Bendalac 家族
Bendalac 家族的姓氏起源、历史与家谱——一个犹太姓氏及其留下的踪迹。
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大书 — Bendalac
Introduction
Gibraltar, 1729. Un accord entre la couronne britannique et le sultan du Maroc autorise les sujets juifs du sultan à résider sur le Rocher afin d'approvisionner la garnison. Cette date — modeste dans les annales diplomatiques, décisive pour des dizaines de familles — marque le début d'un établissement permanent qui va transformer Gibraltar en plaque tournante entre deux mondes. La communauté juive de Gibraltar a été pendant près de deux siècles un rouage essentiel des relations entre les Juifs européens et leurs coréligionnaires du Maghreb, plus particulièrement du Maroc. C'est dans ce mouvement que la lignée Bendalac trace son sillon le plus documenté : une famille judéo-espagnole du nord du Maroc, déjà fixée dans l'orbite de Tétouan et de Tanger, qui franchit le détroit, s'installe sur le Rocher, puis poursuit sa dispersion jusqu'aux rives du Río de la Plata.
Le présent ouvrage part de cette matière géographique et communautaire pour reconstituer le parcours le plus probable de la lignée, en séparant à chaque étape ce que les sources permettent d'affirmer de ce que la seule vraisemblance autorise à conjecturer. Aucun ancêtre n'est inventé, aucune date n'est forgée ; mais le cadre dans lequel les Bendalac ont vécu — les villes, les métiers, les institutions, les ruptures — est, lui, solidement documenté, et c'est ce cadre qui donne sa chair au récit.
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- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Chapitre 1 : Tétouan, berceau de la communauté judéo-espagnole
Tétouan occupe une place singulière dans l'histoire des Juifs d'Occident. Refondée après 1492 par des exilés de Grenade qui lui donnèrent son plan, ses arts et sa langue, la ville devint le principal foyer des Juifs dits megorashim — ceux qu'on avait chassés d'Espagne — dans le nord du Maroc. Entre 1391 et 1492, les communautés juives de la péninsule ibérique subissent des persécutions en Espagne, après la Reconquista, entraînant l'exil de Juifs vers l'Afrique du Nord. Ceux qui gagnèrent Tétouan y reconstiturèrent une vie communautaire remarquablement cohérente : synagogues, écoles rabbiniques, confréries de bienfaisance (hevrot), et surtout une langue, la haketía, castillan médiéval archaïsant mêlé d'hébreu et d'arabe, que les familles transmirent de génération en génération comme un signe de distinction et de mémoire.
Le patronyme Bendalac est rattaché à cette communauté judéo-espagnole du nord du Maroc. Les Bendalac/Bendelac y sont attestés comme appartenant à ce groupe des megorashim qui conservaient, deux ou trois siècles après l'expulsion, le souvenir vocal et rituel de leur origine ibérique. Dans le protectorat espagnol, les Juifs étaient plus de quinze mille dans la zone du Rif, avec Tétouan pour capitale, et les familles séfarades du nord formaient un tissu social dense, articulé autour des institutions communautaires et des réseaux marchands transméditerranéens.
Pour la lignée Bendalac, Tétouan représente vraisemblablement l'étape de consolidation la plus longue : du XVIe siècle jusqu'aux grandes migrations du XIXe et du XXe siècle, c'est là, ou dans son orbite tangéroise, que les registres communautaires — ketubot (contrats de mariage), pinqassim (registres de confrérie), actes de la junta — permettraient, le jour où ils seront explorés systématiquement, de donner des noms et des dates à ce que le présent livre ne peut encore qu'esquisser.
La valeur de la mémoire, centrale dans le judaïsme séfarade, trouve ici sa première expression concrète : conserver le nom, la langue et le rite comme témoignages d'une origine, c'est accomplir un devoir envers les générations à venir autant qu'envers les ancêtres. De nombreux Juifs séfarades d'origine portugaise et leurs descendants ont conservé non seulement leur langue, mais aussi les rites traditionnels propres à leur culte hébraïque ancestral, préservant, au fil des générations, leurs noms de famille, les objets et les documents attestant de leur origine, de même qu'un lien mémoriel fort qui les a conduits à se désigner eux-mêmes comme Séfarades. Les Bendalac de Tétouan participaient pleinement de cette fidélité.
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Chapitre 2 : L'horizon ibérique et l'expulsion de 1492
Derrière Tétouan, il y a l'Espagne — non pas comme fait vérifiable pour ce patronyme précis, mais comme toile de fond partagée par l'ensemble des familles megorashim du nord marocain. Avant 1492, les communautés juives de la péninsule jouissaient d'un statut singulier et d'une vie intellectuelle exceptionnelle. Les communautés juives, régies par des fueros (privilèges royaux) et par leurs propres constitutions (ascamot), y menaient une existence fondée sur une économie très diversifiée, allant du cultivateur au fermier des impôts. Le rayonnement intellectuel y était considérable : les rabbins espagnols jouissaient d'un prestige reconnu dans toute l'Europe, particulièrement Moïse ben Naḥman, dit Nahmanide, et Salomon ben Adret, tandis que Moïse de León transcrivait le maître livre de la kabbale, le Zohar.
Pour une lignée Bendalac, l'inscription dans cet horizon relève du registre de la mémoire plus que de l'archive : aucune source ne permet d'affirmer une présence péninsulaire nominative avant l'expulsion. La tradition revendiquée pour ce patronyme est celle de megorashim expulsés de Castille ou d'Andalousie, mais cette filiation doit être présentée comme vraisemblable — partagée par l'immense majorité des familles du nord du Maroc et de la zone du détroit — sans qu'un document vienne encore la confirmer pour les Bendalac en particulier.
Ce que l'on sait avec certitude, c'est la forme que prit la mémoire ibérique dans les familles qui s'installèrent au Maroc : les clés des maisons de Tolède ou de Séville conservées dans les coffres, les romances castillanes chantées lors des fêtes, les documents juridiques rédigés en judéo-espagnol. Le Dr Ángel Pulido Fernández, dans ses contacts avec les communautés séfarades à la fin du XIXe siècle, constata que les Espagnols traitaient la communauté juive avec justice et bienveillance, car son rôle d'intermédiaire avec la population musulmane leur était indispensable. Cette fonction d'intermédiaire — économique, linguistique, culturelle — est précisément celle que les familles judéo-espagnoles du nord marocain avaient développée pendant des siècles. Elle éclaire d'une lumière oblique le type d'activités qu'une lignée comme les Bendalac pouvait exercer.
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Chapitre 3 : Gibraltar, le Rocher et la traversée du détroit
L'étape gibraltarienne constitue la partie la mieux encadrée par la documentation générale du parcours Bendalac. En 1729, un accord a été conclu avec le Maroc, en vertu duquel les sujets juifs du sultan ont l'autorisation de résider à Gibraltar afin d'approvisionner la garnison britannique. Les Juifs ont eu le droit d'établissement permanent en 1749, lorsque Isaac Nieto, le premier rabbin de la nouvelle communauté, vient de Londres et fonde la Congrégation Sha'ar HaShamayim, la plus ancienne synagogue de Gibraltar, aujourd'hui connue sous le nom de la Grande synagogue de Gibraltar.
À l'époque, nombreux étaient les Juifs au Maroc qui tenaient les ficelles du commerce, et donc des ports commerciaux. Les Juifs prirent la responsabilité de ravitailler les armées britanniques dans leurs territoires, et obtinrent ainsi l'autorisation de s'installer à Gibraltar. Cette fonction de ravitailleur et de courtier entre les deux rives constitue l'armature économique de la présence juive sur le Rocher, et c'est dans ce cadre que les familles originaires de Tétouan et de Tanger s'y établirent. Leur influence est grande et leur présence est ressentie dans tous les domaines d'activité de Gibraltar, notamment comme hommes d'affaires à la tête d'entreprises florissantes dont les bureaux sont installés dans des immeubles de renom.
Pour les Bendalac, Gibraltar représente une étape migratoire fréquente dans le parcours des familles judéo-espagnoles du nord marocain vers le monde britannique et atlantique. La distance entre Tétouan et le Rocher est dérisoire — quelques heures de bateau —, et les réseaux familiaux s'étendaient de part et d'autre du détroit, rendant la frontière entre les deux rives plus poreuse qu'elle ne le paraît sur une carte politique. On consultera avec profit Le Grand Livre — Gibraltar, qui décrit en détail l'institution communautaire et la vie sociale de ce Rocher singulier ; le présent chapitre s'en tient au rôle de Gibraltar comme étape et comme tremplin dans le parcours spécifique de la lignée.
L'établissement à Gibraltar comportait un aspect symbolique fort : posséder un passeport britannique, c'était bénéficier d'une protection consulaire que les Juifs sous souveraineté marocaine n'avaient pas. Quelques familles juives de Gibraltar arrivèrent à Lisbonne avec des passeports britanniques, fait qui illustre la mobilité atlantique que ce statut rendait possible. Pour les Bendalac qui auraient fait souche à Gibraltar entre le XVIIIe et le XIXe siècle, cette protection était un atout décisif pour envisager des migrations plus lointaines — vers l'Amérique du Sud notamment.
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Chapitre 4 : Courtage, négoce et insertion sociale — la trace du *dallâl*
L'hypothèse étymologique du nom mérite d'être examinée sérieusement, non pour clore la question, mais parce qu'elle éclaire le milieu socio-économique probable de la lignée. Le patronyme Bendalac se décompose selon le schéma classique des noms judéo-arabes et judéo-berbères : le préfixe Ben- (de l'hébreu ben, « fils de », largement diffusé sous influence arabe ibn) suivi d'un radical. Ce préfixe est l'un des plus répandus parmi les patronymes juifs du Maghreb et du Proche-Orient : ainsi, le nom Ben Youssef ou Ben Youssouf signifie en arabe « fils de Joseph », ce qui illustre le mécanisme — patronyme construit sur un nom de personne ou un sobriquet — et rappelle aussi qu'une consonance Ben- n'établit pas à elle seule l'origine.
La racine -dalac / -dellal peut renvoyer à l'arabe dallâl, le courtier ou l'intermédiaire de marché — fonction que les Juifs du nord marocain occupaient fréquemment dans les villes portuaires et dans les souks de l'arrière-pays. Le dallâl n'est pas seulement un agent économique ; il est, dans la tradition marchande méditerranéenne, un personnage de confiance, garant d'un accord verbal entre deux parties, investi d'une responsabilité morale que les communautés juives encadraient souvent par des règles rabbiniques précises. Si la racine du nom renvoie effectivement à cette fonction, le patronyme conserverait la trace d'un métier ancestral, selon un mécanisme bien attesté pour les noms juifs de profession.
Il convient de demeurer prudent : l'onomastique judéo-maghrébine est jalonnée de faux amis, et rien ne permet à ce jour de confirmer cette dérivation pour les Bendalac en particulier. La graphie Bendallah — l'une des variantes — pourrait aussi évoquer bend Allah, tournure arabe à connotation religieuse, bien que cette lecture soit moins cohérente dans un contexte juif. La graphie Bendelac est la plus proche phonétiquement du dallâl, et c'est elle qui plaide le mieux pour l'hypothèse du courtier. Les graphies cousines Ben Dahan et Ben Dellal, qui apparaissent dans les relevés d'état civil, témoignent de la plasticité des transcriptions administratives et de la difficulté à fixer sous une seule forme un nom transmis oralement pendant des siècles.
Cette dimension économique — le négoce, le courtage, l'intermédiation — n'est pas sans résonance avec les valeurs du judaïsme telles que la tradition les a formulées : le commerce honnête, mishpat tsedek, est une expression de la justice dans ses formes quotidiennes, et le courtier qui tient parole entre deux communautés religieuses différentes incarne un idéal de tolérance que les textes rabbiniques ont explicitement valorisé. Si les Bendalac ont exercé ce type d'activité — et le contexte de Tétouan, de Tanger et de Gibraltar le rend plausible —, ils auront contribué à cette forme discrète mais essentielle du lien entre les peuples.
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Chapitre 5 : Buenos Aires et la diaspora latino-américaine
La présence de familles séfarades du nord marocain à Buenos Aires s'inscrit dans un mouvement migratoire de grande ampleur qui commence à la fin du XIXe siècle et s'accélère dans les premières décennies du XXe. L'Argentine fut l'une des terres d'accueil les plus importantes pour les Juifs du monde entier — Ashkénazes venus d'Europe orientale, mais aussi Séfarades originaires du Maroc, d'Algérie, de Turquie et des Balkans. Buenos Aires devint ainsi le siège de la plus grande communauté juive d'Amérique latine, avec ses synagogues, ses écoles, ses journaux et ses organisations communautaires.
Pour les Séfarades originaires du nord marocain et de Gibraltar, l'Argentine représentait une extension naturelle des réseaux atlantiques que le Rocher britannique avait ouverts. Les familles qui avaient franchi le détroit pour s'établir à Gibraltar au XVIIIe ou au XIXe siècle disposaient déjà de l'outillage mental et pratique pour une migration transatlantique : maîtrise de l'espagnol (ou plutôt du judéo-espagnol et de la haketía, proches du castillan), habitude des traversées maritimes, réseaux commerciaux interrompables seulement par la mort. Le passage de Gibraltar à Buenos Aires n'était pas un saut dans l'inconnu ; c'était la continuation d'une logique de mobilité ancrée depuis des générations.
La présence revendiquée des Bendalac à Buenos Aires, non confirmée par des sources directes dans le cadre de cette recherche, s'inscrit plausiblement dans ce schéma. Les familles judéo-espagnoles du nord marocain qui avaient fait étape à Gibraltar constituaient un courant migratoire distinct des grandes vagues ashkénazes ; elles apportaient en Argentine une culture particulière — la haketía, la cuisine de Tétouan, les mélodies liturgiques de rite espagnol — qui forma le substrat de plusieurs communautés séfarades spécifiques à Buenos Aires. Le souci de transmettre cette identité dans un pays neuf — tenir des registres, perpétuer les noms, maintenir les contacts entre les branches dispersées — exprimait une fois encore la valeur fondamentale du zakhor, du souvenir, qui traverse toute l'histoire juive.
La figure du « gaucho juif » — expression popularisée par la littérature argentine — ne s'applique qu'imparfaitement aux Séfarades du nord marocain, qui étaient davantage commerçants et artisans urbains que pionniers agricoles. Les grandes colonies agricoles fondées par le baron de Hirsch dans les provinces argentines étaient principalement ashkénazes. Les Séfarades s'installèrent plutôt dans les quartiers commerçants de Buenos Aires, où ils créèrent leurs propres institutions communautaires, distinctes de celles des Ashkénazes. C'est dans ce tissu urbain que les Bendalac de Buenos Aires auraient vraisemblablement trouvé leur place — non sans maintenir des liens épistolaires et familiaux avec les parents restés à Tétouan, à Tanger ou à Gibraltar.
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Chapitre 6 : Dispersion contemporaine — de l'aliyah à la diaspora mondiale
Le XXe siècle a profondément reconfiguré la carte des familles juives du Maroc et du détroit. Plusieurs vagues successives ont vidé les communautés centenaires : l'indépendance du Maroc en 1956, la création de l'État d'Israël en 1948 et les années qui suivirent, les tensions politiques régionales des décennies 1960 et 1970. Pour les Juifs du nord marocain — Tétouan, Tanger, Larache, Chefchaouen —, ces ruptures se traduisirent par des migrations vers la France, l'Espagne, l'Amérique latine, les États-Unis, le Canada et Israël.
La présence probable des Bendalac en Israël après 1948 s'inscrit dans cette dynamique générale d'aliyah des familles judéo-marocaines. Les communautés issues du nord du Maroc y formèrent des quartiers distincts, perpétuant leurs traditions liturgiques de rite espagnol dans des synagogues spécifiques. Le maintien du rite particulier — minhag — est l'une des expressions les plus visibles de l'attachement à une identité communautaire que les déplacements successifs n'avaient pas réussi à dissoudre.
Pour le patronyme Bendalac, la dispersion contemporaine explique la dissémination dans des bases d'état civil dispersées, où il n'apparaît qu'à l'état de traces. La rareté documentée de graphies proches — pour la forme Ben Dellal, les relevés d'état civil français ne font apparaître qu'un nombre infime de porteurs — est cohérente avec une origine à souche unique et géographiquement circonscrite. Les outils généalogiques contemporains rappellent l'intérêt de la cartographie pour ces patronymes rares : lorsqu'un nom est très peu répandu, il est probable que tous les porteurs de ce patronyme sont de lointains cousins. Pour Bendalac, une telle démarche — croisement des bases Geneanet, Filae, mesorigines, et des fonds spécialisés comme ceux de la communauté de Tétouan en Israël — constitue la voie de recherche la plus rigoureuse pour les générations à venir.
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Chapitre 7 : Méthode, limites et horizon de recherche
Ce volume consacré aux Bendalac est, en l'état des sources accessibles, davantage une carte des connaissances et des hypothèses qu'un récit généalogique complet. Le dossier de la lignée fournit un parcours géographique cohérent — Espagne médiévale, Tétouan, Tanger, Gibraltar, Buenos Aires, Israël — mais les sources nominatives directes font encore défaut pour ancrer des individus à des dates et à des lieux précis.
La méthode retenue a consisté à n'affirmer que le vérifiable, à signaler systématiquement le statut épistémique des affirmations avancées, et à refuser l'invention d'ancêtres, de dates ou de lieux que nulle source ne soutient. Ce parti pris peut décevoir qui attend une saga continue ; il garantit en revanche la fiabilité de l'ouvrage et sa réouverture possible.
Les fonds prioritaires à explorer sont les suivants. D'abord, les archives de la communauté juive de Tétouan, dont une partie est conservée en Israël, notamment au Musée du peuple juif (Beit Hatfutsot) et dans les fonds de l'Alliance Israélite Universelle à Paris. Ensuite, les registres de la communauté juive de Gibraltar, partiellement accessibles via les archives de la Congrégation Sha'ar HaShamayim et les fonds de l'état civil gibraltarien. Enfin, les archives communautaires séfarades de Buenos Aires, conservées notamment par la Congregación Israelita Latina, fondée en 1891 pour accueillir les Séfarades d'origine hispanophone. L'exploration systématique de ces trois gisements documentaires est la condition nécessaire pour transformer, dans une édition future, ce livre de mémoire et de conjecture en livre d'histoire établie.
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Les grandes figures
Aucune figure nommée et datée de la lignée Bendalac n'est documentée dans les sources directement consultées pour ce volume. La section qui suit recense les personnalités attestées dans les communautés et les institutions auxquelles les Bendalac appartenaient, ainsi que les figures tutélaires dont la lignée partageait le monde.
Isaac Nieto (vers 1687–1773) — Rabbin et philosophe judéo-espagnol, fils du célèbre David Nieto de la synagogue de Bevis Marks à Londres. Isaac Nieto est le premier rabbin de la communauté juive de Gibraltar : il s'y installe en 1749, fonde la Congrégation Sha'ar HaShamayim et pose les bases institutionnelles d'une communauté qui sera pendant deux siècles le pivot des échanges entre les Juifs européens et ceux du Maroc. Son autorité rabbinique s'exerça sur les premières familles d'origine marocaine établies sur le Rocher, parmi lesquelles figuraient vraisemblablement des ancêtres des branches judéo-espagnoles du nord marocain rattachées à des patronymes comme Bendalac.
Moïse ben Naḥman, dit Nahmanide (vers 1194–vers 1270) — Figure tutélaire de la tradition rabbinique séfarade, né à Gérone en Catalogne. Grand talmudiste, kabbaliste et médecin, il représente le sommet du rayonnement intellectuel des communautés juives d'Espagne médiévale. Nahmanide quitta la péninsule Ibérique sur la fin de sa vie pour s'installer en Terre d'Israël. Les familles megorashim expulsées en 1492 se réclamaient de cet héritage spirituel ; évoquer Nahmanide dans le contexte des Bendalac, c'est nommer la tradition dont ils se voulaient les héritiers.
Salomon ben Adret, dit Rashba (vers 1235–vers 1310) — Grand décisionnaire rabbinique de Barcelone, auteur de milliers de responsa (she'elot u-teshuvot) qui firent autorité pour les communautés séfarades d'Espagne, d'Afrique du Nord et d'Orient pendant des siècles. Sa pensée juridique et théologique irrigua les institutions rabbiniques que les exilés de 1492 transplantèrent au Maroc, et son influence sur la vie halakhique des communautés de Tétouan et de Tanger fut durable. Mentionner le Rashba dans ce contexte, c'est désigner la colonne vertébrale intellectuelle à laquelle la vie communautaire des Bendalac de Tétouan se référait.
Ángel Pulido Fernández (1852–1932) — Médecin et sénateur espagnol, figure majeure du mouvement de réconciliation entre l'Espagne et les Séfarades à la fin du XIXe siècle. Ses voyages dans les communautés judéo-espagnoles dispersées à travers le monde — Maroc, Balkans, Amérique — l'amenèrent à documenter la permanence de la culture et de la langue judéo-espagnole des générations après l'expulsion. Ses travaux constituent une source indirecte de première importance pour comprendre le monde dans lequel vivaient les familles du nord marocain au tournant du XXe siècle, et notamment la persistance de la haketía dans les communautés de Tétouan et de Tanger.
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Conclusion
La lignée Bendalac se dessine, au terme de ce parcours, comme une branche de l'arbre judéo-ibérique et nord-africain dont les racines plongent dans l'Espagne médiévale, le tronc s'ancre à Tétouan et à Tanger, et les branches s'étendent de Gibraltar à Buenos Aires et à Israël. Ce que cette lignée aura, entre toutes, le mieux exprimé, c'est la valeur du zakhor — la mémoire active comme acte de fidélité. Conserver le nom dans ses graphies multiples à travers les transcriptions administratives de trois continents, maintenir le rite espagnol à Tétouan, à Gibraltar et à Buenos Aires, transmettre la haketía dans des foyers où l'arabe ou l'espagnol moderne auraient pu l'effacer : autant de gestes quotidiens qui inscrivent la lignée dans la longue tradition du peuple d'Israël, peuple dont la survie a souvent reposé sur la capacité à transformer l'exil en mémoire vivante plutôt qu'en oubli.
La dimension du mishpat tsedek — la justice dans l'échange économique — affleure dans l'hypothèse étymologique du dallâl, ce courtier dont les Bendalac auraient peut-être tiré leur nom : exercer honnêtement la fonction d'intermédiaire entre communautés de langues et de religions différentes, c'est une forme quotidienne et concrète de la tolérance que le judaïsme a érigée en vertu. Gibraltar et Buenos Aires, deux villes de passages et de rencontres, sont les décors les plus éloquents de cette vocation.
Ce Grand Livre offre moins une conclusion qu'un seuil. Il fixe l'état des connaissances, sépare clairement la mémoire de l'archive, et désigne les fonds — Tétouan, Gibraltar, Buenos Aires — où une prochaine campagne documentaire pourrait, enfin, donner des visages et des dates aux ombres que ce volume a tenté d'éclairer.
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参考文献
- Abraham I. Laredo, Les Noms des Juifs du Maroc, CSIC, Madrid (1978)