सामग्री पर जाएँ
Zakhor
1916 – 1940 · Montevideo, Uruguay

Quatre communautés

Dans une capitale sud-américaine, les Juifs venus des Balkans, de Pologne, d’Allemagne et de Hongrie fondent quatre institutions séparées — et elles existent encore.

स्थापितUruguayMontevideoImmigrationCommunautés

En 1889, des immigrants ashkénazes venus de Russie et de Pologne forment le premier noyau juif de Montevideo. En 1909, ils sont cent cinquante.

En 1916, une confrérie funéraire s’organise ; la première synagogue ouvre l’année suivante.

En 1918, on compte environ mille sept cents Juifs en Uruguay — et, contrairement à ce qu’on attendrait, les trois quarts sont séfarades : venus des Balkans, de Syrie, de Chypre, du Maroc, d’Égypte, de Grèce, de Turquie.

Quatre institutions plutôt qu’une

La communauté ne s’est pas unifiée. Elle s’est organisée en quatre ensembles, selon l’origine.

La Comunidad Israelita del Uruguay, ashkénaze, fondée en 1916. La Comunidad Israelita Sefaradí, en 1932. La Nueva Congregación Israelita, germanophone, fondée en 1940 par les réfugiés du Reich. Et la Comunidad Israelita Húngara, en 1932.

Quatre langues d’usage, quatre rites, quatre cimetières, quatre écoles. Dans une ville qui comptait alors quelques milliers de Juifs.

Ce que cette division n’est pas

Il serait facile d’y voir une querelle. Ce n’en est pas une, ou pas seulement.

Un Juif d’Alep et un Juif de Bessarabie arrivant à Montevideo dans les années 1920 ne partagent ni la langue quotidienne, ni la liturgie, ni la cuisine, ni la manière d’enterrer leurs morts. Ce qu’ils partagent est réel mais ne suffit pas à fonder une institution commune.

Le regroupement par origine est la règle dans toute l’immigration juive des Amériques — c’était déjà le cas des kolelim de Jérusalem, organisés par pays de provenance.

Un pays qui a ouvert puis fermé

L’Uruguay des années 1920 est libéral et accueillant, avec une législation sociale avancée. L’immigration juive y est nombreuse.

Dans les années 1930, sous la pression de la crise et de courants nationalistes, les conditions se durcissent — comme presque partout, au moment précis où l’Europe se ferme.

Le pays a néanmoins accueilli des réfugiés du Reich, dont sont issus les fondateurs de la Nueva Congregación en 1940.

Aujourd’hui

La communauté a culminé à plus de quarante mille personnes au milieu du XXᵉ siècle. Elle compte aujourd’hui autour de dix mille familles selon les décomptes communautaires, en baisse continue par émigration vers Israël, les États-Unis et l’Europe.

Les quatre institutions existent toujours, ainsi qu’une coordination qui les réunit.

Cent ans après, la ligne de partage qui séparait un Juif de Salonique d’un Juif de Vilna dans le port de Montevideo tient encore dans l’organigramme.