- हिब्रू नाम
- בְּרֵאשִׁית
- लिप्यंतरण
- Bereshit
- अध्याय
- 50
La Genèse met onze chapitres à descendre de l'univers entier à une seule famille, et cet entonnoir dit son projet : ce qui va suivre, l'histoire d'un petit peuple entre deux empires, est d'abord replacé dans l'histoire de tous. Un monde voulu, un interdit transgressé, un premier meurtre fratricide, un déluge, une dispersion des langues — puis une parole adressée à un homme de Harran.
Le reste du livre est une chronique familiale, et elle est rugueuse. La promesse tarde, les femmes ne conçoivent pas, on recourt aux servantes, l'aîné vend son droit, la bénédiction est captée par une ruse, les frères vendent le préféré à des marchands. Rien de ce qui se transmet ici ne se transmet proprement. Le texte n'arrange rien et n'excuse personne.
C'est pourtant le livre le plus déterminant pour la mémoire généalogique juive, et pour une raison de forme autant que de fond : il invente le « voici les générations » — toledot —, cette liste d'engendrements qui deviendra la charpente de tout le corpus et le modèle de tous les registres qui suivront. Il nomme, il compte, il date par filiations. Les lignées que ce site documente et qui remontent à une tribu ou à une descendance sacerdotale s'accrochent, de proche en proche, aux douze fils dont la Genèse raconte les naissances.
Le livre se clôt sur une promesse déposée plutôt que tenue : Joseph fait jurer qu'on remontera ses os. L'exil commence, et avec lui l'idée qu'un retour peut se transmettre comme un dépôt.