FURTADO, ABRAHAM
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Homme politique français ; né à Londres en 1756 ; mort à Bordeaux le 29 janvier 1816. Ses parents appartenaient à une famille portugaise Marrane et résidaient d'abord à Lisbonne. Durant le tremblement de terre qui détruisit cette ville en 1755, son père fut tué, mais sa mère s'échappa et se rendit à Londres, où elle embrassa ouvertement le judaïsme. Un an après la naissance d'Abraham, elle se transporta à Bayonne, puis à Bordeaux, où Furtado reçut son éducation. Pendant un court laps de temps il embrassa une carrière commerciale, mais bientôt tourna son attention à la vente de terres. Il appliqua ses heures de loisir à des recherches scientifiques. Quand en 1789 Malesherbes convoqua une commission de Juifs pour examiner des propositions en vue d'améliorer leur condition, Furtado et Gradis furent appelés comme membres du sud de la France, Cerf-Berr et Isaac Berr du nord. L'amitié de Furtado avec les Girondins provoqua son exil (1793) et la confiscation de ses biens. La chute des terroristes lui permit de retourner à Bordeaux.
Quand en 1806 Napoléon convoqua à Paris cent des principaux Juifs pour consultation, Furtado en faisait partie, et fut élu président de ce corps, qui devint connu sous le nom d'« Assemblée des Notables ». Ses délibérations menèrent à la convocation du Sanhédrin, qui s'ouvrit le 9 février 1807 ; en cette occasion Furtado agit comme orateur pour la commission nommée pour rédiger les résolutions.
Quand le Sanhédrin fut soudainement dissous, et l'Assemblée des Notables se reconvoqua, Furtado agit comme son secrétaire, mais finalement retourna à Bordeaux. Quand la puissance de Napoléon fut renversée en 1814, Furtado se joignit aux royalistes, mais refusa une position politique durant les Cent-Jours. En 1815 il fut nommé trésorier de la ville de Bordeaux par Louis XVIII., et conserva le poste jusqu'à sa mort soudaine l'année suivante.
Les travaux qu'il laissa étaient incomplets. Furtado fut le fondateur d'une famille française bien connue.