ALATRI, SAMUEL
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Homme politique italien, acteur communal et orateur ; né à Rome en 1805 ; mort là le 20 mai 1889. Pendant plus de soixante ans, il dirigea la communauté juive de sa ville natale et supporta le poids de ses luttes pour la liberté religieuse et politique. Sa carrière publique débuta à un âge précoce. À seulement vingt-trois ans, il fut appelé à entrer au conseil de la communauté, dont il servit désormais les intérêts matériels et spirituels avec zèle et dévouement. De 1840 à 1865, il effectua des tournées annuelles dans les pays étrangers, entrant ainsi en contact avec des Juifs éminents en France et en Angleterre, qui lui inspirèrent de nouveaux espoirs et l'encouragèrent à persévérer dans la lutte pour la justice. Sachant cependant que, pour conduire au bonheur, la liberté doit être complétée par l'éducation, Alatri consacra son attention particulière aux institutions scolaires étrangères, accumulant l'expérience qu'il utilisa au profit du Talmud Torah de Rome. Les Juifs romains le considéraient comme leur chef légitime et le choisirent porte-parole des délégations qui attendaient annuellement le pape (Grégoire XVI.). Ce dernier, bien qu'hostile à tout progrès, ne pouvait s'empêcher d'être charmé par les dons oratoires d'Alatri, qu'il surnomma « notre Cicéron », et auquel, en une occasion, il dit : « Chaque fois que vous devez défendre une cause de liberté et d'humanité, venez à moi. » L'influence d'Alatri auprès du pontife ne se montra efficace que dans des cas particuliers, la situation générale des Juifs restant aussi précaire qu'auparavant.
Samuel Alatri.
Avec l'arrivée au pouvoir de Pie IX., qui au début se montra un ami du progrès, Alatri redoubla ses activités et entra en association avec quelques-uns des hommes les plus influents de Rome. En appréciation de ses qualités intellectuelles et morales, il fut élu directeur de la Banque du Pape, plus tard la Banca Romana ; et c'est un fait incontesté que la crise qui menaça cette institution en 1853 fut écartée par la prévoyance d'Alatri.
Les efforts d'Alatri en faveur de ses frères furent couronnés de succès en 1870, quand le roi Victor-Emmanuel entra à Rome et mit fin au pouvoir temporel du pape. Le 2 octobre de cette année-là, une délégation, dont Alatri était membre, remit au roi le résultat du plébiscite par lequel les habitants des États pontificaux se déclaraient en faveur de l'annexion au royaume d'Italie. Alatri fut alors nommé l'un des commissaires chargé de mettre de l'ordre dans les finances chaotiques de la ville. Il s'en acquitta avec un succès remarquable et fut élu au Parlement par le second arrondissement de la ville de Rome. Là, on lui confia la tâche d'ajuster le budget italien. La vie de parti ne lui convenait cependant pas, et après quelques années d'activité parlementaire, il revint à la sphère plus étroite de la ville et de la communauté juive.
Les services rendus par Alatri à sa ville natale ont été reconnus par le syndic de Rome, qui aux funérailles d'Alatri déclara : « La ville de Rome l'aimait comme un père, et maintenant elle pleure sa mort comme celle d'un père. » Les discours suivants ont été publiés par lui : « Discorsi al Dottor Albert Cohn », 1870 ; « Discorso Pronunziato nella Scuola del Tempio il 23 Aprile, 1881 » ; « Parole in Occasione della Professione di Fede », 1883 ; « Per la Inaugurazione del Collegio Rabbinico Italiano Celebrata il 15 Gennaio, 1887, nella Scuola del Tempio. »