Hoffenberg 家族
Hoffenberg 家族的姓氏起源、历史与家谱——一个犹太姓氏及其留下的踪迹。
Patronyme ornemental.
地理来源: Allemagne / Pologne
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家族系谱地图
大书 — Hoffenberg
Introduction
C'est à Vashki, bourg lituanien de la région de Šiauliai, que la lignée Hoffenberg prend son visage le plus documenté. Là, pendant quarante-trois années consécutives, un homme nommé Avraham Meir Hoffenberg fut le rabbin de quelque cinquante familles juives dont la vie tournait autour du commerce du lin et de son exportation vers l'Angleterre. C'est de lui que partent les branches que les sources permettent de suivre : vers la Lituanie et la Palestine mandataire, vers les scènes du théâtre yiddish américain, vers des trajectoires aussi diverses que l'idéal sioniste, la création littéraire et, pour finir, l'ombre d'un scandale financier qui appartient à une époque bien éloignée du bourg lituanien.
Le nom que cette famille a porté, Hoffenberg, est né d'une autre histoire, plus ancienne et plus collective : celle des édits administratifs qui, entre la fin du XVIIIe siècle et le premier tiers du XIXe, contraignirent les Juifs de l'espace germanophone puis des empires voisins à se doter d'un patronyme héréditaire fixe. Composé de l'allemand Hoffnung, « l'espérance », et de Berg, « la montagne », il appartient à la famille des noms dits ornementaux — Ziernamen —, ces patronymes choisis moins pour décrire qu'pour affirmer. Mais l'onomastique ne fait ici qu'ouvrir une porte : ce livre la traverse pour atteindre les vies réelles.
Ce Grand Livre s'est construit à partir de sources généalogiques attestées, de notices de yizkor books et de registres communautaires. Il ne prétend pas reconstituer une généalogie exhaustive, mais il entend honorer ce que les sources ont préservé : des noms, des lieux, des vocations, et le fil d'une espérance transmise de génération en génération malgré les ruptures du XXe siècle.
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版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月13日
Chapitre 1 : Vashki — le bourg lituanien d'une lignée rabbinique
Au carrefour des routes qui sillonnent la région de Šiauliai, dans ce qui constituait alors le gouvernement de Kaunas de l'Empire russe, le bourg de Vashki — Vaškiai en lituanien — abritait avant la Première Guerre mondiale une communauté juive d'une cinquantaine de familles. Modeste par la taille, cette communauté n'en était pas moins organisée : elle disposait d'un rabbin, d'une synagogue, et d'une économie dont le commerce du lin et son exportation vers l'Angleterre constituaient l'épine dorsale. Ce tissu de vie — au sens propre comme au sens figuré, car c'est bien du lin qu'il s'agit — formait le cadre quotidien dans lequel la famille Hoffenberg exerça son autorité spirituelle pendant près d'un demi-siècle.
C'est dans ce bourg que Rabbi Avraham Meir Hoffenberg s'installa pour y remplir la charge rabbinique pendant quarante-trois ans, de la fin du XIXe siècle jusqu'à sa mort en 1929. Quarante-trois ans au service d'une même communauté : c'est là une durée qui dit tout de la conception que le judaïsme lituanien — le Litvak — se faisait du rabbinat. Le rabbin n'est pas un fonctionnaire itinérant ; il est un enraciné, un garant de la continuité, celui dont la présence prolongée assure la transmission de la Loi et de la mémoire. En ce sens, Avraham Meir Hoffenberg incarna une vertu que la tradition d'Israël nomme anavah, l'humilité de celui qui s'efface devant sa tâche, qui choisit le petit bourg plutôt que la grande ville et la fidélité quotidienne plutôt que l'éclat des capitales.
La communauté juive de Vashki vivait, comme tant d'autres communautés de la Zone de Résidence, sous la double contrainte de la réglementation tsariste et des aléas économiques. Le commerce du lin la reliait à l'Angleterre industrielle, lui donnant une fenêtre sur l'Occident tout en l'ancrant profondément dans le sol lituanien. Cette position intermédiaire — ni fermée sur elle-même, ni entièrement ouverte — est celle que partageaient des dizaines de bourgades juives de Lituanie, de Pologne et de Biélorussie, ces shtetlekh dont la Shoah allait effacer jusqu'au souvenir.
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Chapitre 2 : Un rabbin forgé par les grandes yeshivot lituaniennes
Avraham Meir Hoffenberg ne vint pas au rabbinat par hasard. Sa formation intellectuelle est celle d'un homme qui a fréquenté les institutions les plus prestigieuses du judaïsme lituanien de la seconde moitié du XIXe siècle. Il étudia d'abord à la yeshiva de Mir — la Mir Yeshiva —, l'un des foyers les plus rayonnants de la pensée talmudique d'Europe orientale, fondée en 1815 dans la bourgade de Mir (auj. Biélorussie). De Mir, il se rendit à Kaunas — Kovno en yiddish — pour y étudier sous la direction du Rabbi Eliezer Gardan. Il paracheva enfin sa formation à la grande yeshiva de Volozhin, l'Eyts-Hayim, l'arbre de vie, fondée en 1803 par Rabbi Hayyim de Volozhin, disciple du Gaon de Vilna, et qui fut, pendant tout le XIXe siècle, la principale institution talmudique d'Europe orientale avant sa fermeture forcée par les autorités tsaristes en 1892.
Ce parcours — Mir, Kovno, Volozhin — dessine une carte intellectuelle précise. C'est la carte du Litvak, du Juif lituanien pour qui l'étude de la Torah est une discipline rigoureuse, presque scientifique, méfiante de l'enthousiasme mystique hassidique, attachée à la précision du texte, à l'argumentation logique, au respect hiérarchique des autorités rabbiniques. La grande valeur du talmud torah — l'étude comme vocation suprême et forme de service divin — est ici incarnée par un homme qui, avant d'exercer une quelconque autorité, consacra ses années de formation à asseoir son savoir sur les fondements les plus solides que son époque pouvait lui offrir.
Que cet homme issu des grandes yeshivot lituaniennes ait choisi de s'installer à Vashki, bourg de cinquante familles, plutôt que de briguer une chaire rabbinique dans une ville plus illustre, n'est pas sans signification. Il y a là, peut-être, le refus de la prestance au profit du service concret, une forme d'anavah — humilité — qui est précisément l'une des vertus que le monde lituanien cultivait le plus explicitement, comme en réaction à ce qu'il percevait comme l'exubérance d'autres courants spirituels de son temps.
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Chapitre 3 : Une famille dans la tourmente — de Vashki aux rivages du monde
Avraham Meir Hoffenberg et son épouse Ita Broche, née Markov, eurent une nombreuse descendance. Les sources généalogiques consultées permettent d'identifier plusieurs de leurs enfants : Yerachmiel, Sara Menucha Sotzka, Azriel, Shmuel Leyzer, Peisakh Yakov, Itsyk, Mordkhel, Zelman Pinchas, Leah et Chaya Rivke. Ces noms, pour la plupart hébraïques ou yiddish, sont ceux d'une famille du monde ashkénaze de Lituanie, profondément enracinée dans sa tradition. Mais les trajectoires de cette fratrie dessinent exactement la carte des ruptures et des reclassements que le XXe siècle imposa aux Juifs d'Europe orientale.
Yerachmiel Hoffenberg, né en 1894 à Vashki, prit le chemin d'Eretz Israël en 1924, poussé par des convictions sionistes-socialistes. Son aliyah — littéralement la « montée » vers la Terre d'Israël — s'inscrit dans le courant de la Troisième Aliyah et dans le sillage de la Déclaration Balfour de 1917, qui avait rouvert la perspective d'un foyer national juif en Palestine. Yerachmiel et son épouse Hayna, née Yatskan, s'établirent en Palestine mandataire et y vécurent jusqu'à leurs morts respectives — Hayna en 1965, Yerachmiel en 1975. Leur fils Shraga est l'un des témoins qui ont transmis aux registres généalogiques la mémoire de la famille.
La lignée Yatskan est elle-même notable : un membre de cette famille s'était rendu à Varsovie où il fonda le Haynt, l'un des grands journaux yiddish de la capitale polonaise, référence incontournable de la presse juive d'avant-guerre. Ce lien par alliance avec le monde de la presse yiddish n'est pas anecdotique : il illustre comment les familles de la zone de résidence lituanienne se trouvaient connectées, par les femmes comme par les hommes, à des réseaux intellectuels et culturels qui transcendaient les frontières du bourg.
Sara Menucha Sotzka, née elle aussi en 1894 à Vashki, épousa le Rabbi Eliezer Levin et mourut en 1959. Son frère Azriel suivit un chemin différent : il traversa l'Atlantique et s'installa aux États-Unis, où il vécut chez sa sœur Sara et son beau-frère. Sa vocation fut celle du théâtre : Azriel Hoffenberg fut auteur de pièces de théâtre yiddish, ce qui le rattache à l'efflorescence culturelle de la diaspora ashkénaze américaine dans la première moitié du XXe siècle, quand le yiddish était encore la langue vivante de millions de Juifs et que le théâtre en était l'expression la plus populaire et la plus féconde.
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Chapitre 4 : Le théâtre yiddish — Azriel Hoffenberg et la scène américaine
Le théâtre yiddish occupe dans la mémoire culturelle ashkénaze une place comparable à celle que le répertoire classique tient dans d'autres traditions : celle d'une forme d'art populaire qui est simultanément divertissement, examen moral, exutoire politique et mémoire collective. Né à Iași en 1876 sous la plume d'Abraham Goldfaden, porté vers les États-Unis par la grande vague migratoire, le théâtre yiddish fleurit à New York, Chicago et Philadelphie entre les années 1880 et les années 1940, avec un foyer principal dans le Lower East Side de Manhattan, sur la Seconde Avenue que l'on surnomma le Broadway yiddish.
C'est dans ce milieu qu'Azriel Hoffenberg, fils du rabbin de Vashki, porta son écriture. La source ne précise pas le contenu de ses pièces ni leurs dates de représentation, mais le fait qu'un homme issu d'une famille rabbinique lituanienne, profondément ancré dans la tradition talmudique, ait choisi le théâtre comme vocation dit quelque chose d'important sur les mutations de la culture juive ashkénaze au tournant du XXe siècle. L'écriture dramatique — art de la voix, de la confrontation, du dialogue — n'est pas si éloignée de la dialectique du pilpul talmudique : dans les deux cas, il s'agit de faire s'affronter des arguments, de mettre des positions en tension, de trouver dans le conflit une résolution. Le fils du rabbin qui écrit des pièces de théâtre n'a peut-être pas rompu avec l'héritage de son père autant qu'il pourrait y paraître.
Le fait qu'Azriel ne se soit jamais marié et ait vécu chez sa sœur et son beau-frère rabbinique dessine aussi la figure discrète d'un homme consacré à son art, vivant dans l'entourage de la tradition familiale tout en en explorant les marges créatrices. En lui, la lignée Hoffenberg ajoute à la piété rabbinique du père une dimension de création littéraire qui élargit son empreinte dans la culture juive moderne. La tradition juive valorise le savoir et l'expression comme voies d'élévation ; qu'elles prennent la forme du Talmud ou du théâtre n'en change pas la dignité fondamentale.
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Chapitre 5 : La géographie du nom — de l'espace germanophone à la Zone de Résidence
Le patronyme Hoffenberg appartient à la grande vague des noms de famille imposés aux Juifs de l'espace germanophone par une série d'édits administratifs à partir de la fin du XVIIIe siècle. L'édit de Joseph II de 1787 dans les terres des Habsbourg fut l'un des premiers à rendre obligatoire l'adoption d'un patronyme héréditaire fixe pour les communautés juives. La Prusse suivit en 1812, et les provinces de l'Empire russe ainsi que le Royaume de Pologne s'engagèrent à leur tour dans cette voie au cours des décennies suivantes. Les grands dictionnaires onomastiques d'Alexander Beider — couvrant respectivement l'Empire russe, le Royaume de Pologne et la Galicie — et de Lars Menk pour le domaine judéo-allemand constituent les références de référence pour comprendre ce processus.
Le patronyme Hoffenberg est classé parmi les Ziernamen, les noms ornementaux, composé de l'allemand Hoffnung (espoir, espérance) et Berg (montagne, colline). Les répertoires généalogiques — Ancestry, 23andMe — confirment cette étymologie et soulignent que des formes voisines comme Hoffberg procèdent du même radical. Le suffixe -berg est l'un des plus productifs de l'onomastique ashkénaze, précisément parce qu'il évoque solidité, élévation et permanence — qualités qu'une famille contrainte de se nommer pour la première fois pouvait vouloir s'attribuer.
La diffusion du nom depuis l'espace germanophone vers la Galicie, la Bohême, puis la Lituanie et les provinces occidentales de l'Empire russe est le schéma habituel de la propagation de ces patronymes germanophones à travers le monde ashkénaze. La présence documentée de la famille à Vashki — petite localité du gouvernement de Kaunas, soit dans l'ancienne Zone de Résidence — confirme ce mouvement. La grande migration transatlantique qui, entre 1881 et 1924, transporta des millions de Juifs d'Europe orientale vers l'Amérique du Nord, dispersa ensuite le nom sur le nouveau continent, où il demeure aujourd'hui rare : il se classait au 85 659e rang des patronymes américains lors du recensement de 2010, en légère baisse depuis 2000 où il occupait le 83 965e rang.
Cette instabilité graphique qui accompagne toutes les migrations — un même nom transcrit tantôt en caractères hébraïques, tantôt en cyrillique, tantôt en alphabet latin par des greffiers austro-hongrois, polonais, russes puis par des officiers d'immigration américains — est la marque même de l'exil. Les formes Gofenberg, Hofenberg ou Hofenberger, que l'on rencontre dans les registres de la famille de Vashki, en sont de parfaits exemples. Reconstituer une généalogie Hoffenberg suppose de croiser les registres d'état civil lituaniens, les manifestes de navires et les recensements américains, en s'appuyant sur la clef méthodologique que fournissent les dictionnaires de Beider et de Menk.
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Chapitre 6 : L'espérance comme structure — le nom dans la mémoire d'Israël
Il faut maintenant lire le nom pour ce qu'il dit au regard de la trajectoire documentée de la famille. Choisir, au seuil du XIXe siècle, d'inscrire le mot Hoffnung dans son patronyme n'était pas anodin pour une famille juive. L'espérance, dans la tradition d'Israël, n'est pas un sentiment vague : elle est structurelle. L'hymne national de l'État hébreu s'intitule Ha-Tikvah — « L'Espérance ». Le prophète Jérémie promet à ceux qui reviendront « un avenir et une espérance ». Toute la liturgie de l'exil est tendue vers un accomplissement à venir.
Mais avec la famille Hoffenberg de Vashki, cette espérance n'est plus seulement un concept onomastique : elle se vérifie dans les vies. Yerachmiel monte en Palestine en 1924, poussé par la conviction que le retour est possible, que le projet sioniste n'est pas une utopie mais un chemin praticable. Il incarne la tikvah comme programme d'action : son aliyah est la traduction biographique de ce que le nom de la famille portait en germe. Le rabbin de Vashki, son père, avait maintenu pendant quarante-trois ans la communauté dans l'espérance de la continuité ; son fils réalise cette espérance en termes territoriaux.
Cette imbrication entre le destin singulier d'une famille et la mémoire collective d'Israël donne au nom toute sa gravité. Là où d'autres patronymes ornementaux évoquent la richesse (Goldberg), la beauté (Rosenthal) ou la nature (Lindenbaum), Hoffenberg choisit l'espérance — vertu par excellence de l'attente et de la fidélité. La lignée de Vashki en aura fait une réalité vécue : par le rabbinat du père, par le théâtre du fils, par l'aliyah de l'autre fils, par la piété de la fille mariée à un rabbin. Chaque trajectoire porte, à sa manière, l'espérance en acte.
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Chapitre 7 : L'ombre et la lumière — de la tradition à la modernité américaine
Le même nom qui désigne un rabbin de Lituanie et un auteur de théâtre yiddish porte aussi, dans la chronique judiciaire américaine du XXe siècle, une ombre que l'honnêteté de ce livre ne peut éluder. Steven Jude Hoffenberg, né le 12 janvier 1945 et mort en août 2022, fut fondateur de la société Towers Financial et se trouva au centre de l'une des plus grandes escroqueries pyramidales de son temps, spoliateur de milliers d'investisseurs.
La tradition juive tient la confiance — emunah — et l'honnêteté dans les affaires — yosher — pour des exigences majeures. Le Talmud enseigne, dans le traité Shabbat, que la première question posée à l'âme au seuil du jugement céleste est de savoir si elle a mené ses transactions avec droiture : nasata venatata be-emunah — « as-tu acheté et vendu avec intégrité ? ». Le contraste entre cette exigence et la trajectoire de Steven Hoffenberg est saisissant. Ici, le berg de l'espérance se renverse en précipice : la même élévation que le nom promettait se transforme en chute.
Il serait inexact, cependant, de laisser cette figure éclipser le reste. Steven Hoffenberg n'appartient pas à la lignée documentée de Vashki — les sources ne permettent pas d'établir un lien généalogique avec la famille du rabbin Avraham Meir. Il partage un patronyme, pas nécessairement une ascendance directe. Cette précision n'est pas une esquive : elle rappelle simplement que le nom Hoffenberg, comme tout nom, a été porté par des individus dont les destins ne se résument pas les uns aux autres. La vertu du zakhor — se souvenir — implique de se souvenir de tout : les gloires et les fautes, les élévations et les effondrements. C'est à cette honnêteté que le présent livre s'est astreint.
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Les grandes figures
Rabbi Avraham Meir Hoffenberg (1853–1929) — En hébreu : אברהם מאיר הופנברג. Rabbin de Vashki (Lituanie) pendant quarante-trois ans, il est la figure centrale documentée de la lignée. Formé à la yeshiva de Mir, puis auprès de Rabbi Eliezer Gardan à Kaunas, puis à la célèbre yeshiva Eyts-Hayim de Volozhin, il s'installa à Vashki où il exerça sa charge rabbinique jusqu'à sa mort. À la tête d'une communauté d'environ cinquante familles vivant du commerce du lin, il incarna la piété studieuse du monde lituanien et laissa une descendance nombreuse dont plusieurs membres se dispersèrent ensuite vers l'Amérique et la Palestine.
Yerachmiel Hoffenberg (1894–1975) — Fils du rabbin Avraham Meir Hoffenberg, né à Vashki. Convaincu par l'idéal sioniste-socialiste, il accomplit son aliyah en 1924, parmi les pionniers de la Troisième Aliyah, et s'établit définitivement en Palestine mandataire avec son épouse Hayna, née Yatskan. Il vécut jusqu'en 1975 en Israël. Sa trajectoire est la traduction biographique de l'espérance portée par le nom familial : du bourg lituanien à la Terre retrouvée, il fit de la tikvah un programme de vie. Son fils Shraga est l'un des témoins qui ont transmis la mémoire de la famille.
Azriel Hoffenberg (dates inconnues) — Fils du rabbin Avraham Meir Hoffenberg, né à Vashki. Auteur de pièces de théâtre yiddish, il émigra aux États-Unis où il vécut chez sa sœur Sara Menucha et son beau-frère le Rabbi Eliezer Levin. Il ne se maria jamais. Sa vocation artistique, dans le milieu effervescent du théâtre yiddish américain de la première moitié du XXe siècle, prolonge l'héritage intellectuel paternel en le déplaçant vers la scène et la création littéraire. Aucune pièce identifiée à ce jour par les sources consultées ne lui est formellement attribuée avec précision de titre.
Sara Menucha Sotzka Levin, née Hoffenberg (1894–1959) — Fille du rabbin Avraham Meir Hoffenberg, née le 1er mars 1894 à Vashki. Elle épousa le Rabbi Eliezer Levin et accueillit chez elle son frère Azriel, dramaturge. Elle mourut en 1959. Sa vie illustre la continuité de la tradition rabbinique au sein de la lignée : par son mariage, elle maintint un lien fort entre la famille Hoffenberg et le monde de l'autorité halakhique, assurant ainsi la transmission d'une identité à la fois familiale et communautaire.
Steven Jude Hoffenberg (1945–2022) — Homme d'affaires américain. Fondateur de la société Towers Financial, il fut condamné pour l'une des plus vastes escroqueries pyramidales de son époque, ayant spolié des milliers d'investisseurs. Sa vie et sa condamnation constituent l'ombre que ce livre rapporte avec honnêteté, sans lien généalogique établi avec la famille rabbinique de Vashki. Il mourut en août 2022. Sa trajectoire illustre, par contraste saisissant, ce que la tradition juive — exigeant yosher (droiture) et emunah (confiance) dans les affaires — tient pour une faute majeure.
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Conclusion
Au terme de ce parcours, la lignée Hoffenberg révèle une profondeur que l'étymologie seule ne pouvait soupçonner. Le nom est né d'un décret administratif ; il a été incarné par un rabbin de province qui consacra quarante-trois ans au service d'une petite communauté lituanienne, par ses fils qui se dispersèrent entre la Palestine et les scènes du théâtre yiddish américain, par ses filles qui perpétuèrent la tradition rabbinique par leurs alliances. Ces vies constituent, ensemble, un témoignage sur ce que le judaïsme ashkénaze fut dans sa plénitude : enraciné dans l'étude, ouvert aux migrations, capable de se réinventer sans se renier.
Entre toutes les vertus que la tradition d'Israël a portées à travers les siècles, la lignée Hoffenberg aura exprimé, avant tout, l'espérance comme structure de l'existence — non pas comme un ornement du nom, mais comme une conduite de vie. Rabbi Avraham Meir Hoffenberg l'exprima par la fidélité de quarante-trois ans à Vashki, refusant le prestige pour choisir le service quotidien. Yerachmiel l'exprima par son aliyah de 1924, faisant de la tikvah un programme concret plutôt qu'un hymne. Azriel l'exprima par le théâtre yiddish, ce genre qui, même dans le dénuement de l'émigration, affirme que la parole et la scène sont dignes d'une vie entière.
La Shoah a effacé le monde dont cette famille était issue : les communautés de Lituanie, les bourgades comme Vashki, le théâtre yiddish dans sa langue vive. Mais le fil n'a pas été rompu. Les descendants d'Avraham Meir Hoffenberg ont porté son nom jusqu'en Israël et jusqu'en Amérique. Chaque porteur du nom, chaque acte de naissance où il réapparaît, prolonge ce que la tradition appelle sh'erit ha-pletah — le reste échappé, ceux qui portent encore le nom des disparus. Et tant que ce nom se prononce, la montagne de l'espérance tient encore, et l'avenir demeure ouvert.
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参考文献
- A. Beider ; L. Menk, Dictionnaires des patronymes juifs d'Europe de l'Est (Beider : Empire russe 2008, Royaume de Pologne 1996, Galicie 2004) et judéo-allemands (Menk 2005), Avotaynu