- हिब्रू नाम
- וַיִּקְרָא
- लिप्यंतरण
- Vayikra
- अध्याय
- 27
Le livre le plus austère du corpus, et le plus systématiquement sauté par les lecteurs modernes, tient ensemble deux choses qu'on croit d'ordinaire séparées : le rite et la justice.
Il s'ouvre sur les offrandes, décrites avec la minutie d'un manuel, et pose aussitôt une limite que la tradition n'a jamais relâchée : aucune offrande n'efface une faute commise envers autrui tant que le tort n'est pas réparé et le bien rendu. Le culte ne remplace pas la justice, il ne l'achète pas. Le texte prévoit également une offrande réduite pour le pauvre, afin que l'accès au rite ne dépende pas de la fortune.
Viennent ensuite le pur et l'impur, les lois alimentaires qui deviendront le marqueur quotidien le plus visible de l'appartenance juive et le plus coûteux à tenir en diaspora, puis le rituel du grand pardon qu'on lit le jour même de Kippour.
Et au chapitre dix-neuf, sans annonce, le sommet éthique de la Torah. La sainteté y est une suite de gestes concrets : laisser le coin du champ au pauvre, payer le salarié le jour même, ne pas maudire le sourd, ne pas placer d'obstacle devant l'aveugle, se lever devant le vieillard, ne pas se venger — et « tu aimeras ton prochain comme toi-même », phrase où Hillel verra la Loi tout entière.
Le livre contient enfin le jubilé : tous les cinquante ans, les terres retournent aux familles et les serviteurs sont libérés. C'est la page la plus radicale de la Bible en matière économique, et la plus discutée quant à son application réelle.