- हिब्रू नाम
- יְשַׁעְיָהוּ
- लिप्यंतरण
- Yeshayahou
- अध्याय
- 66
Soixante-six chapitres qui traversent trois situations si différentes que la critique y distingue depuis longtemps plusieurs voix : un prophète du VIIIᵉ siècle affrontant la menace assyrienne, puis, à partir du chapitre quarante, une voix qui parle à des exilés à Babylone, et enfin des textes de la période du retour. Le livre a été transmis comme un tout, et c'est comme un tout qu'il a agi.
La première partie est une critique sociale d'une dureté extrême, adressée aux siens : vos mains sont pleines de sang, vos sacrifices me dégoûtent, apprenez à faire le bien, défendez l'orphelin. Elle porte aussi la vision d'un temps où les nations refondront leurs épées en socs de charrue et n'apprendront plus la guerre — phrase qui a quitté le corpus juif pour devenir un lieu commun de l'espérance humaine.
Le tournant du chapitre quarante est l'un des grands moments de la littérature de consolation : « consolez, consolez mon peuple ». On la lit le shabbat qui suit le 9 av, et elle ouvre les sept semaines de consolation après le jeûne du deuil. À des gens qui ont tout perdu — roi, Temple, terre — cette voix annonce non une revanche mais un retour, et affirme que leur Dieu n'a pas été vaincu avec leur ville.
C'est de ces chapitres que sortent aussi les figures du serviteur souffrant, dont l'interprétation a divisé les lectures juives et chrétiennes pendant deux millénaires. Le site ne tranche pas ce débat ; il note qu'il existe.