Salomons 家族
שלמון
Salomons 家族的姓氏起源、历史与家谱——一个犹太姓氏及其留下的踪迹。
伦敦犹太家族。Sir David Salomons是伦敦首位犹太郡治官(1835年),首位无需宣誓基督教誓言即当选议会的犹太人(1851年)——英国犹太人政治解放的奠基性案例。
地理来源: Londres
登记簿 记忆 · 保管人,非所有者
家族系谱地图
大书 — Salomons
Introduction
La lignée des Salomons appartient à cette aristocratie financière juive de Londres qui, au tournant des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, sut conjuguer la réussite mercantile et l'engagement civique. Issue de la communauté ashkénaze établie dans la City — autour de St Mary Axe, cœur historique du négoce israélite londonien —, la famille incarne le passage d'un judaïsme toléré mais juridiquement disqualifié à un judaïsme pleinement émancipé, intégré aux institutions du royaume. Son nom demeure indissociable du combat pour l'émancipation politique des Juifs britanniques.
Le présent ouvrage retrace cette ascension à travers la figure cardinale de Sir David Salomons (1797–1873), dont l'itinéraire constitue, à lui seul, une chronologie des conquêtes successives de la citoyenneté juive : la shérifance, la magistrature municipale, l'échevinat, le siège parlementaire, la mairie de Londres. Selon la Jewish Encyclopedia et l'Encyclopaedia Judaica, il fut le premier Juif anglais à exercer chacune de ces fonctions, faisant de sa biographie un précédent juridique autant qu'une mémoire familiale. Nous suivrons aussi la branche fraternelle — Philip Salomons, le frère aîné — et la postérité de la maison : la baronnie héréditaire, la demeure de Broomhill, l'héritier savant David Lionel Salomons — afin de restituer la trajectoire complète d'une dynastie. La lignée se prolonge, en amont, par un ancrage dans la diaspora ashkénaze des Provinces-Unies, dont Amsterdam fut l'étape décisive avant l'installation à Londres : le Grand Livre d'Amsterdam restitue ce contexte plus largement. Là où l'archive parle, nous l'écoutons ; là où la tradition supplée, nous le signalons.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Chapitre 1 : De la Rhénanie à Amsterdam, de Londres à St Mary Axe — les migrations ashkénazes des Salomons
L'histoire de la famille Salomons commence, comme celle de tant de lignées ashkénazes, dans les brumes du Saint-Empire rhénan. L'origine de la branche dans les grandes communautés du Rhin — Mayence, Worms, ces villes où s'enracina l'âge d'or du judaïsme ashkénaze médiéval, foyers de la yeshiva et du commentaire talmudique — demeure présumée pour les Salomons : aucun document ne rattache nominativement cette branche précise à ces centres, mais la topographie de la migration est cohérente avec ce que l'on sait des grandes familles juives allemandes qui, aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, gagnèrent les Provinces-Unies en quête d'une liberté que le Saint-Empire leur marchandait.
Amsterdam représenta, pour des milliers de ces familles, le premier espace de respiration véritable. La communauté ashkénaze d'Amsterdam — distincte de la prestigieuse communauté sépharade installée depuis le XVIIᵉ siècle dans la ville — constitua un vivier de marchands, de courtiers et de financiers qui, progressivement, tissèrent des liens avec leurs coreligionnaires de Londres. La fondation de la communauté juive de Londres par Cromwell en 1656, après l'expulsion de 1290, avait rouvert l'Angleterre aux Juifs ; mais c'est surtout dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle que la vague ashkénaze, venant en partie d'Amsterdam et des terres allemandes, consolida la présence israélite dans la City. Les Salomons firent partie de ce mouvement, dont les Provinces-Unies constituèrent l'étape charnière. La mère de David Salomons, Matilda de Metz, originaire de Leyde, personnifie à elle seule ce lien persistant avec les terres néerlandaises : la famille ne rompit pas avec les Provinces-Unies en s'installant à Londres, elle en porta le souvenir dans ses noms propres et dans sa culture.
C'est donc à Londres, vers la fin du XVIIIᵉ siècle, que la lignée prend chair dans les archives. Levi Salomons — le patriarche dont descend la branche principale — s'établit comme l'un des principaux marchands et financiers juifs de la capitale, résidant et travaillant dans le quartier de St Mary Axe. Ce secteur était le cœur battant du négoce israélite londonien : une géographie de la réussite et de la contrainte à la fois, car ces mêmes rues hébergeaient des hommes capables d'accéder aux plus hauts cercles financiers de l'Empire tout en demeurant, juridiquement, des sujets de seconde catégorie. C'est de cette contradiction — entre la compétence économique pleinement reconnue et l'incapacité politique délibérément maintenue — que naît tout le drame de la génération suivante. La tradition juive, qui enseigne depuis les Prophètes que la justice (tsedek) est le fondement de toute cité digne de ce nom, trouvait ici son champ d'application le plus immédiat.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Chapitre 2 : Les fils de Levi — David et Philip, deux trajectoires d'une même famille
Levi Salomons eut plusieurs fils, et le dossier familial en retient deux dont la trajectoire est documentée avec précision : Philip, l'aîné, et David, le cadet, qui allait éclipser tous les membres de la lignée par l'ampleur de son combat civique. Mais la figure de Philip mérite qu'on s'y arrête, car elle complète et nuance le portrait de la maison.
Philip Salomons naquit à Londres le 30 mai 1796. Doué d'un tempérament voyageur, il entreprit dans sa jeunesse de longs voyages aux États-Unis, allant jusqu'à se faire naturaliser citoyen américain en 1826 — signe d'un rapport à la citoyenneté remarquablement mobile pour l'époque. La même année, il revint en Angleterre et recouvra sa nationalité britannique. Installé dans les affaires comme son père, il devint financier dans la City de Londres et finit sa vie à Brighton, dans le Sussex, où il mourut le 28 janvier 1867. Il avait épousé Emma Abigail, fille de Jacob Montefiore de Sydney, en Nouvelle-Galles du Sud, et eut de ce mariage un fils et deux filles. Ce fils, né en 1851, allait devenir le 2ᵉ baronnet des Salomons.
Bien que Philip n'ait pas mené le combat civique aussi frontalement que son frère, il fut lui-même High Sheriff du Sussex — une charge dont l'accès avait précisément exigé, pour les Juifs, les mêmes batailles que son frère avait menées pour Londres. La famille, de génération en génération, éprouvait les mêmes obstacles et portait les mêmes ambitions.
David Salomons, cadet de deux ans, suivit une formation à Londres puis à Totteridge. Son éducation était celle d'un notable en devenir : l'instruction classique, le contact précoce avec les affaires de la City, la fréquentation des milieux du courtage et de la banque. La Jewish Encyclopedia précise qu'il était le second fils de Levi Salomons, l'un des principaux marchands juifs de Londres à la fin du XVIIIᵉ siècle. Ce capital symbolique — être le fils d'un des premiers marchands israélites de la capitale — constituait une ressource et un impératif : il fallait s'en montrer digne, et au-delà, le dépasser. La mère, Matilda de Metz, originaire de Leyde, apportait quant à elle la dimension néerlandaise de la lignée, ce lien avec les Provinces-Unies que le parcours de la famille esquissait depuis au moins une génération.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Chapitre 3 : David Salomons, banquier et innovateur dans la City
Avant d'être un combattant des droits civiques, David Salomons fut un financier accompli. Il suivit son père dans les affaires et s'imposa parmi les acteurs majeurs de la place londonienne. En 1832, il fut l'un des fondateurs de la London and Westminster Bank — l'une des premières joint-stock banks de la capitale, ancêtre de ce qui allait devenir la NatWest. Il devint membre du London Stock Exchange en 1823 et souscripteur de la Lloyd's en 1834. Cette double appartenance — bourse et assurance maritime — dessine la figure d'un financier à large spectre, capable d'opérer sur les marchés de capitaux autant que sur ceux du risque commercial.
La fondation de la London and Westminster Bank mérite qu'on s'y attarde, car elle trahit une vision : à une époque où les private banks familiales dominaient encore la City, Salomons pariait sur un modèle d'actionnariat ouvert, de capital partagé, d'institution bancaire accessible à un public plus large. C'est un esprit d'innovation institutionnelle qui, transposé au champ politique, deviendra sa marque de fabrique. On ne fonde pas impunément une banque en s'opposant aux oligopoles établis sans acquérir, simultanément, le goût du précédent et de la jurisprudence.
Son mariage en 1825 avec Jeanette Cohen, fille de Solomon Cohen de Canonbury House, le plaça au centre du réseau qu'on a appelé la cousinhood — la nébuleuse de familles très riches et étroitement apparentées qui formaient le noyau dirigeant du judaïsme anglais. Les tantes de Jeanette, Judith et Henriette, étaient respectivement les épouses de Sir Moses Montefiore et de Nathan Mayer Rothschild : par ce mariage, Salomons rejoignait l'orbite de deux des dynasties juives les plus influentes d'Europe, sans y être directement intégré par le sang. Cette alliance n'était pas seulement un événement privé : elle tissait des solidarités, ouvrait des cercles, créait les conditions d'un front commun pour la campagne d'émancipation. La valeur de l'implication dans la vie collective, si centrale à l'éthique juive, trouvait ici sa traduction la plus concrète : on ne combat pas seul, on construit une coalition.
Admis en 1831 par la Coopers' Company comme franc-bourgeois et liveryman de la cité de Londres, Salomons ancrait son identité dans les corps de métiers traditionnels de la City — ces guildes qui, depuis le Moyen Âge, structuraient l'accès aux charges municipales. Il y avait dans cette démarche quelque chose d'éminemment stratégique : s'inscrire dans la continuité des institutions pour mieux en forcer les portes.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Chapitre 4 : 1835–1847 — de la shérifance à l'échevinat, l'art du précédent
L'année 1835 marque le premier précédent. Le 24 juin, David Salomons devint le premier Juif à être élu avec succès à la charge de shérif de la cité de Londres et du Middlesex. Mais l'élection ne valait pas exercice : la charge restait verrouillée par un serment confessionnel. L'acte spécial du Parlement, adopté pour dissiper tout doute quant à la légalité de l'élection, constitua le premier ajustement législatif imposé par le fait accompli salomonien. Deux ans plus tard, en 1837, Moses Montefiore — dont les tantes de la femme de Salomons avaient épousé Montefiore et Rothschild, scellant la solidarité du réseau — devint shérif de la cité de Londres à son tour, second Juif à exercer cette charge. La même année, il fut anobli par la reine Victoria lors de son avènement. Ces deux hommes, chacun à sa manière, ouvraient une brèche dans les institutions de la City.
C'est en étant là, en se présentant, en obligeant les institutions à statuer sur un cas concret, que Salomons transformait une revendication abstraite en précédent juridique. La même année 1835, il tenta d'occuper la fonction d'échevin (alderman) ; il fut, là encore, empêché par son appartenance religieuse. Mais il ne renonça pas.
Pendant dix ans, il pressa de son droit et de celui de ses coreligionnaires à accéder à ces fonctions municipales. En 1830, le conseil commun de la cité de Londres avait permis aux Juifs confessants de devenir bourgeois de la Cité, et donc membres des compagnies de livrée — ce qui avait rendu possible la candidature de Salomons à la Coopers' Company. En 1841, un projet de loi pour l'accès aux offices municipaux n'avait passé qu'à une voix en première lecture à la Chambre des lords, avant d'échouer en seconde lecture. Ce n'est qu'en juillet 1845 que le texte fut adopté, ouvrant la voie à l'élection de Salomons comme alderman en 1847. Le temps long de ces victoires illustre à la fois la résistance des institutions et l'obstination organisée de la communauté.
En 1838, entre deux victoires municipales, Salomons fut également nommé parmi les premiers magistrats juifs — justice of the peace — confirmant que le dossier de l'émancipation progressait sur plusieurs fronts simultanément. La vertu de persévérance (histapkut), jamais séparable de la justice qu'elle sert, rythmait chaque étape : deux refus, une décennie de combat, une loi arrachée.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Chapitre 5 : L'Affaire de Damas et l'engagement au-delà des frontières
L'engagement de David Salomons ne se limitait pas au terrain londonien. L'année 1840 le vit intervenir sur la scène internationale à l'occasion d'une des affaires les plus douloureuses de l'histoire juive du XIXᵉ siècle : l'Affaire de Damas. Cette année-là, une accusation de meurtre rituel (blood libel) frappa les Juifs de Damas, alors sous domination de Mohammed Ali, pacha d'Égypte. Treize Juifs furent emprisonnés ; l'affaire ébranla les communautés juives d'Europe et d'Amérique et provoqua une mobilisation sans précédent.
À Londres, une grande réunion fut convoquée à la Mansion House le 3 juillet 1840 par le lord-maire. Sir Moses Montefiore, président du Board of Deputies of British Jews, s'apprêtait à partir comme envoyé en Égypte aux côtés de l'avocat Adolphe Crémieux et de l'orientaliste Solomon Munk, pour plaider la cause des prisonniers auprès du khédive. David Salomons, lui, s'engagea par la plume : il fit paraître la même année An Account of the Recent Persecution of the Jews at Damascus (Londres, 1840), un texte qui constitue à la fois un témoignage de solidarité juive transnationale et un argument pour l'émancipation britannique. Si des Juifs pouvaient être persécutés à Damas au nom d'un préjugé moyenâgeux, les Juifs d'Angleterre n'étaient-ils pas en droit d'exiger que leur propre pays leur accordât une protection politique complète ?
Ce geste — écrire, publier, relier le sort des Juifs de Damas à celui des Juifs de Londres — est caractéristique de la conscience diasporique de Salomons. L'éthique juive du kol Yisrael arevim zeh ba-zeh — tous les Israélites sont garants les uns des autres — n'était pas pour lui une formule liturgique, mais un principe d'action. Il s'en souvint encore au Parlement, où il intervint en faveur des Juifs de Gibraltar et de ceux de l'Empire ottoman, portant au cœur de la législature britannique la cause de communautés que le droit anglais pouvait, indirectement, contribuer à protéger. La Jewish Encyclopedia signale qu'il chercha également à alléger les conditions des Juifs de Roumanie.
Salomons était aussi un penseur de l'économie. Avant le combat parlementaire, il avait publié A Defense of Joint-Stock Banks (1837) et The Monetary Difficulties of America (1837), deux textes qui témoignent d'une réflexion approfondie sur les systèmes financiers de son temps. Reflections on the Recent Pressure on the Money Market (1840) compléta ce corpus économique. Ces écrits ne sont pas sans rapport avec son action civique : comprendre et réformer les institutions financières, comprendre et réformer les institutions politiques — c'est un même mouvement intellectuel, nourri d'une même conviction que les structures héritées peuvent et doivent être améliorées.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Chapitre 6 : 1851 — le siège conquis, le serment refusé, la cause fondée
L'acte fondateur de l'émancipation parlementaire se joua en 1851, lorsque Salomons, élu député de Greenwich, prit place aux Communes sans pouvoir — ni vouloir — prêter le serment chrétien. La difficulté tenait à une formule précise du serment d'abjuration : les mots « sur la vraie foi d'un chrétien », inscrits dans la procédure, barraient l'accès à quiconque ne reconnaissait pas le Christ. L'Acte autorisait à omettre ces mots, mais l'interprétation de cette faculté pour les Juifs demeurait contestée, ce dont témoignent les débats serrés de la Chambre.
Salomons fonda son argumentation sur le précédent judiciaire. Le serment, disait-il, était administré sur quelque symbole, livre ou relique étroitement lié à la religion chrétienne — d'où l'incompatibilité de fond invoquée. À l'appui, il rappelait que la loi assimilait déjà le serment d'un Juif à celui requis : le fait de prêter ledit serment par des personnes professant la religion juive, de la même manière que les Juifs sont admis à témoigner devant les cours de justice, devait être réputé une prestation suffisante du serment d'abjuration. Les Communes débattirent jusqu'à examiner les précédents impériaux, notamment coloniaux — la question des actes supprimant les incapacités civiles des Juifs au Canada, longuement considérée par le duc de Wellington et les conseillers juridiques de la Couronne.
En siégeant et en votant malgré l'interdit, Salomons s'exposa aux sanctions, mais grava dans le compte rendu officiel la démonstration de l'absurdité du serment confessionnel. La circonscription de Greenwich, fidèle à son député, l'élut et le réélit. Ce n'est qu'après l'altération de l'Acte parlementaire sur le serment, en 1858, qu'il put prendre son siège sans opposition, en 1859 — un an après que le baron Lionel de Rothschild eut prêté serment et pris place comme député de la City de Londres. Les deux hommes avaient ouvert ensemble, par leur persévérance, une porte que nul ne referma.
L'anecdote du fauteuil est ici révélatrice. Lors de la reconstruction de la Chambre des communes, Salomons obtint la possession du siège précis qu'il avait si vaillamment conquis, et le fit transporter à Broomhill comme bien de famille. Ce geste — transformer un siège parlementaire en heirloom familial — dit tout de la manière dont il concevait son combat : non comme une affaire personnelle, mais comme un héritage à transmettre, une mémoire à honorer, une victoire qui devait rester visible.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Chapitre 7 : La vie communautaire, les œuvres et les écrits — une fidélité à la tradition
Mesurer l'engagement de David Salomons à l'aune de ses seuls combats institutionnels serait amputer son portrait. La Jewish Encyclopedia dresse de lui un tableau d'une densité remarquable : il fut président du Board of Deputies of British Jews, de la Society of Hebrew Literature, de la Westminster Jews' Free School et des Jews' Hospital. Il remplaça à deux reprises Moses Montefiore à la présidence du Board of Deputies, selon l'Encyclopaedia Judaica.
La succession à la tête du Board of Deputies mérite d'être reconstituée avec soin. Montefiore avait présidé cette instance de 1835 à 1838 ; Salomons lui succéda à cette date et occupa la présidence jusqu'en 1840, avant de la quitter. Les archives du Board indiquent qu'il revint brièvement à sa tête en 1846, avant de laisser la place de nouveau à Montefiore. Les motifs précis de ces passages successifs à la présidence et de ces départs ne sont pas entièrement éclairés par les sources disponibles : le Board était alors traversé par des tensions — entre courants orthodoxes et tendances réformées naissantes, entre stratégies d'action différentes — et les démissions ou non-renouvellements de mandat y reflétaient souvent des désaccords de fond sur la méthode de l'émancipation autant que sur la gouvernance interne. Il serait imprudent d'attribuer à l'une ou l'autre de ces sorties une motivation unique et certaine en l'absence de source explicite.
Cette implication dans les structures communautaires — école, hôpital, littérature hébraïque, représentation politique — traduit une conception exigeante de la solidarité collective (tsedaka). La charité juive ne se limite pas à l'aumône individuelle ; elle inclut la construction et l'entretien d'institutions qui permettent à la communauté de se perpétuer dans la dignité. Financer une école gratuite pour les Juifs de Westminster, c'est accomplir le commandement talmudique de l'éducation comme transmission ; présider un hôpital, c'est honorer le devoir du soin (bikur holim) à l'échelle collective.
Par son testament, Salomons légua mille livres à la Guildhall Library, somme employée en partie à augmenter la collection d'ouvrages hébraïques que son frère Philip avait offerte à l'institution, en partie à l'acquisition de livres de commerce et d'art. Un catalogue de ces fonds fut ultérieurement publié par A. Löwy. Un témoignage que ses coreligionnaires lui avaient remis en 1836 fut également légué à la Guildhall : geste de générosité qui transformait une distinction personnelle reçue en bien public accessible à tous.
Ses publications dessinent enfin un homme de plume autant que d'action. Outre les textes économiques déjà mentionnés, on lui doit The Case of David Salomons (1844), discours prononcé devant le tribunal des aldermen ; Parliamentary Oaths (1850) ; et Alteration of Oaths (1853). Ces deux derniers opuscules constituent le dossier juridique de son propre combat parlementaire : Salomons ne se contentait pas d'agir, il théorisait son action, en articulait les fondements, en anticipait les objections. La pensée et l'acte se nourrissaient mutuellement.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Chapitre 8 : De lord-maire à baronnet — Broomhill et la postérité de la maison
L'aboutissement institutionnel du combat vint en novembre 1855 avec l'élection de David Salomons à la dignité de lord-maire de Londres. La communauté israélite elle-même célébra l'événement avec une solennité particulière : les Special Collections de l'Université de Southampton conservent une copie d'une résolution, en hébreu, de la West London Synagogue of British Jews félicitant David Salomons pour son élévation à la haute et importante dignité de Lord-Maire de la cité de Londres. Ce document, rédigé dans la langue sacrée, scelle l'alliance entre la réussite civique du notable et la fierté collective d'une communauté qui voyait l'un des siens accéder au premier office de la capitale de l'Empire. Salomons insista par ailleurs pour réduire le faste de la procession d'intronisation : les deux mille livres ainsi économisées furent distribuées aux quartiers pauvres de la City cet hiver-là — un geste de tsedaka municipale, caractéristique d'un homme qui n'avait jamais dissocié la dignité d'une charge des obligations qu'elle imposait.
Le couronnement dynastique vint le 26 octobre 1869, date à laquelle Salomons fut élevé à la dignité de baronnet du Royaume-Uni avec une clause de special remainder stipulant qu'à défaut d'héritier mâle direct, le titre passerait à son neveu David Lionel Salomons. Ce dernier lui succéda effectivement à sa mort, le 18 juillet 1873. La baronnie consacrait, par le titre héréditaire, l'entrée définitive de la lignée dans l'establishment du royaume. Salomons mourut sans descendance directe et fut inhumé au cimetière juif de West Ham.
La demeure de Broomhill, au nord de Tunbridge Wells dans le Kent, constitue l'autre versant de cet héritage. Construite dans les années 1830 sur les plans de l'architecte Decimus Burton, qui transforma un cottage en résidence imposante, la maison fut agrandie à plusieurs reprises en 1854, 1863, puis encore au début du XXᵉ siècle.
C'est surtout avec son neveu et héritier, Sir David Lionel Salomons (1851–1925), que Broomhill entra dans l'histoire des sciences. Né à Brighton, fils unique de Philip Salomons, David Lionel avait été éduqué à l'University College de Londres, puis au Caius College de Cambridge, où il obtint le Natural Science Tripos en 1873 ou 1874. Appelé au barreau du Middle Temple en 1874, il était financièrement sécurisé par le double héritage de son père et de son oncle, ce qui lui permit de consacrer l'essentiel de son énergie à la recherche et à l'invention. Dès 1876, il fit aménager à Broomhill un château d'eau surmonté d'un télescope, signe d'une curiosité scientifique déjà tous azimuts. Vers les mêmes années, il fut l'un des premiers en Angleterre à installer l'éclairage électrique — à Broomhill même, qui devint ainsi l'une des premières maisons du pays à bénéficier de cette technologie. Il fit aménager des ateliers et des laboratoires dans la propriété, ainsi qu'un théâtre scientifique privé. Il prit de nombreux brevets dans le domaine électrique, publia Electric Light Installations, manuel technique réédité de nombreuses fois, et fut vice-président de l'Institution of Electrical Engineers. En 1891, il fut le premier président de la City of London Electric Lighting Company.
Mais c'est dans le domaine automobile que David Lionel Salomons entra le plus spectaculairement dans l'histoire. En octobre 1895, il organisa à Tunbridge Wells, avec Frederick Simms, le premier salon public de l'automobile du pays — la Horseless Carriage Exhibition —, et fonda la même année la Self-Propelled Traffic Association, première organisation de motoristes britannique. En 1906, il possédait trente-neuf automobiles. Il fut aussi master de la Coopers' Company en 1893 — même guilde que son grand-oncle avait rejointe en 1831 —, liant symboliquement les deux générations dans une même institution de la City. Maire de Tunbridge Wells en 1895, président de la Society of Engineers en 1901, membre de la Royal Astronomical Society et de la Physical Society of London, il était une figure de la modernité technique dont les ramifications scientifiques et institutionnelles dépassaient de loin le cercle familial. En 1899, par autorisation royale, il ajouta à son nom les patronymes Goldsmid et Stern, devenant officiellement Sir David Lionel Goldsmid-Stern-Salomons. La fille de David Lionel, Vera Bryce Salomons, assura la survie à long terme de Broomhill, qui est aujourd'hui un musée géré par le Markerstudy Group et consacré à la mémoire des deux Sir David.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Les grandes figures
Levi Salomons (dates inconnues, actif fin XVIIIᵉ siècle) — Patriarche de la branche londonienne de la lignée, Levi Salomons fut l'un des principaux marchands juifs de Londres à la fin du XVIIIᵉ siècle, établi dans le quartier de St Mary Axe, cœur du négoce israélite de la City. Père d'au moins trois fils — Philip, David et Joseph —, il posa les bases financières et sociales qui permirent à ses enfants de s'intégrer aux rouages du capitalisme londonien naissant. Son épouse Matilda de Metz, originaire de Leyde, apportait à la maison le lien persistant avec les Provinces-Unies. Levi incarna la génération de transition entre la communauté ashkénaze venue des terres néerlandaises et la bourgeoisie juive pleinement ancrée dans la City.
Philip Salomons (30 mai 1796 – 28 janvier 1867) — Fils aîné de Levi Salomons, Philip naquit à Londres et mena une existence moins publique que son frère David, mais non moins significative. Sa naturalisation américaine en 1826, suivie d'un retour en Angleterre et d'une réintégration dans la nationalité britannique, témoigne d'un rapport à la citoyenneté réflexif. Financier dans la City de Londres, il devint High Sheriff du Sussex et vécut ses dernières années à Brighton, où il mourut le 28 janvier 1867. Son mariage avec Emma Abigail, fille de Jacob Montefiore de Sydney, rattacha la famille au réseau Montefiore. Il légua à la Guildhall Library une collection d'ouvrages hébraïques qui augmenta le fonds de la bibliothèque. Il est le père de David Lionel, 2ᵉ baronnet.
Sir David Salomons, 1er baronnet (22 novembre 1797 – 18 juillet 1873) — Né à Londres, second fils de Levi Salomons de St Mary Axe, David fut le cofondateur de la London and Westminster Bank (1832), membre du Stock Exchange (1823) et souscripteur de la Lloyd's (1834). Il fut le premier Juif anglais à exercer successivement les charges de shérif (1835), magistrat (1838), alderman (1847), membre du Parlement (siégeant effectivement à partir de 1859) et lord-maire de Londres (1855). Son geste de 1851 — siéger aux Communes sans prêter le serment chrétien — constitue le cas fondateur de l'émancipation politique juive britannique. Auteur de plusieurs ouvrages économiques et juridiques, président du Board of Deputies et de plusieurs institutions communautaires, il fut créé baronnet le 26 octobre 1869. Il mourut sans descendance directe et fut inhumé au cimetière juif de West Ham, laissant à son neveu la baronnie et le domaine de Broomhill.
Sir David Lionel Goldsmid-Stern-Salomons, 2ᵉ baronnet (28 janvier 1851 – 19 avril 1925) — Né à Brighton, fils unique de Philip Salomons, David Lionel hérita de la baronnie de son oncle en 1873 et du domaine de Broomhill près de Tunbridge Wells. Formé à Cambridge (Natural Science Tripos, 1873–74), appelé au barreau en 1874, il consacra sa fortune et son intelligence aux sciences appliquées : pionnier de l'électricité en Angleterre, auteur de Electric Light Installations, vice-président de l'Institution of Electrical Engineers, premier président de la City of London Electric Lighting Company (1891), il organisa en octobre 1895 — avec Frederick Simms — le premier salon automobile de Grande-Bretagne et fonda la Self-Propelled Traffic Association. Master de la Coopers' Company (1893), maire de Tunbridge Wells (1895), président de la Society of Engineers (1901), il ajouta en 1899, par licence royale, les noms Goldsmid et Stern au sien. Sa fille Vera Bryce Salomons assura la pérennité de Broomhill, aujourd'hui musée.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
Conclusion
L'histoire des Salomons se lit comme un abrégé de l'émancipation juive britannique, mais aussi comme le portrait d'une famille qui sut, à chaque génération, dépasser le seuil que la précédente avait franchi. D'un foyer ashkénaze de St Mary Axe à la mairie de Londres, d'un marchand de la City au premier Juif à siéger aux Communes, d'un baronnet militant à un inventeur pionnier de l'électricité et de l'automobile : la trajectoire des Salomons est celle d'une émancipation totale — politique, sociale, intellectuelle et technique.
La force du cas tient à sa nature de précédent méthodiquement construit. Chaque charge conquise par David Salomons — shérif en 1835, magistrat en 1838, alderman en 1847, député en 1851, lord-maire en 1855 — obligea le droit anglais à reconnaître ce que le fait avait déjà imposé. Son geste parlementaire de 1851, en particulier, demeure le moment fondateur : en siégeant sans prêter le serment chrétien, il transforma une incapacité confessionnelle en débat constitutionnel, ouvrant la voie aux réformes de 1858 qui permirent enfin aux Juifs de siéger ès qualités. L'engagement pour les Juifs de Damas en 1840, les présidences successives des institutions communautaires, les publications économiques et juridiques, le legs à la Guildhall Library : autant de signes d'une conscience qui ne séparait jamais la lutte personnelle de la responsabilité collective.
Son neveu David Lionel prolongea ce tropisme vers les institutions et l'innovation en le déplaçant du terrain politique au terrain technique. De la même Coopers' Company que son grand-oncle avait rejointe en 1831, il devint master en 1893, bouclant une boucle symbolique entre les deux générations. Et c'est à Broomhill, demeure de famille, que les deux trajectoires convergent : celle du baronnet qui y fit apporter son fauteuil parlementaire comme mémorial de la cause juive, et celle du savant qui y installa ses laboratoires et ses automobiles comme avant-poste de la modernité.
Si une valeur résume ce que cette lignée aura, entre toutes, le mieux exprimé, c'est la tsedek — la justice — telle que la tradition juive l'entend dans sa plénitude : non pas la revendication d'un privilège, mais l'exigence que la loi soit à la mesure de ce que la dignité humaine réclame. David Salomons ne demandait pas une faveur ; il imposait à une société de tenir ses propres promesses. Et cette exigence, héritée de la Rhénanie médiévale à travers Amsterdam jusqu'à la City de Londres, de la City jusqu'aux bancs des Communes, de Westminster jusqu'aux ateliers électriques de Broomhill, constitue le fil conducteur d'une maison qui a témoigné, sur deux siècles et en deux pays, que la mémoire collective d'Israël peut se porter dans une seule famille.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月14日
继续阅读这部大书
登录或创建免费账户以阅读整部大书——并发现、追踪和丰富与您相关的家系。
一封邮件,一次点击。无需密码;随时可退出。
「Salomons」是您故事的一部分吗?
创建您的会员空间,关注您在意的家族、获取新发现的通知并参与贡献——无需密码。
一封邮件,一次点击。无需密码;随时可退出。
这部书讲述了 Salomons 的故事。您的家族也许也有自己的大书——搜索您的姓氏以发现它,或创建它。
为了更深入地探索家族系谱 Salomons的记忆、家族档案和证词,请保留并分享其专属地址:
zakhor.ai/salomons地址 zakhor.ai/salomons 直接指向此页面。社区存放的档案、系谱和叙述将补充此处呈现的历史概况。
🔗 引用/链接此页面
复制以下格式之一来引用此条目或创建指向它的链接。
链接
https://zakhor.ai/salomonsHTML
<a href="https://zakhor.ai/zh/grands-livres/familles/salomons">Great Book — Salomons — Zakhor</a>引用
Great Book — Salomons — Zakhor, https://zakhor.ai/zh/grands-livres/familles/salomons名字变体(3)
同一名字,百般风貌。
同一姓氏,因语言、时代和散居地而有不同的转写方式。
עברית · 希伯来文2
Кириллица · 西里尔字母1
您的家族对这个姓氏有不同的写法吗?
杰出人物
- 1.
Sir David Salomons
Premier juif Lord Mayor de Londres
缅怀
美国大屠杀纪念馆 Yad Vashem 的中央大屠杀遇难者名册记录了在大屠杀期间遇害的妇女、男子和儿童。您可以在其中搜索姓名 Salomons的人物。
在 Yad Vashem 上搜索「Salomons」搜索直接在 Yad Vashem 档案中进行;Zakhor 不复制或保留任何名义数据。名册中名字的出现或缺失并非详尽。 了解更多
该家族的重要人物
行迹之地
跨越的社群
散居地区
这本书的纪念日
这本书尚未记录任何纪念日。记录Salomons的史料提供年份和世纪,从不提供具体日期;我们不凭空制造。
您知道一个日期——一个纪念、一次希洛拉、一个离世纪念日? 为它定下纪念日
参考文献
- David Sorkin, Jewish Emancipation. A History Across Five Centuries (2019)
- Annie Kriegel, Les Juifs et le monde moderne. Essai sur les logiques d'émancipation (1977)
- Paul Mendes-Flohr, The Jew in the Modern World: A Documentary History (2011)
- Frances Malino and David Sorkin, From East and West: Jews in a Changing Europe, 1750-1870 (1990)
- David Sorkin, The Transformation of German Jewry, 1780-1840 (1987)
- jewishencyclopedia.com ↗