Landsberg 家族
לנדסברג
Landsberg 家族的姓氏起源、历史与家谱——一个犹太姓氏及其留下的踪迹。
族名地名学。
地理来源: Allemagne / Pologne
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家族系谱地图
大书 — Landsberg
Introduction
L'histoire de la lignée Landsberg commence non par le nom, mais par les hommes et les femmes qui l'ont porté : un fondateur de communauté dans la Saxe du XVIIe siècle, une succession de rabbins qui traversent la Prusse puis l'Atlantique, un juriste qui refonde une démocratie, des savants qui enrichissent les sciences et les lettres. Le nom arrive après — il vient de la terre et de la montagne, comme d'autres noms juifs ashkénazes viennent du métier ou du prénom paternel — mais ce sont les vies qui lui donnent son épaisseur.
Ce Grand Livre rassemble, avec prudence, ce que l'archive et la recherche établissent sur les foyers, les figures et les valeurs que le nom Landsberg a portés à travers le monde ashkénaze, de la Neumark prussienne à Rochester (New York), de Berlin à Landsberg am Lech. Il ne prétend pas reconstituer une généalogie unifiée : un patronyme toponymique comme celui-ci peut désigner plusieurs familles sans lien biologique direct, réunies par le seul hasard d'une ville d'origine commune. Ce qu'il rassemble, en revanche, c'est une manière d'être dans le monde — l'engagement communautaire, le soin de la justice, la transmission du savoir — qui, à travers des destins dispersés, forme quelque chose comme une identité partagée.
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月7日
Chapitre 1 : Israel Aaron et la fondation d'une communauté à Landsberg (Saxe, XVIIe siècle)
Au milieu du XVIIe siècle, dans la ville de Landsberg en Saxe-Anhalt, un homme du nom d'Israel Aaron s'installe et change durablement le destin de la communauté juive locale. Il acquiert ou fait construire un grand bâtiment sur deux niveaux au 12 Luisenstraße — un édifice qui prendra plus tard le nom de Judenhaus, la Maison des Juifs. Pendant près d'un siècle, avant même qu'une synagogue proprement dite n'existe, c'est entre ces murs que la communauté juive naissante se rassemble pour prier, délibérer et se soutenir. Israel Aaron obtient le 20 février 1672 une autorisation officielle qui assoit sa position dans la ville et donne une existence légale à cette présence juive.
Ce geste — ouvrir sa maison à la prière et à la communauté — n'est pas un geste ordinaire. Il prolonge une tradition aussi ancienne que la destruction du Second Temple : depuis que Jérusalem n'est plus le centre, chaque lieu de réunion, chaque demeure ouverte, devient un fragment de sanctuaire. La synagogue domestique d'Israel Aaron illustre ce que la tradition appelle kiddouch ha-shem dans sa dimension la plus quotidienne : sanctifier le nom de Dieu en habitant son foyer comme un lieu d'accueil et de rassemblement, avant même que la pierre taillée n'en prenne le relais. Son implication dans la vie collective est totale, et elle relève d'une vertu cardinale du judaïsme : le souci de la communauté (kehilla) comme condition première de la survie du peuple.
La synagogue de Landsberg fut finalement édifiée en 1752, puis reconstruite et agrandie au XIXe siècle — la [Synagogue de Landsberg (1854–1938)] qui devint le cœur visible d'une vie communautaire cent fois plus riche que ce qu'Israel Aaron avait pu espérer en ouvrant sa porte. La date de sa disparition, 1938, dit l'issue brutale : la Nuit de Cristal, en novembre de cette année, consuma les synagogues allemandes une à une. La fondation domestique du XVIIe siècle et la destruction du XXe forment ainsi, dans l'histoire de cette communauté, les deux bornes d'un arc tragique.
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Chapitre 2 : La Prusse des marchands et des rabbins — les Landsberg entre Neumark et Hildesheim (XVIIIe–XIXe siècle)
Les familles portant le patronyme Landsberg se rencontrent, aux XVIIIe et XIXe siècles, dans plusieurs provinces prussiennes : la Neumark, region charnière entre le Brandebourg et la Grande-Pologne, la Hanovre et la Silésie. Dans cette aire géographique, le patronyme fut le plus souvent stabilisé légalement à la faveur des grands édits de patronymisation — l'édit prussien de 1812 notamment — qui imposèrent aux familles juives l'adoption d'un nom de famille héréditaire. Ceux qui se nommaient déjà d'après leur ville d'origine, à l'usage, virent simplement ce surnom se figer en état civil.
Landsberg an der Warthe, dans la Neumark — l'actuelle Gorzów Wielkopolski en Pologne —, abrita une communauté juive marchande active dans le commerce des grains, du drap et du bétail qui reliait les campagnes de l'Est aux marchés de Berlin. Cette implication dans l'économie locale n'était pas un simple gagne-pain : elle relevait d'une vertu que la tradition juive tient en haute estime, l'action économique honnête au service de la subsistance collective. Le marchand qui, de foire en foire, faisait circuler les biens soutenait de fait l'entretien des institutions communautaires — la synagogue, la ḥevra kaddisha (confrérie funéraire), l'aide aux pauvres. Là où l'archive documente ces réseaux marchands, elle laisse deviner la trame d'une solidarité (tsedaka) qui, en pays juif, ne se sépare jamais tout à fait de l'activité économique.
C'est dans ce monde prussien que naît, le 1er mai 1810 à Meseritz, Meyer Landsberg, fils d'une famille dont l'horizon rabbinico-intellectuel est déjà marqué. Il suit son maître Aaron Wolfsohn à Hildesheim dès 1826, poursuit des études à Brunswick, puis à l'Université de Berlin de 1834 à 1838. À Berlin, il noue avec Leopold Zunz — le fondateur de la Wissenschaft des Judentums, cette science du judaïsme qui entend soumettre la tradition hébraïque aux méthodes de la philologie moderne — une amitié intellectuelle qui durera jusqu'à sa mort. Avec Zunz, il organise en 1840 le Séminaire pour les enseignants juifs à Berlin, institution charnière entre le monde de la yeshiva et celui de l'école publique moderne. Nommé Landesrabbiner (rabbin provincial) de Hildesheim en 1846, il y introduit l'orgue, le chœur mixte et la confirmation des garçons et des filles — gestes réformateurs qui, menés avec prudence par un homme lui-même strict dans l'observance, montrent que la voie du judaïsme progressiste peut emprunter la rigueur autant que la nouveauté. Meyer Landsberg mourra à Hildesheim le 20 mai 1870, laissant à son fils aîné Max un héritage intellectuel et pastoral considérable.
Berlin, dans cette période, est la capitale de la Haskala, la modernité juive. C'est la ville de Moses Mendelssohn, de Leopold Zunz, des premiers grands débats sur la réforme du culte et sur l'émancipation civique. Que les Landsberg s'y installent, y étudient, y nourrissent leurs réseaux, n'est pas un hasard : la capitale prussienne est, pour les familles juives cultivées de l'Est, à la fois un laboratoire d'idées et une promesse d'insertion dans la société moderne.
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Chapitre 3 : Max Landsberg, de Berlin à Rochester — un rabbin réformateur dans le Nouveau Monde (1845–1927)
Le fils aîné de Meyer Landsberg naît à Berlin le 26 février 1845 et grandit à Hildesheim, où son père exerce la charge de rabbin provincial. Après le lycée, il étudie la philosophie et la philologie orientale aux universités de Göttingen et de Breslau, complétant sa formation au Séminaire de théologie juive de Breslau, puis à Halle. Dès 1867, il enseigne au séminaire de Hanovre. Tout le prédispose à rester dans le sillage de son père — un rabbinat réformé, cultivé, ancré dans l'espace germanique.
C'est Abraham Geiger, le grand théologien du judaïsme libéral allemand, qui change la donne : sur sa recommandation, Max Landsberg est contacté par la congrégation B'rith Kodesh (Berith Kodesh) de Rochester, dans l'État de New York, qui cherche un rabbin. Élu le 26 décembre 1870, il prend ses fonctions en mars 1871 et ne quittera plus jamais Rochester. Il y demeurera pendant plus de quatre décennies, jusqu'en 1914, faisant de cette communauté de la ville moyenne de l'État de New York l'une des vitrines du judaïsme réformé américain.
Sous son impulsion, la congrégation B'rith Kodesh, fondée en 1848 comme communauté orthodoxe par douze immigrants allemands, bascule progressivement vers le judaïsme réformé classique. En 1894, elle compte plus de deux cent cinquante membres et inaugure un temple monumental sur Gibbs Street, au cœur de Rochester. Max Landsberg ne s'y limite pas à l'officiant : il est l'auteur du Ritual for Jewish Worship (1884 ; 2e éd. 1897), manuel liturgique qui fixe la pratique réformée de sa communauté, et de Hymns for Jewish Worship (1880 ; 2e éd. 1890), recueil de cantiques dont certains, comme Praise to the Living God (1884, coécrit avec Newton Mann), traversent les frontières confessionnelles pour entrer dans les répertoires judéo-chrétiens américains. Sa contribution à la traduction de la Torah pour la Jewish Publication Society de 1917 — il traduit le livre de la Genèse — le place parmi les architectes de la grande Bible anglaise juive, premier texte du genre produit par un comité entièrement juif.
Mais ce qui retient l'attention, au-delà des œuvres, c'est la posture du rabbin dans la cité. Max Landsberg s'implique dans les sociétés caritatives de Rochester, soutient les Hebrew Benevolent Societies destinées aux pauvres et aux nécessiteux, et construit des ponts avec la société non juive environnante — au point d'être reconnu, dit-on, comme l'un des citoyens les plus éminents de la ville. Ce double engagement — pastoral et civique — illustre parfaitement la valeur juive de tsedaka : la charité non comme aumône condescendante, mais comme obligation éthique, participation active à la justice du monde. Il meurt le 9 décembre 1927 à Rochester, après avoir passé plus d'un demi-siècle à bâtir, livre après livre et geste après geste, une communauté à la fois fidèle à ses racines et ouverte à son temps.
Le parcours de Max Landsberg dessine aussi une géographie familiale : son père Meyer, formé à Berlin dans l'orbite de Zunz, lui transmet le goût de la Wissenschaft des Judentums ; lui-même transpose cet héritage dans un Nouveau Monde où la question n'est plus l'émancipation civique mais l'intégration d'immigrants. De la Prusse de la Haskala à la démocratie américaine, les Landsberg font de la transmission — du savoir, du rituel, de la charité — leur marque propre.
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Chapitre 4 : Otto Landsberg, la justice au service de la République de Weimar (1869–1957)
Le nom Landsberg s'illustre, au tournant du XXe siècle, dans un autre registre : celui du droit et de l'engagement civique. Otto Landsberg, né en 1869, fut l'un des juristes et hommes politiques marquants de la social-démocratie allemande. Membre du Conseil des commissaires du peuple lors de la chute de l'Empire en novembre 1918, puis ministre de la Justice de la jeune République de Weimar, il compta parmi les fondateurs de l'ordre démocratique allemand au sortir de la Première Guerre mondiale.
Sa trajectoire condense plusieurs des valeurs que la tradition juive a portées dans l'espace civique : le souci de la justice (tsedek) érigée en institution, l'engagement dans la Cité, la conviction que la Loi doit protéger le faible autant qu'ordonner le fort. Juriste juif engagé dans la refondation démocratique de son pays, Otto Landsberg incarne cette figure du Juif d'Allemagne qui plaça son savoir au service du bien commun — au moment même où l'antisémitisme montant préparait le rejet de cette contribution. Contraint à l'exil sous le régime nazi, il survécut à la persécution, témoin d'une génération dont l'apport à la vie publique allemande fut d'abord embrassé, puis nié.
Il faut se garder ici de toute simplification : rien ne prouve qu'Otto Landsberg descende directement des Landsberg rabbins de la Prusse. Son cas relève de la logique même de ce Grand Livre : un nom, plusieurs foyers, des destins parallèles que réunit non le sang mais une commune inscription dans l'histoire juive allemande. L'attachement à la justice qu'il manifeste n'en est pas moins un fil que la mémoire d'Israël reconnaît comme sien.
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Chapitre 5 : Du savoir et de la création — les visages dispersés du nom
Le nom Landsberg a essaimé bien au-delà de l'aire germanique, porté par les migrations juives vers l'Ouest européen puis vers l'Amérique du Nord. Les répertoires biographiques recensent, sous ce patronyme, des figures des sciences, des lettres et de l'engagement social. Grigory Landsberg, physicien soviétique (1890–1957), dont les travaux en optique — et notamment la co-découverte de la diffusion combinatoire de la lumière, connue en Occident sous le nom d'effet Raman — marquèrent la physique du XXe siècle. Michele Landsberg, écrivaine et féministe canadienne, engagée dans les combats sociaux de son temps. Ces figures ne sont pas reliées par une filiation documentée, mais leur rassemblement sous un même patronyme dit quelque chose d'une constante : l'investissement dans le savoir scientifique, philosophique et littéraire comme voie d'accomplissement et d'insertion dans la modernité.
Cette constellation savante n'est pas sans rapport avec l'héritage familial que les Landsberg rabbins ont cultivé. La rigueur du raisonnement, le respect du texte, l'exigence de la démonstration — vertus longtemps cultivées dans la yeshiva — trouvèrent un prolongement naturel dans le laboratoire et dans l'écriture. Lorsque Meyer Landsberg enseigne à Berlin aux côtés de Leopold Zunz, ou lorsque Max Landsberg traduit la Genèse pour la Jewish Publication Society, ils participent de ce même mouvement qui, au XIXe et au XXe siècle, vit les familles juives réorienter vers l'étude profane l'énergie intellectuelle que des siècles de Talmud avaient façonnée.
Il convient toutefois de mesurer l'incertitude : ces personnalités ne forment pas une lignée unique, et l'archive ne permet pas toujours de relier leurs ascendances. Le Grand Livre les rassemble ici non pour construire une filiation illusoire, mais pour montrer la richesse des vies qu'un même nom toponymique a pu recouvrir, chacune apportant sa pierre à l'édifice du savoir et de la conscience.
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Chapitre 6 : Le patronyme et ses racines — étymologie, onomastique et géographie des Landsberg
Le nom est transparent pour qui connaît l'allemand : Land (pays, terre) et Berg (montagne, colline). Landsberg est le nom de plusieurs villes fondées au Moyen Âge dans l'aire germanique — Landsberg am Lech en Bavière, Landsberg an der Warthe en Prusse orientale (l'actuelle Gorzów Wielkopolski), et Landsberg en Haute-Silésie, parmi d'autres. Les grands répertoires de référence d'onomastique juive classent ce type de patronyme parmi les noms toponymiques, catégorie majeure des noms juifs ashkénazes, aux côtés des noms patronymiques (dérivés d'un prénom), des noms de métier et des noms dits ornementaux.
Le mécanisme est constant : une famille juive quittant une ville pour s'établir ailleurs y est identifiée par le nom de sa provenance. Un Juif venu de Landsberg et installé à Berlin, à Poznań ou à Vienne devenait, dans le langage courant puis dans les registres, der Landsberger — celui de Landsberg. Lorsque les édits de patronymisation rendirent obligatoire l'adoption d'un nom de famille héréditaire, nombre de ces surnoms d'origine se figèrent en état civil : l'édit prussien de 1812 et la patente de Joseph II de 1787 pour les terres autrichiennes constituèrent les deux leviers principaux de ce processus dans l'espace ashkénaze.
Le parcours géographique reconstituable pour les familles Landsberg suit, dans ses grandes lignes, le mouvement général des Juifs d'Europe centrale et orientale : présence probable dans la région bavaroise ou prussienne aux XIVe–XVe siècles, passage par la Rhénanie au XVe–XVIe siècle, migration vers la Grande Pologne et la Posnanie aux XVIe–XVIIe siècles, retour vers la Prusse orientale et occidentale aux XVIIIe–XIXe siècles, urbanisation à Berlin au XIXe siècle, puis diaspora vers les États-Unis et la Palestine mandataire au XXe siècle — avec, entre 1933 et 1945, la rupture tragique des persécutions nazies qui dispersèrent ou anéantirent les branches restées en Europe.
Cette manière de se nommer d'après le lieu dit quelque chose du destin juif : elle inscrit dans le nom lui-même la mémoire du déplacement. Porter un toponyme, c'est garder gravé, à même l'identité, le souvenir d'un ailleurs — trace discrète de cette condition diasporique où, selon la tradition d'Israël, la mémoire du lieu quitté ne s'efface jamais tout à fait. En ce sens, le nom Landsberg participe d'une expérience collective : celle d'un peuple qui, de ville en ville, fit de la remembrance (zakhor) le fil conducteur de sa survie.
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Chapitre 7 : L'épreuve du XXe siècle et la renaissance dans les décombres
Le nom Landsberg est aussi, tragiquement, un nom de lieu de la Shoah. La ville de Landsberg am Lech, en Bavière, abrita durant la Seconde Guerre mondiale un ensemble de camps du système concentrationnaire de Kaufering, annexe de Dachau. Des dizaines de milliers de Juifs y furent déportés, exploités dans des conditions d'une cruauté extrême, et exterminés. Des témoignages de survivantes font état de ces itinéraires de souffrance : une déportée est ainsi transférée successivement dans des camps de concentration en Allemagne — Kaufering, Landsberg, Dachau, Christianstadt —, avant d'être libérée à Bergen-Belsen en avril 1945. La ville qui avait peut-être donné son nom à des familles juives devint ainsi un lieu du pire.
Mais Landsberg am Lech fut aussi, après la guerre, l'un des principaux camps de personnes déplacées de la zone américaine — une ville de la She'erit Hapletah, « le reste des rescapés ». Des Juifs survivants y reconstruisirent une vie communautaire, célébrèrent des mariages, publièrent des journaux en yiddish, organisèrent des cours et des assemblées, et préparèrent leur départ vers la Terre d'Israël. Le lieu qui avait été synonyme d'anéantissement devint ainsi, par un renversement bouleversant, un foyer de renaissance — provisoire, fragile, mais réel.
Les branches Landsberg dispersées par les persécutions de 1933–1945 empruntèrent les deux grandes voies de la diaspora de l'après-guerre : l'émigration vers les États-Unis, dans le sillage des vagues transatlantiques qui avaient déjà conduit Max Landsberg à Rochester un demi-siècle plus tôt, et l'installation en Terre d'Israël, dans le cadre de l'aliyah des Juifs d'Europe centrale qui donna naissance à l'État d'Israël en 1948. Dans les deux cas, le nom Landsberg se retrouva planté dans une terre nouvelle, prolongeant la logique même du patronyme : nommer le lieu quitté pour continuer à l'habiter en mémoire.
Cette double mémoire — de l'anéantissement et de la renaissance — engage la plus haute des obligations de la tradition : zakhor, « souviens-toi ». Le devoir de mémoire, le refus de l'oubli des victimes, et la force des survivants qui reconstruisirent coûte que coûte : telles sont les vertus que cette période impose à quiconque porte ou étudie le nom Landsberg.
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Les grandes figures
Israel Aaron (dates inconnues, actif vers 1672) — Fondateur de la communauté juive de Landsberg en Saxe-Anhalt, Israel Aaron s'y établit au milieu du XVIIe siècle et fit de sa demeure, au 12 Luisenstraße, le centre de la vie juive locale pendant près d'un siècle, avant l'édification de la synagogue en 1752. Il obtint le 20 février 1672 une autorisation officielle assurant sa position dans la ville. Son geste fondateur — ouvrir sa maison à la prière et à l'assemblée communautaire — incarne la vertu d'implication dans la vie collective (kehilla) qui traverse toute l'histoire du judaïsme de la diaspora. Son nom reste attaché aux origines de la présence juive documentée à Landsberg.
Meyer Landsberg (1810–1870) — Rabbin allemand né à Meseritz, en Prusse, Meyer Landsberg étudia à l'Université de Berlin, où il noua avec Leopold Zunz une amitié intellectuelle durable, et co-organisa avec lui en 1840 le Séminaire pour les enseignants juifs. Nommé Landesrabbiner de Hildesheim en 1846, il y introduisit des réformes liturgiques significatives — orgue, chœur mixte, confirmations — tout en maintenant une observance personnelle rigoureuse. Père de Max Landsberg, il forma un fils qui porta son héritage jusqu'en Amérique. Il mourut à Hildesheim le 20 mai 1870, laissant une marque durable sur le judaïsme progressiste du XIXe siècle.
Max Landsberg (1845–1927) — Né à Berlin le 26 février 1845, fils aîné de Meyer Landsberg, Max Landsberg fit ses études à Göttingen, Breslau et Halle avant d'enseigner à Hanovre. Sur la recommandation d'Abraham Geiger, il rejoignit Rochester (New York) en 1871 comme rabbin de la congrégation B'rith Kodesh, poste qu'il occupa jusqu'en 1914. Sous sa direction, la communauté passa de l'orthodoxie au judaïsme réformé classique. Auteur du Ritual for Jewish Worship (1884) et de Hymns for Jewish Worship (1880), il contribua également à la traduction de la Genèse pour la Bible de la Jewish Publication Society (1917). Il mourut à Rochester le 9 décembre 1927, reconnu comme l'une des personnalités les plus marquantes du judaïsme réformé américain de son époque.
Otto Landsberg (1869–1957) — Juriste et homme politique social-démocrate allemand, Otto Landsberg fut membre du Conseil des commissaires du peuple en novembre 1918, lors de la chute de l'Empire allemand, puis ministre de la Justice de la République de Weimar naissante. Engagé dans la construction de l'ordre démocratique allemand, il incarne la valeur juive de tsedek — la justice — portée dans l'espace civique. Contraint à l'exil sous le régime nazi, il survécut à la persécution. Son appartenance précise à la lignée des Landsberg prussiens n'est pas établie par les sources disponibles ; il est intégré à ce livre comme porteur d'un même nom et d'un même héritage éthique dans l'histoire juive allemande.
Grigory Landsberg (1890–1957) — Physicien soviétique, Grigory Landsberg contribua de manière décisive à l'optique du XXe siècle, co-découvrant indépendamment de C. V. Raman la diffusion combinatoire de la lumière. Né en 1890, formé dans les universités russes, il travailla à Moscou et publia des travaux qui le placent parmi les grandes figures de la physique soviétique. Son appartenance à la lignée documentée n'est pas établie ; il figure ici comme porteur du nom Landsberg dans la lignée des savants juifs qui investirent le savoir scientifique comme voie d'accomplissement.
Michele Landsberg (née en 1939) — Écrivaine, journaliste et militante féministe canadienne, Michele Landsberg s'est imposée comme l'une des voix féministes majeures du Canada anglophone. Épouse du politicien Stephen Lewis, elle a mené une carrière de chroniqueuse engagée et d'autrice, défendant les droits des femmes et les causes sociales progressistes. Son parcours illustre l'investissement des femmes juives dans l'espace public et le combat pour la justice sociale, prolongeant à sa manière une tradition d'engagement que les Landsberg ont exprimée sous diverses formes à travers les siècles.
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Conclusion
Le nom Landsberg ne raconte pas l'histoire d'une seule famille mais celle d'une manière juive d'habiter le monde : se nommer d'après le lieu, garder dans le nom la trace du déplacement, et faire de la mémoire une forme de fidélité. À travers la fondation communautaire d'Israel Aaron à Landsberg en Saxe, la formation intellectuelle de Meyer Landsberg dans l'orbite de la Haskala berlinoise, le demi-siècle pastoral de Max Landsberg à Rochester, l'engagement civique d'Otto Landsberg pour la République de Weimar, les vies savantes et créatrices dispersées de l'Europe à l'Amérique, et jusqu'à la tragédie et la renaissance de Landsberg am Lech, un même nom aura épousé les grandes épreuves et les grandes vertus du peuple juif.
Entre toutes ces vertus, c'est peut-être la transmission et l'implication dans la vie collective que cette lignée aura le mieux exprimées. Israel Aaron ouvre sa maison avant qu'une synagogue existe ; Meyer Landsberg forme des enseignants à Berlin et réforme une communauté à Hildesheim ; Max Landsberg traduit la Bible, rédige des liturgies, soutient les pauvres de Rochester pendant plus de quarante ans. Chaque génération reçoit un héritage et le transmet augmenté — de savoir, de rites, d'œuvres. En cela, la lignée Landsberg participe pleinement de cette vertu cardinale d'Israël : faire du souvenir un acte, et de la communauté un abri. Le toponyme qui la désigne, humble nom de terre et de montagne, aura ainsi porté, à travers les siècles et les continents, la mémoire vive d'un peuple qui ne cesse de rebâtir là où il s'installe.
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参考文献
- A. Beider ; L. Menk, Dictionnaires des patronymes juifs d'Europe de l'Est (Beider : Empire russe 2008, Royaume de Pologne 1996, Galicie 2004) et judéo-allemands (Menk 2005), Avotaynu
- jewishencyclopedia.com ↗