturgique et religieux pour d'autres communautés juives d'Allemagne. Sa stature fut reconnue au plus haut niveau de l'État wurtembergeois : il fut anobli par le roi de Wurtemberg, distinction rarissime accordée à un dignitaire religieux juif, témoignage du degré d'intégration atteint dans ce royaume [encyclopedia.com].
Rabbi Moses Wassermann (1811–1892) — Successeur du rabbin Maier à la tête de la communauté de Stuttgart, il poursuivit dans la même veine libérale et fut, comme son prédécesseur, anobli par le roi de Wurtemberg [encyclopedia.com]. Sous son rabbinat, la communauté connut son essor démographique et institutionnel le plus soutenu, avec le développement des associations culturelles et caritatives, et la consolidation du rôle de Stuttgart comme centre spirituel et administratif du judaïsme wurtembergeois.
Emanuel Feist (dates inconnues, actif vers 1862) — Compositeur attaché à la synagogue de Stuttgart, il composa à l'occasion de l'inauguration de la nouvelle synagogue mauresque en 1862 plusieurs hymnes originaux pour l'orgue installé dans l'édifice. Son œuvre musicale contribua à façonner la liturgie libérale de la communauté, qui devint un modèle pour d'autres congrégations juives d'Allemagne [Jewish Encyclopedia, 1906]. Il illustre le lien étroit entre création artistique et affirmation identitaire dans le judaïsme libéral allemand du XIXᵉ siècle.
Otto Hirsch (1885–1941) — Juriste et haut fonctionnaire né à Stuttgart, il fut une figure majeure de la communauté juive du Wurtemberg. Cofondateur et directeur exécutif de la Reichsvertretung der Deutschen Juden aux côtés du rabbin Leo Baeck à partir de 1933, il organisa l'aide aux persécutés et la défense des droits juifs sous le régime nazi, refusant de quitter l'Allemagne tant que des Juifs auraient besoin d'être représentés et protégés. Arrêté à plusieurs reprises, il fut déporté et assassiné au camp de Mauthausen en 1941. Stuttgart honore aujourd'hui sa mémoire par une place portant son nom.
Saul Friedländer (né en 1932) — Historien né à Prague, réfugié puis rescapé de la Shoah, il est l'auteur de l'œuvre de référence sur la persécution et l'extermination des Juifs sous le nazisme. Ses ouvrages, couronnés notamment du prix Pulitzer, éclairent le destin des communautés allemandes, dont celle du Wurtemberg. Sans être stuttgartois, il fournit le cadre historiographique indispensable à la compréhension de l'anéantissement de 1933–1945 [Friedländer, 1997 ; 2008].
Amos Elon (1926–2009) — Écrivain et historien israélien né à Vienne, auteur d'un portrait de synthèse des Juifs d'Allemagne de 1743 à 1933. Son travail restitue la trajectoire d'ascension et de désillusion de la bourgeoisie juive allemande, cadre général auquel appartient pleinement l'histoire de la communauté de Stuttgart, de l'émancipation à la catastrophe [Elon, 2002].
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月6日
Conclusion
L'histoire juive de Stuttgart est celle d'un paradoxe : longtemps ville interdite aux Juifs, elle devint, en moins d'un siècle, le foyer d'une communauté prospère et pleinement intégrée, avant d'être le théâtre de sa destruction. De l'exclusion médiévale et du supplice d'Oppenheimer à la citoyenneté accordée aux Kaulla dès 1806, de la synagogue mauresque d'Emanuel Feist aux convois de la déportation, la trajectoire stuttgartoise condense les espoirs et l'effondrement du judaïsme allemand tels que les ont décrits Elon et Friedländer [Elon, 2002 ; Friedländer, 2008].
Ce que l'article de la Jewish Encyclopedia de 1906 avait capturé — une communauté de 3 015 âmes, rayonnante par sa liturgie libérale, représentée dans les barreaux, les universités et les scènes de théâtre — disparut dans les convois de 1941 à 1945. Environ un millier de Juifs de Stuttgart moururent en déportation ou dans les camps ; une vingtaine survécurent sur place, quarante-cinq rentrèrent de Theresienstadt. De ces cendres, une communauté s'est néanmoins reconstituée, portée par les survivants, par l'immigration venue de l'Est après 1990, et par la mémoire inscrite dans les Stolpersteine et les noms de rue. Entre le souvenir des disparus et la vitalité d'une vie juive renouvelée, Stuttgart demeure un lieu où le judaïsme allemand se souvient, se reconstruit et témoigne.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月6日
继续阅读这部大书
登录或创建免费账户以阅读整部大书——并发现、追踪和丰富与您相关的家系。
一封邮件,一次点击。无需密码;随时可退出。
「Stuttgart」是您故事的一部分吗?
创建您的会员空间,关注您在意的家族、获取新发现的通知并参与贡献——无需密码。
一封邮件,一次点击。无需密码;随时可退出。
这本书的纪念日
这本书尚未记录任何纪念日。记录Stuttgart的史料提供年份和世纪,从不提供具体日期;我们不凭空制造。
您知道一个日期——一个纪念、一次希洛拉、一个离世纪念日? 为它定下纪念日
来源与资源
- Saul Friedländer, L'Allemagne nazie et les Juifs (1997)
- Saul Friedländer, Les Années d'extermination : L'Allemagne nazie et les Juifs, 1939-1945 (2008)
- Anita Shapira, Land and Power: The Zionist Resort to Force, 1881-1948 (1992)
- Mary Antin, The Promised Land (1912)
- Amos Elon, The Pity of It All: A Portrait of Jews in Germany, 1743-1933 (2002)
- Dean Phillip Bell, Sacred Communities: Jewish and Christian Identities in Fifteenth-Century Germany (2001)
- Wikidata ↗
- jewishencyclopedia.com ↗
此地的重要人物(24/29)
Abenheim, Joseph
Auerbach, Berthold
Barnay, Ludwig
Bénédict, Moïse
Benedict, Sir Julius
Berlin, Rudolf
Büdinger, Moses Mordecai
Frank, Kathi
Fränkel, Ludwig
Gerstmann, Adolf Joseph
Gottheil, Paul Eduard
Hartmann, Moritz
Hegel, Georg Wilhelm Friedrich
Herzfeld, Albrecht
Jacoby, Johann
Kroner, Théodor
L'arronge, Adolf
Lebert, Siegmund
Loewenthal, Eduard
Meyer, Victor
Ottenheimer, Henriette
Rosenthal-bonin, Hugo
Rosewald, Julie Eichberg
Singer, Edmund
🔗 引用/链接此页面
复制以下格式之一来引用此条目或创建指向它的链接。
链接
https://zakhor.ai/zh/grands-livres/lieux/stuttgartHTML
<a href="https://zakhor.ai/zh/grands-livres/lieux/stuttgart">Stuttgart — Zakhor</a>引用
Stuttgart — Zakhor, https://zakhor.ai/zh/grands-livres/lieux/stuttgart