Outgourgoche 家族
Outgourgoche 家族的姓氏起源、历史与家谱——一个犹太姓氏及其留下的踪迹。
登记簿 记忆 · 保管人,非所有者
大书 — Outgourgoche
Introduction
Dans le vaste répertoire des patronymes juifs marocains, Outgourgoche occupe une place singulière : sa sonorité, sa structure et sa morphologie le situent d'emblée dans la strate la plus ancienne du judaïsme du Maroc, celle dont les racines plongent non dans l'hébreu biblique ni dans l'espagnol des exilés de 1492, mais dans le fond amazigh, ce socle préislamique et préarabe sur lequel la civilisation de l'Atlas et du Sud s'est construite au fil des millénaires.
Ce livre est né d'une exigence double : la rigueur et la dignité. Rigueur, parce qu'aucune notice d'archives nommément consacrée à une lignée Outgourgoche n'a pu être identifiée dans les sources consultées ; et ce livre ne comblera jamais le vide documentaire par l'invention. Dignité, parce que l'absence de dossier ne signifie pas l'absence d'histoire — elle signifie seulement que cette histoire appartient à la multitude silencieuse des Juifs ruraux du Sud marocain, dont la trace est collective avant d'être individuelle. Ce que l'onomastique savante, l'histoire des communautés judéo-berbères et la mémoire transmise permettent de reconstituer est authentique, même s'il s'applique à un milieu avant de s'appliquer à une famille particulière.
L'ouvrage de référence d'Abraham I. Laredo, Les Noms des Juifs du Maroc (Madrid, 1978), fournit ici la boussole indispensable : il recense, classe et interprète cette onomastique dont une part considérable est d'origine toponymique ou tribale, renvoyant à un village, une source, un massif ou un clan. C'est à partir de ce travail, croisé avec ce que l'historiographie des Juifs du Maroc a établi sur les toshavim du Sud, que ce Grand Livre construit son récit — honnête sur ses limites, attentif aux valeurs que ces communautés ont portées, et convaincu que se souvenir des humbles est déjà un acte de justice.
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Chapitre 1 : Dans les vallées du Sud — la vie des toshavim
Avant que le nom Outgourgoche ne soit fixé par quelque acte ou registre, avant que les linguistes ne se penchent sur sa morphologie, il y eut une réalité vécue : des familles juives installées dans les vallées du Sud marocain, du Souss au Draa, du Tafilalet aux contreforts du Haut-Atlas. Les historiens désignent ces communautés par le terme hébreu toshavim — « les habitants », ceux qui étaient là avant les vagues d'exilés ibériques, avant les grandes migrations médiévales, et dont la présence remonte aux premiers siècles de l'ère chrétienne au moins, selon les témoignages archéologiques et les sources rabbiniques du Moyen Âge.
Ces Juifs du Sud vivaient dans un monde radicalement différent de celui des grandes cités impériales — Fès, Meknès, Marrakech. Leurs communautés se comptaient en dizaines de familles, parfois moins. Leur habitat n'était pas toujours le mellah muré des villes, mais souvent un quartier dans un ksar — ces villages fortifiés de pisé brun que l'Atlas et le pré-Sahara ont multipliés — ou quelques maisons au flanc d'un versant, voisines immédiates des familles berbères dont ils partageaient la langue, le calendrier des marchés et, pour une part, les pratiques économiques. La langue du quotidien pouvait être le tamazight, le tachelhit ou le dialecte berbère local, avant même le judéo-arabe. Certains de ces Juifs ne pratiquaient l'hébreu que dans un contexte strictement liturgique.
Ce monde était pauvre, souvent rude, jamais sans danger. Mais il portait une vérité que les grands centres rabbiniques ne produisaient pas de la même façon : celle d'un judaïsme incarné dans la matière des jours, dans le rythme des saisons, dans le battement des soufflets du forgeron et dans le marteau de l'orfèvre. Car c'est là, dans ces métiers, que se lisait l'articulation entre Juifs et Berbères du Sud : l'artisanat du métal — argent, cuivre, or —, la fabrication des bijoux tribaux, des aiguilles, des outils agricoles et des ornements de fêtes était, dans une large part du Maroc rural, confié aux Juifs. Non par hasard : ces activités étaient jugées impures ou risquées par certaines normes tribales, et leur délégation à la communauté juive exprimait une division du travail tacitement consentie, fondée sur la confiance économique autant que sur la distance rituelle. Un Juif orfèvre dans une tribu du Draa n'était pas un étranger toléré : il était un acteur indispensable, un partenaire dont le départ aurait laissé un vide dans l'économie locale. Cette implication économique discrète mais essentielle est l'une des grandes marques des communautés judéo-berbères, et la famille Outgourgoche, issue de ce milieu selon toute probabilité, en partageait la condition et la dignité.
Deux vertus s'incarnent ici dans les faits eux-mêmes. D'abord le soin apporté à l'autre : l'orfèvre qui fabrique le collier nuptial d'une jeune Berbère, le forgeron qui répare la charrue d'un paysan voisin, exercent un métier qui est aussi un service rendu à une communauté entière sans distinction d'appartenance religieuse. Ensuite l'humilité : ces Juifs ne cultivaient pas la mémoire d'une descendance illustre, d'un ancêtre rabbin ou d'un exil glorieux. Leur identité tenait à une vallée, à un métier, à une fidélité quotidienne. C'est cette modestie fondatrice que le nom Outgourgoche porte dans sa morphologie même.
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Chapitre 2 : La structure d'un nom — *Ou-*, l'Atlas et la mémoire des lieux
L'onomastique juive marocaine constitue un domaine scientifique constitué, dont Abraham I. Laredo a posé les fondations en distinguant plusieurs grandes familles de noms : les noms hébraïques ou bibliques, les noms d'origine espagnole ou portugaise apportés par les megorashim (les expulsés d'Espagne et du Portugal), les noms arabes, et enfin les noms d'origine berbère, souvent toponymiques ou ethniques. Outgourgoche relève, selon toute vraisemblance, de cette dernière catégorie, et son analyse lexicale en dit plus long que bien des généalogies inventoriées.
Le préfixe Ou- (variantes graphiques : U-, W-, parfois retranscrit Ait- ou At- selon les régions) correspond au berbère u / w, marque de filiation masculine ou d'appartenance collective. C'est l'équivalent amazigh du ben hébraïque, de l'ibn arabe, du mac gaélique ou du van néerlandais. On le retrouve dans d'innombrables noms de tribus, de fractions tribales et de lieux à travers tout le Maroc berbère : Ait Atta, Ait Benhaddou, Ait Ourir. Sa présence dans un patronyme juif indique que la famille s'est nommée — ou a été nommée — selon la logique amazighe de l'appartenance territoriale ou lignagère, plutôt que selon les traditions hébraïque ou hispanique.
Le corps du nom, -gourgoche (ou -gurgush, -gourgouch selon les transcriptions alternatives), évoque très probablement un toponyme local — le nom d'un village, d'un lieu-dit, d'un cours d'eau, d'un passage de montagne — qui a servi d'identifiant à la famille. Cette logique du nom-lieu est caractéristique des communautés judéo-berbères : la famille Outgourgoche est, littéralement, « celle de Gourgoche » ou « les fils de Gourgoche », désignés par le territoire dont ils étaient issus. Le lieu a fourni le nom ; le nom a survécu au lieu, au point où la mémoire du site original s'est souvent perdue quand les porteurs du nom migraient vers les villes ou la diaspora.
Ce processus de cristallisation onomastique n'est pas propre aux Juifs : de nombreuses familles berbères non juives portent des noms construits de la même façon. Mais dans le cas des Juifs, le nom a fonctionné comme un document de substitution, une carte d'identité géographique à une époque où les archives écrites faisaient défaut. Laredo, qui recense des centaines de ces noms, souligne la richesse de cette strate pour la reconstruction de la géographie du judaïsme rural marocain : chaque nom à préfixe berbère est, potentiellement, la trace d'une communauté, d'un mellah ou d'une présence qui n'a pas laissé d'autres témoignages. Il faut lire Outgourgoche dans cette lumière : non comme une énigme opaque, mais comme un document ancien écrit dans une langue que l'onomastique savante nous aide à déchiffrer.
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Chapitre 3 : La Loi au fond des vallées — halakha et vie communautaire
Dans les mellahs ruraux du Sud marocain, si modestes fussent-ils, la vie s'organisait autour de trois axes que rien ne pouvait interrompre sans menacer l'identité collective : la synagogue (sla en hébreu marocain populaire), la table de chabbat et le cimetière. Ces trois lieux — le lieu de prière, le lieu du repas sacré hebdomadaire, le lieu du repos éternel — formaient le triangle irréductible de l'appartenance juive, même là où il n'y avait ni école rabbinique renommée, ni imprimerie, ni dayan formé dans une grande yeshiva.
La transmission de la halakha — la Loi juive dans sa dimension pratique, réglant la nourriture, le mariage, le commerce, le repos et la mort — s'opérait dans ces communautés rurales principalement par voie orale et coutumière. Un lettré, parfois autodidacte, parfois formé quelques années dans une ville plus grande avant de revenir au village, tenait le rôle de maître et d'arbitre. Les grandes décisions rabbiniques venaient des centres de savoir : Fès avec ses académies séculaires, Marrakech, et surtout, pour le Tafilalet et le Sud, la constellation de rabbins et de saints que la tradition a regroupés autour de grandes figures tutélaires. Parmi celles-ci, la dynastie des Abihatsira — dont Rabbi Yaakov Abihatsira fut, au XIXᵉ siècle, la figure la plus révérée — rayonnait sur l'ensemble du judaïsme du Sud, offrant un recours spirituel et juridique aux communautés isolées qui ne disposaient pas de leurs propres autorités rabbiniques.
Dans ce cadre, la conception vécue de la halakha portée par des familles comme Outgourgoche mérite d'être restituée dans sa réalité concrète. Maintenir la cacherout loin des boucheries certifiées, respecter le chabbat malgré l'obligation économique de ne pas offenser un client berbère qui ne comprenait pas ce refus de travailler le samedi, célébrer Pessah avec les ingrédients disponibles dans un terroir qui n'offrait pas toujours ce que prescrit le rituel : tout cela exigeait une créativité pratique et une fidélité obstinée. La Loi n'était pas appliquée dans le confort d'une grande ville pourvue de toutes ses institutions — elle était tenue à bout de bras dans des conditions d'isolement qui en rendaient le respect d'autant plus signifiant.
À cela s'ajoutait l'organisation de la charité (tsedaka) et du soin de l'autre : la hevra kadisha (confrérie chargée des rites funèbres et de la dignité des morts), la collecte pour les pauvres et pour le rachat des captifs, l'accueil du voyageur — ces pratiques structuraient la solidarité communautaire dans des villages où la survie collective dépendait de l'entraide de chacun. On ne choisissait pas d'être solidaire : on l'était parce que les circonstances ne laissaient pas d'autre option. Et c'est précisément ce que la tradition juive appelle la vertu authentique : non la générosité du superflu, mais celle de la nécessité partagée.
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Chapitre 4 : Épreuves, mobilités et fidélités — de l'Atlas à la modernité
L'histoire des Juifs du Maroc ne fut pas un long fleuve tranquille. Aux périodes de coexistence et d'enracinement succédaient des temps d'insécurité : disettes et épidémies qui frappaient Juifs et musulmans sans distinction, mais avec des conséquences aggravées pour les minorités ; périodes d'interrègne entre deux sultans, où l'ordre central s'effondrait et où les communautés rurales, moins protégées que celles des grandes villes, se trouvaient exposées aux exactions des tribus en armes ; pression fiscale sur les Juifs, soumis à la jizya (capitation) et à des prélèvements exceptionnels que les sultans imposaient pour financer leurs guerres ou leurs déficits. Le statut de dhimmi — protection en échange d'une infériorité légale et sociale codifiée — structurait la condition des Juifs dans le monde islamisé depuis le VIIᵉ siècle, et le Maroc ne dérogea pas à ce cadre général, même si son application fut d'une variabilité considérable selon les époques et les lieux.
Pour les communautés judéo-berbères du Sud, ces épreuves prenaient une forme particulière. Leur protection n'était pas assurée par les remparts d'une ville sultaniaine, mais par les accords coutumiers avec les tribus voisines — des accords révocables, dépendants des équilibres de force et des aléas politiques locaux. Quand une tribu protectrice était défaite ou divisée, la communauté juive qui se trouvait sous son aman (sa garantie de sécurité) se retrouvait vulnérable. Les déplacements de communautés entières étaient fréquents dans le Sud, et le fait qu'un nom comme Outgourgoche soit toponymique suggère précisément cela : la famille a porté le nom d'un lieu qu'elle avait peut-être déjà quitté au moment où le patronyme s'est figé dans sa forme héréditaire. Combien de mellahs vidés, de cimetières abandonnés, de synagogues silencieuses dans les vallées du Draa ou de l'Anti-Atlas témoignent de ces départs forcés ou choisis ?
Le protectorat français, instauré en 1912 après le traité de Fès, apporta des changements profonds. Pour les Juifs des campagnes, il modifia à la fois la configuration politique et les dynamiques économiques. L'Alliance Israélite Universelle, fondée à Paris en 1860 et déjà active dans les villes marocaines depuis les années 1860-1880, étendit progressivement son réseau scolaire. Ses écoles offraient aux enfants juifs une formation en français, une ouverture sur la modernité et un accès à des métiers nouveaux — comptabilité, commerce moderne, professions libérales. Pour les familles du Sud, encore ancrées dans l'économie artisanale traditionnelle, ce basculement fut à la fois une libération et un arrachement. Les jeunes générations quittaient les villages pour les villes côtières — Casablanca, Agadir, Mogador (Essaouira) —, amorçant un mouvement de désertification des mellahs ruraux qui devait s'accélérer après 1948.
Ce que l'on peut nommer, pour ces familles, le rapport à l'épreuve, relève d'une vertu particulière du judaïsme : non le refus de la réalité, non l'héroïsme romantique du résistant, mais ce que la tradition appelle emounah — la foi tenue dans la durée, la fidélité à l'Alliance même dans les temps où elle ne rapporte aucun avantage visible. Traverser des siècles de précarité en maintenant le chabbat, les fêtes, la tsedaka et le nom d'Israël : c'est là une forme d'endurance spirituelle que les grandes épopées juives, avec leurs martyrs et leurs sages, ont parfois éclipsée sans jamais l'abolir.
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Chapitre 5 : L'exode du XXᵉ siècle et la dispersion de la mémoire
Le départ des Juifs du Maroc fut l'un des événements démographiques les plus radicaux de l'histoire juive contemporaine. En 1948, on comptait environ deux cent soixante-dix mille Juifs au Maroc ; en 1967, ils n'étaient plus qu'une centaine de milliers ; aujourd'hui, quelques milliers tout au plus demeurent dans un pays qui fut pendant deux millénaires l'un des foyers les plus vivants du judaïsme. Cette hémorragie démographique s'est déployée en plusieurs vagues successives : la montée des tensions liées à la création de l'État d'Israël en 1948 et aux guerres israélo-arabes, les incertitudes de la décolonisation marocaine (1956), la nationalisation des entreprises et la pression économique des années 1960 et 1970. Les communautés rurales du Sud, les plus anciennes, furent parmi les premières à se vider : isolées, économiquement fragiles, elles représentaient le chaînon le plus exposé.
Le mouvement suivait souvent le même chemin : du village d'origine vers la grande ville marocaine — Casablanca, Marrakech, Agadir —, puis vers la destination finale : Israël pour la majorité, la France pour une fraction significative, le Canada, l'Amérique latine et les États-Unis pour d'autres. Les familles à nom berbère se retrouvèrent dispersées en quelques décennies, leurs mellahs d'origine désertés, leurs cimetières livrés au silence et au temps.
Pour le nom Outgourgoche, cette dispersion marque un tournant particulier. Dans les villages du Sud, un patronyme n'avait pas besoin d'être écrit pour exister : tout le monde savait qui était qui, quelle famille occupait quelle maison, quel rang dans la synagogue. Dans la diaspora, le nom devient l'unique témoin de l'origine — un fragment de mémoire encodé dans une morphologie que peu de ses porteurs savent encore déchiffrer. La valeur de zakhor — « souviens-toi », commandement récurrent dans la Torah, érigé en principe organisateur de la conscience juive — prend ici tout son poids : se souvenir du nom, le transmettre, chercher à comprendre ce qu'il dit d'un lieu et d'un temps, c'est accomplir un acte de fidélité à la chaîne des générations.
Les institutions du patrimoine juif marocain — archives, associations, projets de numérisation des registres — se sont mobilisées pour sauvegarder cette mémoire dispersée. Des familles ont retrouvé dans ces ressources des bribes de leur histoire ; d'autres attendent encore. La lignée Outgourgoche appartient à ce vaste chantier de la mémoire retrouvée : son nom, au moins, porte encore la trace de la terre dont elle est issue, et cette trace suffit à poser la première pierre d'une généalogie que les générations futures pourront peut-être compléter.
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Les grandes figures
Aucune figure individuellement nommée et documentée n'a pu être identifiée à ce jour dans les sources consultées pour la lignée Outgourgoche elle-même. Conformément à l'exigence d'honnêteté de ce livre, aucun ancêtre ne sera inventé. Sont présentées ci-dessous les personnalités historiques dont les destins éclairent le milieu, l'époque et les valeurs que ce Grand Livre a reconstitués autour de la lignée.
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Abraham I. Laredo (1904–1978) — Né à Tétouan dans une famille juive marocaine, Abraham Isaac Laredo fut l'auteur de la somme scientifique de référence sur l'onomastique juive du Maroc : Bereberes y Hebreos en Marruecos (Madrid, 1954) et surtout Les Noms des Juifs du Maroc (Madrid, 1978), œuvre monumentale qui recense et classe les patronymes juifs marocains selon leurs origines hébraïques, arabes, berbères et hispano-portugaises. Philologue autodidacte autant que témoin de son propre monde, Laredo permit à des générations de chercheurs de situer des lignées comme Outgourgoche dans leur strate onomastique et géographique authentique. Son travail reste, à ce jour, la boussole irremplacée de toute recherche sur les noms juifs du Maroc.
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Rabbi Yaakov Abihatsira (vers 1806–1880) — Grand maître de la Torah, poète mystique et figure tutélaire du judaïsme du Tafilalet et du Sud marocain, Rabbi Yaakov Abihatsira — connu sous le nom de Abir Yaakov — naquit à Tafilalet (Rissani) dans la grande dynastie savante des Abihatsira, qui domina la vie spirituelle des communautés judéo-berbères du Sud pendant deux siècles. Auteur de nombreux ouvrages de kabbalah et de commentaires bibliques, il mourut à Damanhour (Égypte) lors d'un pèlerinage vers la Terre d'Israël. Son tombeau est devenu un lieu de pèlerinage (hiloula) majeur pour les Juifs du Maroc et leurs descendants. Dans les vallées que la lignée Outgourgoche a probablement habitées, son autorité rabbinique et sa réputation de thaumaturge ont longtemps constitué le recours spirituel central pour les petites communautés rurales.
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Adolphe Crémieux (1796–1880) — Avocat et homme politique français, plusieurs fois ministre, Adolphe Crémieux présida l'Alliance Israélite Universelle de 1863 à 1867 et de 1868 à 1880, jouant un rôle fondateur dans la création du réseau scolaire qui allait transformer le destin des Juifs du Maroc. Sa conviction que l'émancipation des Juifs d'Orient passait par l'éducation et l'ouverture à la langue française donna à des dizaines de milliers d'enfants juifs marocains — y compris des enfants issus de communautés rurales berbères — l'accès à un monde nouveau. Si la famille Outgourgoche a compté parmi les bénéficiaires de ce mouvement, c'est à Crémieux et à l'Alliance que l'on doit l'infrastructure qui rendit ce basculement possible.
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Alliance Israélite Universelle (fondée en 1860) — L'Alliance Israélite Universelle, fondée à Paris en 1860 à l'initiative d'un groupe d'intellectuels juifs français, constitue non pas une figure individuelle mais une institution dont l'action fut aussi déterminante que celle de n'importe quel individu pour les Juifs du Maroc. Son réseau d'écoles, implanté progressivement à partir de 1862 dans les grandes villes marocaines puis dans des centres secondaires, offrit à des générations de Juifs marocains une formation en français, ouvrant l'accès aux professions modernes. Pour les communautés rurales à nom berbère — celles dont Outgourgoche est un représentant —, l'école de l'Alliance représentait souvent le premier contact avec la modernité administrative, le premier accès à une identité documentée, la première occasion de voir son patronyme écrit dans un registre officiel.
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Conclusion
Au terme de ce parcours, la vérité de la méthode s'impose une dernière fois : la lignée Outgourgoche n'est pas documentée par un dossier d'archives propre, et ce livre s'est gardé de combler ce vide par l'invention. Ce que l'on peut affirmer avec assurance tient au nom lui-même — sa morphologie berbère, sa vraisemblable origine toponymique, son appartenance à la strate des Juifs autochtones du Maroc que l'onomastique de Laredo permet de situer dans l'histoire longue. Le reste relève d'une reconstitution honnête du contexte : la vie des toshavim du Sud, leur coexistence économique et humaine avec les tribus amazighes, leur fidélité à la Loi dans l'isolement des vallées, leurs épreuves séculaires et leur dispersion au XXᵉ siècle.
De toutes les vertus évoquées à travers les faits de ce livre, c'est la fidélité tenue dans la durée — ce que la tradition nomme emounah — conjuguée à une humilité fondatrice que la lignée Outgourgoche aura le mieux exprimées entre toutes. Non l'éclat des grandes académies rabbiniques ni la gloire des dynasties savantes, mais la persévérance obscure de ceux qui, au fond d'une vallée de l'Atlas ou du Draa, ont maintenu le chabbat, la tsedaka et le nom d'Israël à travers les siècles. Cette humilité n'était pas résignation : elle était la forme la plus exigeante du service — celui qui ne réclame ni public ni mémorialiste, et qui survit pourtant dans la seule transmission du nom.
Se souvenir d'Outgourgoche, c'est honorer cette part-là — la plus vaste et la plus discrète — de la maison d'Israël. Car le judaïsme n'a pas seulement été fait par ses maîtres illustres, mais aussi, et peut-être surtout, par cette multitude fidèle et sans titre dont le seul monument est un nom transmis de génération en génération, porté à travers les exils et les dispersions, jusqu'à ce qu'un livre — même aussi mince que celui-ci — lui rende enfin la parole.
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参考文献
- Abraham I. Laredo, Les Noms des Juifs du Maroc, CSIC, Madrid (1978)