Natan Sharansky
登记簿 历史 · 保管人,非所有者
发布于 2026年8月27日
苏联持不同政见者,因教授希伯来语和要求移居以色列而在古拉格监禁9年。成为以色列政治家和自由思想家,其斗争体现了犹太人在21世纪争取尊严和良心自由的抵抗精神。
Introduction
Il est peu de destins juifs du XXe siècle qui condensent avec autant de netteté la longue confrontation entre l'individu et l'État totalitaire que celui d'Anatoly Borissovitch Chtcharanski, devenu Natan Sharansky. Né le 20 janvier 1948 à Donetsk (alors Stalino), dans le bassin industriel de l'Ukraine soviétique, au sein d'une famille juive largement acculturée à la société russe, formé aux mathématiques et à la logique, il aurait pu demeurer l'un de ces ingénieurs anonymes que le régime produisait par milliers. L'histoire en décida autrement. En choisissant d'apprendre et d'enseigner l'hébreu, de demander à émigrer vers Israël et de défendre les droits de l'homme au sein du groupe Helsinki de Moscou, il devint, malgré lui d'abord, l'un des visages les plus reconnaissables de la dissidence soviétique et de la cause des refuseniks.
Ce Grand Livre suit un homme qui traversa trois mondes : l'Union soviétique de la surveillance et du soupçon, le camp de travail où il passa neuf années, et l'État d'Israël où il achèverait sa vie publique comme ministre, penseur de la liberté et dirigeant de l'Agence juive. Entre ces trois âges, un fil ne rompit jamais : la conviction que la dignité de la conscience individuelle ne se négocie pas. Ce parcours fut aussi, comme les nouvelles pièces versées au dossier le révèlent, le fruit d'une famille entière — et en particulier d'une mère, Ida Milgrom, dont la ténacité mérite d'être restituée à sa juste place dans le récit. Nous nous appuyons ici, en priorité, sur la notice qui lui est consacrée dans l'Encyclopaedia Judaica, sur les récits de première main, et sur la documentation de Wikipedia consacrée à Ida Milgrom, en confrontant la mémoire militante à ce que l'archive et la recherche établissent.
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Chapitre 1 : De Stalino à Moscou — un scientifique soviétique dans une famille juive
Natan Sharansky naît le 20 janvier 1948 à Donetsk, alors nommée Stalino, dans le bassin industriel de l'Ukraine soviétique. Son père, Boris Chtcharanski, était journaliste d'arrière-plan sioniste, spécialisé dans la presse industrielle ; il mourut en 1980, avant que son fils ne soit libéré. Sa mère, Ida Petrovna Milgrom — née en 1908 à Balta, ville d'Ukraine méridionale alors dans l'Empire russe — avait suivi un itinéraire remarquable pour une femme de sa génération et de son milieu : formée au piano, elle avait étudié un temps au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou avant de se réorienter vers l'Institut polytechnique d'Odessa, où elle se forma comme ingénieure-économiste, puis exerça comme conseillère économique auprès de ministres du gouvernement ukrainien [Ida Milgrom, Wikipedia]. Ce double héritage — rigueur scientifique du côté maternel, sensibilité culturelle et filiation sioniste du côté paternel — constitue le terreau familial dans lequel grandit Anatoly Borissovitch.
Enfant surdoué, il excelle aux échecs — pratique qui deviendra plus tard son refuge mental durant l'isolement carcéral — et poursuit des études de mathématiques appliquées à l'Institut de physique et de technologie de Moscou. Rien, dans cette trajectoire de jeune scientifique soviétique, ne le prédestinait à l'affrontement direct avec le pouvoir. La famille Chtcharanski présente le profil caractéristique de l'intelligentsia juive soviétique de l'après-guerre : profondément intégrée dans les structures soviétiques, privée de tout contact avec la tradition hébraïque ou religieuse, mais portant en elle des strates identitaires que la pression extérieure — les vagues d'antisémitisme institutionnel, la guerre des Six Jours de 1967, le mouvement de renaissance culturelle juive — allait bientôt réactiver.
La ville de Balta, d'où est originaire Ida Milgrom, appartient à cette géographie d'Ukraine méridionale qui fut, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, un foyer dense de vie juive, traversé par les pogroms et les espoirs d'émancipation à égale intensité. Que la mère de Sharansky en soit issue rappelle que derrière le jeune ingénieux de Moscou se trouve une lignée ancrée dans la province juive ukrainienne, même si cet ancrage fut largement recouvert par des décennies de soviétisation.
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Chapitre 2 : L'hébreu, le refus de partir et la naissance d'un refusenik
Le tournant se produit au début des années 1970, lorsque Sharansky demande à émigrer vers Israël et se voit opposer un refus. Ce refus le range parmi les refuseniks, ces Juifs soviétiques à qui l'État interdisait le départ tout en les excluant de la vie normale une fois leur demande déposée. Après s'être vu refuser un visa de sortie, Sharansky devient un militant du mouvement des droits de l'homme en URSS et acquiert une notoriété internationale comme porte-parole du groupe Helsinki de Moscou [The Jewish Agency]. L'apprentissage et la transmission de l'hébreu, langue interdite de fait, deviennent pour lui un acte de résistance culturelle autant que le socle d'une identité retrouvée. C'est dans ce moment que l'assimilé de Donetsk se refonde en Juif conscient de sa filiation.
Sharansky joue aussi le rôle d'interprète et de trait d'union entre les dissidents russes et la presse occidentale, position qui décuple son utilité — et l'exposition qui en découle. Aux côtés d'Andreï Sakharov et des autres animateurs du mouvement pour l'application des accords d'Helsinki de 1975, il incarne la jonction entre le combat pour l'émigration juive et la défense universelle des libertés.
Ce qu'il importe de souligner ici, c'est que la décision d'émigrer et le refus soviétique n'affectèrent pas seulement l'individu, mais l'ensemble de son cercle familial. Ida Milgrom, sa mère, ne quitta pas l'URSS lors des premières vagues d'émigration : elle demeura sur place, aux côtés de son autre fils Leonid, assumant dès lors un rôle de soutien et de combat que les années de détention de Natan allaient rendre capital. La figure du refusenik est, dans ce sens, moins individuelle que familiale : chaque refus touche une famille entière, répartit les rôles entre ceux qui partent, ceux qui restent et ceux qui se battent.
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Chapitre 3 : Le groupe Helsinki de Moscou et l'accusation de trahison
La signature des accords d'Helsinki, en 1975, place officiellement l'URSS sous l'obligation morale de respecter les droits de l'homme. Les dissidents s'en emparent aussitôt comme d'un levier : ils fondent des groupes de surveillance chargés de documenter les violations. Sharansky devient l'un des porte-parole les plus visibles du groupe Helsinki de Moscou, cofondateur et animateur du mouvement des refuseniks. Il fut l'un des fondateurs et porte-parole des mouvements juif et refusenik de Moscou, avant d'être arrêté puis condamné pour trahison et espionnage au profit des États-Unis [The Jewish Agency].
L'accusation d'espionnage au service de la CIA, entièrement fabriquée, visait à décrédibiliser la dissidence en la présentant comme une entreprise étrangère. Condamné à treize ans de travaux forcés [The Jewish Agency], Sharansky refusa jusqu'au bout de reconnaître une culpabilité qu'il n'avait pas. Son procès de 1978 devint une cause internationale : gouvernements occidentaux, organisations juives et défenseurs des droits de l'homme dénoncèrent une parodie de justice.
Lors du procès, Sharansky refusa de se laisser assister par l'avocat commis par le KGB et assura lui-même sa défense, au risque de la peine capitale. Il lui fut refusé le droit de citer des témoins ou de contre-interroger ses accusateurs. À l'extérieur du prétoire moscovite fermé au public, Ida Milgrom, sa mère, monta seule la garde, présence obstinée qui toucha des millions de personnes à travers le monde lorsque les médias relayèrent son image [Natan Sharansky, Encyclopedia.com]. La démesure de la peine, en regard de l'inconsistance des charges, transforma le prévenu en symbole mondial de l'arbitraire soviétique.
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Chapitre 4 : Neuf années au camp — Ida Milgrom, Avital et la double résistance
De la peine prononcée, Sharansky purgea neuf années dans le système pénitentiaire soviétique, entre l'isolement de la prison de Lefortovo et le camp de travail. Après seize mois d'incarcération à la prison de Lefortovo, il fut envoyé à Perm 35, un camp de travail sibérien, où il servit pendant neuf ans [New World Encyclopedia]. La détention fut ponctuée de longues périodes en cellule disciplinaire et de grèves de la faim, épreuves qu'il opposa à l'entreprise d'anéantissement moral menée contre lui.
De cette expérience, Sharansky tira un récit devenu classique de la littérature carcérale de la dissidence. Il y raconte comment la vie intérieure — la mémoire des parties d'échecs jouées de tête, la fidélité à une identité juive reconquise, l'humour et le refus obstiné de céder au chantage — lui permit de conserver sa liberté intérieure là où le régime voulait la liquéfier. Cette part du destin relève à la fois de l'archive judiciaire et du témoignage transmis : le récit du prisonnier, la mémoire militante et la documentation des organisations de défense se répondent et se corroborent largement, même si le for intérieur, par nature, échappe à toute vérification externe.
Ce que le récit habituel tend à résumer en une seule figure — la campagne menée par Avital — doit en réalité être dédoublé. Durant ces neuf années, la résistance s'organisa sur deux fronts complémentaires et géographiquement opposés : depuis Israël et le monde occidental, où Avital multipliait les rencontres avec chefs d'État, responsables religieux et organisations juives ; et depuis l'URSS elle-même, où Ida Milgrom menait ce que la presse américaine appela sa « bataille de neuf ans », rendant visite à son fils en détention, manifestant devant le tribunal de Moscou, documentant les conditions de sa captivité et adressant des courriers aux autorités soviétiques [Ida Milgrom, Wikipedia]. Ces deux femmes — la belle-mère restée sur place et l'épouse partie en Israël le lendemain de leur mariage — formèrent ensemble un dispositif de pression dont la complémentarité fut probablement décisive. Là où Avital incarnait la mobilisation internationale, Ida Milgrom incarnait la résistance intérieure, celle qui ne peut être ignorée ni expulsée.
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Chapitre 5 : Le pont de Glienicke, 11 février 1986
La libération de Sharansky doit tout à une campagne internationale acharnée, dont sa femme Avital, émigrée en Israël dès le lendemain de leur mariage, fut l'infatigable animatrice à travers le monde. Sous la pression croissante d'une campagne internationale menée par sa femme, Avital Sharansky, il fut libéré en 1986 vers l'Allemagne de l'Est [New World Encyclopedia]. La rencontre de 1985 entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev ouvrit la voie à l'accord.
La scène se joua le 11 février 1986 sur le pont de Glienicke, qui reliait Potsdam à Berlin-Ouest et servait, durant la Guerre froide, de théâtre aux échanges d'agents. Sharansky fut le premier prisonnier politique libéré par le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev [ETV Bharat]. Une rencontre entre le président américain Ronald Reagan et le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev en 1985 avait conduit à l'accord d'échanger Sharansky contre le couple d'agents tchécoslovaques Karel et Hana Koecher [RFE/RL]. L'image du petit homme au pantalon trop large traversant le pont fit le tour de la planète.
Le jour même de sa libération, Sharansky fut acheminé vers Israël, terme du voyage entamé quinze ans plus tôt par une simple demande de visa. Il reçut la médaille d'or du Congrès des États-Unis en 1986 [The Jewish Agency]. Dans les semaines qui suivirent, Ida Milgrom et son autre fils Leonid obtinrent à leur tour leurs visas de sortie et rejoignirent Natan et Avital à Jérusalem [Ida Milgrom, Wikipedia]. La famille dispersée par le régime soviétique se trouvait enfin réunie, sur la terre vers laquelle Natan avait d'abord demandé à partir seize ans plus tôt.
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Chapitre 6 : L'homme d'État israélien et Yisrael BaAliyah
Arrivé en Israël, Sharansky y devint rapidement une figure publique, d'abord comme militant de la cause des immigrants venus de l'ex-URSS, dont la grande vague d'arrivée transforma la société israélienne des années 1990. Il fonda et dirigea le parti Yisrael BaAliyah, destiné à représenter cette immigration russophone et à faciliter son intégration. Fondé en 1996, le parti porta jusqu'à sept membres à la Knesset lors de ses meilleures élections, avant de fusionner avec le Likoud en 2003. Le mouvement lui ouvrit les portes du gouvernement, où il occupa successivement plusieurs portefeuilles ministériels : ministre de l'Industrie et du Commerce de 1996 à 1999, ministre de l'Intérieur de 1999 à 2000, puis vice-Premier ministre, ministre du Logement et de la Construction de 2001 à 2003, et enfin ministre des Affaires de Jérusalem et de la diaspora de 2003 à 2005 [Natan Sharansky, Wikipedia].
Sa trajectoire politique fut celle d'un homme fidèle à une conviction plus qu'à un appareil : il démissionna par principe lorsque les orientations gouvernementales heurtaient sa vision. Sa présence au sein de l'exécutif israélien conféra une voix institutionnelle à un million de nouveaux citoyens et fit de lui le pont vivant entre le judaïsme soviétique éprouvé et l'État d'Israël. La question de la « normalité » juive, celle d'un peuple redevenu maître de son destin politique — thème que travaillèrent des essayistes comme Abraham B. Yehoshua — trouvait en Sharansky une incarnation singulière : celle d'un homme passé du statut de prisonnier apatride à celui de législateur souverain.
Ida Milgrom, de son côté, vécut à Jérusalem les seize dernières années de sa vie, entourée de ses fils et de ses petits-enfants, avant de mourir en mai 2002 à l'âge de 94 ans [Ida Milgrom, Wikipedia]. Cette femme qui avait traversé l'Empire russe, l'URSS, le Conservatoire de Moscou et l'Institut polytechnique d'Odessa, avait mené pendant neuf ans une bataille pour la liberté de son fils, et avait fini par voir ce fils siéger au gouvernement de l'État juif.
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Chapitre 7 : Le penseur de la liberté et l'Agence juive
Au-delà de l'action gouvernementale, Sharansky bâtit une œuvre de pensée politique nourrie de son expérience. Son ouvrage le plus célèbre défend l'idée que la liberté est une aspiration universelle et le meilleur rempart contre la tyrannie. Il est l'auteur de Fear No Evil et de The Case for Democracy: The Power of Freedom to Overcome Tyranny and Terror [Carnegie Council]. Il y développa notamment la notion de « société de la peur », opposée à la « société libre », et le « test de la place publique » comme critère du caractère libre d'un régime. Son dernier ouvrage, Never Alone: Prison, Politics, and My People, coécrit avec l'historien Gil Troy et publié en 2020 [Genesis Prize, Never Alone Wikipedia], prolonge la réflexion sur le lien entre destin individuel et appartenance collective.
En juin 2009 s'ouvrit le dernier grand chapitre de sa vie publique : il accéda à la présidence de l'exécutif de l'Agence juive [Carnegie Council]. À ce poste, qu'il occupa près d'une décennie, il œuvra à la relation entre Israël et les diasporas, notamment sur la question du pluralisme religieux et de l'accès au Mur occidental. Les honneurs les plus élevés jalonnèrent ce parcours : il reçut la médaille présidentielle de la Liberté en 2006 [The Jewish Agency], et se vit décerner le prix Israël, consécration nationale de son apport à l'État et à la pensée juive. Sa réflexion conjugue la défense libérale de la liberté et une interrogation sur l'identité comme condition — et non obstacle — de la démocratie.
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Les grandes figures
Natan (Anatoly) Sharansky (né le 20 janvier 1948) — נתן שרנסקי. Né à Donetsk (alors Stalino) en Ukraine soviétique, mathématicien de formation à l'Institut de physique et de technologie de Moscou, il devint porte-parole du groupe Helsinki de Moscou et du mouvement des refuseniks. Condamné en 1978 à treize ans de travaux forcés pour un prétendu espionnage, il en purgea neuf avant sa libération sur le pont de Glienicke le 11 février 1986. Homme d'État israélien, fondateur de Yisrael BaAliyah, minister à plusieurs reprises, essayiste de la liberté et président de l'Agence juive de 2009 à 2018, il demeure le symbole central de la dissidence juive soviétique et de la cause des refuseniks.
Ida Petrovna Milgrom (1908–2002) — ידה מילגרום. Née à Balta, en Ukraine méridionale, alors dans l'Empire russe, cette ingénieure-économiste avait étudié au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou et à l'Institut polytechnique d'Odessa, avant de devenir conseillère économique auprès du gouvernement ukrainien. Mère de Natan Sharansky, elle mena pendant les neuf années de détention de son fils une campagne ininterrompue depuis l'URSS elle-même : elle lui rendit visite en prison, manifesta seule devant le tribunal de Moscou lors du procès de 1978, et adressa des courriers aux autorités soviétiques. Obtenant un visa en 1986, elle s'installa à Jérusalem avec son autre fils Leonid et y mourut en mai 2002, à 94 ans [Ida Milgrom, Wikipedia].
Avital Sharansky (née en 1950) — אביטל שרנסקי. Épouse de Natan, née Natalia Stieglitz, séparée de lui dès le lendemain de leur mariage lorsqu'elle émigra en Israël en 1974. Durant les neuf années de détention de son mari, elle mena à travers le monde une campagne internationale infatigable pour sa libération, rencontrant chefs d'État et responsables religieux. Son action fut déterminante dans la mobilisation qui aboutit à l'échange de 1986. Titulaire d'une maîtrise en travail social, elle consacra par la suite sa vie à l'accueil des immigrés russophones et à la transmission de la mémoire de la dissidence soviétique auprès des jeunes.
Boris Chtcharanski (dates inconnues–1980) — père de Natan Sharansky, journaliste israélite d'arrière-plan sioniste, spécialisé dans la presse industrielle soviétique. Il mourut en 1980, avant que son fils ne soit libéré, sans avoir pu le voir achever son combat. Sa filiation sioniste, bien qu'enfouie sous des décennies de vie soviétique, constitua l'une des strates identitaires que Natan réactiva lors de son éveil à la conscience juive dans les années 1970.
Andreï Sakharov (1921–1989) — Андрей Сахаров. Physicien nucléaire soviétique devenu la conscience morale de la dissidence, prix Nobel de la paix 1975. Figure tutélaire du mouvement des droits de l'homme en URSS, il fut l'allié et le protecteur de Sharansky au sein de la contestation moscovite. Assigné à résidence à Gorki pour ses positions, il incarna, aux côtés des refuseniks, la résistance intellectuelle au totalitarisme et l'exigence d'application des accords d'Helsinki.
Mikhaïl Gorbatchev (1931–2022) — Михаил Горбачёв. Dernier dirigeant de l'Union soviétique, artisan de la perestroïka et de la glasnost. C'est sous son autorité que Sharansky fut libéré le 11 février 1986, premier prisonnier politique élargi de l'ère nouvelle. L'ouverture qu'il initia permit ensuite la grande émigration juive vers Israël, dont Sharansky organisa politiquement l'accueil. Sa figure marque la charnière entre l'URSS de la répression et son effondrement.
Ronald Reagan (1911–2004). Président des États-Unis dont la rencontre avec Gorbatchev en 1985 ouvrit la voie à l'accord d'échange libérant Sharansky. Son administration soutint la cause des Juifs soviétiques et reçut Sharansky après sa libération. Sharansky vit dans la fermeté américaine face au bloc soviétique une confirmation de sa thèse sur la puissance de la liberté, développée plus tard dans The Case for Democracy.
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Conclusion
Le parcours de Natan Sharansky dessine une ligne d'une remarquable cohérence, de la cellule de Perm aux tribunes de l'Agence juive. Ce qui unit le refusenik de Moscou, le prisonnier de Sibérie, le ministre israélien et l'essayiste de la liberté, c'est une même intuition : qu'aucun régime ne peut durablement priver l'homme de sa conscience, et que cette conscience, une fois libre, se fait force politique. Passé de l'assimilation soviétique à une identité juive reconquise, puis à la souveraineté israélienne, il a fait de sa propre biographie une démonstration de la thèse qu'il défendrait par écrit.
L'intégration de la figure d'Ida Milgrom dans le récit déplace légèrement le centre de gravité de l'histoire : derrière le héros individuel se révèle une famille entière dont chaque membre prit sa part du combat selon les possibilités qui lui étaient offertes. Ida, depuis Moscou, fit ce qu'Avital faisait depuis Tel Aviv et New York — elle résista, elle documenta, elle ne céda pas. Cette double résistance, intérieure et extérieure, suggère que la cause des refuseniks fut portée moins par des individus isolés que par des réseaux familiaux et communautaires qui surent transformer leur impuissance juridique en force morale durable.
Son legs est double. Sur le plan historique, il incarne la victoire de la cause des refuseniks et le grand exode juif de l'ex-URSS vers Israël. Sur le plan intellectuel, il a fourni au débat contemporain une grammaire de la liberté fondée sur l'expérience vécue plutôt que sur la seule théorie. À l'intersection de la mémoire militante et de l'archive vérifiée, la figure de Sharansky rappelle que la dignité de la personne demeure la plus subversive des revendications face aux pouvoirs qui prétendent la nier.
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来源与资源
- Abraham B. Yehoshua, Pour une normalité juive (1992)
- « Sharansky (Shcharansky), Natan », Encyclopaedia Judaica (2ᵉ éd.) (2007) ↗
- M. Gilbert, Shcharansky: Hero of Our Time (1986)
- A. Silberman, Freedom in Slavery: The Story of Natan Sharansky (1990)
- Y. Nudelman, Sharansky Beli Masekhah (1999)
- A. Shcharansky, Habayta: Sippuro Shel Anatoly Shcharansky (1980)
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