Amgar 家族
עםגאר
Amgar 家族的姓氏起源、历史与家谱——一个犹太姓氏及其留下的踪迹。
登记簿 记忆 · 保管人,非所有者
大书 — Amgar
Introduction
Au XVIIe siècle, dans la bourgade d'Oufran — que les Juifs nomment ainsi, et que les géographes modernes localisent à Ifrane de l'Anti-Atlas, au cœur du Sud marocain profond — vivait un rabbin dont le nom est parvenu jusqu'à nous gravé dans la pierre d'une épitaphe : Rabbi Soussan ben Amgar. Enseveli dans la grotte-cimetière la plus ancienne que connaisse le judaïsme marocain méridional, cité dans le dictionnaire biographique des rabbins du Maroc qu'est le Malkhei Rabbanan, Rabbi Soussan est à ce jour la figure documentée la plus ancienne de la lignée Amgar. Son existence signe l'appartenance de cette famille à l'un des foyers du judaïsme berbérophone les plus remarquables de tout le Maghreb occidental.
C'est de lui, de son lieu de sépulture et de sa communauté que ce livre prend son départ. La lignée Amgar n'est pas une abstraction onomastique : elle a des racines dans un sol précis, une présence dans une communauté attestée, et une figure de transmission spirituelle que l'histoire nous a conservée. L'analyse du patronyme lui-même — d'origine amazighe, signifiant « l'ancien » ou « le chef » — viendra en son temps éclairer la profondeur de cet enracinement, mais c'est la matière humaine et géographique qui ouvre ce récit.
Là où la documentation fait défaut, nous le dirons ; là où seule la tradition parle, nous distinguerons soigneusement la mémoire de l'histoire. Ce Grand Livre se propose de restituer, depuis Oufran au XVIIe siècle jusqu'aux diasporas contemporaines, le cadre dans lequel la lignée Amgar a vécu, souffert, transmis et persisté.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Chapitre 1 : Oufran — le berceau du monde atlassien
Ifrane de l'Anti-Atlas, connu des Juifs sous le nom d'Oufran, est réputé avoir été la capitale d'un ancien royaume juif. Le nom lui-même renseigne sur la géographie : Ifran signifie en tamazight « grottes » — singulier ifri —, nombreuses dans la région, et ces grottes ont transmis leur nom au lieu, que les Juifs écrivaient et prononçaient ufran. L'histoire des Juifs installés dans ce Sud marocain remonte à des temps immémoriaux ; selon les historiens et les anthropologues, les Juifs — oudayne en berbère — s'y étaient établis à une époque très reculée.
Les Juifs d'Oufran soutiennent que leurs ancêtres arrivèrent plus de deux mille cinq cents ans auparavant, fuyant Jérusalem lors de la conquête babylonienne. La tradition, aussi ancienne soit-elle, ne saurait être prise pour un fait archéologiquement établi, mais elle dit quelque chose d'essentiel sur la conscience que ces communautés avaient de leur propre antiquité — une antiquité que les pierres du cimetière semblent confirmer. Le cimetière juif d'Ifrane est réputé contenir des tombes vieilles de près de deux mille ans. De nombreuses stèles portant des inscriptions hébraïques y subsistent encore, ainsi que l'abri du saint juif Ed Mrara.
La grotte-cimetière d'Oufran, la Mearat Oufrane, est également connue sous le nom de Mearat hanisrafim — « la grotte des Brûlés » —, appellation qui évoque un épisode de martyre collectif dont la mémoire s'est transmise dans la communauté. Le cimetière d'Oufrane est très ancien, dit-on vieux de deux mille ans. Non loin du cimetière se situe le mellah d'Oufrane, un immense quartier juif, où la Fondation du Patrimoine Culturel Judéo-Marocain a restauré en 1999 la synagogue qui porte d'ailleurs le même nom.
C'est dans ce lieu, chargé d'une mémoire multimillénaire, que Rabbi Soussan ben Amgar fut enseveli au XVIIe siècle. Son nom dans la pierre n'est pas un événement isolé : il s'inscrit dans une longue séquence de présence juive ininterrompue dans cette ville de l'Anti-Atlas, à environ quatre-vingts kilomètres de Tiznit, loin des axes du commerce méditerranéen mais enracinée dans la vie des tribus berbères de la région. Cette profondeur historique est le premier cadre que doit saisir quiconque veut comprendre la lignée Amgar.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Chapitre 2 : Rabbi Soussan ben Amgar, rabbin d'Oufran au XVIIe siècle
La figure de Rabbi Soussan ben Amgar nous est parvenue par deux voies qui se confortent mutuellement : son épitaphe, gravée sur sa tombe dans la grotte d'Oufran, et la mention qu'en fait Rabbi Yossef ben Naïm dans le Malkhei Rabbanan, dictionnaire biographique et bibliographique des rabbins du Maroc publié à Jérusalem en 1931. Le Malkhei Rabbanan, rédigé par Rabbi Yossef ben Naïm, est un dictionnaire biographique des rabbins du Maroc ; publié à Jérusalem en 1931, il constitue une source essentielle pour quiconque s'intéresse aux rabbins marocains et à leurs écrits imprimés ou manuscrits.
L'épitaphe de Rabbi Soussan est d'une précision qui mérite qu'on s'y arrête. Elle le nomme « notre maître et notre rabbin, le Rav Soussan ben Amgar, dit ben Sebaoni ». Chacun des termes de cette formule porte un sens : la désignation morenu ve-rabbenu — « notre maître et notre rabbin » — est une titulature rabbinique consacrée qui signale un érudit reconnu, non pas simplement un notable, mais un homme de la Loi et de l'étude. Le complément « dit ben Sebaoni » est tout aussi instructif : il atteste l'existence d'un double nom, une désignation alternative par laquelle le rabbin était également connu dans sa communauté, usage courant dans les milieux judéo-marocains où les surnoms, les noms berbères et les noms hébraïques coexistaient souvent pour un même individu.
Que savons-nous de Rabbi Soussan ben Amgar au-delà de cette épitaphe ? Le fait qu'il soit mentionné dans le Malkhei Rabbanan de Ben Naïm témoigne qu'il avait laissé une trace suffisamment notable pour figurer dans ce recensement entrepris plus de deux siècles après sa mort. Sa sépulture dans la grotte d'Oufran — lieu de dévotion et de pèlerinage — suggère qu'il jouissait d'une réputation de sainteté ou d'autorité rabbinique qui s'est perpétuée dans la mémoire communautaire. Dans le judaïsme marocain méridional, les tombes des rabbins vénérés devenaient des lieux de pèlerinage annuel, la hilloula, où les familles se retrouvaient pour prier, allumer des bougies et invoquer la protection du saint. Rabbi Soussan a vraisemblablement bénéficié de cette vénération, qui constitue l'une des expressions les plus vivantes du rapport judéo-marocain à la sainteté et à la transmission intergénérationnelle.
La désignation patronymique « ben Amgar » — « fils d'Amgar » — indique que le nom Amgar était, au XVIIe siècle, un prénom ou un sobriquet porté par le père du rabbin, avant de se fixer progressivement comme patronyme héréditaire. Cette transformation du prénom en nom de famille est un phénomène bien documenté dans l'onomastique judéo-marocaine, où les patronymes héréditaires se stabilisent souvent à partir du XVIIIe ou du XIXe siècle, notamment sous l'effet de l'administration et des registres communautaires. La lignée Amgar porte donc en elle, dès son premier représentant connu, l'empreinte d'un érudit, d'un homme respecté de sa communauté, d'un maillon de la chaîne de transmission de la Loi.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Chapitre 3 : Les *toshavim* de l'Anti-Atlas et la profondeur du judaïsme berbérophone
Rabbi Soussan ben Amgar n'était pas une figure isolée dans un désert communautaire. Il incarnait une tradition — celle des toshavim, les Juifs autochtones du Maroc — dont Oufran était l'un des centres les plus anciens. Pour comprendre ce que signifiait être rabbin dans ce lieu au XVIIe siècle, il faut reconstituer le tissu communautaire qui l'entourait.
Rabbi Yossef ben Naïm (1882–1961), originaire de Fès, était rabbin, notaire, historien et bibliophile, auteur d'un dictionnaire biographique et bibliographique des rabbins du Maroc, le Malkhei Rabbanan, ainsi que d'une autobiographie ; sa bibliothèque très riche fut vendue au Jewish Theological Seminary. C'est donc un observateur de premier rang, lui-même homme de la Loi et de l'érudition, qui a recueilli et transmis la mémoire de Rabbi Soussan. La chaîne de transmission est ici significative : un rabbin du XXe siècle, soucieux de sauvegarder la mémoire du judaïsme marocain, cite un rabbin du XVIIe siècle enfoui dans une grotte de l'Anti-Atlas. Entre les deux, plusieurs générations de communauté vivante.
Les Juifs d'Oufran vivaient en symbiose économique et sociale avec les tribus berbères de l'Anti-Atlas. Leurs métiers étaient complémentaires de ceux des populations musulmanes environnantes : orfèvrerie et travail de l'argent pour les parures et bijoux berbères, forge, tannerie, petit commerce de colportage dans les souks de tribu en tribu. La langue quotidienne était le berbère, et le nom même de la famille — Amgar — en est la trace la plus éloquente. Dans les sociétés amazighes de l'Atlas, l'amghar désignait le « vieux » ou le « chef », celui que son âge et son autorité désignaient pour présider la communauté villageoise et arbitrer les différends. Ce titre porté comme nom de famille ancre la lignée dans le monde du leadership communautaire, qu'il soit rabbinique ou social.
La structure de la communauté juive d'Oufran reposait sur les institutions fondamentales du judaïsme méridional marocain : la synagogue, le bet din (tribunal rabbinique), l'école pour enfants, et l'organisation des familles autour des grandes fêtes et des pèlerinages. Le statut de dhimmi — protégé non musulman — encadrait juridiquement la vie des Juifs, mais les relations avec les tribus berbères pouvaient être d'une relative intimité, notamment dans les zones rurales éloignées des centres du pouvoir central. La tombe du Rabbin Youssef ben Mimoun à Ifrane, considérée comme l'une des plus anciennes traces de présence juive au Maroc, serait celle d'un homme mort en l'an 5 avant l'ère commune ; elle se trouve au cimetière juif connu sous le nom de Lmiâra. Qu'un tel souvenir se soit maintenu sur deux millénaires dit la ténacité avec laquelle ces communautés gardaient leur mémoire.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Chapitre 4 : Le nom Amgar — étymologie, sens et transmission
Le patronyme Amgar appartient à l'aire linguistique amazighe. La racine m-g-r et ses dérivés renvoient en berbère à des notions liées à la moisson, à l'idée d'ancienneté et d'aînesse. Le terme amɣar — transcrit amghar ou amgar selon les scribes — désigne classiquement le « vieux », l'« ancien », le « chef » ou le « notable » : celui qui, par son âge et son autorité, préside la communauté villageoise, arbitre les différends et incarne la mémoire coutumière. Dans les sociétés amazighes de l'Atlas, l'amghar était la figure du responsable élu ou reconnu, dépositaire de la coutume. Le nom pouvait ainsi avoir désigné, à l'origine, un chef de famille ou de communauté, un ancien respecté, avant de se fixer comme patronyme héréditaire.
Cette étymologie berbère n'a rien d'exceptionnel dans l'onomastique juive marocaine. Selon des chercheurs spécialisés, des Juifs ont vécu parmi les Berbères, premiers habitants connus de l'Afrique du Nord, depuis l'Antiquité, et les origines du judaïsme marocain en portent la trace. Une part notable des noms portés par les Juifs du Maroc dérive de la langue et du milieu amazighs, témoignant de l'ancienneté de l'implantation israélite dans les régions rurales et montagneuses bien au-delà des grandes villes du Nord marquées par l'empreinte hispanique. Le nom Amgar présente une physionomie qui l'inscrit clairement dans l'aire amazighe plutôt que dans l'onomastique hispanique des megorashim, les exilés d'Espagne arrivés après 1391 puis 1492.
Cette caractéristique en fait un témoin précieux de la composante la plus ancienne du judaïsme marocain, celle des toshavim — les « résidents », Juifs autochtones établis dans le pays bien avant l'arrivée des Séfarades —, dont la langue quotidienne, l'organisation sociale et les usages étaient profondément imprégnés du monde berbère de l'Atlas, de l'Anti-Atlas et des vallées présahariennes. La convergence entre l'étymologie du nom, l'ancrage géographique d'Oufran et la figure documentée de Rabbi Soussan ben Amgar dessine un tableau cohérent : une famille de vieille souche berbérophone, enracinée dans le Sud marocain profond, dont la tradition rabbinique dès le XVIIe siècle témoigne d'un attachement fort à l'étude et à la transmission de la Loi.
Il convient toutefois de rester prudent quant à toute reconstruction étymologique tranchée. Les noms se transmettent, se déforment et se recomposent au fil des générations et des transcriptions — hébraïques, arabes, puis latines par l'administration coloniale française. La proximité formelle d'Amgar avec amghar invite à privilégier l'hypothèse du « chef » ou de l'« ancien », mais l'orthographe même du nom a pu fluctuer selon les registres et les scribes. L'analyse onomastique doit toujours être adossée, lorsque c'est possible, à la documentation d'archive et aux catalogues de référence plutôt qu'à la seule ressemblance sonore.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Chapitre 5 : Géographie d'une dispersion méridionale
Le berceau d'Oufran ne fut pas le seul horizon des familles issues du judaïsme de l'Anti-Atlas. À partir du XVIIIe siècle, et plus encore au XIXe, un vaste mouvement de recomposition interne de la géographie juive marocaine amorce ses premiers déplacements. Les grandes villes du Sud — Marrakech, porte du Sahara et carrefour des routes caravanières, Taroudant, capitale du Sous —, puis le port atlantique d'Essaouira (Mogador), fondé au XVIIIe siècle par Sultan Sidi Mohammed ben Abdallah, exercent une attraction croissante sur les familles juives des campagnes et des montagnes.
Essaouira mérite qu'on s'y arrête. Érigée en grand centre commercial atlantique, elle abrite rapidement une importante communauté juive qui y trouve des opportunités économiques sans équivalent dans l'arrière-pays berbère : commerce d'exportation avec l'Europe, négoce des épices, de la cire et des peaux, relations d'affaires avec les réseaux séfarades méditerranéens. Les familles juives du Sous et de l'Anti-Atlas y font leur entrée dans le grand commerce, parfois comme agents (tujjar al-sultan, marchands du sultan) protégés par une accréditation royale. Sans qu'une documentation nominative ne l'établisse pour la lignée Amgar, il est plausible que certains de ses membres aient participé à ce mouvement, à l'image de tant de familles issues du judaïsme méridional marocain.
La géographie du nom oriente également vers les oasis présahariennes du Draa, du Todgha et du Tafilalet, ainsi que vers les hautes vallées du Grand Atlas — zones où la culture juive berbérophone s'est le mieux conservée, et où les patronymes d'origine amazighe sont les plus densément attestés. L'étymologie amazighe du patronyme Amgar et son apparition documentée à Oufran forment un ancrage cohérent avec cette carte du judaïsme méridional. Les grandes migrations, de la campagne vers la ville, puis du Maroc vers le monde, partiront de ce berceau.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Chapitre 6 : L'ère coloniale, la fixation des patronymes et l'urbanisation
L'instauration du protectorat français en 1912 marque un tournant décisif dans l'histoire des noms juifs marocains, y compris pour un patronyme comme Amgar. L'administration coloniale, soucieuse de recenser la population, d'établir des registres d'état civil et de délivrer des documents d'identité, contribue à figer par écrit des noms de famille dont l'orthographe avait jusque-là fluctué au gré des scribes hébraïques et arabes. C'est à cette époque que de nombreux patronymes sont transcrits en caractères latins selon des conventions variables, ce qui explique la diversité des graphies parfois rencontrées pour un même nom.
Cette période voit aussi l'accélération de l'urbanisation et de la scolarisation des Juifs marocains. Le réseau des écoles de l'Alliance israélite universelle, implanté dans les principales villes, diffuse le français et ouvre de nouvelles perspectives professionnelles aux familles issues des campagnes et des montagnes. En s'installant à Casablanca — dont le mellah et les quartiers nouveaux absorbent des dizaines de milliers de migrants juifs venus de tout le pays —, à Marrakech ou à Rabat, les familles de souche berbérophone comme les Amgar se trouvent progressivement intégrées à une culture urbaine où le français et l'arabe dialectal prennent le pas sur le berbère. Le nom d'origine amazighe subsiste alors comme un marqueur d'identité et de mémoire, témoin d'un enracinement ancien dans le Sud marocain.
L'onomastique savante s'inscrit précisément dans cet effort de recensement et d'analyse. En rassemblant, classant et interprétant les noms des Juifs du Maroc, les recherches d'Abraham I. Laredo consignées dans son ouvrage de référence ont permis de sauvegarder la mémoire d'un patrimoine onomastique menacé de dispersion par les grandes migrations. Le travail parallèle de Rabbi Yossef ben Naïm dans le Malkhei Rabbanan, publié dès 1931, avait fait de même pour le patrimoine rabbinique : consigner, avant l'exode, la mémoire des maîtres et des autorités spirituelles des communautés marocaines, des plus illustres aux moins connus. C'est grâce à cette vigilance savante que le nom de Rabbi Soussan ben Amgar nous est parvenu.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Chapitre 7 : L'exode et la mémoire dispersée
Le milieu du XXe siècle bouleverse en profondeur le destin des familles juives marocaines. La création de l'État d'Israël en 1948, les incertitudes de l'indépendance du Maroc en 1956, puis les difficultés économiques et les tensions régionales provoquent un exode massif. En l'espace de quelques décennies, l'immense majorité des Juifs du Maroc quitte le pays, dans un mouvement qui vide les mellahs et les communautés rurales du Sud. Dans les années soixante, les derniers Juifs ont quitté Ifrane. Oufran, qui avait abrité l'une des plus anciennes communautés juives du Maroc, se retrouve ainsi sans ses habitants juifs pour la première fois depuis peut-être deux millénaires.
Les familles issues du judaïsme berbérophone se dispersent vers Israël — où elles s'établissent notamment dans les villes de développement et les périphéries urbaines —, vers la France, principalement à Paris, Marseille et dans les grandes agglomérations, ainsi que vers le Canada — en particulier Montréal — et d'autres destinations du monde occidental. Cette dispersion transforme la mémoire familiale. Le nom, désormais porté loin de son berceau atlassien, devient l'un des rares vestiges tangibles d'une origine sud-marocaine, souvent transmis avec la conscience diffuse de son ancienneté sans que la connaissance précise de son étymologie berbère ne se conserve toujours.
La Fondation du Patrimoine Culturel Judéo-Marocain a restauré en 1999 la synagogue d'Oufrane, geste symbolique fort : maintenir visible, dans un village désormais dépourvu de Juifs, le témoignage d'une présence deux fois millénaire. La grotte-cimetière, la synagogue restaurée, et les stèles hébraïques du Lmiâra constituent désormais les archives de pierre d'une communauté vivante en diaspora. Les nouvelles générations, nées en Israël, en France ou en Amérique du Nord, redécouvrent parfois cet héritage à travers la généalogie, la recherche onomastique et le travail de mémoire mené par les institutions et associations vouées à la préservation du patrimoine juif marocain.
Retrouver le fil d'une lignée comme Amgar suppose désormais de conjuguer plusieurs sources : les catalogues onomastiques, les registres d'état civil et les archives communautaires lorsqu'ils sont accessibles, et la tradition orale recueillie auprès des familles. Cette démarche, patiente et rigoureuse, permet de restituer non pas une biographie continue, mais un cadre historique probable, adossé à l'analyse du nom et à la connaissance générale des communautés dont il est issu.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Les grandes figures
Rabbi Soussan ben Amgar [רבי סוּסָאן בן אָמְגָאר] (XVIIe siècle — dates précises inconnues) — Rabbin d'Oufran (Ifrane de l'Anti-Atlas), dans le Sud du Maroc. Son épitaphe, conservée dans la grotte-cimetière d'Oufran, le désigne par la titulature rabbinique consacrée de morenu ve-rabbenu — « notre maître et notre rabbin » — et le nomme également « ben Sebaoni », double désignation qui témoigne de la pratique courante des surnoms parallèles dans les communautés judéo-berbérophones. Figure documentée par Rabbi Yossef ben Naïm dans le Malkhei Rabbanan (Jérusalem, 1931), il est à ce jour le représentant le plus ancien de la lignée Amgar dont l'existence soit attestée par des sources combinant épitaphe et dictionnaire biographique. Sa sépulture dans la grotte d'Oufran, lieu de dévotion et de pèlerinage, suggère une mémoire de sainteté ou d'autorité spirituelle préservée par la communauté au-delà de sa disparition.
Rabbi Yossef ben Naïm (1882–1961) — Né à Fès, rabbin, notaire rabbinique, historien et bibliophile, Rabbi Yossef ben Naïm est l'auteur du Malkhei Rabbanan (Jérusalem, 1931), dictionnaire biographique et bibliographique des rabbins du Maroc qui constitue la source principale pour la connaissance des autorités rabbiniques marocaines. Sa bibliothèque, la plus riche du Maroc en son temps, fut vendue au Jewish Theological Seminary. C'est dans cet ouvrage monumental qu'il a consigné la mémoire de Rabbi Soussan ben Amgar, assurant ainsi la transmission du souvenir de ce rabbin d'Oufran jusqu'à nos jours. Sans le travail de Ben Naïm, la lignée Amgar serait privée de sa figure documentée la plus ancienne.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
Conclusion
Au terme de ce parcours, la lignée Amgar se dessine non plus comme une abstraction onomastique, mais comme une lignée ancrée dans un lieu précis — Oufran, en hébreu et en berbère, Ifrane de l'Anti-Atlas pour les géographes modernes —, portée par une figure documentée au XVIIe siècle, et inscrite dans l'une des traditions communautaires les plus anciennes du judaïsme marocain.
Le nom lui-même, d'origine amazighe, porte en lui le sens de l'autorité tranquille et de l'ancienneté : amghar, le chef, le notable, l'ancien qui préside et arbitre. C'est précisément cette figure que Rabbi Soussan ben Amgar incarne dans son épitaphe : un rabbin, un maître, un homme dont la communauté a voulu conserver la mémoire dans la pierre. Entre le sens du nom et la réalité documentée de son porteur le plus ancien, la cohérence est remarquable.
Ce que cette lignée aura, entre toutes, le mieux exprimé est l'alliance entre l'enracinement local et la transmission spirituelle. Dans un monde où les Juifs du Sud marocain vivaient à la croisée de la culture berbère et de la Loi juive, où l'amghar du village et le rabbin de la synagogue incarnaient deux formes parallèles d'autorité morale, la famille Amgar semble avoir su occuper cet espace intermédiaire — portant un nom du monde amazigh tout en s'inscrivant dans la chaîne de la Torah. L'ensevelissement de Rabbi Soussan dans la grotte des ancêtres, sa désignation par Ben Naïm deux siècles et demi après sa mort, la restauration en 1999 de la synagogue d'Oufran : autant de gestes qui disent que la mémoire de ce judaïsme méridional résiste à la dispersion.
Puisse ce Grand Livre inviter les descendants et les chercheurs à poursuivre l'enquête — en confrontant l'épitaphe aux archives, en recueillant les témoignages des familles dispersées, en croisant les registres d'état civil des diasporas avec les noms et les lieux d'ici consignés —, afin que la mémoire de la lignée Amgar, comme celle de toutes les familles juives du Maroc, ne se dissolve pas dans l'exil mais trouve, dans l'écrit, un ancrage durable.
---
版本 (1)
- v1 · 现用 · 2026年8月9日
继续阅读这部大书
登录或创建免费账户以阅读整部大书——并发现、追踪和丰富与您相关的家系。
一封邮件,一次点击。无需密码;随时可退出。
「Amgar」是您故事的一部分吗?
创建您的会员空间,关注您在意的家族、获取新发现的通知并参与贡献——无需密码。
一封邮件,一次点击。无需密码;随时可退出。
这部书讲述了 Amgar 的故事。您的家族也许也有自己的大书——搜索您的姓氏以发现它,或创建它。
为了更深入地探索家族系谱 Amgar的记忆、家族档案和证词,请保留并分享其专属地址:
zakhor.ai/amgar地址 zakhor.ai/amgar 直接指向此页面。社区存放的档案、系谱和叙述将补充此处呈现的历史概况。
🔗 引用/链接此页面
复制以下格式之一来引用此条目或创建指向它的链接。
链接
https://zakhor.ai/amgarHTML
<a href="https://zakhor.ai/zh/grands-livres/familles/amgar">大书 — Amgar — Zakhor</a>引用
大书 — Amgar — Zakhor, https://zakhor.ai/zh/grands-livres/familles/amgar名字变体(2)
同一名字,百般风貌。
同一姓氏,因语言、时代和散居地而有不同的转写方式。
拉丁文1
עברית · 希伯来文1
您的家族对这个姓氏有不同的写法吗?
缅怀
美国大屠杀纪念馆 Yad Vashem 的中央大屠杀遇难者名册记录了在大屠杀期间遇害的妇女、男子和儿童。您可以在其中搜索姓名 Amgar的人物。
在 Yad Vashem 上搜索「Amgar」搜索直接在 Yad Vashem 档案中进行;Zakhor 不复制或保留任何名义数据。名册中名字的出现或缺失并非详尽。 了解更多
该家族的重要人物
这本书的纪念日
这本书尚未记录任何纪念日。记录Amgar的史料提供年份和世纪,从不提供具体日期;我们不凭空制造。
您知道一个日期——一个纪念、一次希洛拉、一个离世纪念日? 为它定下纪念日
参考文献
- Abraham I. Laredo, Les Noms des Juifs du Maroc, CSIC, Madrid (1978)