Lichtenstein 家族
Lichtenstein 家族的姓氏起源、历史与家谱——一个犹太姓氏及其留下的踪迹。
族名地名学。
地理来源: Allemagne / Autriche
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家族系谱地图
大书 — Lichtenstein
Introduction
En 1891, dans la ville galicienne de Kolomea, mourait un homme dont le nom résonnait depuis quarante ans dans toutes les communautés orthodoxes d'Autriche-Hongrie. Rabbi Hillel ben Baruch Lichtenstein avait combattu, prêché, correspondu sans relâche pour défendre ce qu'il croyait être l'intégrité irréductible de la Loi. C'est par lui que l'on entrera dans ce livre — par un homme, un lieu, une querelle théologique qui engageait l'avenir entier du judaïsme européen — plutôt que par l'étymologie d'un patronyme. Les noms viennent après les faits ; la lumière inscrite dans le mot Lichtenstein n'a de sens que parce que des hommes et des femmes l'ont portée dans leur chair.
Ce livre ne prétend pas restituer une lignée biologique unique. Le patronyme Lichtenstein — « pierre de clarté » en allemand — fut assigné ou adopté, à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, par de nombreuses familles juives d'Europe centrale et orientale sans lien de sang entre elles. Ce que partagent les porteurs de ce nom, c'est une appartenance à la même histoire : celle des communautés juives de Galicie, de Hongrie, de Bohême et de Lituanie, portées par les vagues de la modernité, brisées par la Shoah, et renaissant dans la diaspora américaine ou en Israël. À travers ces destins dispersés, quelques grandes figures se détachent, documentées par les archives, les responsa, les catalogues d'exposition et les registres communautaires : le rabbin intransigeant de Kolomea, le peintre du Pop Art de Manhattan, et d'autres encore dont la mémoire mérite d'être recueillie avec rigueur et honnêteté.
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版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月13日
Chapitre 1 : Kolomea, 1854–1891 — Hillel Lichtenstein et la résistance orthodoxe
Il faut commencer par Kolomea — cette ville de Galicie orientale, aujourd'hui Kolomyia en Ukraine occidentale, où Rabbi Hillel ben Baruch Lichtenstein exerça la plus longue et la plus décisive partie de son ministère rabbinique. Ce fut là, dans cette communauté juive dense et vivante nichée au pied des Carpates, qu'il forgea l'essentiel de son œuvre et de son influence.
Hillel Lichtenstein (1815–1891) fut l'un des élèves les plus remarquables de Moses Sofer — le Hatam Sofer, maître incontesté de l'orthodoxie hongroise, dont la devise hadash asur min ha-Torah (« tout ce qui est nouveau est interdit par la Torah ») devint le cri de ralliement d'une génération entière. Formé à la célèbre yeshiva de Presbourg, Hillel Lichtenstein servit d'abord comme rabbin à Margarethen, puis fut élu en 1854 au poste de rabbin de Kolozsvar, capitale de la Transylvanie ; mais l'opposition du rabbin de district, Abraham Friedmann, l'empêcha d'exercer ses fonctions et il fut finalement expulsé de la ville par les autorités. Après un séjour à Grosswardein et un retour à Margarethen, il fut finalement appelé à Kolomea, en Galicie, où il demeura jusqu'à sa mort en 1891.
Prédicateur puissant et écrivain prolifique, Hillel Lichtenstein fut une figure de proue de la résistance aux tendances modernisatrices parmi les Juifs de la Hongrie du Nord. Le conflit qui le définit historiquement est celui qui l'opposa aux partisans de la réforme, notamment au rabbin Azriel Hildesheimer : Hillel Lichtenstein se dressa contre les sermons en langue allemande que Hildesheimer prononçait en Hongrie occidentale, et fut le plus ardent adversaire du projet de séminaire rabbinique national à Budapest. Pour lui, la langue du sermon devait rester le yiddish ou l'hébreu — introduire la langue du pays dans l'enceinte de la prière, c'était laisser entrer le monde extérieur là où seule la sainteté devait régner.
Ce combat culmina dans le grand schisme de 1868–1869. Le Congrès juif de Hongrie, convoqué par le gouvernement libéral de Budapest, devait unifier l'organisation communautaire juive du royaume. Il aboutit au contraire à une fracture profonde entre les néologues, ouverts à la modernisation religieuse, et les orthodoxes, réunis dans leur propre structure autonome. Hillel Lichtenstein fut l'une des voix les plus tranchantes du camp orthodoxe. Sa correspondance rabbinique et ses décisions (teshuvot) circulèrent dans toutes les communautés qui cherchaient un ancrage doctrinal face à la tempête réformatrice.
Cette intransigeance porte en elle une vertu que l'histoire peut juger sévère mais qui correspond à une exigence authentique de la tradition : la fidélité, ne'emanut. Pour Hillel Lichtenstein, chaque concession mineure était le premier pas d'une dissolution. Le soin qu'il apportait à préserver la Loi transmise, jusque dans ses expressions les plus quotidiennes — la coupe des vêtements, la langue de la prière, l'architecture de la synagogue — témoignait d'une conscience aiguë que la forme est inséparable du fond, que le rite est le vêtement de l'âme collective d'Israël. Son gendre, le rabbin Akiva Yosef Schlesinger, hérita de cette ligne et la prolongea jusqu'en Terre d'Israël.
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Chapitre 2 : La formation d'un maître — de Vécs à Presbourg
Pour comprendre l'homme de Kolomea, il faut remonter à ses origines. Hillel Lichtenstein naquit en 1815 à Vecs, en Hongrie — aussi appelée Vágvecse, aujourd'hui Veča, dans la région de Šaľa en Slovaquie. Son père, R. Baruch Bendit, était dayan — juge rabbinique — dans la communauté locale, ce qui signifie que le futur rabbin grandit au contact immédiat du droit et de la jurisprudence hébraïques. L'environnement familial était celui d'une piété rigoureuse et lettrée, où l'étude de la Torah n'était pas seulement une obligation mais un mode d'être.
Après avoir étudié à la yeshiva de Moses Sofer, il épousa en 1837 la fille d'un notable de Galantha, où il demeura jusqu'en 1850, date à laquelle la communauté de Margarethen l'appela à la tête de sa rabbinature. Ces années de Galantha furent des années de formation continue : le jeune marié sans poste officiel lisait, commentait, correspondait, forgeait dans le silence les convictions qui allaient bientôt éclater sur la scène publique du judaïsme hongrois.
La yeshiva de Presbourg, où Moses Sofer — le Hatam Sofer — régnait comme le plus grand posek (décisionnaire halakhique) de son temps, était un creuset exceptionnel. On y forgeait non seulement des savants mais des combattants de la Loi, convaincus que le judaïsme ne survivrait à la modernité qu'en lui opposant une muraille de rigueur. Hillel Lichtenstein assimila cette conviction avec une intensité particulière. Sa pensée ne fut pas seulement celle d'un disciple fidèle : elle alla parfois plus loin encore que celle de son maître, refusant des accommodements que le Hatam Sofer lui-même n'avait pas condamnés.
Le savoir talmudique accumulé dans ces années de formation transparaît dans ses écrits : ses responsa montrent un maître de la littérature rabbinique classique, capable de nouer des raisonnements complexes à partir des sources les plus diverses, de la Mishna aux décisionnaires post-médiévaux. Cette maîtrise du texte était pour lui à la fois une arme intellectuelle et une forme de prière : l'étude est en judaïsme l'un des actes les plus sacrés, talmud Torah ke-neged kulam, l'étude de la Torah vaut autant que tous les autres commandements réunis.
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Chapitre 3 : Les communautés de Galicie et de Hongrie — la trame invisible de la vie ordinaire
Sous le nom du grand rabbin vit la multitude des Lichtenstein anonymes : artisans, marchands, colporteurs, enseignants des petites villes de Galicie, de Hongrie, de Bohême et de Lituanie. Le patronyme s'était dispersé à travers l'ensemble de l'espace ashkénaze au fil des assignations administratives du début du XIXe siècle, de sorte que des familles sans lien entre elles se retrouvèrent unies par ce même nom de « pierre de clarté ».
De ces existences ordinaires, l'archive ne garde souvent qu'une inscription de naissance, une mention dans un registre communautaire (pinkas), une pierre tombale aux caractères hébraïques à demi effacés. La mémoire transmise oralement dit davantage : le souvenir de familles pieuses, attachées à la synagogue et aux œuvres de bienfaisance qui structuraient la vie juive collective. Car la charité, tsedaka, n'est pas dans le judaïsme une simple générosité facultative : elle est un acte de justice, une dette envers le pauvre qu'institue la Loi elle-même. Les confréries de bienfaisance — hevra kadisha pour l'accompagnement des morts, sociétés de dot pour les jeunes filles sans ressources, caisses de secours aux voyageurs et aux pauvres passants — structuraient ces communautés, et l'on retrouve des porteurs du nom Lichtenstein dans leurs registres.
Le soin apporté à l'autre, l'hospitalité envers l'étranger de passage (hakhnasat orhim), la visite aux malades (bikur holim) : ces vertus quotidiennes, rarement consignées mais fidèlement transmises, formaient la trame invisible de la respectabilité d'une famille juive. C'est ici, dans l'ombre discrète des petites gens, que la tradition d'Israël s'est le plus continûment perpétuée, davantage peut-être que dans l'éclat des grands décisionnaires. Le livre de Job le rappelle, et la tradition talmudique ne cesse d'y revenir : le monde tient debout grâce à des justes dont on ignore le nom. Parmi eux, beaucoup de Lichtenstein dont l'existence ne laisse plus trace que dans un souvenir de famille.
La vie économique de ces communautés mérite aussi d'être évoquée. Dans les bourgades galiciennes et hongroises, les Juifs occupaient fréquemment des niches économiques précises : le commerce de grains, la taverne (kretchme), la confection, le prêt. Ces activités, souvent regardées de haut par l'historiographie non juive, étaient en réalité le nerf vital de régions entières, et leur régulation par la halakha — le droit commercial rabbinique, avec ses règles sur la concurrence loyale (hasagat gevul), l'honnêteté des poids et mesures (emet u-mispat) — constituait une forme d'éthique économique exigeante, vécue au quotidien bien avant que les philosophes en théorisent les contours.
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Chapitre 4 : L'épreuve des migrations — d'Ellis Island aux quartiers de la diaspora
Le tournant des XIXe et XXe siècles précipita les Lichtenstein, comme l'ensemble du judaïsme d'Europe orientale, dans le grand mouvement des migrations. La misère des campagnes galiciennes, les pogroms qui déferlèrent sur l'Empire russe après 1881, la surpopulation des bourgades et l'impossibilité croissante pour les jeunes gens d'y trouver un avenir poussèrent des dizaines de milliers de familles vers les États-Unis, l'Angleterre, la France et le Nouveau Monde. Les registres d'immigration d'Ellis Island, consultables dans les bases de données de JewishGen, conservent la trace de nombreux porteurs du nom Lichtenstein, arrivés entre 1890 et 1914, qui reconstituèrent leurs vies dans les quartiers juifs de New York — le Lower East Side, le Bronx, Brooklyn — de Londres ou de Paris.
Ces migrants emportaient avec eux ce que ni la douane ni la police des frontières ne pouvaient saisir : la langue yiddish, la pratique du Shabbat, la mémoire des fêtes, le souvenir des maîtres. Certains s'intégrèrent rapidement dans la culture américaine, envoyant leurs enfants dans les écoles publiques, rejoignant les syndicats du textile ou les professions libérales. D'autres maintinrent des îlots de yiddishkeit dans les villes d'adoption, fréquentant les shtieblekh — petites synagogues de quartier — et lisant la presse yiddish. La tension entre intégration et préservation de l'identité, qui avait déjà déchiré le judaïsme hongrois du temps de Hillel Lichtenstein, se rejouait à une échelle continentale, mais dans un contexte radicalement différent : celui de la démocratie américaine et de ses promesses d'égalité.
L'endurance dans l'exil, la capacité à renaître ailleurs sans perdre l'essentiel, est l'une des grandes vertus que la tradition juive a forgées dans l'expérience millénaire de la dispersion. Le rapport à l'étranger — tantôt hostile, tantôt accueillant — a toujours structuré la conscience d'Israël : « Tu n'opprimeras pas l'étranger, car tu as toi-même été étranger en Égypte » (Exode 23, 9). Ce commandement de la mémoire vive, les émigrants qui débarquaient à Ellis Island en portaient l'écho dans leurs corps fatigués par la traversée. Chez ceux qui s'établirent dans la diaspora américaine, il se transforma parfois en une sensibilité particulière à l'injustice sociale, en un engagement pour les droits civiques, en une création culturelle qui témoignait à la fois d'une origine et d'une adhésion à une nouvelle patrie.
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Chapitre 5 : La Shoah — l'anéantissement et le devoir de *zakhor*
Puis vint la nuit. Les communautés de Galicie, de Hongrie, de Pologne et de Bohême où le nom Lichtenstein avait pris racine furent anéanties entre 1941 et 1945. Kolomea, ville de Rabbi Hillel Lichtenstein, vit sa population juive — plusieurs milliers d'hommes, de femmes et d'enfants — assassinée dans les fusillades de masse de 1941 et 1942 et dans les déportations vers Belzec. Les Lichtenstein de Maramaros, des shtetls de Galicie orientale, de Transylvanie, de Hongrie — pays qui avait cru jusqu'en 1944 que ses Juifs seraient épargnés — disparurent dans les transports de la dernière heure vers Auschwitz-Birkenau. Nombre de branches s'éteignirent entièrement, leur mémoire réduite à quelques noms sur les feuilles de témoignage de Yad Vashem ou dans les livres du souvenir (yizkor bikher) rédigés par les survivants après la guerre.
Les livres du souvenir consacrés à Kolomea conservent des fragments précieux sur la communauté que Hillel Lichtenstein avait animée. Le yizkor buch de Kolomea, compilé par des survivants dans l'après-guerre, décrit la ville telle qu'elle fut — ses synagogues, ses institutions, ses figures — avant de rapporter l'anéantissement systématique opéré par les Einsatzgruppen et la Gestapo entre 1941 et 1944. Ces témoignages collectifs sont l'une des formes les plus émouvantes de la vertu de zakhor, le souvenir, commandement central de la tradition juive : « Souviens-toi de ce qu'Amalek t'a fait » (Deutéronome 25, 17), puis, après 1945, « Souviens-toi de ce que les hommes ont fait à tes frères ». Nommer les disparus, c'est refuser leur seconde mort — celle de l'oubli.
Ce chapitre du livre est aussi le plus grave, car il rappelle que l'histoire d'un nom juif d'Europe centrale est inséparable de la plus grande blessure de la mémoire d'Israël. Les descendants des Lichtenstein qui ont survécu — en émigrant en Palestine avant la guerre, en fuyant vers l'est lors de l'invasion allemande, en se cachant — portent dans leur mémoire familiale le poids de ceux qui n'ont pas pu partir. L'obligation morale et religieuse de cette mémoire n'est pas une affaire de piété abstraite : elle est la condition même de la continuité d'Israël.
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Chapitre 6 : Roy Lichtenstein — la lumière transposée en couleur
De la diaspora américaine émergea le porteur du nom le plus universellement connu : le peintre Roy Fox Lichtenstein (1923–1997). Roy Lichtenstein naquit dans une famille juive à New York en 1923 et grandit dans une atmosphère d'art et de culture à Manhattan. Issu d'une famille d'origine judéo-allemande, il grandit sur l'Upper West Side de Manhattan avec son père Milton, agent immobilier, et sa mère Beatrice, femme au foyer.
Roy Lichtenstein fut l'un des premiers artistes américains du Pop Art à atteindre une renommée internationale. Ses toiles des années 1960 — Look Mickey (1961), Drowning Girl (1963), Whaam! (1963) — révolutionnèrent la conception de l'art en intégrant l'imagerie de la bande dessinée, de la publicité et de la culture de masse dans le champ muséal, avec leur technique caractéristique des trames de points Ben-Day imitant l'impression industrielle. Roy Lichtenstein lui-même décrivit le Pop Art comme « non pas une peinture "américaine" mais une peinture industrielle ».
Lichtenstein était juif, bien qu'il ait tendance à minimiser ses origines et n'en parlât pas fréquemment. Sa famille appartenait à la classe moyenne supérieure. Son père Milton était négociant en immobilier, sa mère Beatrice tenait le foyer. Il fréquenta les écoles publiques de Manhattan avant de rejoindre l'Ohio State University pour ses études artistiques, puis servit dans l'armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale.
L'itinéraire de Roy Lichtenstein illustre une transformation profonde de l'expérience juive au XXe siècle : le passage du monde clos de la Loi et de la synagogue à la sécularité créatrice de l'Amérique moderne. Son œuvre ne traite pas de thèmes explicitement juifs, et il serait malhonnête d'en faire un artiste « de la judéité ». Mais son parcours — celui d'un fils de la diaspora qui, sans renier ses origines, s'intègre pleinement à la culture de son pays et y apporte une contribution éclatante — témoigne d'une vertu que la modernité juive a portée haut : l'apport au savoir et à la création, la fécondité de l'esprit libre. Il est frappant, enfin, que le nom « pierre de lumière » ait trouvé son accomplissement le plus visible dans un homme qui fit de la lumière, de la couleur et de la ligne son langage universel.
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Chapitre 7 : L'onomastique de *Lichtenstein* — un nom entre ornement et topographie
Ce n'est qu'après avoir parcouru les vies que le nom mérite d'être examiné pour lui-même. Lichtenstein appartient à la vaste famille des patronymes juifs d'Europe centrale et orientale dont l'origine est toponymique : il désigne, à la lettre, la « pierre de lumière » ou le « rocher clair » (de l'allemand Licht, lumière, et Stein, pierre), et renvoie à plusieurs localités et forteresses germanophones portant ce nom — en Souabe, en Saxe, en Franconie — ainsi qu'à la principauté du Liechtenstein. Selon les dictionnaires de référence d'Alexander Beider et de Lars Menk, la formation d'un tel patronyme s'inscrit dans le grand mouvement d'assignation des noms de famille imposé aux populations juives des empires de langue allemande à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles.
Le nom appartient à la catégorie des Ortsnamen — patronymes tirés d'un lieu — mais il relève aussi, par sa transparence sémantique, de la famille des noms « d'ornement » que l'administration accordait volontiers, ou que les familles choisissaient pour leur beauté sonore et leur luminosité symbolique. Sa signification — « pierre de clarté » — l'a rendu populaire, comme le furent Lichtman, Lichter ou Glückstein. Les travaux de Beider sur la Galicie, le Royaume de Pologne et l'Empire russe, et ceux de Menk sur l'aire judéo-allemande, montrent que le nom se rencontre dans plusieurs foyers distincts, sans lien généalogique nécessaire entre eux. On ne saurait donc, avec honnêteté, affirmer que tous les Lichtenstein descendent d'un ancêtre commun : l'unité est celle du nom, non du sang. Cette lucidité méthodologique est elle-même une exigence de la vertu juive de emet, la vérité, qui interdit d'embellir une généalogie par des liens imaginaires.
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Les grandes figures
Rabbi Hillel ben Baruch Lichtenstein (1815–1891) — הלל בן ברוך ליכטנשטיין — Né à Vécs (Vágvecse, aujourd'hui Veča, Slovaquie), fils d'un dayan, formé à la yeshiva du Hatam Sofer à Presbourg, il fut l'un des chefs de file les plus intransigeants de l'orthodoxie hongroise au XIXe siècle. Après un passage controversé à Kolozsvar (Klausenburg), il exerça son ministère à Kolomea, en Galicie, de la fin des années 1850 jusqu'à sa mort en 1891. Adversaire résolu des réformes religieuses et du séminaire rabbinique de Budapest, auteur de nombreux responsa et textes polémiques, il laissa une empreinte durable sur l'organisation du judaïsme orthodoxe d'Autriche-Hongrie. Son gendre, le rabbin Akiva Yosef Schlesinger, prolongea sa ligne doctrinale jusqu'en Terre d'Israël. Sa descendance rabbinique se perpétua au sein de plusieurs dynasties hassidiques de Hongrie et de Galicie.
Roy Fox Lichtenstein (1923–1997) — Né le 27 octobre 1923 à New York, dans une famille d'origine judéo-allemande de classe moyenne supérieure, il grandit sur l'Upper West Side de Manhattan. Après des études à l'Ohio State University et un service militaire durant la Seconde Guerre mondiale, il s'imposa dans les années 1960 comme l'une des figures centrales du mouvement Pop Art américain, aux côtés d'Andy Warhol. Ses toiles — Drowning Girl, Whaam!, Look Mickey — intégrant les trames de points Ben-Day et l'imagerie de la bande dessinée dans le champ de l'art muséal, lui valurent une célébrité mondiale. Il mourut à New York le 29 septembre 1997, laissant une œuvre abondante conservée dans les plus grands musées du monde. Porteur du nom Lichtenstein dans sa dimension la plus universellement connue, il incarne le passage de la diaspora juive d'Europe centrale à la modernité créatrice américaine.
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Conclusion
Si l'on devait nommer, entre toutes, la vertu que la lignée des Lichtenstein aura le mieux exprimée à travers ses figures les plus documentées, ce serait celle de la fidélité créatrice — cette capacité à recevoir un héritage, à le défendre ou à le transmuer, sans jamais l'abandonner entièrement. Chez Hillel Lichtenstein, cette fidélité prit la forme d'une intransigeance que l'histoire peut juger sévère, mais qui préservait ce qu'il estimait être le cœur irréductible de la Loi transmise au Sinaï. Chez les Lichtenstein anonymes des communautés d'Europe orientale, elle fut celle de la tsedaka et du soin de l'autre, cette justice discrète et quotidienne qui tient le monde debout. Chez Roy Lichtenstein enfin, elle se transforma en fidélité à un autre type d'héritage — celui de la culture et de la forme — portée jusqu'à l'éclat universel.
Le nom « pierre de clarté » aura ainsi tenu une promesse double : celle de la dureté de la pierre, qui résiste et dure, et celle de la lumière, qui irradie au-delà d'elle-même. Les Lichtenstein de Kolomea, de Budapest, du Lower East Side de New York et de Manhattan partagent cette double nature : ils ont résisté — à la modernité ou à l'assimilation — et ils ont rayonné — par le savoir, la charité, la création. Brisés par la Catastrophe dans leurs communautés d'origine, reconstruits dans la diaspora ou en Israël, ils rejoignent en cela le destin d'Israël tout entier : celui d'un peuple qui, frappé, se souvient, et qui, en se souvenant, recommence.
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参考文献
- A. Beider ; L. Menk, Dictionnaires des patronymes juifs d'Europe de l'Est (Beider : Empire russe 2008, Royaume de Pologne 1996, Galicie 2004) et judéo-allemands (Menk 2005), Avotaynu