Federbusch 家族
Federbusch 家族的姓氏起源、历史与家谱——一个犹太姓氏及其留下的踪迹。
Ornamental surname ("plume").
地理来源: Galicie
登记簿 记忆 · 保管人,非所有者
家族系谱地图
大书 — Federbusch
Introduction
À Narol, bourgade de Galicie orientale, le 15 février 1892, naît un enfant dans une famille de hassidim et de lettrés. Son père s'appelle Hersch, sa mère Czarna. Leur fils se nommera Simon — Shimon en hébreu, Szymon en polonais, Shimen en yiddish. Ce garçon deviendra rabbin, député, grand-rabbin d'un pays nordique, penseur du sionisme religieux, défenseur de réfugiés pourchassés, bâtisseur d'institutions juives sur deux continents. Le nom qu'il portera est Federbusch — un plumet, une aigrette de plumes : nom léger comme l'ornement qui le désigne, lourd comme le siècle qu'il traversera.
Ce livre suit cette lignée depuis les bureaux de l'empire austro-hongrois où le patronyme prit forme, jusqu'aux tribunes du Sejm polonais, aux synagogues d'Helsinki, aux cercles sionistes de New York et aux pentes de Jérusalem où Simon Federbusch repose. Il ne prétend pas à une généalogie exhaustive : les archives galiciennes sont lacunaires, et le nom Federbusch fut probablement attribué à plusieurs foyers non apparentés lors des recensements de la fin du XVIIIᵉ siècle. Mais il suit, pas à pas, le destin d'un homme et d'une famille qui ont incarné, avec une constance remarquable, ce que la tradition juive a de plus exigeant : l'alliance du savoir de la Loi et de l'engagement au service de la collectivité.
Nous avancerons prudemment, distinguant toujours ce que l'archive établit, ce que la tradition transmet, et ce que l'hypothèse éditoriale conjecture honnêtement.
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版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月13日
Chapitre 1 : Narol, 1892 — une famille de Galicie orientale
La ville de Narol se trouve à l'extrême sud-est de l'actuelle Pologne, dans ce qui fut, jusqu'en 1918, la Galicie orientale de la couronne austro-hongroise. Petite bourgade de province, elle appartient à cet espace dense et vivant que formaient des centaines de communautés juives entre Cracovie et Lemberg, entre la Vistule et le Dniestr. C'est là que naît Simon Federbusch, le 15 février 1892, fils de Hersch et Czarna Federbusch.
La famille est d'origine hassidique et compte parmi ces foyers où l'étude des textes sacrés et la piété mystique du mouvement fondé par le Baal Shem Tov se conjuguent depuis au moins une génération. Ce terreau familial façonne durablement Simon : il reçoit une éducation à la fois pieuse et rigoureuse, et est ordonné rabbin lorsqu'il a dix-huit ans, avant même d'entreprendre des études universitaires. Cette précocité rabbinique, inhabituelle même dans les milieux les plus érudits, témoigne d'une formation intense et d'un entourage familial profondément ancré dans la tradition.
La Galicie de 1892 est à la fois un monde en plein essor intellectuel et une région traversée par de profondes tensions. L'empire austro-hongrois, depuis l'Édit de tolérance de Joseph II (1787) et les réformes qui suivirent, a accordé aux Juifs des droits civils progressifs tout en les contraignant à l'adoption de patronymes fixes germaniques. Les communautés juives de Galicie y répondent par une double fidélité : à la Loi et à la modernité naissante. Narol, modeste parmi les modestes, participe de ce grand mouvement. De cette petite ville, un enfant partira vers les universités de Cracovie, de Lemberg et de Vienne ; il reviendra, par la plume et l'action, vers la cause de tout son peuple.
La famille du nom Federbusch — « plumet » en allemand — appartient ainsi à cette génération charnière qui reçut un patronyme ornemental de l'administration impériale et en fit, par le travail et l'étude, quelque chose de plus durable qu'un simple titre de registre. L'humilité de cette origine n'efface pas la grandeur de ce que la génération suivante en fera.
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Chapitre 2 : Des yeshivot aux universités — la formation d'un homme double
La trajectoire intellectuelle de Simon Federbusch est celle d'un homme résolument double : rabbin formé par les maîtres de la tradition, et docteur formé par l'université laïque. Cette dualité n'est pas contradiction chez lui — elle est programme.
Après son ordination rabbinique, Federbusch étudie aux universités de Cracovie, de Lviv et de Vienne, où il obtient son doctorat en philosophie en 1922. L'année suivante, il reçoit également un diplôme rabbinique de la Israelitisch-Theologische Lehranstalt de Vienne — la grande institution de formation rabbinique de l'empire, où cohabitent les courants libéraux et conservateurs du judaïsme d'Europe centrale. Il s'établit à Lvov (Lemberg) et devient membre du Sejm polonais de 1922 à 1928.
Ces années d'université coïncident avec la naissance d'un engagement politique et communautaire dont la vigueur ne se démentira jamais. Actif dans le mouvement Mizrachi dès ses années d'études, Federbusch contribue à la fondation de Ha-Po'el ha-Mizrachi et préside l'Organisation Mizrachi de Galicie de 1924 à 1930. Le mouvement Mizrachi — contraction de merkaz ruhani, « centre spirituel » — est le courant du sionisme religieux qui entend concilier fidélité à la halakha et construction nationale en Terre d'Israël. Pour un jeune rabbin galicien, y adhérer dès 1918 en fondant la branche estudiantine Zeire Mizrachi représente un acte à la fois intellectuel et politique d'une grande audace : c'est affirmer que la Torah n'est pas incompatible avec la modernité, et que la renaissance nationale juive peut s'accomplir dans le respect de la Loi.
Durant ces années, il dirige Gilyonot, un hebdomadaire en hébreu, et Mizraḥah, un mensuel en hébreu. Ces deux publications illustrent une conviction qui traverse toute son œuvre : la langue hébraïque n'est pas seulement la langue de la prière, elle est l'instrument d'un renouveau culturel et national. En tenant une plume journalistique autant que rabbinique, Federbusch incarne la vertu du savoir mis en partage — non pas l'érudition repliée sur elle-même, mais la connaissance offerte à la communauté sous une forme accessible.
Cette formation duale — yeshiva et université, Talmud et philosophie moderne, hébreu et allemand — constitue le fondement de tout ce qui suivra. Elle explique qu'un homme puisse être à la fois grand-rabbin, député, penseur politique et journaliste, sans que ces rôles lui paraissent contradictoires. Elle dit aussi, en creux, ce que la génération de la Galicie fin-de-siècle avait de singulier : une capacité à habiter plusieurs mondes à la fois, à ne pas choisir entre la fidélité aux ancêtres et l'ouverture à la modernité.
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Chapitre 3 : Au Sejm de Varsovie — la voix des minorités
Le 3 novembre 1922, Simon Federbusch prend son siège au Sejm de la République polonaise reconstituée. Il représente le district de Lwów (Lviv) sous les couleurs du Bloc des minorités nationales — cette coalition qui réunit, face à la majorité polonaise catholique, les délégués juifs, ukrainiens, biélorusses et allemands de la nouvelle République. Il siégera jusqu'au 27 novembre 1927.
Ces cinq années au parlement polonais ne sont pas celles d'un homme de coulisse. Au Sejm, Federbusch soutient vigoureusement la législation en faveur de l'éducation juive et de la réhabilitation des victimes juives de la guerre. La Pologne de l'entre-deux-guerres est un pays où la question juive est explosive : pogroms, discriminations économiques, débats sur les quotas universitaires, montée des nationalismes. Dans ce contexte, prendre la parole à la tribune du Sejm pour défendre l'école juive, pour réclamer des droits pour des communautés ravagées par la Première Guerre mondiale, c'est exercer une forme de courage civil que la tradition juive nomme kiddouch ha-Shem au sens large — sanctifier le nom de Dieu par la droiture de sa conduite dans le monde.
La justice — tsedek — est ici au cœur de l'action. Non la justice abstraite des discours, mais celle qui se négocie pied à pied dans les couloirs d'un parlement, dans les amendements à une loi scolaire, dans les plaidoyers pour des populations appauvries. Federbusch apporte à ce combat la double légitimité du rabbin et du docteur : il parle la langue du droit positif et celle de la Loi divine, et cette double maîtrise lui donne une autorité que peu de ses contemporains possèdent.
Simultanément, il préside la Mizrachi de Galicie et nourrit de ses articles les publications hébraïques qu'il dirige. Son engagement parlementaire n'est jamais séparé de sa vision sioniste : pour lui, défendre les droits des Juifs de Pologne et œuvrer à la construction d'un foyer national en Palestine sont deux faces d'une même exigence. La implication dans la vie collective — à l'échelle locale, nationale et internationale — est chez lui une conviction viscérale, pas un programme de carrière.
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Chapitre 4 : Helsinki, 1930–1941 — grand-rabbin aux confins du Nord
En 1930, Simon Federbusch accepte la charge de rabbin de la Communauté hébraïque unie d'Helsinki. L'année suivante, il est élu grand-rabbin de Finlande — titre qu'il occupera jusqu'à son départ lors de la Guerre d'Hiver soviéto-finlandaise de 1939–1940.
Helsinki est, pour un rabbin galicien de quarante ans, un poste aux confins du monde juif. La Jewish Telegraphic Agency souligne, à l'annonce de sa nomination, qu'il vient d'une famille de hassidim et de lettrés juifs, et que son arrivée représente un choix délibéré pour une communauté qui cherche à ancrer son service religieux dans la tradition tout en s'ouvrant aux exigences de la modernité nordique. La communauté juive d'Helsinki est petite — quelques centaines de familles — mais vivante, enracinée depuis le milieu du XIXᵉ siècle dans la ville grâce aux anciens soldats juifs de l'armée du tsar démobilisés sur place.
Pour Federbusch, ces années finlandaises sont à la fois un isolement et une responsabilité. Loin des grands foyers intellectuels de Lemberg ou de Varsovie, il maintient son travail d'écriture, contribue aux débats du mouvement sioniste international et participe aux instances du Congrès juif mondial. Mais c'est surtout dans le rapport à l'urgence humanitaire que sa présence à Helsinki prend tout son sens. À partir de 1933, le grand-rabbin obtient des visas pour des réfugiés fuyant l'Allemagne nazie — une action concrète, discrète, menée au contact direct des autorités finlandaises, dans un pays où la politique d'immigration est restrictive et où la pression xénophobe des milieux économiques s'exerce ouvertement contre l'accueil de réfugiés juifs.
Le consulat finlandais à Vienne avait adopté une politique relativement libérale d'octroi de visas aux Juifs autrichiens, permettant à quelques centaines d'entre eux d'entrer dans le pays. Federbusch s'inscrit dans ce courant de résistance morale à la fermeture des frontières — non par défi politique, mais par une conviction simple, ancrée dans la halakha : sauver une vie, piquoua'h nèfèsh, prime sur presque toute autre considération. Chaque visa obtenu est un acte de charité au sens le plus haut — non pas l'aumône, mais le sauvetage.
Lorsque la guerre soviéto-finlandaise éclate en novembre 1939, Federbusch quitte sa congrégation pendant la Guerre d'Hiver, et la communauté d'Helsinki se retrouve sans guide spirituel, contrainte de chercher ailleurs un rabbin pour ses cérémonies. Fin de l'épisode nordique : Federbusch gagne les États-Unis, portant avec lui une décennie d'expérience pastorale, politique et humanitaire.
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Chapitre 5 : New York — reconstruire sur les décombres
L'Amérique accueille Simon Federbusch comme elle a accueilli tant d'autres lettrés et rabbins arrachés à l'Europe par la guerre et la menace de l'extermination. À New York, il retrouve un monde yiddish et hébraïque dense, traversé par les débats sur le sionisme, sur la réponse à apporter à la Shoah qui s'accomplit en Europe, sur l'avenir de la communauté juive mondiale.
De 1942 à 1948, Federbusch préside Ha-Po'el Ha-Mizrachi d'Amérique. Ce mouvement — l'aile ouvrière du sionisme religieux — représente alors des dizaines de milliers de membres en Amérique du Nord et constitue l'un des relais les plus actifs du projet de construction de l'État juif. Présider cette organisation dans les années les plus sombres et les plus décisives — celles de la Shoah, de la fin du mandat britannique et de la naissance de l'État d'Israël en 1948 — est une responsabilité écrasante et une mission historique.
Parallèlement, dès 1944, il préside la Histadrut Ivrit — la fédération des amis de la langue hébraïque aux États-Unis —, ainsi que l'exécutif de la Brit Ivrit Olamit (l'Union hébraïque mondiale). La centralité de la langue hébraïque dans sa vision n'est pas un caprice d'érudit : pour Federbusch, l'hébreu est le lien vivant entre le peuple dispersé et sa terre, la condition même d'une renaissance nationale authentique. Faire vivre l'hébreu en diaspora, c'est préparer le retour — non pas seulement géographique, mais spirituel et culturel.
Son œuvre publiée en hébreu, à New York et en Israël, embrasse les questions fondamentales de la pensée politique juive : les rapports entre la Torah et l'État, la place de la démocratie dans l'héritage prophétique, les fondements du droit hébraïque. Ces travaux montrent un esprit qui n'a jamais renoncé à penser systématiquement, même dans les années de catastrophe. L'apport à la pensée juive — cette vertu intellectuelle par laquelle un individu enrichit le patrimoine commun de son peuple — est ici pleinement accompli.
Il est membre de l'exécutif du Congrès juif mondial, du Comité des actions sionistes mondial et du Conseil mondial Mizrachi, ainsi que du présidium de l'Agence juive mondiale. Cette constellation d'engagements dit l'ampleur d'une présence institutionnelle qui dépasse de loin le strict cadre rabbinique : Federbusch est un homme de réseaux et d'institutions, convaincu que l'avenir du peuple juif se joue autant dans les salles de conférences internationales que dans les maisons d'étude.
Simon Federbusch s'éteint à New York le 20 août 1969. Il sera inhumé à Jérusalem — sur la terre même qu'il avait consacrée sa vie à construire. Ce détail final dit tout : l'homme de la diaspora avait toujours su où était sa demeure.
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Chapitre 6 : Un nom parmi les nations — dispersion et renaissance
Après la Shoah, le nom Federbusch se retrouve dispersé sur plusieurs continents. Cette dispersion n'est pas seulement une donnée démographique : elle est le miroir fidèle de la condition juive moderne, faite de ruptures et de reconstructions. De la Galicie effacée à l'État d'Israël renaissant, du shtetl aux métropoles américaines, les porteurs du nom ont suivi les grands courants migratoires du judaïsme du XXᵉ siècle.
Les communautés où le patronyme était enraciné — celles de Galicie orientale et occidentale, du sud-est polonais — furent parmi les plus durement anéanties entre 1941 et 1944. Des villes entières où la vie juive avait fleuri pendant des siècles furent vidées, leurs habitants déportés ou assassinés sur place. Il serait à la fois indélicat et malhonnête de prétendre reconstituer le sort individuel de chaque porteur du nom : les archives, quand elles subsistent, sont lacunaires, et le silence lui-même fait partie du récit.
Ce que l'on peut dire avec certitude, c'est que la survie du nom hors d'Europe tient à l'émigration antérieure et à l'exil précipité de ceux qui échappèrent au désastre. Simon Federbusch, passé de la Finlande à New York avant que le pire ne s'accomplisse, appartient à cette génération de passeurs qui portèrent au-delà de l'océan la mémoire d'un monde englouti.
En Israël, le nom s'insère dans le projet même auquel Federbusch avait consacré sa pensée et son action : celui d'une nation juive souveraine, réconciliée avec sa Loi et avec son histoire. Il y a là une cohérence saisissante entre l'engagement intellectuel et politique d'une figure de la lignée et la destinée collective d'une partie de ses descendants et homonymes. Le sionisme religieux, dont Federbusch fut un praticien et un théoricien, ne resta pas lettre morte : il devint l'une des composantes vivantes de la société israélienne, portée par des institutions — partis, kibbutzim, écoles — auxquelles il avait contribué à donner forme.
La tradition juive appelle zakhor — « souviens-toi » — ce devoir de mémoire qui transforme la perte en fondation. Les lignées qui, comme celle-ci, ont survécu à la césure portent en elles ce commandement : ne pas laisser le nom s'effacer, fût-il aussi léger qu'un plumet.
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Chapitre 7 : Le nom et ses racines — origine et géographie d'un patronyme galicien
Il faut dire un mot, enfin, de ce plumet qui donne son nom à cette lignée. Le patronyme Federbusch appartient à la vaste famille des noms juifs « ornementaux » d'Europe centrale et orientale : des formations germaniques évocatrices — fleurs, pierres, métaux, éléments du paysage — que les administrations des empires austro-hongrois, prussien et russe imposèrent ou laissèrent choisir aux communautés juives entre la fin du XVIIIᵉ et le début du XIXᵉ siècle. Feder signifie « plume » en allemand, Busch désigne une « touffe, un buisson » — et l'ensemble évoque le plumet, l'aigrette ornementale qui couronnait les chapeaux et les casques d'apparat.
Ce choix — ou cette attribution — n'implique aucune fonction héréditaire, aucune vocation préalable. Il relève de cette esthétique décorative que les fonctionnaires et les familles combinaient à partir d'un stock limité de racines. Les travaux de référence recensent la diffusion de Federbusch principalement en Galicie et dans les territoires de l'ancien Royaume de Pologne, foyers où la population juive était dense et où l'imposition des noms fut particulièrement systématique lors des recensements de l'ère joséphine (décrets de 1787 pour la Galicie autrichienne).
On se gardera ici de toute généalogie légendaire. On ne peut pas, sur la seule foi d'un nom partagé, relier entre eux tous les Federbusch du monde en une famille unique : le patronyme fut probablement attribué indépendamment à plusieurs foyers non apparentés, comme ce fut le cas pour la plupart des noms ornementaux. Il y a dans cette histoire du patronyme une humilité fondatrice : un peuple contraint de se plier à la loi de l'empire sans renoncer à son identité intérieure, recevant un nom léger et le chargeant, au fil des générations, d'un contenu spirituel qui le dépasse infiniment.
L'ironie douce — sans doute fortuite — est que ce nom signifiant « plumet » ait été porté par des hommes de plume. La tradition juive aime ces coïncidences où le nom semble, après coup, révéler une vocation. Là où la mémoire voudrait lire un présage, l'histoire rappelle sobrement que l'attachement à l'écrit — au livre, au commentaire, à la lettre — fut celui de tout un peuple, et non le privilège d'une famille. Mais la coïncidence n'en est pas moins belle.
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Les grandes figures
Simon Federbusch (15 février 1892 – 20 août 1969), aussi connu sous les formes Shimon Federbush (hébreu), Szymon Federbusch (polonais) et Shimen Federbush (yiddish) — Né à Narol, en Galicie orientale austro-hongroise, fils de Hersch et Czarna Federbusch, Simon Federbusch est la figure centrale et la mieux documentée de cette lignée. Ordonné rabbin à dix-huit ans, il accomplit parallèlement un cursus universitaire complet à Cracovie, Lviv et Vienne, où il obtient un doctorat en philosophie (1922) puis un diplôme de la Israelitisch-Theologische Lehranstalt (1923). Cofondateur de Zeire Mizrachi en 1918 et président de la Mizrachi de Galicie (1924–1930), il siège au Sejm polonais de 1922 à 1927 sous les couleurs du Bloc des minorités nationales, défendant l'éducation juive et la réhabilitation des victimes de guerre. Il dirige parallèlement les publications hébraïques Gilyonot et Mizraḥah. Grand-rabbin de Finlande à Helsinki de 1931 à 1941, il y obtient des visas pour des réfugiés fuyant le nazisme. Réfugié aux États-Unis lors de la Guerre d'Hiver, il préside Ha-Po'el Ha-Mizrachi d'Amérique (1942–1948) et la Histadrut Ivrit (dès 1944), tout en participant aux instances du Congrès juif mondial et du Comité des actions sionistes. Auteur en hébreu de travaux sur la pensée politique juive, le droit hébraïque et la démocratie, il meurt à New York le 20 août 1969 et est inhumé à Jérusalem.
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Conclusion
De tout ce parcours se dégage une figure d'ensemble. Simon Federbusch — et, à travers lui, la lignée qui porte son nom — aura exprimé, avec une constance remarquable, l'alliance du savoir de la Loi et de l'engagement pour la collectivité : la conviction que l'étude n'est pas une évasion hors du monde mais un instrument pour le construire, et que la fidélité à la halakha peut nourrir un projet de justice, de souveraineté et de sauvetage humain.
Chacun des grands moments de cette vie dit la même vertu sous une forme différente. À Narol : la piété d'une famille hassidique qui forme son fils dans la double culture du Talmud et de l'université. Au Sejm de Varsovie : la justice réclamée pied à pied pour les minorités et les victimes. À la Mizrachi de Galicie : l'implication dans la vie collective jusqu'à l'engagement journalistique et institutionnel. À Helsinki : la charité concrète de visas arrachés pour des réfugiés pourchassés, en application directe du principe talmudique de piquoua'h nèfèsh. À New York : le savoir mis en partage, la pensée hébraïque offerte à une diaspora en reconstruction, l'institution au service de la renaissance nationale.
Ce que cette lignée aura, entre toutes les vertus, le mieux exprimé, c'est précisément cette capacité à ne jamais dissocier la Torah de l'action dans le monde. Federbusch n'est pas seulement un érudit qui a aussi fait de la politique : c'est un homme pour qui la Loi exige l'action, et pour qui l'action sans la Loi est aveugle. En cela, il s'inscrit dans la longue tradition des maîtres qui ont fait du judaïsme non un refuge mais une force agissante dans l'histoire.
Le plumet, ornement de vent, aura ainsi désigné une lignée dont la vraie parure fut invisible : l'attachement au Livre, le soin de l'autre, le refus de laisser un nom s'effacer. L'histoire des Federbusch n'est pas seulement la leur ; elle est une parcelle de la grande histoire d'un peuple qui, de contrainte en exil et d'exil en renaissance, a fait de la fidélité sa manière d'habiter le monde — et qui, même dans les années les plus sombres du siècle, a su transformer un visa accordé dans une ville nordique en acte de lumière.
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参考文献
- A. Beider ; L. Menk, Dictionnaires des patronymes juifs d'Europe de l'Est (Beider : Empire russe 2008, Royaume de Pologne 1996, Galicie 2004) et judéo-allemands (Menk 2005), Avotaynu