KURANDA, IGNAZ
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Établit le « Die Grenzboten ».
Député autrichien et publiciste politique ; né à Prague le 1er mai 1812 ; mort à Vienne le 3 avril 1884. Son grand-père et son père étaient marchands de livres d'occasion. En 1834 il se rendit à Vienne, où il se consacra au travail littéraire, et écrivit le drame « Die Letzte Weisse Rose », qui fut joué d'abord à Stuttgart puis à Carlsruhe et à Francfort-sur-le-Main, et obtint une grande popularité. En 1838 Kuranda se rendit à Stuttgart, où il fit connaissance avec David Strauss, l'auteur de « Das Leben Jesu », avec Uhland, et avec d'autres poètes souabes. C'est aussi là qu'il entra pour la première fois en contact avec la vie politique publique. Il se rendit ensuite à Paris et à Bruxelles. Dans cette dernière ville il attira l'attention par des conférences sur la littérature allemande moderne. Avec l'assistance du ministre Nothomb et de l'auteur Hendrik Conscience il fonda en 1841 le périodique « Die Grenzboten » ; mais en raison des obstacles que le gouvernement prussien opposa à sa circulation en Allemagne Kuranda transféra le siège du journal à Leipzig, où il devint bientôt un facteur important de la politique autrichienne. Ce que personne n'osait écrire en Autriche était publié dans « Die Grenzboten ». L'ouvrage de Kuranda « Belgien Seit Seiner Revolution » parut à Leipzig en 1846.
Ignaz Kuranda.
Après l'éclatement du mouvement de 1848 Kuranda se rendit à Vienne, où il fut reçu avec enthousiasme dans les milieux littéraires. De Vienne il fut délégué au Fünfziger Ausschuss à Francfort-sur-le-Main, et par la suite il fut envoyé au parlement allemand comme délégué pour Teplitz. Kuranda ne resta pas longtemps au parlement de Francfort. À l'été de 1848 il retourna à Vienne et établit l'« Ostdeutsche Post », qui parut pour la première fois le 1er octobre, et dans laquelle il s'efforça de s'opposer à l'élément révolutionnaire. Après la promulgation de la constitution (la « Octroirte Verfassung »), qui avait été imposée au peuple, Kuranda dut renoncer à sa position de rédacteur en chef de l'« Ostdeutsche Post ». Il fut placé sous surveillance policière parce qu'il refusa de signer un engagement de ne pas écrire sur la politique, et quelque temps s'écoula avant qu'il puisse à nouveau publier le périodique, qu'il fit l'organe du soi-disant parti libéral « Grossdeutsche » en Autriche, et dans lequel il plaidait pour la restauration des conditions constitutionnelles.
Kuranda peut être regardé comme l'un des fondateurs des conditions de liberté de presse en Autriche. Mémorable est son procès avec Sebastian Brunner, un prêtre catholique et rédacteur en chef de la « Kirchenzeitung », affaire qui fut jugée le 10 mai 1860. Kuranda avait signalé dans l'« Oesterreichische Post » que Brunner recueillait le matériau de ses accusations contre les Juifs « de sources très impures et suspectes, par lesquelles il répandait l'inexactitude et la calomnie ». Brunner intenta une action en diffamation contre Kuranda, qui, par sa défense habile, et après un plaidoyer magistral de Johann Nepomuk Berger, fut acquitté en des termes qui impliquaient une condamnation de la campagne anti-juive de Brunner.
En 1866 Kuranda cessa la publication de son journal, et consacra toutes ses énergies à la politique. Il combattit la politique absolutiste d'octobre, et assista, comme ami et confident, le secrétaire d'État autrichien Schmerling, en rédigeant la constitution de février.
Au Parlement.
Le 20 mars 1861, Kuranda fut envoyé à la Diète de Basse-Autriche comme délégué du district de Vienne, et fut par la suite élu au Reichsrath, conservant son siège dans ce corps pour vingt ans. À la création des Délégations (une sorte de parlement commun de la Hongrie et de l'Autriche ayant des sièges alternés à Budapest et à Vienne) il fut renvoyé comme membre de ce corps. L'un des membres les plus distingués du parlement, Kuranda était un orateur brillant, et parlait surtout sur des questions de politique étrangère. Il fut aussi pendant de nombreuses années un membre du conseil municipal de Vienne.
En 1881 le soixante-dixième anniversaire de Kuranda fut célébré avec grand enthousiasme par son parti politique et par la presse ; et le conseil municipal le fit citoyen honoraire. L'empereur l'avait déjà en 1867 honoré de la « Ritterkreuz des Leopoldordens ». La grande activité de Kuranda comme politicien et publiciste, qu'il exerça pendant vingt-trois ans en tant que chef du parti libéral allemand, était parallèle à son dévouement fidèle à la cause juive, à laquelle il donna une grande part de ses forces. Il fut pendant douze ans président de la communauté juive de Vienne. Comme vice-président de l'Israelitische Allianz zu Wien il promut l'étude de la science et de l'histoire juives, auxquelles il prenait un grand intérêt.