מכון שטיינזלץ
地区: Jérusalem, Israël
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发布于 2026年6月19日
Institut fondé par le rabbin Adin Steinsaltz pour éditer et traduire le Talmud de Babylone. Il a rendu le texte accessible en hébreu moderne, anglais et d'autres langues.
在当代犹太出版事业的诸多宏大成就中,鲜有机构能与以色列塔木德出版研究所(Israel Institute for Talmudic Publications)相提并论——该机构通常被称为 Steinsaltz 研究所,以其创始人之名命名。这一研究所是一项志向宏远的计划的执行工具,其目标是将巴比伦 Talmud 带给每一位犹太读者,无论学者还是普通大众。它体现了现代犹太思想中最为持久的一种抱负:将一份复杂至极的文本遗产,与那些日益丧失了通往此遗产之钥匙的犹太人重新联结。
这一机构的诞生,既源于个人的信念,也源于对文化现状的诊断。其创始人,拉比 Adin Even-Israel Steinsaltz,认为对 Talmud 的无知是一种集体失忆,威胁着犹太民族自身的延续。他的工作由一种渴望所驱动——让更多的犹太人了解自己的传承——而"让我的民知道"正是他最钟爱的格言。正是围绕这一纲领性表述,研究所的历史得以展开:它不仅仅是一家出版社,更是一项文明使命,拥有深厚的学术基础设施。
这部大书追溯了这一机构的历史,从1965年的创立,到其现代希伯来语、英语、法语、俄语及西班牙语版 Talmud 在全球范围内的广泛传播。它尽可能在现有权威资料所允许的范围内,辨明何者属于确立的文献史料,何者属于口耳相传的传统,以及二者之间的交汇之处。
L'Institut ne peut se comprendre indépendamment de la figure singulière de son créateur. Adin Even-Israel Steinsaltz naît le 11 juillet 1937 à Jérusalem, alors en Palestine mandataire, et y meurt le 7 août 2020 à l'âge de 83 ans. Sa trajectoire est d'autant plus remarquable qu'il ne provient pas d'un milieu traditionaliste. Né à Jérusalem en 1937 de parents laïcs, Steinsaltz étudia les mathématiques, la physique et la chimie à l'Université hébraïque, en plus de ses études rabbiniques.
Cette double formation, scientifique et religieuse, explique en partie la rigueur méthodique qu'il appliquera ultérieurement à son œuvre éditoriale. Avant de se consacrer à l'étude des textes, il s'engage dans l'éducation : après avoir obtenu son diplôme, il fonda plusieurs écoles expérimentales et devint, à l'âge de 23 ans, le plus jeune directeur d'école d'Israël. Selon d'autres sources, cette nomination serait survenue à l'âge de 24 ans, divergence mineure qui n'altère pas le portrait d'un esprit précoce et entreprenant [Jewish Virtual Library].
La décision qui allait définir sa vie se cristallise au milieu des années 1960. En 1965, le rabbin Steinsaltz s'engagea dans une mission de toute une vie : rendre le Talmud accessible à tous. C'est dans ce contexte qu'il crée l'institution destinée à porter ce dessein. En 1965, Steinsaltz fonda l'Israel Institute for Talmudic Publications et entreprit sa traduction et son commentaire monumentaux du Talmud en hébreu moderne. L'Institut et le projet talmudique sont ainsi rigoureusement contemporains : en 1965, Steinsaltz fonda l'Israel Institute for Talmudic Publications, la même année où il commença sa traduction du Talmud.
La création de l'Institut en 1965 répond à une analyse précise de la condition juive contemporaine. Le Talmud, recueil tentaculaire de débats juridiques et exégétiques rédigés en araméen et en hébreu, demeurait, pour la grande majorité des Juifs de l'époque moderne, un livre fermé. La rédaction laconique, l'absence de ponctuation, le maniement d'un vocabulaire technique et l'enchevêtrement des argumentations en rendaient l'accès quasi impossible sans une formation intensive en yeshiva.
Steinsaltz formulait ce diagnostic en des termes saisissants. « Le Talmud est le pilier central du savoir juif, important pour la compréhension globale de ce qu'est le judaïsme », déclara-t-il, mais « c'est un livre que les Juifs ne peuvent pas comprendre. C'est une situation dangereuse, comme une amnésie collective. » La réponse de l'Institut consistait donc à abaisser les barrières d'entrée sans dénaturer le texte. Il déclara avoir tenté de créer des chemins par lesquels les gens pourraient pénétrer dans le Talmud sans rencontrer d'obstacles infranchissables.
L'innovation éditoriale de l'Institut tient à la conception même de la page. Au texte original araméen, l'Institut adjoint une traduction et un appareil de commentaire conçus pour guider le lecteur pas à pas. Les éditions Steinsaltz du Talmud comprennent une traduction depuis l'araméen original ainsi qu'un commentaire exhaustif. Ce dispositif rompait avec la mise en page classique de Vilna, vénérée mais hermétique, en proposant une architecture pédagogique nouvelle. L'Institut devenait ainsi le laboratoire d'une médiation entre la lettre ancienne et le lecteur moderne, fidèle à la devise « Que mon peuple sache ».
研究所的 Talmud 项目贯穿了一个人的毕生岁月。在其他编辑机构需要数代人众多团队协力完成的地方,Talmud Steinsaltz 留下了一人独力、历经近半个世纪持续耕耘的印记。这项工作历时45年,而他最终完成了全部63卷。这一成就构成了二十世纪及二十一世纪初犹太思想史上的重要里程碑。
这一成果的完成时间有确切记录。Steinsaltz 于2010年11月完成了整部巴比伦 Talmud 的希伯来文版本,彼时 Koren Publishers Jerusalem 成为其全部作品(包括 Talmud)的出版商。这一出版转型标志着新的阶段:曾主导初期制作的研究所,此后与一家权威出版机构携手合作,共同确保整个文集的传播与永续。
2010年的竣工被视为一个超越纯粹学术范畴的事件。它代表着1965年所作诊断的最终实现:Steinsaltz 所忧虑的"collective amnesia",在这部如今已全然可读的 Talmud 中找到了解药。在这一成就完成之际,创始人向媒体重申了其事业的深远意义,强调 Talmud 始终是"犹太知识的核心支柱",而其封闭性对传承构成了重大威胁。研究所由此将一项个人使命转化为集体遗产。
L'ambition de l'Institut ne se limitait pas à l'hébreu moderne. La vocation universaliste du projet — atteindre le plus grand nombre de Juifs, quelle que fût leur langue — imposait un effort de traduction d'une ampleur considérable. En 1965, il fonda l'Israel Institute for Talmudic Publications et commença son œuvre monumentale sur le Talmud, comprenant la traduction en hébreu, en anglais, en russe et en diverses autres langues.
Le bilan de cet effort de diffusion est attesté de manière convergente par les sources. L'œuvre fut également traduite en anglais, en français, en russe et en espagnol. Cette palette linguistique reflète la géographie des diasporas que l'Institut entendait servir : les communautés anglophones d'Amérique du Nord et du monde, les Juifs francophones d'Europe et d'Afrique du Nord, les communautés hispanophones, et les Juifs russophones, dont l'accès aux textes sacrés avait été longtemps entravé par le régime soviétique.
L'édition anglaise du Talmud Steinsaltz a connu plusieurs phases de publication et de collaboration éditoriale. À la suite du partenariat avec Koren Publishers Jerusalem noué en 2010, l'œuvre prit la forme du Koren Noé Talmud. L'édition numérique William Davidson du Koren Noé Talmud, avec le commentaire du rabbin Adin Even-Israel Steinsaltz, fut publiée sous licence CC BY-NC par Koren Publishers. Cette édition rendait disponibles l'ensemble des traductions du maître : le William Davidson Talmud comprend les traductions complètes en hébreu moderne et en anglais du Talmud réalisées par le rabbin Adin Even-Israel Steinsaltz.
L'histoire de l'Institut connaît un prolongement décisif avec l'avènement du numérique. Le souci d'accessibilité qui présidait à sa fondation trouvait dans les technologies de l'information un nouvel horizon d'application : non seulement abaisser les barrières intellectuelles, mais aussi supprimer les barrières économiques et matérielles à l'accès au texte.
Ce passage à une logique d'ouverture libre s'incarne dans l'accord conclu autour du Talmud William Davidson, du nom du mécène qui en finança la diffusion. Grâce au généreux soutien de la William Davidson Foundation, ces traductions sont désormais disponibles sous licence Creative Commons non commerciale, ce qui les rend libres d'usage et de réutilisation — y compris au-delà de la plateforme Sefaria. L'œuvre de l'Institut, jadis confinée aux volumes imprimés, devenait ainsi un bien commun numérique.
Les acteurs de cette transformation forment une coalition révélatrice de la place qu'occupe désormais l'héritage Steinsaltz. Les partenaires de l'opération comprenaient la William Davidson Foundation, Matthew Miller et Koren Publishers, ainsi que le rabbin Menachem Even-Israel et Milta, qui contribuèrent à concrétiser cet accord de propriété intellectuelle sans précédent. Cette opération inscrit l'œuvre de l'Institut dans la longue durée et dans la culture du libre accès. Conçus comme un héritage collectif appartenant à tous, les textes juifs furent rendus disponibles à chacun grâce au soutien de la William Davidson Foundation, les traductions de Steinsaltz et ses explications textuelles interpolées devenant libres d'usage et de réutilisation, même au-delà de Sefaria.
Ainsi, plus d'un demi-siècle après sa fondation, l'Institut accomplissait, par d'autres moyens, la même mission : franchir les obstacles entre le peuple et son livre.
L'œuvre de l'Institut et de son fondateur a été abondamment honorée, ce qui témoigne de la reconnaissance institutionnelle d'un projet pourtant né d'une initiative individuelle. Steinsaltz reçut de nombreuses distinctions, dont le prix d'Israël pour les études juives en 1988, le prix du Président et du Premier ministre à la mémoire de Zalman Shazar en 2002, la première médaille présidentielle de distinction d'Israël en 2012 et le National Jewish Book Award en 2012. Il fut également, selon les sources, lauréat du prix Yakir Yerushalayim en 2017 [Open Siddur Project].
La stature acquise par le fondateur déborda largement les frontières du monde savant juif. Le rabbin Adin Even-Israel Steinsaltz fut salué par le magazine Time comme un « érudit comme il n'en paraît qu'un par millénaire ». Cette consécration médiatique, qui relève d'une mémoire publique autant que d'un jugement académique, illustre la manière dont l'archive des distinctions et la tradition de l'éloge se rejoignent autour de la figure du fondateur.
La continuité de l'Institut après la mort de Steinsaltz en 2020 repose en partie sur la transmission familiale et institutionnelle de son héritage. La présence de son fils, le rabbin Menachem Even-Israel, parmi les artisans de l'accord sur le Talmud William Davidson, témoigne d'une succession active dans la gestion de l'œuvre. L'affiliation de Steinsaltz au mouvement Habad, attestée par les sources, situe par ailleurs l'Institut dans un réseau spirituel plus vaste, où la diffusion du savoir juif possède une dimension missionnaire assumée [Wikipedia, Adin Steinsaltz].
L'histoire de l'Institut israélien pour les publications talmudiques se confond largement avec celle d'un homme et d'une idée. Fondé en 1965, l'Institut fut le véhicule d'une conviction unique : que l'inaccessibilité du Talmud constituait, pour le peuple juif, un péril existentiel auquel seul un travail patient de traduction et de commentaire pouvait répondre. De la première page imprimée à l'édition numérique en accès libre, l'Institut a poursuivi avec constance la devise de son fondateur, « Que mon peuple sache ».
Le bilan, tel que l'attestent les sources autorisées, est considérable : une traduction intégrale du Talmud de Babylone en hébreu moderne achevée en 2010 au terme de quarante-cinq années de labeur, prolongée par des versions anglaise, française, russe et espagnole, puis libérée des contraintes commerciales par sa diffusion sous licence ouverte. L'Institut a ainsi transformé un texte réputé hermétique en un patrimoine partagé, accessible aussi bien dans les bibliothèques que sur les écrans du monde entier.
Reste, au terme de ce parcours, une part de mémoire qui échappe à l'archive : la portée spirituelle et pédagogique réelle de cette entreprise sur des générations de lecteurs. Là où l'histoire documente les dates, les volumes et les distinctions, c'est la tradition vivante de l'étude qui en mesurera, sur la longue durée, le véritable accomplissement.
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